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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La société et la loi des VIKINGS

L'assemble du Thing

La société et la loi des Vikings

Entre assemblée et duel

v. 700 à 1000

 

 

Bibliographie

Eames, Elizabeth Sara, Mariage et concubinage légal en Norvège à l'époque des Vikings. Annales de Normandie, 2ᵉ années, numéro 3, 1952.

Gunnvör Sílfrahárr : Ward, Christie, Courtship, Love and Marriage in Viking Scandinavia et Hólmgang and Einvigi : Scandinavian Forms of the Duel. http://www.vikinganswerlady.com

Hansen, Michael Anthony, Issuing the Challenge - Form, Function and End of Medieval Icelandic Dueling. Université d'Islande, 2016.

Jacobsen, Grethe. Sexual Irregularities in Medieval Scandinavia. Sexual Practices and the Medieval Church, éd. Vern L. Bullough / James Brundage. Buffalo: Prometheus Books. 1982.

Jacobsen, Grethe. The Position of Women in Scandinavia During the Viking Period. University of Wisconsin, 1978

Magnusson, Magnus et Palsson, Hermann, Laxdæla Saga. Harmondsworth, Penguin. 1969.

 

Pour le Holmgang :

- Hednalagen

- Reykdæla saga, Gunnlaugs saga, Kormáks saga

- Egils saga Skallagrímssonar

- Svarfdælasaga

- Gisla saga Sursonar

- Vatnsdælasaga,

- Þorsteins saga Víkingssonar, The Saga of Thorstein

 

Autres :

Grágás, Le code de loi islandais

Bjarkeyjarréttr

La loi Gulaþing de Norvège

Äldre västgötalagen, loi de la Gothie Occidentale

 

N. B. : 1 marc pesait 244,752 g et valait 8 onces de 30,594 g.

 

 

 

LA SOCIÉTÉ

 

Les hommes libres : konungar, jarlar, boendr, félitill et fatoekr

Les konungar et les jarlar sont les rois, roitelets, princes et chefs de clan. Ils sont élus ou héritent de la fonction avec l’accord du conseil des hommes libres (boendr.) Ils sont soumis à la loi. Ils ont le devoir de maintenir et améliorer l’honneur, la sécurité et le bien-être de leur peuple. Ils communiquaient les informations et les ordres importants avec « le message par la flèche ». Ils ont aussi le devoir de diffuser les informations importantes, en faisant circuler à travers les clans et villages une flèche à leurs couleurs.

Les boendr sont les hommes libres. Ils ont le droit de vote au Thing et Althing.

Les umagi sont les nécessiteux, qui ne peuvent indépendamment subvenir à leur besoin. Il s'agit des vieux, des infirmes, des malades, des vagabonds, et des plus pauvres.

Les félitill sont les citoyens qui ne possèdent pas de biens.

Les fatoekr sont les plus pauvres. Ils vivent de la générosité de leur clan, de qui ils reçoivent leur subsistance à travers des dons en nourriture (matgjafir).

 

Les femmes libres

Légalement, une femme est placée sous l'autorité de son mari ou de son père.

Une femme peut demander le divorce.

Une femme libre est maîtresse chez elle, dans les limites de son foyer. Ses occupations doivent être d'ordre domestique. Les femmes doivent s'occuper des enfants, des personnes âgées et des tâches ménagères comme la cuisine, le nettoyage, la couture. Elles doivent éviter les tâches rudes et éreintantes.

Les femmes libres n'ont pas le même statut légal que leur homologue masculin, elles sont placées sous l'autorité de leur mari ou de leur père.

Les femmes sont cependant autorisées à pratiquer le commerce. Elles sont aussi autorisées à détenir et à diriger des serviteurs et esclaves, afin de leur faire réaliser, sous leur commandement, divers travaux.

Il est interdit aux femmes de porter des vêtements d'hommes, de se couper les cheveux courts ou de porter des armes.

Il lui était interdit de participer à la plupart des activités politiques ou gouvernementales. Selon les époques et les régions, elle ne pouvait donc pas être godi (chef), ni juge, et ne pouvait pas introduire une cause devant le thing à moins qu’un homme n’entreprenne les poursuites en son nom.

Une femme peut être godi, mais ne peut pas hériter de la charge de godi. Si une femme hérite du poste de godi, elle devra en confier la fonction à un homme.

Une femme ne peut pas hériter autant que ses frères. Selon les différentes communautés, si elle a des frères, elle n’hérite de rien. Cependant, si un mari décède sans héritier mâle ou si le fils héritier décède alors que la mère est encore vivante, celle-ci hérite de tous les biens de son mari et de son fils.

Une mère reçoit la garde de tous ses enfants si son mari venait à mourir.

 

Le clan

Un chef le devient soit de manière héréditaire, soit en se faisant élire. Ce sont les hommes libres qui décident du mode d'accès au pouvoir de leur chef. Si la royauté est héréditaire, le peuple doit être d'accord.

Les plus pauvres (fatoekr) doivent pouvoir compter sur la solidarité de leur clan. Si la famille d'un pauvre lui fait défaut, le clan ou la région peuvent s'y substituer.

Le clan doit aider ses membres en cas de sinistres. En cas de décès, il doit aider la famille pour qu'elle ne sombre pas dans la pauvreté. En cas de vol ou de maladie du bétail, comme en cas d'incendie, il doit aider ses membres.

C'est le rôle du Hreppr d'assurer la solidarité. Il est composé d’une vingtaine de citoyens. Pour en faire partie, il faut s'être acquitté du Thingfararkaup, la taxe nécessaire à la participation à l'Assemblée (Thing).

Les membres du Hreppr sont en charge de la collecte de l’impôt, dont un quart sera redistribué aux plus pauvres.

Les membres d'un clan sont obligés de venger les insultes faites à leurs parents morts ou blessés. C'est pourquoi ils se réunissent lors des assemblées (Thing).

 

Les esclaves (thraell)

Les thraellar sont les prisonniers de guerre capturés lors des raids et vendus ou ramenés dans les clans.

Il est interdit de les maltraiter, de les tuer ou de les mutiler. Celui qui leur infligera de tels sévices devra en répondre. Tuer un esclave n'est cependant pas considéré comme un crime.

Afin de dissuader, des peines exemplaires doivent être infligées aux esclaves qui tuent leur maître ou tentent de s'enfuir. Ils devront avoir les jambes et les bras coupés.

 

Les affranchis : leysingi et unfrjalsgjafi

Les esclaves peuvent s'affranchir. Pour cela ils ont trois options : racheter leur liberté, se marier avec une Viking ou rendre un grand service à leur maître. Un esclave ne gagne cependant jamais entièrement sa liberté et s'il améliore sa condition, son statut pourra malgré tout être transmis à sa descendance sur plusieurs générations.

Quand il rachète sa liberté, un esclave affranchit devient leysingi.

Il devient unfrjalsgjafi une fois que son nom a été cité solennellement comme affranchis par le conseil des remises en liberté.

 

Ambatt, risungr et risa

Une femme esclave est appelée ambatt. Son rôle est d’œuvrer aux tâches les plus fatigantes et salissantes, comme le travail du blé, du sel, la traite, le barattage ou la lessive. Elles peuvent aussi travailler dans les champs à labourer, planter, récolter, abattre ou filer. Les ambatts peuvent aussi mener le bétail aux pâturages au printemps ou servir de compagne de lit.

Les femmes esclaves œuvrent aussi comme nourrice.

Si leur maître meurt, elles peuvent l'accompagner sur son bûcher funéraire.

Un homme libre peut se mettre en concubinage avec une esclave. Les enfants nés de cette union sont appelés risungr (masc.) et risa (fém.), les « enfants du buisson ». Ces enfants peuvent être contestés par leur père et ne peuvent prétendre à droit à être entretenus par lui.

 

LA FAMILLE

 

Le mariage

Les mariages sont arrangés par le père ou d’autres membres masculins de la famille. Le consentement de la future épouse doit être recherché.

Une somme d'argent (mundr) doit être versée par le mari à sa femme le matin suivant leur nuit de noces. Le montant de la somme est déterminé par l'importance de la dot (heimanfylgja) que la femme apporte. Selon les communautés, il y a un minimum légal. Au mieux, le mundr doit être de valeur égale ou de moitié par rapport au heimanfylgja.

Le lendemain de la nuit de noces, le mari donne un « cadeau du matin » (morgen-gifu) à sa femme, sous la forme de biens précieux. Ces biens seront à elle pour toujours et seront insaisissables, même en cas de divorce.

Les montants sont fixés lors des fiançailles.

Un homme devait, en effet, non seulement remettre à son épouse un mundr en rapport avec

leur rang social, mais souvent partager avec elle ses propriétés ; et s'il voulait se séparer d'elle, il devait lui payer les sommes auxquelles elle avait droit.

Les deux époux ne sont pas automatiquement soumis à l'indivision des biens. Selon les communautés, cela arrive automatiquement vingt ans plus tard.

Une fois la propriété unique constituée, elle est indivisible, le mari en possède les deux tiers et la femme un tiers, quels que fussent leurs apports respectifs à la masse commune. Le tiers du bien commun devenait aussi propriété de la femme lorsque le mariage est rompu.

En second lieu venait la question d'héritage. Si un homme épousait deux femmes avec mundr, les enfants des deux avaient à partager l'héritage, ce qui pouvait signifier la division du bien familial en des parts économiquement peu viables ;

Le mariage est interrompu par la mort d'un conjoint ou par un divorce.

 

L'adultère

Si une femme couche illégitimement avec un homme, son plus proche parent mâle peut tuer son séducteur ou s'accorder avec lui pour une compensation. Si une esclave agit de même, son propriétaire pourra réclamer une indemnité.

Si une femme commettait l'adultère, c'est une raison valable de divorce. Selon les communautés, en cas de flagrant délit, la coupable s'expose à des peines allant d'une amende à la mort.

 

Le divorce

Les femmes comme les hommes peuvent demander le divorce.

Pour être valide, le divorce doit être prononcé devant témoin. La déclaration doit mentionner les raisons du divorce et doit être répétée devant des témoins dans la chambre à coucher du couple, devant l'entrée principale de la maison et devant une assemblée publique.

Après la déclaration d'un divorce, le couple doit convenir d'un arrangement divisant leur propriété. Aussitôt la procédure de divorce entamée, la femme prend possession de toute sa propriété, peu importe le résultat final de l'arrangement.

La division de la propriété doit être arrangée de façon à pénaliser le conjoint demandant le divorce.

Si le divorce se fait en raison de la pauvreté des conjoints ou à cause de la tristesse mutuelle dans le couple, aucun des deux partenaires n'est pénalisé. La femme reçoit sa dot et son cadeau du matin (morgen-gifu), le mari reprend le prix de la jeune mariée et s'ils étaient en communauté de biens, la femme recevait un tiers de leurs biens communs.

Si le mari est celui qui demande le divorce, sa femme reçoit l'ensemble des cadeaux de mariage (dot, cadeau du matin, etc.) et un tiers de n'importe quelle propriété commune.

Si la femme décide de la séparation, elle ne reçoit que sa dot et le cadeau du matin.

Si des dispositions concernant la propriété ont été incluses à l'accord de mariage, celles-ci sont respectées. En pénalisant financièrement l'associé qui demandait le divorce, la tradition de division de propriété permet de garder des couples ensemble sauf dans les cas les plus sérieux.

Une fois le divorce prononcé, une pension alimentaire pour les enfants doit être versée. Cette pension est constituée par la contribution de la part de chaque parent selon sa capacité à travailler, puis complétée par les familles de chaque côté.

Pour le choix de garde, le choix de la mère est la coutume. Un enfant non sevré, de moins d'un an est systématiquement confié à sa mère. Une mère reçoit la garde de tous ses enfants si son mari venait à mourir.

 

Les raisons justifiant d'un divorce

Le divorce est permis :

- Si le couple s'est infligé des blessures graves. Une blessure grave est définie comme une blessure qui a pénétré le cerveau, la cavité du corps ou l'os. La violence familiale est une raison de divorce. On distinguera deux types de violence de gravité différente : la violence exprimée en public sera considérée comme plus humiliante que la violence exercée en privé, particulièrement lorsqu’une femme en est victime. Si un homme frappe sa femme devant des témoins, elle peut revendiquer une compensation monétaire pour les coups, égale à ce qu’elle aurait reçu si un autre homme l'avait frappé. Après la troisième gifle, en plus de l'amende, elle peut demander le divorce. C'est un grave déshonneur pour un homme de blesser une femme, même si cela se passe de manière accidentelle.

- Si un couple est trop pauvre pour se soutenir et doit compter sur une des deux familles pour vivre, alors cette famille peut demander le divorce à leur place.

- Si un conjoint avec peu ou pas d'argent est soudainement chargé de soutenir financièrement des parents pauvres. Cela permet donc au partenaire qui demande le divorce de mettre ses biens en sécurité et d'échapper à la prédation des beaux-parents.

- Si un des conjoints ne traite pas sa belle-famille avec les égards et le respect qui lui sont dus.

- Si les deux belles-familles sont en situation de querelle.

- Si un des conjoints se moque de son ou de sa partenaire.

- Si un des conjoints fait preuve d'une jalousie ou d'un mauvais caractère exécutif.

- Si un mari essaie d'emmener sa femme hors du pays contre sa volonté.

- Si trois ans de suite un couple échoue à dormir ensemble.

- Si un mari porte des vêtements efféminés, des chemises particulièrement décolletées exposant sa poitrine, ou si une femme porte des vêtements d'homme en public. Les femmes sont cependant autorisées à porter des vêtements masculins lorsqu'elles travaillent.

- Si la femme est coupable d'adultère. Selon les communautés, en cas de flagrant délit, une femme adultère s'expose à des peines allant d'une amende à la mort.

 - Si un couple est antipathique ou triste.

En l'absence d'un de ces motifs, le divorce n'est pas permis.

 

Concubinage et polygamie

Un homme peut entretenir simultanément plusieurs unions charnelles, du moment qu'elles sont reconnues.

Les unions extraconjugales ne sont permises que si elles s'accompagnent d'un statut reconnu. C'est un délit punissable si un homme prend une femme sans avoir préalablement établi un lien formel avec elle.

Outre une femme libre, un homme libre peut se mettre en concubinage avec une esclave. Les enfants nés de cette union sont appelés risungr (masc.) et risa (fém.), les « enfants du buisson ». Ces enfants peuvent être contestés par leur père et ne peuvent prétendre à droit à être entretenus par leur père.

 

La frilla et les hornungr

Une compagne de condition libre avec laquelle vit un homme comme s'il s'agissait de son épouse, mais sans être marié est appelée une frilla. Cette union doit être officialisée par une cérémonie.

Deux témoins sont nécessaires pour qu'une liaison soit publique, les parents de la femme sont admis à réclamer une compensation pour elle au début de l'union. Comme il s'agit d'une sorte d'affront à l'honneur d'une famille que d'y prendre une femme pour maîtresse et non pour épouse ; une indemnité peut être exigée (réttr). Cette indemnité sera payée au début de l'union, ensuite, la liaison n’entraînera aucune dépense ultérieure. Le fils de l'homme, son héritage risquant d'être partagé, peut aussi demander réparation.

La femme prise pour compagne peut l'être au moyen des mêmes arrangements que l'épouse légale, mais avec don d'une somme inférieure à celle qui constitue le mundr légal.

Les enfants de la frilla sont appelés hornungr. Ils ne peuvent recevoir des dons de trop grande valeur et n'ont pas part au patrimoine. Ils sont sous l'autorité du père. Si la frilla enfante un garçon, celui-ci peut être adopté sans que le père assume à l'égard de la femme les obligations d'un mari. Pour hériter de son père, cet enfant devra être adopté en bon et due forme. Une fois adopté par son père, le fils adoptif devient prioritaire dans l'ordre d'héritage, devenant ainsi l'égal d'un fils légitime. Il obtient donc la primauté sur une fille légitime.

Une simple compagne n'a droit à une aucune part d'une propriété du couple, ni pendant la période de cohabitation, ni après.

Une simple compagne n'a aucun droit à être entretenue.

 

Naissance et adoption des hornungr

Si une frilla enfante un garçon, celui-ci peut être adopté sans que son père assume à l'égard de la frilla les obligations d'un mari. Pour hériter de son père, cet enfant devra être adopté en bon et due forme.

Les enfants illégitimes ne peuvent être adoptés sans le consentement des héritiers déjà existants, des biens du père. Une fois adoptés, ils prennent rang d'enfants légitimes et supplantent les précédents héritiers ou partagent avec eux suivant le degré de priorité.

Une fois adopté par son père, le fils adoptif devient prioritaire dans l'ordre d'héritage, devenant ainsi l'égal d'un fils légitime. Il obtient donc la primauté sur une fille légitime, puis entre garçons l'ordre s'effectue en fonction de l’âge, de plus âgé au plus jeune.

 

Héritage

Une femme ne peut pas hériter autant que ses frères. Selon les différentes communautés, si elle a des frères, elle n’hérite de rien. Cependant, si un mari décède sans héritier mâle ou si le fils héritier décède alors que la mère est encore vivante, celle-ci hérite de tous les biens de son mari et de son fils.

Il existe plusieurs types d'héritiers. Dans un ordre de priorité décroissante, ce sont :

- Les enfants légitimes nés d'une mère pour qui une dot (mundr) a été payée ou les garçons adoptés. Ils sont premiers sur la liste des héritiers du père. Les enfants illégitimes ne peuvent être adoptés sans le consentement des héritiers déjà existants, des biens du père. Une fois adopté, le fils adopté prend rang d'enfant légitime et supplante les précédents héritiers ou partage avec eux suivant le degré de priorité. Il obtient donc la primauté sur une fille légitime. Entre garçons, l'ordre s'effectue ensuite en fonction de l’âge, de plus âgé au plus jeune.

- Les filles légitimes nées d'une mère pour qui un mundr a été payé.

- Les enfants libres illégitimes.

 

LES INSTITUTIONS

 

Le Thing

Le Thing est une assemblée des gens libres associés à un territoire particulier. Seuls les hommes libres sont dotés du droit de vote au Thing. Chaque participant de l'assemblée peut prendre la parole. Les débats sont présidés par le Lögsögumad et le chef local (ou le roi).

Il existe des Things locaux, régionaux et nationaux. Chaque Thing est représenté au Thing qui lui est supérieur hiérarchiquement.

Pour participer à ces assemblées, il faut s’acquitter de frais d’adhésion (Thingfarakaup) qui seront affectés à l’organisation de l'assemblée.

Le lögsögumad préside le Thing,

Le rôle du Thing est de régler les querelles et de prendre les décisions politiques, de proposer et d'adopter des lois. C'est le Thing qui élit les chefs et les rois. Comprenant en son sein le Lögrétta, le Thing est aussi un tribunal, dont les lois sont mémorisées et récitées par le Lögsögumad. Une femme ne peut ni être juge, ni introduire une cause devant le Thing à moins qu’un homme n’entreprenne les poursuites en son nom.

Le Thing se réunit à intervalles réguliers :

- Au printemps se tient le Varthing. On prépare alors l'année à venir.

- Au solstice d’été se tient le Althing. Durant deux semaines, se tiennent votes, jugements, projets, échanges d’informations sur divers sujets comme les voyages, sessions d’héritages, ventes de biens, transactions commerciales, mariages…

- En automne a lieu le Leid, qui entérine les décisions prises en juin.

Les Things doivent se dérouler dans des vastes endroits naturels représentant un avantage acoustique. Ces lieux devront être à la foi propice à la religion et au commerce.

Les Things permettent à des clans éloignés de se réunir, la période durant laquelle se tient l'assemblée est aussi consacrée au commerce. C'est l'assemblée qui décide des nouvelles dispositions concernant les contrats et les prix.

Les principaux Things du monde viking sont situés à : Gulatinget (Norvège), sur l'île de Gotland (Suède), Tingwall (Shetland et Orkney), Dingwall (Ecosse), Tinganes (Féroé), Tynwald Hill (île de Man), Fingay Hill (York), Dublin (Irelande), Tingland (Cotentin) et Eiríksfjördur (Groenland). Le Thing principal du royaume danois d'angleterre (Danlaw) est situé à dans la forêt de Sherwood, du Nottinghamshire.

L'althing se déroule quant à lui à Thingvellir, en Islande.

 

L'assemblée du Thing

 

 Le Lögrétta

Le Lögrétta, la section législative de l'assemblée, est son institution la plus puissante. Il comprend 39 sénateurs (godar), en plus de neuf membres additionnels et du lögsögumad.

Le Lögrétta est présidé par le lögsögumad.

Le Lögrétta prend position sur les litiges liés à la législation. Il adapte les lois et en crée de nouvelles.

Il décide des amendes et des peines et punitions.

 

Le Lögsögumad (« celui qui dit la loi »)

Tout homme libre peut devenir Lögsögumad.

Le lögsögumad préside le Thing, à la fonction de juge et formule les lois que le peuple a décidées. Son rôle consiste à réciter les lois. C'est lui qui rappelle la jurisprudence. Il préside les sessions du Lögrétta et tranche les litiges.

Le lögsögumad est élu pour trois ans. Il est responsable de l’administration et de l’exécution des décisions. Le rôle du lögsögumad est de sauvegarder les droits et les libertés du peuple, et de parler en son nom au roi ou à son représentant. C’est à lui, au nom du peuple, de reconnaître comme roi le nouvel élu après son passage devant l’assemblée.

Chaque province possède son propre lögsögumad, lequel est subordonné au lögsögumad national.

 

Le godi

Le godi est le représentant de clans. Hommes et femmes peuvent être godi. Si une femme peut être godi, par contre, elle ne peut pas hériter de la charge de godi. Si une femme hérite du poste de godi, elle devra en confier la fonction à un homme.

La charge du godi est une possession privée. Elle est transmise généralement à un membre de la famille, qui n’est pas nécessairement l’aîné des fils. Elle peut être vendue, partagée ou offerte à n'importe quel homme libre. La fonction de godi peut donc être rachetée.

Les godi siègent aux jurys des Things.

Les godi gèrent la caisse de solidarité clanique (Hrepr). Ils décident des prêts ou des dons aux paysans dans le besoin.

Durant les festivals, les godi sont en charge des pratiques et coutumes religieuses.

Ils célèbrent les grands événements (naissance, mariages, funérailles, mémoire des Ancêtres…)

Ils fixent les tarifs portuaires des marchandises.

Ils n'ont pas de pouvoir militaire, mais le pouvoir de police et de règlement des conflits.

Ils ne perçoivent aucun émolument et tirent leurs revenus de l’exploitation de leurs propres terres ou la location de propriétés ou de bétail.

Ils sont autorisés à percevoir des dons de la part d'autres chefs ou d'homme libre, afin que leur décision juridique soit orientée ou afin de les assister dans un procès ou les soutenir dans un conflit.

Par serment, tout homme libre peut s'attacher au godi de son choix, mais il peut aussi s'en séparer librement. Le godi et ceux qui lui sont affiliés se doivent aide, assistance et hospitalité. Le godi collecte auprès de ceux, qui lui ont prêté serment la somme qui lui permettra de se rendre à l'assemblée du Thing.

Le godi doit assurer la paix parmi ses affiliés.

 

Le godfusir (le conciliateur)

Le Godfusir est l'homme de bonne volonté du clan. Sa nomination est soumise au vote du Thing. Son rôle est de régler les problématiques de la communauté et de ses membres, mais aussi d'en soulever les problématiques.

Quand se présente une situation critique et que la seule alternative est la violence, le godfusir doit proposer une alternative en cherchant la conciliation. Il doit pousser les belligérants au compromis. Pour cela, il peut utiliser l’humour, la farce, la surprise, ou la violence.

Dans les affaires de jugement, le Godfusir devra toujours favoriser le système des compensations. Pour cela, il est autorisé à payer de sa propre poche.

 

LA JUSTICE

 

La justice

L'état ne poursuit pas, un procès ne peut se dérouler qu'entre deux personnes physiques.

Les rois et les princes sont soumis à la loi.

Le jury est composé de trois juges, qui ont entière liberté de jugement.

Les juges, issus de la classe sociale des karls, doivent écouter les deux parties, ainsi que les témoins.

Dans l’enceinte du Thing l’accusé est intouchable.
Des témoins doivent être invoqués en toutes circonstances. À charge, comme à décharge.

Les litiges concernent particulièrement la propriété, la rupture de serment ou l’honneur. Les litiges se règlent par compensation. Les amendes infligées sont reversées en partie à la victime, en partie au clan et en partie au chef de clan, ou le roi.

Si une confirmation divine est demandée et afin de prouver l’innocence de l’accusé, il est permis de le soumettre à une épreuve extrême.

Une femme ne peut, ni être juge, ni introduire une cause devant le Thing à moins qu’un homme n’entreprenne les poursuites en son nom.

Légalement, une femme est placée sous l'autorité de son mari ou de son père.

 

Le droit de vengeance

Tout homme libre peut recourir au « Droit de vengeance ». Il peut demander réparation sanglante ou monétaire devant le Thing.

Cet arrangement peut être payé aux ascendants et descendants jusqu’au deuxième degré, aux collatéraux jusqu’à la 6e génération de cousinage, ainsi qu'aux parents par alliance et aux illégitimes (fils, gendre, beau-père, beau-frère…)

Le prix à payer pour la réparation peut être d'une ampleur plus grande que l'insulte ou la blessure d'origine.

Personne, ni homme ni femme, n'a le droit de porter plainte plus de trois fois s'il ne s'est pas lui-même ou elle-même vengé entre-temps.

 

Les peines

Les peines sont infligées en fonction des blessures engendrées. Les peines doivent prendre en compte les revenus du coupable mais aussi la gravité de la faute commise.

La hiérarchie des blessures, de la moins grave à la plus grave, est la suivante :

- Lésion corporelle mineure.

- Lésion ayant atteint la chair mais pas l’os.

- Lésion ayant atteint l’os mais sans gravité.

- Blessure grave avec effusion de sang.

Les peines les plus sévères sont les suivantes :

- L’exil dans les bois.

- Le bannissement à durée limitée, de trois ans en général. Après cette période, le condamné retrouve ses biens et propriétés. L’homosexualité passive est un cas de bannissement immédiat.

- Le bannissement à vie, qui ne permet pas au coupable de retrouver ses biens et propriétés.

- L’esclavage. Le condamné perd ses droits d’homme libre et devra suivre un maître. Il reste cependant rattaché à son Clan.

- La peine de mort pour meurtre avec préméditation.

- La peine de mort pour obotomal. L'obotomal est une offense grave où la loi ne prévoit pas de compensation directe. Par exemple : la magie noire, le fratricide et le meurtre de son épouse, le refus de vengeance d’une offense grave, le non-respect d’une trêve ou d’un accord sacré, le vol et le viol. Le voleur peut être pendu à un arbre jusqu’à ce qu’il pourrisse dans le vent et la pluie. Le voleur se voit la main coupée, le voyeur son œil et le calomnieux sa langue. Le viol d’une femme libre est puni de pendaison. Le traître est lui aussi pendu. Le lâche et la prostituée sont noyés dans un marais attaché à une pierre.

La peine de mort se pratique par décapitation. Dans certains cas exceptionnels, la torture peut précéder l'exécution.

Si un accusé est reconnu innocent, son accusateur risque la même condamnation que lui, pour réparation de l’honneur et en compensation du préjudice subi.

N'est pas considéré comme un crime le meurtre ou la chasse d'un criminel est fuite.

 

L'ordalie

Le parjure est un délit grave. Il est puni par différents types d'ordalies qui peuvent être :

- Construire une structure qui ne devra pas s'écrouler.

- Manœuvrer une épée rougit par le feu, des pierres chauffées ou plonger les mains dans l'eau bouillante pour y prélever un objet.

- Marcher sur des braises ou du charbon ardent sur quelques mètres.

Si un accusé est reconnu innocent par le même procédé, si ses plaies, cicatrices guérissent vite et sans complication. Si tel est le cas, cette personne est lavée des accusations qui pesaient sur elle. Son accusateur risque la même condamnation que lui, pour réparation de l’honneur et en compensation du préjudice subi.

LES DUELS

 

L'Einvigi

L'einvigi est un duel sans règle d’aucune sorte, ni concernant les armes, ni concernant le lieu. Toutes les armes sont permises. Il n'y a pas de juge durant un einvigi et aucune loi ni serment d'aucune sorte n'y sont prononcés.

Si un combattant est tué lors d'un einvigi, son parti est autorisé à exercer contre son meurtrier son droit de vengeance.

 

Le Holmgang

Quel que soit son statut social, un homme libre peut en convoquer un autre en duel (holmgang). Un holmgang peut être décidé pour de nombreuses raisons, telles : l'honneur, la réputation, un terrain, une propriété, une femme, la vengeance d'un proche, l’aide à un ami, la restitution d'une dette.

Si une personne convoquée à un duel ne se présente pas à ce duel, celui qui l'a convoqué se verra conforté dans ses accusations ou ses prétentions. Si c'est au contraire la personne qui a provoqué le duel qui ne se présente pas à ce duel, cette personne sera déclarée nidingr.

Si l'accusateur est battu en combat régulier, alors ses accusations seront déclarées fausses et il devra payer les conséquences de sa diffamation.

 

Nidingr

Est considérée sans honneur une personne qui n'est pas capable de défendre ce qu'elle prétend, ou qui n'est pas capable de se défendre contre des accusations.

Nidingréé est une insulte et un statut infamant, qui veut dire efféminé, lâche et faible. Devenant nidingr, une personne s'expose à des poursuites et à un possible bannissement de sa communauté. L'insulte de nidingr est une raison valable de holmgang.

 

Le lieu et l'espace du combat

Un holmgang se déroule habituellement sur une île. Il peut aussi se dérouler dans un autre lieu spécifiquement dédié à la pratique du duel. Il devra s'agir d'un lieu retiré, ne risquant pas d'ameuter une trop grande foule, qui pourrait faire dégénérer l’événement par les bagarres des partisans. Combattre à l'écart permet aussi de ne pas créer de désagrément ni de casse dans les villages.

Un holmgang se déroule dans un espace délimité par une couverture, possiblement en cuir de bœuf, entendue au sol et d'une dimension de trois mètres sur trois. À l'intérieur de ce carré, des lignes sont dessinées à partir du bord, et chacune d'entre elles est espacée d'un pied par rapport à la précédente. Des branches de noisetier plantées dans le sol à ses quatre coins délimiteront l'espace de combat.

Le combattant qui sort involontairement de cet espace est déclaré vaincu. Celui qui en sort volontairement est considéré comme un fuyard et un lâche.

 

Les règles du holmgang

Pour qu'un duel ait lieu, il faut que les deux combattants se soient convoqués en public et au croisement de trois chemins.

La formule pour convoquer quelqu'un en duel doit mentionner le nom de la personne provoquée, l'enjeu et le lieu du duel, la durée de l'épreuve et la sanction encourue par les combattants s'ils ne se présentaient pas au rendez-vous.

En fonction des communautés, le combat se déroulera ensuite de 24 heures à sept jours plus tard. Durant ce laps de temps, les notables du clan doivent œuvrer à trouver une solution pacifique au conflit. Si nécessaire, le duel peut attendre la réunion du prochain thing, afin que le cas soit étudié en plus haute instance.

Des témoins des deux parties sont indispensables au duel pour que celui-ci soit reconnu légalement. Il est du devoir des combattants de pourvoir à la présence de leurs témoins, qui devront s'assurer de l'équité du duel.

Il n'y a aucune obligation à participer à un holmgang comme témoins ou assistants. Une personne conviée à témoigner ou à porter le bouclier d'un combattant, est en droit de refuser de le faire.

Avant le combat, les règles doivent être prononcées et les enjeux clairement établis. Tardivement, pour éviter les abus, l’enjeu maximum d'un duel fut limité à trois marks, soit 735 grammes d'argent.

 

Le combat durant un duel

Les spectateurs sont autorisés à assister au duel.

En cas de trop grande différence de corpulence entre deux combattants, il est possible au plus chétif de se faire remplacer par un ami qui combattra à sa place.

Des prières contre les sortilèges doivent être récitées avant le début des combats, afin que celui-ci ne soit pas perturbé par la magie noire ou toute autre mauvaise influence pouvant perturber l'issue naturelle du combat.

Les combattants sont seuls dans la zone de combat, à distance se tiennent les témoins qui sont aussi les gardiens des boucliers de rechange. Plus loin sont les spectateurs.

L'épée est l'arme traditionnelle des duels. Sa taille est réglementée. Les combattants peuvent porter une épée de rechange sur eux.

Les boucliers pouvant se briser lors de l'affrontement, chaque combattant peut en posséder en réserve. Habituellement un combattant commence un duel avec trois boucliers, dont un dans sa main, et les autres confiés à la garde de ses témoins.

L'accusé porte le premier coup, que tente de parer son accusateur. C'est ensuite à l'accusateur de porter le second coup, que tentera de parer l'accusé. Il en va ainsi jusqu'au versement du premier sang. En Norvège, l’alternative des coups n'est pas en vigueur.

 

La fin du combat

À la première blessure le combat se termine. Les témoins choisis par les combattants doivent alors les séparer.

Le combat se termine dès que la couverture étendue sous les pieds des combattants est tachée de sang, ne serait-ce que d'une gouttelette.

Si un combattant sort des limites de l'espace de combat, que ce soit volontairement ou involontairement, celui-ci est déclaré vaincu et le combat s'arrête.

Le vaincu doit demander grâce au vainqueur. Si un combattant est tué lors d'un duel, sa mort ne permettra pas d’exercer le droit de revanche et son meurtrier ne sera pas inquiété.

Après le combat, le vainqueur doit sacrifier un bœuf à Odin. Préalablement à l’événement, chacun des combattants peut sacrifier un bœuf à Odin.

Couples de Vikings
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La société et la loi des VIKINGS

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