Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Le DRAGON

Dans le lac est un insatiable dragon

chaque jour il mange un homme.

Vient le tour de toutes les filles,

vient le tour de la fille du roi!

Chanson bulgare, citée par D. d'Istria dans La Nationalité bulgare d'après les chants populaires

Parmi les cultures indo-européennes, le mythe du dragon est parmis les plus communs et le combat d'un héros contre un dragon est un poncif. Les dragons sont présents dans les épopées homériques et indiennes : pour ne citer que les plus célèbres combats, mentionnons ceux qui opposent Héraclès à l'hydre de Lerne, et Krishna à Kalya, le naga à plusieurs têtes. La mythologie catholique reprendra largement le mythe du dragon, dont la version spécifiquement française est la vouivre. Animalisation du diable, elle sera combattue par l'archange Gabriel, par le guerrier Saint Michel ou par le prêtre Gaston de Belsunce.

Ce serpent monstrueux incarne le plus souvent la sécheresse, le déluge (tremblement de terre), ou bien des maladies :

« Dans l'Univers encore primaire, apparut bientôt un gigantesque serpent à cent têtes, qui se nommait Mantrytya. Mantrytya avait donc d'innombrables têtes, dont l'une était celle d'un canard, l'autre celle d'un chien, une autre encore celle d'un chat, ainsi étaient représentés tous les autres animaux de l'univers. [...] En, ces temps reculés, le dragon causait beaucoup de mal sur terre, car il dévorait non seulement les hommes, mais aussi les vampires qui torturaient leur âme. Les tempêtes elles-mêmes, qui dévastaient le monde, furent aussi dévorées par le dragon géant. » A. Fortis, Voyages en Dalmatie (« le serpent aux cent têtes », 1ère légende de la Vaeya).

 

Chez les Hittites, le récit de Kella, composé par le scribe Pihaziti, présente le classique combat entre le dieu de l'orage et du tonnerre, Tarhunt et le dragon Illuyanka. Nous en donnons ici le récit résumé par Serge Papillon, dans son Abrégé de mythologie indo-européenne (2 007).

« Tarhunt affronta le serpent Illuyanka à Kiskilussa, mais il fut vaincu et dut appeler les dieux à l’aide. La déesse Inara recruta un mortel, Hupasiya, qui accepta de l’aider s’il pouvait coucher avec elle. Après leurs ébats, Inara se rendit avec Hupasiya près du trou dans lequel Illuyanka habitait. Ayant demandé au mortel de se cacher, elle invita le serpent à faire la fête. La créature sortit avec ses fils. Ils mangèrent et burent tellement de vin qu’ils furent incapables de redescendre dans leur trou. Hupasiya arriva alors pour ligoter le serpent avec un cordon, puis le dieu de l’Orage le tua. Par la suite, Inara se construisit une maison sur un piton rocheux et y installa Hupasiya. Elle lui interdit de regarder par la fenêtre quand elle se rendait à la campagne. Au vingtième jour, il enfreignit l’interdiction et vit sa femme et ses enfants. Il supplia Inara de le laisser rentrer chez lui. Le texte, qui est malheureusement dégradé, laisse entendre qu’il fut tué et que la maison fut détruite. Le dieu de l’Orage sema du cresson a sa place. [...]

La suite du texte, après une importante lacune, donne une autre version de ce combat. Illuyanka vainquit le dieu de l’Orage et lui prit son cœur et ses yeux. Ce dernier épousa alors la fille d’un homme pauvre. Il obtint de la sorte un fils qui épousa plus tard la fille d’Illuyanka. Chaque fois que son fils se rendait chez sa belle-famille, il lui demandait de lui ramener son cœur et ses yeux. Les ayant obtenus, il vainquit Illuyanka, mais il tua également son fils, présent à côté du serpent. C’est lui-même qui avait demandé à son père de ne pas l’épargner. […] Les deux versions du combat contre Illuyanka sont en fait deux éléments d’un même mythe, celui de l’avènement de l’été. »

Le DRAGON

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article