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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

ODIN

Nous croyons qu’Odin et ses frères gouvernent le ciel et la terre. Nous donnons le nom d’Odin au maître de l’univers, parce que ce nom est celui du plus grand homme que nous connaissions. Il faut que les hommes l’appellent ainsi.

Le Voyage de Gylfe, 6, Trad. du Puget

[Chez les Scandinaves] « il y a douze grands dieux. Le premier est Odin. C’est le maître de l’univers et l’esprit des combats ; c’est le Shiva des Indiens, tout à la fois créateur et destructeur, dieu bienfaisant, dieu redoutable, tantôt invoqué dans de pieuses prières, tantôt adoré avec des holocaustes de sang. C’est lui qui préside le conseil céleste, et il s’assoit dans son palais sur un siège élevé d’où il découvre tout ce qui se passe dans le monde. Il avait douze noms, et il usurpa celui d’Allfader (père de toutes choses) ; ce qui établit dans cette mythologie une étrange contradiction, car Odin mourra un jour, et il est dit que l’Allfader ne doit pas mourir. Les Scandinaves, qui, dans leur humeur guerrière, se souciaient peu d’une divinité pacifique et miséricordieuse, adoraient Odin comme le chef suprême des armées, comme le génie des batailles sanglantes. Alors il ne s’appelle plus créateur : il s’appelle le dieu terrible, l’incendiaire, le dévastateur, le père du carnage. Il traverse les airs sur un cheval qui a huit pieds ; il plane sur les champs de bataille et anime les combattants. Les guerriers lui dévouent les âmes de ceux qu’ils égorgent ; le bruit du glaive le réjouit ; le sang qui coule plaît à ses regards ; il passe, sans qu’on le voie, au milieu des cohortes ; mais, à l’ardeur qui les anime, les héros reconnaissent son approche, et croient entendre le hennissement de son cheval. Il s’écarte de ceux qui seront vaincus, mais il prête sa lance à ceux qui doivent remporter la victoire ; et quand la lutte sanguinaire est finie, les valkyries lui amènent les âmes des guerriers qui sont morts après avoir noblement combattu. » X. Marmier. Lettres sur l’Islande.

 

Armé d'une lance, premier poète, maître des métamorphoses, vieillard ancêtre de l'humanité, Odin est le Zeus nordique (dont Wotan est la version germanique). De même qu'il peut être rapproché de Shiva, son fils Thor peut être rapproché de Skanda.

Cependant, ne nous laissons pas emporter par des comparaisons trop évidentes. Les limites du raisonnement par analogie sont très bien expliquées par Hermann Lommel dans Les Anciens Aryens :

"Wotan, comme Rudra, demeure dans les montagnes ; tous deux sont entourés ou accompagnés de bêtes sauvages ; Wotan porte son chapeau à large bord enfoncé sur ses yeux, Rudra porte un bandeau autour de la tête ; Wotan prend la forme d'un serpent et Rudra est aussi vénéré sous la forme de serpents. Je ne crois pas que de telles comparaisons puissent prouver une parenté indo-européenne. Chacun de ces traits pose le problème de savoir s'il a des deux côtés la même signification. Ce sont ou bien des traits superficiels ou bien des caractères qui peuvent exister indépendamment dans les deux mythes et avoir un sens tout différent dans l'ensemble de chacune des deux personnalités, comme la demeure dans les montagnes et les forêts. Et aucun de ces traits particuliers ne porte sur l'ensemble du personnage. Certes, Wotan, lui aussi, a des qualités contradictoires, mais je ne saurais reconnaître en lui cette unité dans le dualisme, cette fusion de la mort et de la procréation, de la mortification et de la volupté, de la cruauté et, de l'extrême plaisir, de la maladie et de la guérison. Un point de comparaison isolé, comme ce fait, par exemple, que Wotan, lui aussi, guérit des maladies [...], ne prouve rien, puisque Wotan ne porte pas en lui, comme Rudra, la contradiction essentielle, et n'est pas lui-même la cause de la peste, des épidémies, de la fièvre et de toute maladie. D'autre part, l'un des rôles importants de Wotan est celui de dieu du vent et de chef de l'armée des morts, ce que Rudra n'est point."

Il est vrai que si Rudra-Shiva est nommé « Ganapati », c’est-à-dire « chef des légions », il s'agit de légions de sages ou de soldats, voire de moines-soldats, et non d'une armée des morts sortis des enfers.

Odin
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