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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Les Roms (peuple gitan)

Les gypsies ont un langage à eux, un même langage qu’ils parlent avec de légères nuances dans les diverses contrées de la terre où ils se trouvent, et ils se trouvent partout. Dans les rues de Moscou et de Madrid, de Londres et de Constantinople, dans les plaines de la Hongrie et dans les brûlantes solitudes du Brésil, le vent disperse les sons étranges de cet idiome qui présente partout dans ses traits principaux un caractère d’unité. Ce langage a été analysé par les philologues, qui y ont retrouvé les racines plus ou moins corrompues du sanskrit.

A. Esquiros, Les Gypsies et la Vie errante.

Les Roms

Le romani, parlé par 4,5 millions de Tziganes européens, est une langue proche du rajasthani et donc appartenant à l'héritage indo-aryen.

Aussi appelés Gitans, Gypsies, Romanichels, Bohémiens ou Tziganes (Zincalos), les Roms sont un peuple nomade originaire du Rajasthan qui a, durant de longs siècles, successivement traversé la Mésopotamie, puis l'Anatolie et l’Égypte et enfin l'Europe de l'est pour enfin s'établir principalement entre l'Espagne et le bassin du Danube.

Nation sans territoire, se revendiquant d'un héritage nomade, les Roms ont choisi la roue indienne du karma pour figurer sur leur récent drapeau officiel.

L'étude de la migration des Gitans est un parfait exemple de ce que permettent les méthodes complémentaires que sont la linguistique, l'archéologie et l'anthropologie. La démonstration d'Alphonse Esquiros date un peu (1858), mais elle a le mérite d'être particulièrement claire, tant au niveau génétique...

« Un philologue allemand, Büttner, soupçonna le premier que les gypsies sortaient de la souche antique de l’Inde : cette origine indienne fut ensuite prouvée et démontrée par Grellmann. L’historien des races humaines, Prichard, ne doutait point d’une telle filiation : aux lumières de l’histoire et de la linguistique il ajouta même celles de la physiologie. Les traits des gypsies se rapportent au type hindou : Prichard fait seulement observer que ces tribus errantes, quoique relativement très brunes en Europe, sont d’une couleur beaucoup moins foncée que les Hindous des classes abaissées, lesquels sont quelquefois aussi noirs que les nègres de la Guyane. Il attribue ce changement de couleur à l’influence du climat. Les gypsies descendent donc par voie de migration d’une tribu indienne. »

...qu'historique...

« Non contents de rechercher le berceau des gypsies, quelques écrivains allemands et anglais ont voulu pénétrer la nature de l’événement qui les a dispersés dans le monde. [...] L’opinion la plus généralement reçue est que les gypsies furent séparés de la souche nationale et jetés comme une branche morte dans le torrent de leur destinée vagabonde par une des plus terribles invasions dont l’histoire ait enregistré le souvenir. De 1408 à 1409, l’Inde fut ravagée par un conquérant resté fameux sous le nom de Timour-Bey ou Tamerlan. Tout ce qui opposa une résistance fut détruit : on parle d’une boucherie de cinq cent mille hommes. Ceux qui tombèrent aux mains du vainqueur furent faits esclaves, et souvent l’esclavage même ne les couvrit point contre des recrudescences de fureur homicide. Les gypsies, d’après Grellman, auraient été arrachés de leur mère-patrie par les désastres de cette guerre. [...] les gypsies venant du pays des Bulgares [ont] fait halte dans la Roumanie, après avoir traversé le Danube. De la terre des Roumains, comme d’une ruche, un assez grand nombre d’essaims voyageurs se sont répandus sur les différentes contrées de l’Europe. Les uns, tournant au nord-est, parcoururent la Russie ; d’autres se jetèrent à l’ouest, étendant leur course jusqu’à l’Espagne et jusqu’à l’Angleterre. En Valachie et en Moldavie, on retrouve encore aujourd’hui un grand nombre de zingarri. Leur nombre est estimé à deux cent mille au moins ; ce sont les restes de la grande caravane, qui, à mesure qu’elle s’avançait vers l’ouest, laissait derrière elle divers détachements. En 1417, ils apparurent dans la Germanie. En 1427, des hordes de prétendus bohémiens se montrèrent en France. Leur arrivée fut un événement. Ils se donnèrent comme venant de la Basse-Égypte. À les entendre, le pape, après avoir ouï leur confession, les avait condamnés pour leurs péchés à errer sept ans par le monde, « sans coucher en un lit ». On jugea toutefois à propos, vu leur état de dénuement et leur mauvaise mine, de ne point les laisser entrer dans Paris : ils furent logés, par ordre de justice, à la Chapelle-Saint-Denis. Tout le monde courut pour les voir ; presque tous avaient un ou deux anneaux d’argent à chaque oreille, « disant que c’était gentillesse en leur pays. » Les hommes étaient noirs et avaient les cheveux crêpés ; les femmes étaient encore plus noires qu’eux et avaient les cheveux droits comme la queue d’un cheval. C’étaient les plus pauvres créatures qu’on eût jamais vues en France. Sous ce manteau de pénitents, les soi-disant enfants d’Égypte obtinrent néanmoins la permission de rôder dans le royaume, et il faut croire que leur expiation n’a pas été méritoire, puisqu’aux sept années de vie errante bien d’autres ont succédé. Ils se conduisirent d’ailleurs comme si le vol et les pratiques équivoques avaient fait partie de la pénitence qui leur était, disaient-ils, imposée par le saint-père, dont ils avaient reçu la bénédiction. »

… Et enfin linguistique :

« On remarque dans le langage des gypsies une infiltration de mots persans ; or la langue moderne de la Perse, fille de l’ancien zend, ne s’est introduite dans l’Inde qu’à la suite des nouveaux sectateurs de Mahomet, les Arabes, les Perses, les Afghans, qui portaient la parole du prophète à la pointe de leurs cimeterres. [..] Ce même monument, la langue, est encore le seul qui puisse nous mettre sur la trace du chemin qu’ont suivi les gypsies pour entrer d’Asie en Europe. Sur le fond indien et persan du dialecte des races nomades, tel qu’il se parle aujourd’hui en Angleterre, en Allemagne, en Italie, sont venus se fixer, à une époque relativement récente, un grand nombre de mots slaves, grecs et roumains. La conséquence à tirer de cette immixtion est que la langue primitive et tout orientale des gypsies a ramassé çà et là quelques mots des régions qu’elle a traversées, comme le torrent se teint en courant de la couleur des terres et des racines qu’il entraîne avec lui. » A. Esquiros, Les Gypsies et la Vie errante.

Les Roms (peuple gitan)

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