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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

THOR

La description que fait Xavier Marmier (Lettres sur l’Islande) du dieu Thor, peut aussi convenir à d'autres divinités indo-européennes :

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Thor est le dieu de la force, le maître du tonnerre, l’implacable adversaire des monstre et des géants, qu’il poursuit comme Hercule ou comme Thésée à travers les forêts et les montagnes ; il a des gantelets de fer que lui seul peut porter ; il a une ceinture qui double ses forces, et une massue merveilleuse qu’il lance à la tête de ses ennemis, et qui lui revient dans la main ; son char est attelé de deux boucs ; quand il le fait courir sur les nuages, on entend résonner ses roues d’airain ; et c’est là le bruit que nous prenons pour le tonnerre. Aujourd’hui encore, quand il tonne, les paysans suédois ont coutume de dire : « Voilà le vieux Thor qui se promène. » Thor a été adoré dans toute la Scandinavie. Il a donné son nom à un grand nombre de villes, de fleuves, de montagnes, et à l’un des jours de la semaine. Les poètes ont souvent célébré ses courses aventureuses, ses combats contre les géants.

 

Thor et Hercule

Dans sa monographie des Germains, Tacite identifie Hercule à Thor. Si Tacite ignore la véritable identité du dieu de la guerre des Germains, il ne peut que constater sa ressemblance avec Hercule. C'est l'historien Auguste Geffroy (1820 - 1895) qui nous renseigne sur les ressemblances qui ont pu pousser Tacite à identifier Hercule à Thor (Les Origines du germanisme, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 96, 1871).

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À côté de Mercure et Mars, Tacite distingue un troisième grand dieu des Germains, qu’il identifie avec Hercule. Malgré quelque incertitude des manuscrits, c’est bien là son texte au commencement du neuvième chapitre de la Germanie. À quelle divinité barbare peut correspondre cette assimilation grecque ou romaine ? Les récits des Eddas nous offrent ici au premier coup d’œil des analogies qui semblent d’abord tout extérieures sans doute, mais que la science moderne sait définitivement justifier. Thor, dans la mythologie Scandinave, est le dieu redoutable par ses luttes incessantes contre les mauvais géants. Il a une taille, une force physique, un appétit extraordinaire. Dans une de ses expéditions, il tue, sauf à les ressusciter le lendemain, les deux boucs attelés à son char ; il les fait cuire et les mange. Il revêt pour la lutte une ceinture magique qui centuple ses forces ; il a d’énormes gantelets de fer, avec lesquels il tient son merveilleux marteau Mjöllnir, arme terrible à laquelle rien ne résiste, et qui, après avoir frappé, revient d’elle-même dans la main d’où elle est partie. N’est-ce pas assez de ces premiers traits pour faire songer à Hercule ? Hercule, ayant tué Busiris, aborde dans un port de l’île de Rhodes ; rencontrant un bouvier qui conduisait son char attelé de deux taureaux, il en dételle un, le sacrifie et le mange. Comme buveur, sa renommée n’est pas moindre, et de tous les défis il sort victorieux. On sait ses combats contre Antée, les Cercopes et tant d’autres ennemis. Le serpent de Midgard, que le dieu Thor abat, répond à l’hydre de Lerne, et le marteau Mjöllnir à la massue d’Hercule. Le grand nombre de statuettes antiques représentant le dieu grec armé de cette massue qu’on a retrouvées dans l’intérieur de l’Allemagne, jusque dans la région de la Sprée, démontre que les Germains avaient accepté ici encore l’identification romaine.

 

Thor et Sucellos

Un parallèle entre Sucellos, le dieu au marteau celte et Thor, son homologue germano-scandinave, ne peut manquer d'être fait :

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« Donar-Thor était à ce point un symbole de force physique que Tacite l'identifia à l'Hercule romain. Comme ce dernier, il combattait contre géants et monstres. Mais il avait aussi des traits communs avec Jupiter : l'arme qu'il brandit contre ses ennemis, le marteau, rappelle singulièrement le bidental, l'arme redoutable de Jupiter Tonans. La racine de l'épithète de ce dernier se retrouve d'ailleurs dans le nom du dieu germanique Thunaraz, qui signifie « celui qui tonne ». […] L'arme du dieu pose un problème quand nous essayons de trouver ses ancêtres dans la période préhistorique. Non seulement les gravures rupestres montrent que la hache était un symbole religieux encore plus commun que le javelot, mais des excavations ont mis à jour de nombreuses haches qui n'ont pu servir à aucun usage pratique, mais seulement à des offrandes ; elles sont ou trop grandes ou trop petites, ou bien elles consistent en un noyau d'argile couvert d'une mince couche de bronze. En fait, des offrandes de haches étaient déjà pratiquées à l'âge de la pierre. Le marteau représente-t-il un stade archaïque, ou est-il le résultat d'une réinterprétation de la hache à double tranchant que nous connaissons du monde méditerranéen ? Si nous ne trouvons pas en territoire germanique des armes correspondant au labrus mycénien et au bidental de Jupiter, nous trouvons dans une gravure rupestre un personnage brandissant deux marteaux ; et ce personnage semble avoir une tête d'animal à cornes : des traits qui rappellent nettement le Thor des temps historiques. » R. Derolez, Les Germains.

Le marteau de Thor, symbole ésotérique scandinave

Le marteau de Thor, symbole ésotérique scandinave

THOR
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