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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Le DÉLUGE (mythe universel)

Manu et les 8 rishis célestes à bord du bord du bateau que tire Matsya, l'avatar poisson de Vishnou

Manu et les 8 rishis célestes à bord du bord du bateau que tire Matsya, l'avatar poisson de Vishnou

Les monts s'enflamment, il n'y a plus d'arbres et l'eau se dessèche ; le marais s'engloutit, le ciel flambe, la terre ronde brûle ; feu et air balayent tout.

Chant germanique du 10e siècle cité par J. A. Mauduit, L'Épopée des Celtes.

Le mythe du déluge

Le mythe du déluge est sûrement le plus universel des mythes. Présent dans les mythologies sumériennes, akkadiennes et babyloniennes, et même dans les cultures amérindiennes et précolombiennes, le déluge de la Terre par inondation, ou sa destruction par le feu est un poncif philosophique et mystique qui était très en vogue au Néolithique, puis à travers l'Antiquité. Il s'agit par ailleurs d'une des rares légendes païennes que les religions abrahamiques ont reprises à leur compte sans trop les déformer, en devenant la légende de l'arche de Noé et en inspirant les visions fantastiques de l'Apocalypse et la venue du Madhi.

Cette division cyclique et dépréciative du temps, qui aboutit à un déluge, est aussi commune aux peuples indo-européens. On la retrouve de manière quasiment identique de Scandinavie en Inde, comme nous le prouve le mythe du Ragnarök des Vikings, de la chute de l'Atlantide et le mythe du Pralaya, « la fin du monde ».

Lorsque tous les rois seront occupés à voler leurs sujets, le Kali yuga s’achèvera par un cataclysme, le pralaya, le déluge à la suite duquel la Terre et l'Univers seront dissous dans l'océan initial. Cette période de chaos durera toute une nuit de Brahma, c’est-à-dire l'équivalent temporel des quatre yugas précédents pris dans leur ensemble, soit 12 000 années divines, ou 4,32 millions d'années terrestres. Un maha-yuga représente donc une vie divine, car à chaque cataclysme, tous les dieux meurent, sauf Vishnou, Shiva et Shakti.

De même, dans le monde celte :

Les dieux sont soumis au cycle naturel général de la vie et de la mort. [...] Les dieux possèdent une forme tout à fait intéressante d'éternité : ils ne meurent que pour se régénérer et revivre un cycle de vie semblable au précédent, ou en tout cas identique.

P. Verdier, « Mythes celtes » dans le Dictionnaire des mythes littéraires.

Les Druides, qui ne sont pas les seuls du reste parmi les barbares, proclament l'immortalité des âmes et celle du monde, ce qui n'empêche pas qu'ils ne croient aussi que le feu et l'eau prévaudront un jour sur tout le reste.

Strabon, 4, 4

Rapportant Edward Davies (Myth. and rites of the British druids et Celtic researches), Michelet mentionne un déluge celte irlandais :

Le castor noir perce la digue qui soutient le grand lac, le monde est inondé ; tout périt, excepté Douyman et Douyme'h (man, mec'h, homme, fille), sauvés dans un vaisseau sans voiles, avec un couple de chaque espèce d'animaux. Hu attelle deux bœufs à la terre pour la tirer de l'abîme. Tous deux périssent dans l'effort ; les yeux de l'un sortent de leurs orbites, l'autre refuse de manger et se laisse mourir.

Extrait des commentaires de La Gaule.

Au Pays de Galles :

Les traditions galloises au sujet de l’Atlantide sont rapportées par Timagènes. Trois races, disent-elles, ont occupé le pays de Galles et l’Armorique : 1° la population indigène ; 2° les envahisseurs Atlantes ; 3° les Gaulois Aryens. De plus ces traditions mentionnent trois grandes catastrophes qui auraient effondré à trois reprises différentes un immense continent, dont le pays de Galles était une extrémité. Et encore les vieux Gallois racontent, en montrant l’océan Atlantique, que jadis, d’après les traditions, les forêts s’étendaient très loin dans la mer et couvraient un espace immense .

M. Manzi, Le Livre de l’Atlantide.

À chaque fois, un homme, bon de nature et pieux, échappe à la mort à bord d'un bateau de fortune, souvent une simple caisse.

[Odin et ses frères] tuent Ymir, et les torrents de sang qui s’échappent de son corps inondent la terre et noient les hommes de sa race, à l’exception de Bergelmer, qui se sauva avec sa famille dans un bateau.

X. Marmier, Les Chants Danois.

Le mythe du déluge se retrouve en Arménie, patrie du mont Ararat, où, selon la tradition hébraïque, se serait échouée l'arche de Noé :

« Je ne puis raconter l'histoire de notre patrie sans faire comme tous les historiens, qui rapportent que, lorsqu'on arriva au deuxième âge du monde, Dieu purifia les trois parties de la terre en envoyant le déluge, qui détruisit en tous lieux les insensés, les impies, les hommes criminels, les hommes féroces, les détestables idolâtres, et qui enfin ne laissa rien sur la surface de la terre qui fût doué ou privé de raison. Il en excepta cependant toute une famille de justes qui, d'après son commandement, construisit un vaisseau, lequel fut l'arche de Noé. Ce dernier y fit entrer avec lui et sa famille tous les animaux purs et impurs qui étaient sur la terre. Ainsi un bois fragile les sauva et servit à conserver ce qui devait renouveler le monde. On fit après cela un sacrifice à Dieu, et Dieu donna sa bénédiction à tous les êtres qui produisirent selon leur espèce. Ils s'augmentèrent et s'accrurent considérablement, de sorte qu'ils couvrirent la terre, qui eut l'homme pour maître. » J. Saint-Martin. Histoire d'Arménie par le patriarche Jean VI, 3.

Aux confins du monde, le récit tahitien du déluge mentionne lui aussi un événement similaire à celui dont Manu ou Noé furent les héros. Contrairement au récit indien, ce n'est pas un roi qui fait ses ablutions matinales dans une rivière, mais deux frères qui pêchent dans l'océan.

C'est le conteur Tahitien Maré qui nous fait le récit de ce mythe (traduit et publié par L. Gaussin, dans Traditions religieuses de la Polynésie) :

« Deux hommes étaient allés au large pêcher à la ligne : Roo était le nom de l’un, Teahoroa celui de l’autre. Ils jetèrent leur hameçon dans la mer, et l’hameçon se prit dans les cheveux du dieu Ruahatou. Ils se dirent alors : « Un poisson ! » et ils tirèrent la ligne ; mais ils virent apparaître un être à face humaine, accroché par les cheveux. À l’aspect du dieu, ils bondirent à l’autre bord de la pirogue et restèrent comme morts de frayeur. Ruahatou leur demanda : « Qu’est ceci ? » Les deux pêcheurs répondirent : « Nous sommes venus ici pour pêcher du poisson et nous ne savions pas que tu te prendrais à notre hameçon. » Le dieu leur dit alors : « Dégagez mes cheveux » ; et ils les dégagèrent. Puis Ruahatou leur demanda : « Quels sont vos noms ? » Ils répondirent : « Roo et Teahoroa. » Ruahatou leur dit ensuite : « Retournez au rivage, et dites aux hommes que la terre sera couverte par la mer et que tout le monde périra. Vous, demain matin, rendez-vous sur l’îlot nommé Toa Marama : ce sera un lieu de salut pour vous et pour vos enfants. » Ruahatou fit monter la mer au-dessus des terres. Toutes furent couvertes, et tous les hommes périrent excepté Roc, Teahoroa et leurs familles. »

Dans la mythologie scandinave, les dieux meurent. Dans cette tradition, comme dans les autres cosmogonies indo-européennes, c'est par le feu que périt l'Univers, même si c'est par le dérèglement climatique et l'inondation que débute sa destruction. La fin du monde est alors déclenchée par l'agenda cyclique irrémédiable du temps, plutôt que par une cause particulière qui aurait provoqué un combat entre le bien et le mal.

Dans le long monologue de la Voluspa1, une magicienne expose en une série de visions riches de détails l'histoire et le destin du monde, des dieux et des hommes depuis l'origine de la création jusqu'au Crépuscule des Puissances, le Ragnarok, qui verra l'avènement d'une terre nouvelle. Ce long poème décrit la création et la fin d'un cycle d'existence, dont l’équivalent indien est le cycle des yugas. Comme pour le mythe du Pralaya (cataclysme), nous y trouvons une période d'intense sécheresse, qui selon les prophéties indo-européennes, marquera les dernières années avant le cataclysme ultime qui frappera la Terre.

Le texte en norrois appartient au Codex Regius (v. 1270). Nous en proposons ici une traduction française inspirée de celle de Régis Boyer. Lors du Ragnarok, les forces du mal, jusqu'alors maintenues enchaînées et soumises aux dieux, se libèrent, muées par une force implacable :

« Le soleil brilla d'une couleur noire durant ces étés et de terribles tempêtes s'abattront sur la terre. Garmr le chien hurlera furieusement devant Gnipahellir, le rocher qui cache l'entrée des enfers. Enfin, les liens éclateront et la bête courra... Cependant, grâce à mes visions, je sais déceler, loin dans le futur, le jugement des dieux et à qui ils donneront la victoire.

En cette fin des temps, le frère frappera son frère et les deux périront... Les parents abuseront leur descendance... Le mal sera sur terre, qui vivra alors une période d'adultère, ou la hache et l'épée fendront des boucliers... Ce sera une époque de vent et le climat sera celui des loups jusqu'à ce que le monde s'effondre sur lui-même. Nul homme n'aura pitié d'un autre homme. Alors, Gjallarhorn, la corne d'Odin, d'un son puissant et magique, sonnera le Ragnarok, la fin du monde. Yggdrasil lui-même tremblera, son vieux tronc gémira, alors que libérés, les géants marcheront sur le chemin des enfers.

Qu'en sera-t-il des dieux ? Qu'en sera-t-il des elfes ? Maîtres des falaises, les nains grogneront devant les portes de pierres. Les dieux une nouvelle fois tiendront conseil.

C'est alors qu'arrivera depuis l'Orient un géant, Hrym, qui lèvera bien haut son bouclier. À son approche, Jormungandr, le serpent gardien de Midgard, se tordra de rage, et fouettera les vagues de son corps infini, vibrant de la même frénésie que celle qui avait saisi les géants. Surgira alors au-dessus des flots Nidfolr, l'aigle au bec pâle, qui sera la charogne des guerriers morts au combat.

Enfin, le bateau géant fait des ongles des morts, le bateau sur lequel voguait l'humanité, sera sauvé et voguera libre. »

 

L'axe du monde sera le seul point de l'Univers qui ne sera pas détruit lors de ce déluge. Dans ses Métamorphoses, Ovide évoque d'ailleurs le Parnasse dans les mêmes termes que le font les sages de l'Inde, pour qui le Vaikuntha, le Shiva-Loka ou l'île de Sripura, incarnent, selon leurs sectes respectives, la demeure éternelle, absolue et immatérielle, seule à demeurer à la fin des temps (c’est-à-dire à la fin du Kali Yuga). Ce domaine céleste est le repère où se réfugieront l'ensemble des divinités, sous la protection de la plus puissante et de la plus essentielle d'entre toutes (Vishnou, Shiva ou Shakti).

« L’Attique est séparé de la Béotie par la Phocide, contrée fertile avant qu’elle fût submergée ; mais alors, confondue tout à coup avec l’Océan, ce n’était plus qu’une vaste plaine liquide. Là s’élève jusqu’aux astres un mont dont la double cime se perd au sein des nues : le Parnasse est son nom ; c’est sur cette montagne, seul endroit de la terre que les eaux n’eussent pas couvert, que s’arrêta la faible barque qui portait Deucalion et sa compagne. Ils adorent d’abord les Nymphes de Coryce, les autres dieux du Parnasse, et Thémis, qui révèle l’avenir, et qui rendait alors ses oracles en ces lieux. Jamais homme n’eut plus de zèle que Deucalion pour la vertu et pour la justice, jamais femme n’eut pour les dieux plus de respect que Pyrrha. Quand Jupiter a vu le monde changé en une vaste mer, et que de tant de milliers d’hommes, de tant de milliers de femmes qui l’habitaient, il ne reste plus qu’un homme et qu’une femme, couple innocent et pieux, il écarte les nuages, ordonne à l’Aquilon de les dissiper, et découvre la terre au ciel et le ciel à la terre. [...]

Les eaux qui tombent du ciel ne suffisent pas à la colère de Jupiter : le roi des mers, son frère, lui prête le secours de ses ondes. Il convoque les dieux des fleuves, et, dès qu’ils sont entrés dans son palais : « Qu’est-il besoin de longs discours ? Dit-il. Il s’agit de déployer toutes vos forces : allez, ouvrez vos sources, renversez vos digues, et donnez carrière à vos flots déchaînés ». Il parle : on obéit, et les fleuves, forçant les barrières qui retiennent leurs eaux, précipitent vers la mer leur course impétueuse. Neptune lui-même frappe la terre de son trident : elle tremble, et les eaux s’élancent de leurs gouffres entr’ouverts. Les fleuves débordés roulent à travers les campagnes, entraînant ensemble dans leur course les plantes et les arbres, les troupeaux, les hommes, les maisons et les sanctuaires des dieux, avec leurs saintes images. Si quelque édifice reste encore debout et résiste à la fureur des flots, l’onde en couvre bientôt le faîte, et les plus hautes tours sont ensevelies dans un profond abîme.

Déjà la terre ne se distinguait plus de l’Océan : la mer était partout, et la mer n’avait pas de rivages. L’un gagne le sommet d’une colline, l’autre se jette dans un esquif, et promène la rame dans le champ où naguère il conduisait la charrue. Celui-ci passe dans sa nacelle au-dessus de ses moissons ou de sa maison submergée ; celui-là trouve des poissons sur la cime d’un ormeau. Si l’ancre peut être jetée, c’est dans l’herbe d’une prairie qu’elle va s’arrêter ; les barques s’ouvrent un chemin sur les coteaux qui portaient la vigne ; les phoques monstrueux reposent dans les lieux où paissaient les chèvres légères. Les Néréides s’étonnent de voir au fond des eaux, des bois, des villes, des palais ; les dauphins habitent les forêts, et bondissent sur la cime des chênes qu’ils ébranlent par de violentes secousses. On voit nager le loup au milieu des brebis ; les flots entraînent les lions et les tigres farouches ; également emportés, les sangliers ne peuvent trouver leur salut dans leur force, ni les cerfs dans leur vitesse. Las de chercher en vain la terre pour y reposer ses ailes, l’oiseau errant se laisse tomber dans la mer. L’immense débordement des eaux couvrait les montagnes, et, pour la première fois, leurs sommets étaient battus par les vagues. La plus grande partie du genre humain périt dans les flots : ceux que les flots ont épargnés deviennent les victimes du supplice de la faim. […] Cependant le courroux de la mer s’apaise, le souverain des eaux dépose son trident et rétablit le calme dans son empire. Voyant, au-dessus des profonds abîmes, Triton, [...] il l’appelle et lui commande d’enfler sa conque bruyante, et de donner aux ondes et aux fleuves le signal de la retraite. »

Si c'est le feu qui est l'ultime agent destructeur, c'est bien l'eau qui doit purifier la Terre. Le déluge n'est d'ailleurs pas seulement un mythe théologique, c'est aussi une réalité, faisant parti d'un corpus « scientifique » antique. Les Anciens avaient d'ailleurs très clairement conscience de la montée des eaux ainsi que des divers cataclysmes liés à la mer et aux volcans. C'est même suite aux successifs déluges que Platon explique le relief et la nature du paysage de notre planète :

Pendant les nombreuses et grandes inondations qui ont eu lieu pendant les neuf mille ans, car c’est là le nombre des ans qui se sont écoulés depuis ce temps-là jusqu’à nos jours, le sol qui s’écoule des hauteurs en ces temps de désastre ne dépose pas, comme dans les autres pays, de sédiment notable et, s’écoulant toujours sur le pourtour du pays, disparaît dans la profondeur des flots. Aussi comme il est arrivé dans les petites îles, ce qui reste à présent, comparé à ce qui existait alors, ressemble à un corps décharné par la maladie. Tout ce qu’il y avait de terre grasse et molle s’est écoulé et il ne reste plus que la carcasse nue du pays.

Critias ou l’Atlantide.

Mircea Eliade relie ce mythe platonicien du déluge cyclique à la doctrine mazdéenne. « Platon, écrit Eliade, semble avoir eu connaissance de la conception iranienne d'après laquelle ces catastrophes ont pour but la purification du genre humain. » La « fin de monde » perse consiste en effet en un ultime combat entre le dieu du bien et celui du mal. À la suite de cet affrontement, Ahriman va se dissoudre en Ahura-Mazda, qui englobera alors toute la Création, faisant ainsi de l'Univers un havre de paix. Insistant sur l'importance de l'influence initiale aryenne, Eliade ajoute :

« Il semble de plus en plus probable que le mythe d'une fin du monde par le feu, dont les bons sortiront indemnes, est d'origine iranienne [...]. Le stoïcisme, les Oracles sibyllins (par exemple II, 253) et la littérature judéo-chrétienne font de ce mythe la base même de leur apocalypse et de leur eschatologie. Si curieux que cela puisse paraître, ce mythe était réconfortant. En effet, le feu renouvelle le monde ; par lui sera restauré un « monde nouveau, soustrait à la vieillesse, à la mort, à la décomposition et à la pourriture, vivant éternellement, accroissant éternellement, alors que les morts se relèveront, que l'immortalité viendra aux vivants, que le monde se renouvellera à souhait » (Yasht, 19, 14, 89, trad. Darmesteter). Il s'agit par conséquent d'une apokatastasis [restauration finale de toutes choses en leur état d'origine] dont les bons n'ont rien à redouter. La catastrophe finale mettra fin à l’histoire, donc réintègre l'homme dans l'éternité et la béatitude. » Le Mythe de l’Éternel Retour.

Le déluge n’entraîne pas le retour du chaos primordial. Au contraire, il purifie le monde, ce qui permet à la vie de jaillir à nouveau. C'est bien le propos ultime de l'Avesta, que son traducteur, James Darmesteter, résume ainsi ;

Comme créateur du Bien, Ahura Mazda s’appelle Spenta Mainyu, l’Esprit Bienfaisant, et a pour antagoniste Angra Mainyu, l’Esprit du Mal, auteur de la perversion matérielle et morale du monde. Les deux Esprits se disputent l’empire du monde : un jour l’Esprit du Mal sera vaincu, les morts se relèveront et le monde sera immortel et bienheureux à jamais.

La renaissance après le déluge est par ailleurs le point de départ de toutes les théories para-scientifiques traitant de l'Atlantide et de son hypothétique héritage.

Le mythe de l'Atlantide est une variation sur le thème du déluge :

« Dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. [...] Mais dans le plus tard, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas-fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. » Platon, Timée.

La fameuse Table d’Émeraude, qui a servi de type à toutes les morales des peuples antiques, provenait d’Atlantide, disait-on, et avait été sauvée du déluge.

M. Manzi, op. cit.

Le DÉLUGE (mythe universel)

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