Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Corpus thématique de prières polythéistes - LE DIEU-SOLEIL

 

Hymne orphique au Soleil (Hélios)

À réciter en brûlant de l'encens

7e hymne orphique

Ô dieu dont l’œil éternel embrasse tous les ouvrages,

Titan illustre, lumière toute-puissante, lumière infatigable,

Miroir animé de tout ce qui respire,

Père du matin lorsque tu es sur la droite,

Et de la nuit quand tu arrives à gauche,

Modérateur du temps,

Traîné par quatre chevaux à la course retentissante ;

Torrent de feu, aimable divinité,

Achevant ta course par un rapide tourbillon ;

Conducteur favorable des hommes pieux et hostile aux méchants ;

Toi qui sur ta lyre fais entendre des sons harmonieux,

Maître des ouvrages qui réussissent, père des tempêtes,

Dieu tout-puissant, rayonnant et agile, œil du monde étoilé,

Qui meurs et revis chaque jour dans des flammes immortelles ;

Grand inquisiteur de la justice, maître du monde, fils de Zeus,

Toujours présent pour les mortels, lumière de la vie,

Toi qui de ton fouet sifflant précipites la course de ton char attelé de quatre chevaux,

Nous te supplions,

Accorde une vie heureuse aux jeunes enfants qui se dévouent à tes mystères.

Prière dionysiaque au Soleil

Nonnos (v. 370 - 450), Dionysiaques, 40.

 

Soleil, roi du feu, principe du monde, éternel régulateur de la vie des hommes, toi qui parcours de ton disque brûlant tous les pôles, toi qui fais tourner autour de toi les douze mois de l'année, C'est de ton char que l'âge descend et se forme pour la jeunesse et la vieillesse à la fois ;

Œil de l'espace, que tu illumines, tu portes, dans ton char tiré par quatre chevaux, l'hiver à la suite de l'automne et l'été à la suite du printemps.

La Nuit, poursuivie par tes traits, s'enfuit détrônée dès que paraît ton joug argenté, et que la tête de tes chevaux qui se cabrent sous ton fouet montre le bord de ta lumière.

Obscure avant que n'apparaissent tes flammes, sous ton éclat la vaste prairie du ciel s'émaille d'étoiles plus brillantes. Tes feux se reflètent dans les cornes de la lune.

Baigné dans les flots de l'Océan oriental, tu secoues la tiède rosée de ta féconde chevelure, tu promènes une pluie bienfaisante ; tu répands sur la terre fertile le breuvage éthéré de la rosée matinale ; et, versant dans les sillons générateurs les dons de Déméter, tu fais croître et gonfler les épis sous ton disque.

On te nomme Baal sur l'Euphrate, Ammon en Libye, Apis sur le Nil, Zurvan en Perse, Marduk en Assyrie. Que tu sois Sérapis, le Zeus égyptien, que tu sois le Temps, ou Phaéton, que tu sois Mithra, le soleil de Babylone, ou l'Apollon delphique de la Grèce ; que tu sois Gamos, l'Union sacrée, que tu sois Péon, le médecin céleste qui apaise la douleur, ou que tu sois l’Éther car tes vêtements constellés d'étoiles illuminent le ciel pendant la nuit : écoute d'une oreille favorable et exauce ma prière.

 

Prière de Hercule au Soleil

Pseudo-Sénèque, Hercule sur l’Œta

(1, 1)

Soleil, roi brillant du jour, je te prends à témoin, tu m’as rencontré sur tous les points où pénètrent tes rayons, et ta lumière n’a pu me suivre dans tous mes triomphes.

J’ai dépassé ta carrière, et le jour est demeuré en deçà des bornes que je me suis posées.

La nature m’a manqué, la terre s’est trouvée trop étroite sous mes pas. La nuit s’est agrandie devant moi ; les dernières profondeurs du chaos sont venues à ma rencontre, et je suis remonté sur la terre de ces profonds abîmes qui entraînent tout à eux.

J’ai bravé les menaces de l’Océan, et nulle tempête n’a pu ébranler la partie du navire que je pressais du poids de mon corps.

(4, 4)

Poursuis maintenant ton chemin, ô Soleil ! qui vas rester seul au monde ; moi, ton compagnon dans tous les climats, je vais descendre dans la Terre : j’emporte du moins cette gloire au fond de l'enfer, que nul fléau n’a triomphé d'Héraclès à la face du jour, et qu’à la face du jour Héraclès a triomphé de tous les fléaux.

 

Prière d'Orphée à Apollon

Pseudo-Orphée, L'Argonautique

Apollon, roi vainqueur de Python, poète qui lance au loin ses flèches, toi qui habites les sommets élevés de l'Olympe, je chante ta sagesse.

Inspire-moi un chant de vérité, permets-moi de chanter aux hommes dispersés à travers le monde, un chant conforme aux préceptes de la muse, un chant digne de la lyre.

Car je veux chanter des choses qui n'ont encore jamais été dites. Inspiré par Dionysos et par Apollon-Hélios, je veux chanter les flèches qui blessent les mortels, chanter les remèdes qui les soignent et aussi les secrets découverts par les initiés.

Je veux aussi chanter le Chaos initial, et les difficultés qui accablèrent le Temps [Chronos] alors que celui-ci s'évertuait à mettre au monde les jumeaux Éther et Éros [l'Espace et l'Amour].

Hymne védique au Soleil (Surya)

Rishi Prascanwa, Rig-Véda, 1, 4, 4

 

Le soleil se lève et s'approche de nous. Après avoir attelé à son char les sept chevaux oints de beurre sacré le transportent à travers l'espace qui est sa demeure.

C’est l’œil du monde, le gardien de tous les êtres, animés et inanimés. Il voit parmi les mortels le juste et l’injuste.

Il y a si peu, nous étions entourés de ténèbres, à présent nous sommes éclairés par le plus brillant des astres.

Alors présentons nous devant le Soleil, Sourya, le plus grand des dieux, la plus belle des lumières célestes.

Le soleil le fils d'Aditi, qui est la Lumière Primordiale, vient de naître mais déjà il est vigoureux !

Astre éblouissant, la chevelure couronnée de rayons étincelant comme des flammes, ses rayons lumineux éclairant les êtres,

Le Soleil, ce dieu qui renferme tous les trésors, s’élève aux yeux de l’univers.

Il est porté par sept chevaux brillants qui tirent un char qui ne connaît pas d'obstacle.

Devant lui, qui est l'œil du monde, les étoiles telles que les voleurs, disparaissent avec l'ombre de la nuit.

Survolant l’océan des lumières, Mitra, Aryaman et Varuna lui ont ouvert la voie alors, soumis à leurs lois.

Il parcourt les mondes, et de même que le berger inspecte son troupeau, il passe en revue tous les êtres.

Alors qu'il passe au-dessus de nos têtes, nous lui adressons nos prières :

« Généreux Soleil, voyageur, fanal exposé aux yeux de tous, étincelant de ta propre lumière, tu remplis le ciel tout entier de ton éclat. Pour apporter le bonheur, tu te lèves à la vue du peuple des dieux, à la vue des hommes, à la vue du ciel tout entier ! Soleil purifiant, Soleil protecteur, avec cet œil dont tu vois le monde humain, tu parcours le ciel et les vastes régions de l'espace, mesurant les jours et les nuits et contemplant les créatures.

Soleil ! Toi qui te lèves aujourd’hui, dis à Mitra et Varuna que nous sommes purifiés de nos fautes. Dis-leur que des offrandes douces, que le miel, ont été préparés pour eux. En te levant aujourd’hui, et en montant jusqu'au plus haut du ciel, détruis le mal qui me ronge le cœur et pâlit mon visage. »

 

Hymne à Mithra

Mihr Yesht, 10e yesht de l'Avesta.

Mithra, création d'Ahura-Mazda

Lorsque Ahura-Mazda créa Mithra, l'incarnation divine de la Promesse, il le fit aussi vénérable et aussi digne de louange que lui-même. Pour lui, il célébra un rituel au plus haut du ciel, dans son domaine divin du Garonmana. Il fit de lui le soutien et le gérant de la prospérité de tous les êtres terrestres. C'est pour cela qu'il le créa avec mille oreilles et dix mille yeux, afin qu'il garde avec vigilance mes créatures.

Ahura-Mazda demanda ensuite à Rashnu, l'ange de la justice, de créer sur Terre la famille et les foyers, afin d'établir les liens d'une société durable. Puis il fit de Mithra le gardien de ces maisons, le protecteur des hommes honnêtes et le soutien des hommes qui ne fautent point. C'est grâce à Mithra que Rashnu fonda la société parfaite, et c'est sur ce fondement que les premiers hommes qui ont cherché à tromper Mithra se sont brisé.

Pour célébrer sa naissance, Homa, le divin sacrificateur, chanta et sa voix s'éleva jusqu'aux astres, parcourut la terre et se répandit sur les sept continents. Pour le remercier de l'avoir si bien honoré, Mithra prit Homa et le travailla dans un mortier émaillé d'étoiles, d'où est sorti le tout premier jus du nectar d'immortalité. Puis le soleil honora Mithra.

Ahura-Mazda assigna à Mithra comme demeure l'étendue de la Terre et du monde physique. Pour lui, il construit un immense et lumineux palais au sommet de la montagne sacré du Hara, où il n'y a ni nuage, ni jour ni nuit, ni vent glacé ni chaleur ardente, ni maladie, ni cause de mort, ni souillure démoniaque. Les Amesha-Spenta vivent aussi dans ce palais, tous unis au soleil et dévoué à Mithra.

Depuis le sommet du Hara, le regard de Mithra s'étend donc sur le monde physique tout entier. Au plus haut du ciel, depuis son vaste observatoire, Mithra ne dort pas mais veille sans cesse. Et lorsque le coupable ou le méchant s'apprête à commettre leur méfait, il attelle son char et accompagné de l'archange Sraosha et de l'ange du Feu, il lui assène de violents coups et le frappe de ses rayons. Par ailleurs, vivant dans des grottes aux sommets des montagnes de la Terre, les ministres de Mithra observent les traîtres, enregistrent les fraudes et ne manquent pas de les lui rapporter.

Personne ne peut tromper Mithra, ni le chef de maison, ni le chef de quartier, ni le chef d'un village, ni le chef d'une province. Si un chef de maison, un chef de quartier, un chef d'un village ou un chef d'une province cherche à le tromper, alors Mithra sera offensé et il détruira la maison et le quartier, le village et la province. Mithra irrité et offensé, s'en ira de ces régions et ne leur offrira plus sa protection céleste. Ceux qui trahissent Mithra, même en courant ne peuvent atteindre leur but et même en chevauchant, ils n'avancent pas, de même qu'ils ne peuvent diriger leur char. La flèche que lance l'ennemi de Mithra revient en arrière, portée par le vent et même si elle touchait sa cible, elle ne la blessera pas. Implacable, Mithra, fait pénétrer la terreur dans le corps même de ceux qui veulent le tromper.

 

Le cortège solaire

Marchant devant le soleil immortel et ses chevaux rapides, les bras levés, glorieux, Mithra s'avance depuis le Garonmana [Paradis] vers le pays des Aryens.

Il dépasse alors la cime de la montagne sacrée du Hara, porté par un char éclatant de beauté et tiré par quatre chevaux blancs nourris de célestes aliments, ce qui les rend immortels. Leurs sabots avant sont recouverts d'or, ceux de leurs pattes arrière sont en argent.

Ces quatre chevaux sont attelés au timon par une solide cheville de métal.

Sur la droite de Mithra, marche le juge céleste Rashnu et l'archange Sraosha, l'ange du soir, celui qui écoute les prières et bénit les champs et le bétail.

Sur sa gauche s'avance la Sagesse, vêtue de blanc et portant des offrandes.

Après eux vient la puissante Malédiction de l'esprit, sous la forme d'un sanglier gras et fort aux dents aiguisées et aux défenses acérées, aux jambes de fer, aux pieds de fer, aux défenses de fer, à la queue de fer et aux mâchoires de fer.

Ce sanglier en colère, capable de fondre sur son adversaire pour le tuer d'un seul coup et qui ne lâche pas sa victime avant de lui avoir tout à fait broyé les os de la colonne vertébrale, n'est autre qu'un avatar de Verethraghna, la plus puissante des créatures célestes.

Cet enragé cochon céleste, après avoir triomphé de ses ennemis, répand sur Terre leurs os, leurs cheveux, leurs têtes et le sang des mortels qui se rebellaient contre Mithra, ouvrant ainsi la voie à sa procession.

 

L'armée de Mithra

À la suite du sanglier céleste, s'avancent le Feu, la sainte Puissance, puis les eaux, les plantes et tout un cortège de saints devenus anges gardiens après leur mort.

La grande et noble Ashi-Vanuhi, déesse pourvoyeuse des récompenses, tient les rênes du char de Mithra et c'est la loi mazdéenne qui lui ouvre la route.

Des chevaux célestes d'un fauve éclatant le tirent.

Ce cortège céleste est suivi par la Majesté et la Victoire, deux autres des créations d'Ahura-Mazda qui l'entourent en formant une auréole.

Devant un tel cortège, tremblent les démons du monde invisible et les hommes corrompus.

Pour la garde du char de Mithra se dressent un millier de flèches en os, lesquelles sont armées sur des arcs dont les cordes sont des nerfs de bœuf.

Autour de Mithra, se dressent mille autres flèches à la pointe en or, au fût en fer, à l'encoche en ivoire et dotés de plumes d'aigle, mais aussi mille lances acérées comme des couteaux, mille poignards de bronze, aux deux côtés élimés, mille épées à double tranchant, mille gourdins en fer.

Toutes ces armes, c'est par la force de la pensée que Mithra les envoie sur la tête des démons et il n'existe aucune cible qui soit assez lointaine pour que les flèches de Mithra ne les atteignent, ni aucun guerrier qui soit assez habile pour les éviter.

La massue en or est l'arme favorite de Mithra, car c'est la plus puissante et la plus victorieuse entre toutes. Il l'arbore levée bien haut au-dessus de l'humanité : brillante, facile à manier et dotée de cent poignées et d'autant de pointes acérées, c'est cette divine massue qui tombe avec violence et écrase les hommes.

Les bras de Mithra peuvent tout attendre, ce qui est à l'orient de l'Indus comme ce qui est au plus lointain de l'Occident, ainsi que tout ce qui suit le cours des fleuves et vit aux extrémités de la Terre.

C'est sur ce char que Mithra parcourt les sept continents et qu'il s'avance, en maître des régions, depuis l'extrémité orientale de la vaste Terre. Angra-Mainyu, ainsi que tous les démons de l'Univers et tous les vicieux de la Terre tremblent alors de peur sur son passage.

Si quelque part Mithra se sent honorer à sa juste valeur, il transforme les gorges les plus vastes en champs fertiles, où il gouvernera à son gré les troupeaux et les hommes qui lui appartiennent.

Portant un casque d'argent, une cuirasse d'or, armé d'une épée, en puissant et rapide guerrier, en chef de clan, s'avance puissamment, amenant avec lui les maladies qui dévasteront les pays qui lui sont rebelles. Mithra fixe le monde de son regard étincelant et demande :

« Qui m'honore, qui veut me nuire ?

Qui m'honore d'un culte, et qui pense ce culte coupable ?

Moi qui en suis le pouvoir, à qui accorderai-je la richesse et l'éclat ?

À qui apporterai-je la santé du corps ?

À qui accorderai-je une abondance de biens éclatants ? Pour qui ferai-je naître une descendance ?

À qui donnerai-je la force, des armes fracassantes et de nombreuses armées ?

À quel vaillant souverain qui frappe sans être frappé et qui tient fermement à l'exécution des châtiments imposés pour des fautes, donnerai-je la puissance ?

À qui, moi qui le peux, donnerai-je la maladie et la mort, et la sombre déchéance ?

De qui détruirai-je d'un seul coup la descendance ?

À qui enlèverai-je, sans qu'il s'en aperçoive, la force, les armes et les nombreuses armées ? »

C'est à lui que s'adressent les sacrifices des chefs des clans qui guerroient pour disputer la souveraineté de la Terre aux armées barbares, car Mithra rend vainqueur les commandants qui l'invoquent en premier et avec une sincère dévotion.

C'est pourquoi les guerriers de char sacrifient sur le dos de leurs chevaux en lui demandant la vigueur pour leurs équipages et la santé pour les corps.

« Ô Mithra, chantent-ils, garde un œil sur nos ennemis, afin que nous puissions mieux les exterminer.

Enlève la vigueur à leurs bras, la force à leurs pieds, la lumière à leurs yeux et l'ouïe à leurs oreilles.

Ni les flèches ni les lances ne peuvent atteindre celui que tu viens secourir.

Donne-nous l'abondance, la force, la victoire, le bien-être, la santé, la gloire, l'habileté, la mesure, la sainte intelligence, la victoire par la justice, la suprématie qui permet de triompher de tout et qui trouve son origine dans la pureté parfaite, et le goût pour l'étude de la loi sainte.

Fais-nous triompher des démons et de nos ennemis. Venez à notre secours, divins maîtres Mithra et Ahura, tandis que les glaives sortent en sifflant de leurs fourreaux, que les crinières des chevaux s'agitent, que les épées se heurtent et que les cordes des arcs lancent leurs flèches. »

Par de telles prières, le souverain d'un pays, les mains levées vers le ciel, appelle à son secours, ainsi que le font les chefs de tribu, les chefs de clan, les époux unis, mais aussi le pauvre qui pratique la doctrine sainte et qui est privé de ses droits.

C'est alors que son divin cortège arrive au-dessus des contrées ennemies et que Mithra lance sa massue sur leurs habitants et leurs troupeaux de chevaux : et tous s'enfuient en tremblant.

C'est Mithra qui motive les guerriers, forme les armées et les fait marcher vers la bataille. Alors, au milieu d'eux, il se tient dans la bataille brisant les rangs ennemis et déroutant les armées barbares, répandant en elles la désolation et la terreur, arrachant les têtes des traîtres et les jetant dans le lointain.

Quant aux maisons auxquelles appartiennent ces traîtres, elles deviennent funestes et sont dès lors privées d'une descendance.

Lorsque Mithra rencontre ses adversaires, leurs flèches, même agrémentées de plumes d'aigle et lancées par une corde tendue, ne percent que l'air.

Leurs glaives, leurs massues, prêts à retomber, ne frappent que l'air.

Devant lui, le génie du Mal Angra-Mainyu fuit en tremblant, Aeshma le monstre efféminé s'enfuit lui aussi, de même que Bushyansta, le démon de la paresse.

Devant lui fuient tous les démons du monde invisible, tous les pervers qui se livrent à l'impudicité.

Mithra est le mal et le bien des nations, car il est celui qui décide de la tranquillité ou du chaos d'un pays.

La nation qui lui ment, il rend oblique les sentiers droits, détruits ses dynasties, lui confisque la victoire et le laisse sans défense, livré aux guerriers exterminateurs.

Cependant, lorsqu'il est honnête avec lui, Mithra délivre l'homme de l'oppression et le sauve de toute perdition.

C'est lui qui soutient les colonnes des palais et les rend inébranlables.

Dans les foyers où on l'honore, il procure hommes et bestiaux, mais au contraire il détruit les maisons qui l'offensent.

Il rend les maisons glorieuses grâce à leurs femmes, et belles par les tapis qui y sont étendus, par les coussins qui y sont déposés.

Il rend glorieuse la demeure de celui qui, fidèle à la loi, lui rend un culte en lui offrant des offrandes et en célébrant son nom.

Le fidèle qui le fraude est aussi nuisible qu'une centaine de mécréants, et le pervers qui lui ment fait périr toute sa nation avec lui.

Ainsi, ne romps jamais une promesse, ni celle que tu as conclue avec un méchant, ni celle que tu as conclue avec un juste qui suit la loi.

Car chacun, bon comme méchant, doit fidélité à une promesse.

C'est pour cela que Mithra donne des chevaux rapides à ceux qui ne le fraudent pas, de même que le Feu rend leur chemin parfaitement droit, et que leurs anges gardiens leur garantissent une descendance.

C'est pourquoi il faut honorer Mithra, à haute voix et par des offrandes purifiées, l’éclatant et majestueux Mithra, qui règne sur les campagnes et en qui réside le bonheur des pays aryens.

Qu'il vienne pour nous secourir, qu'il vienne pour nous donner la prospérité, qu'il vienne pour nous donner la joie, qu'il vienne pour effacer nos fautes, qu'il vienne pour nous guérir, qu'il vienne pour nous donner la victoire ; qu'il vienne pour notre bien-être ; qu'il vienne pour nous purifier, lui, le puissant, l'impétueux génie qui règne au loin sur les campagnes et que l'on ne peut tromper dans le monde visible.

 

Hymne védique à Mitra

Rishi Vishvamitra, Rig-Véda, 3, 4, 4

Mitra, toi qui soutiens la Terre et le Ciel, l'humanité tout entière ainsi que les divinités qui veillent sur elle,

Toi qui es sensible à nos louanges,

Toi qui regardes les hommes sans jamais fermer l’œil,

Toi qui es le roi sage et puissant dont nous possédons la faveur et l'heureuse amitié,

Ô Mitra, nous t'adressons nos holocaustes et nos libations de beurre afin que tu viennes à notre secours.

Mitra, divin fils de la Lumière, qu’il soit dans l’abondance, le mortel qui t’offre ses offrandes et ses sacrifices.

Car celui que tu protèges ne connaîtra ni la mort ni la défaite et le mal ne le touchera ni de loin ni de près.

Exempts de péché, heureux de nos discours et de nos serments prononcés, à genoux sur la terre sacrée, assis sur la pelouse consacrée, là où nos rituels vont se dérouler, puissions-nous obtenir ta faveur, ô fils d'Aditi.

Mitra, toutes les espèces vivantes, qu'elles soient d'essence divine, semi-divine, démoniaque, mortelle ou minérale, t'honorent,

Alors étends-toi sur l'univers, emplis le ciel de ta grandeur et la terre de ton opulence !

 

Hymne à Varuna

Les écoles des rishis Brigou et Angiras, Atharva-Véda, 4, 16

De l'assemblée divine il est le gardien dont la vue se projette au loin.

Il se meut avec vitesse et agilité et sa renommée est grande parmi les divinités.

Si quelqu'un se rebelle, se révolte, ou s'il s'enfuit avec un autre pour se cacher et comploter, le roi Varuna saura leur plan, car il les suivra dans leur repaire et se tiendra à leur côté telle une troisième personne.

De sa surface jusqu'au plus haut du ciel, dont les frontières sont si lointaines, la Terre appartient à Sa Majesté Varuna.

D'ailleurs, les deux océans que sont la terre et le ciel, sont les deux reins de Varuna, alors même que celui-ci se cache dans la plus petite des gouttes d'eau.

Celui qui voudrait s'affranchir des limites de la voûte céleste, Varuna ne le libérera pas et l'en empêchera. Ses agents descendent du ciel pour rejoindre la Terre, qu'il surveille grâce à leurs milliers d'yeux.

Tout ce qui existe entre le ciel et la Terre, et même au-delà, Varuna voit à travers, c’est-à-dire qu'il voit les choses telles qu’elles sont vraiment.

Varuna compte les clignements d'yeux et lorsqu'un joueur lance les dés et s'apprête à gagner, il établit ses lois.

Varuna, que tes pièges s'arment et s'apprêtent à attraper le menteur, mais je t'en prie, qu'ils laissent aller celui qui dit la vérité.

 

Hymne à Mitra et Varuna

Rishi Sroutavit, Rig-Véda, 4, 3, 16

Mitra, Varuna, c'est grâce à vous que les vaches du céleste pâturage grandissent et inondent la Terre de leurs grâces.

Rois généreux, c'est vous qui consolidez l’édifice du ciel et de la terre, c'est vous qui faites croître les plantes, c'est vous qui nous envoyez la pluie !

Mitra, Varuna, c'est sur votre roue que le monde tourne !

Que vos chevaux dociles et bien domestiqués vous amènent ici, sur le lieu du sacrifice et des rituels.

Voyez nos libations de beurre, voyez comme nous vous attendons.

Mitra et Varuna, prenez place sur votre trône, situé entre le ciel et la terre, prenez place au cœur du foyer sacré.

D'ici, bénissez ceux qui croient en vous, donnez-lui une force telle qu’on la dirait soutenue sur mille colonnes.

Que de votre char tombe sur nous le nectar qui permet aux dieux d'être immortels.

La lueur de l’or et du fer de votre char et de son timon semble heureusement se marier avec le ciel.

Réunis dans ce lieu fortuné, près de ce foyer arrosé du beurre (sacré), puissions-nous obtenir le miel (divin) qui tombe de ce char !

Au lever de l’Aurore, dès qu’apparaît le Soleil, vous montez sur son char étincelant d’or et de là, vous embrassez d'un regard Aditi, la Lumière de la Conscience et sa sœur Diti, la Substance matérielle.

 

Hymne à Mitra, Aryaman et Varuna

Vashisht, Rig-Véda, 5, 5, 1 à 7

Après avoir attelé à son char les sept chevaux oints de beurre sacré qui le transporteront à travers l'espace qui est sa demeure, le Soleil se lève et s'approche de nous.

C’est l’œil du monde, le gardien de tous les êtres, animés et inanimés ; il voit parmi les mortels le juste et l’injuste.

Montés sur l’océan lumineux, Mitra, Aryaman et Varuna, lui ont ouvert la voie alors, soumis à leurs lois, tu parcours les mondes, et, de même que le berger inspecte son troupeau, tu passes en revue tous les êtres.

Soleil ! Toi qui te lèves aujourd’hui, dis à Mitra et Varuna que nous sommes exempts de fautes. Dis-leur que des mets aussi doux que le miel ont été préparés pour eux.

Ô divins Mitra et Varuna, nous vous adressons cet hommage au milieu des sacrifices afin que vous éloigniez de nous tous les dangers et que vous nous accordiez vos bénédictions.

Dieux frères, fils de la Lumière Primordiale, Mitra, Aryaman et Varuna, vous êtes les ennemis de l'impiété car c'est dans la demeure de l'Ordre Cosmique que vous avez grandi, puissants et invincibles.

Mitra et Varuna vous possédez une insurpassable puissance qui vous rend vainqueurs des insensés et vous rapproche du sage qui vous honore par le sacrifice, éloignant de lui le mal, et le conduisant sur le bon chemin, car vous connaissez le gué par lequel le fleuve large et profond peut être traversé.

Irréprochables protecteurs des Aryens, Mitra et Varuna, accordez donc à vos serviteurs une protection infaillible !

Amenez-nous donc sans encombre sur l'autre bord et qu'à travers les rituels que nous vous adressons, nous obtenions de nombreux enfants, et que nous évitions la colère des dieux.

Si quelqu'un refuse de participer à l’holocauste, que Varuna le frappe de maux.

Mais, ô Dieux secourables, protecteurs des Aryens, protégez vos serviteurs contre tout ennemi, et ouvrez pour eux les bras généreux du vaste univers.

Ô maîtres généreux et lumineux, nous tremblons de crainte devant vous car votre influence est un secret et votre triomphe est le signe d'une force mystérieuse.

Rassurez-nous par la grandeur de votre puissance !

Récompensez donc la prière du brahmane, qui chante vos hymnes au milieu d’une abondance d’offrandes.

Donnez-lui donc une vaste et prospère maisonnée !

Titre

Traducteur

Date

Origine

Tradition

Hymne orphique au Soleil

Adaptée de la trad. L. de Lisle

v. -600 à 300

Grande Grèce

orphisme

Prière dionysiaque

Marcellus

v. 400

Grèce

dionysisme, apollinisme

Prière d'Hercule au Soleil

Greslou

v. 100

Rome

polythéisme gréco-romain

Prière à Apollon

Falconnet

v. 400

Grèce

orphisme

Hymne védique au Soleil

Adapté de la trad. Langlois

v. -1700 à -800

nord du sous continent indien

védisme

Hymne à Mithra

Adapté de la trad. de Harlez.

v. -600

Perse

mazdéisme

Hymne védique à Mitra

Adaptée de la trad. Langlois.

v. -1700 à -800

nord du sous continent indien

védisme

Hymne à Varuna

Depuis la trad. anglaise de Bloomfield

v. -1200 à -800

nord du sous continent indien

védisme

Hymne à Mitra et Varuna

Adapté de la trad. Langlois

v. -1700 à -800

nord du sous continent indien

védisme

Hymne à Mitra, Aryaman et Varuna

Adapté de la trad. Langlois

v. -1700 à -800

nord du sous continent indien

védisme

Corpus thématique de prières polythéistes - LE DIEU-SOLEIL

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article