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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Les CELTES (Gaulois, Ligures, Romains)

 

piridon Manoliu, selon J. et M. Griffe ; Chronologie de la Provence, M.-H. d’Arbois de Jubainville ; Les premiers habitants de l’Europe d’après les écrivains de l’Antiquité, et R. Delattre ; Langues et origines des peuples de l’Europe antique.

 

La colonisation de l'Europe

Tandis que la culture de Yamna étend son influence vers l'ouest ; des ethnies membres de l'haplogroupe R1b remontent le Danube et le Rhin, franchissent les Alpes et s'établissent en Allemagne : ce sont les Proto-Celto-Germains.

Dans le nord de l'Europe, la culture de Yamna influencera grandement la culture de la céramique cordée (-3000 à -2200). D'abord de nature génétique très hétéroclite, comprenant des individus appartenant aux haplogroupes E (ibéro-berbère), R1b, R1a et I (nordique), la culture de la céramique cordée est ensuite envahie par les Indo-Européens porteurs de l'haplotype R1a (ce sont les Proto-Balto-Slaves qui ont quitté les rivages de la mer Caspienne presque un millénaire plus tôt, vers. -3800).

Si les nouveaux arrivants balto-slaves remplacent la population de la culture de la céramique cordée, ils adoptent néanmoins la langue locale qui est le proto-germanique.

Les Indo-Européens continuent leur expansion vers le centre de l'Europe ; d'abord vers les îles atlantiques (Grande-Bretagne, Irlande et Islande), puis vers les péninsules espagnole et italienne. Ce sont les Proto-Celtes de la culture campaniforme (-2900 à -1900).

Leur constitution en tant qu'ethnie est marquée par l'apparition de l'haplogroupe R-L151, largement majoritaire chez les peuples de la façade atlantique (de la Belgique au Portugal). Cet haplogroupe est présent chez 60 à 90 % des habitants des îles britanniques et des Irlandais, et chez 40 à 60 % des habitants de l'Europe de l'ouest (France, Portugal), mais sa présence est négligeable en Europe de l'est, où l'haplogroupe R1a est largement majoritaire.

 

Les Italotes

Dans le nord de l'Italie se distingue lentement une culture typique, qualifiée d'italo-celtique. Les Romains et les Latins seront les fruits tardifs de cette culture qui commença aux alentours de -2000.

Des langues romanes (latines) naîtront les langues d'oc et d’oïl, le roumain, l'espagnol, le portugais, le français, l'italien, ainsi que tous les dialectes qui sont associés à ces langues. L'influence du latin sur les langues germaniques sera par ailleurs immense.

 

Les Ligures

Vers -1500 à -400, les Ligures seront le plus puissant des peuples indo-européens pré-étrusques de la péninsule italienne. Leur présence est attestée d'Espagne jusqu'en Ligurie, avec une persistance dans le sud de la France. Ce sera ensuite au tour des Étrusques puis des Romains de dominer la péninsule.

Étymologiquement, le terme ligure est d'origine grecque. Il renvoie à la jouissance de la vie, des plaisirs et de la musique, ce qui nous donne une indication sur les mœurs et les coutumes ligures (qui seraient alors proches de celles des Étrusques, peuple connu pour leur art de vivre). Les sources anciennes distinguent, comme en Celtie, des Ligures « chevelus » et des Ligures « montagnards ». Il s'agit des habitants des côtes méditerranéennes, ainsi que des habitants des Alpes et des Apennins.

Tout comme les Pélasges, les Paléo-balkanniques (Illyriens) ou les Ibères (possiblement d'ascendance basque ou berbère), il est difficile de connaître l'identité exacte des premiers Ligures. Aucun document écrit en langue ligure n'étant disponible, il nous faut étudier la langue celtique ou latine pour y retrouver des emprunts ou des vestiges du ligure, de sorte que si le consensus actuel semble considérer les Ligures comme des Indo-Européens arrivés à l'ouest du continent entre l'an -2500 et l'an -1000, il ne s'agit que d'une théorie.

Il en est de même pour de nombreux autres peuples pré-romains de la péninsule italienne, tels les Ombriens, les Sabins, les Volsques, les Picéens, les Sicules ou encore les Sardes. Si nous connaissons précisément les territoires qu'ils occupèrent successivement, à la suite des guerres et des migrations, nous devons déplorer un manque cruel de matériel concernant leurs langues ou leurs religions. De fait, s'il semble incontestable que certains de ces peuples sont indo-européens de langue et de tradition (Ombriens, Latins, Sabins, Vénètes), il demeure contestable que d'autres le soient (Sardes).

Dans Peuples d'Europe Occidentale et Nordique dans l'Antiquité (Atramenta, 2016), le spécialiste des peuples antiques européens Raymond Delattre est cependant catégorique :

« Les Ligures sont certainement les premiers Indo-européens d’Europe Occidentale, venus d’Ukraine, de Roumanie ou des Carpathes et arrivés au plus tôt vers -2500. Mais selon une expression consacrée chez les historiens, ils sont venus par vagues successives s’étalant sur de nombreux siècles. D’autres Indo-Européens leur ont succédé plus tard et ont pris leur place. […] Tout dans l’onomastique semble indiquer que les Ligures sont indo-européens, même si leur culture l’est peu. Il doit s’agir de petits groupes d’Indo-européens qui ont dominé des populations autochtones comme ce fut le cas pour les Achéens en Grèce, les Luviens sur les côtes d’Anatolie ou les Mitanniens indo-aryens en pays hourrite (de langue caucasienne). Ils pouvaient donc être bilingues et s’intégrer beaucoup plus que ne le feront leurs successeurs italiotes, gaulois ou grecs à la société et aux coutumes locales. On peut leur attribuer la culture des mégalithes de l’âge du bronze. Ils ont donc imité à leur manière la culture autochtone précédente. C’est dans le domaine du travail des métaux que leur apport aux populations locales a été le plus considérable. Ils introduisent aussi l’usage du char tiré par des chevaux. » Raymond Delattre propose d'attribuer aux Ligures un espace qui s'étendait de l'Andalousie actuelle au nord du massif alpin : « L’expansion ligure correspond assez bien à ce qui devait constituer le territoire de l’Atlantide [l'Atlantide de Delattre n'est pas l'Atlantis légendaire de Platon, mais la région d'Afrique du nord que les géographes Grecs considéraient comme les portes de l'océan Atlantique]. Des Ligures se trouvaient notamment, sous le nom de Cynètes, sur le site de Tartesse (Huelva), qui fut probablement le port commercial le plus important de cet empire atlante. Ils contrôlaient le commerce de l’étain (les Ipsicores des Cassitérides) et celui de l’ambre (les Ambrons). L’ensemble de leurs peuples, comme plus tard les Gaulois, constituaient donc une puissance occidentale qui avait de quoi impressionner les Méditerranéens par sa richesse en métaux (or, argent, étain). Ils avaient aussi sûrement réussi à monopoliser à leur profit le commerce de l’ambre de la Baltique (des Ligures sont signalés comme recueillant cette précieuse matière à l’embouchure de l’Albis, l’Elbe, en plus des Ambrons du Jutland). […] L’espace ligure (impressionnant) s’étendait au moins du Jütland (les Ambrons) jusqu’au sud du Portugal (les Cynètes) et du sud de l’Angleterre (les îles Cassitérides) jusqu’au Nord de l’Italie en passant par la Bretagne, l’Aquitaine, le Languedoc, la Provence et les Alpes. Les écrits antiques ne permettent aucun doute à ce sujet. L’Elbe (Albis) était signalé aussi comme un fleuve ligure, avec un nom ligure. »

 

En considération de la démographie européenne du Néolithique, le territoire occupé physiquement par les Ligures devait être nécessairement bien plus petit que celui qu'ils contrôlaient commercialement ou militairement. Les Ligures, comme les Ibères, connurent un âge d'or pré-romain et pré-étrusque qui leur permit d'étendre leur influence sur un vaste territoire, mais les frontières exactes de ce territoire demeurent inconnues.

 

Rome

Après avoir éradiqué la civilisation carthaginoise (guerres puniques de -264 à -146), la cité de Rome affirme sa volonté impérialiste, sans connaître aucun adversaire capable de véritablement menacer son hégémonie dans le bassin méditerranéen, en Afrique ou encore en Europe celtique et germanique.

« La Grèce et l'Italie se tournent le dos. Les ports de la Grèce sont situés sur sa côte orientale, ceux de l'Italie sur sa côte occidentale. Les sols les plus fertiles du pays sont situés sur les côtes orientales de la Grèce ; les régions les plus riches de l'Italie se trouvent à l'ouest des Apennins qui les protègent des vents du nord. On peut donc dire que la Grèce a les yeux tournés vers l'Orient et l'Italie vers l'Occident, et cela vaut pour l'histoire comme pour la géographie. […] Rome s'éleva bien au-dessus des autres villes, grâce surtout à sa position favorable sur le Tibre, cette artère du Latium. « Rome » doit signifier « la ville au bord de la rivière ». L'embouchure du Tibre permit l'établissement d'un port très fréquenté, le seul port de l'Italie centrale à cette époque. Et les collines de pierre volcanique où Rome naquit formaient le premier site offrant de bonnes possibilités de défense. De plus, les collines étaient un domicile plus sain que la Campanie, marécageuse et dispensatrice de fièvres. Depuis les temps les plus reculés, le Tibre formait une frontière naturelle entre le Latium et ses voisins du Nord. Rome possédait un autre avantage non négligeable, sur les autres villes du Latium : elle disposait de sel. Depuis longtemps, on transportait d'importantes quantités de sel des marais salins situés près de l'embouchure du Tibre à travers le Latium jusqu'aux peuples montagnards du nord-est. La route commerciale, créée par ce négoce, prit le nom de Via Salaria (la route du sel) et s'appelle encore ainsi de nos jours. Rome était donc l'endroit du Latium qui se prêtait le mieux à l'établissement d'une ville fortifiée et commerçante. La ville fut d'abord construite sur une colline puis se développa jusqu'à couvrir les sept collines. C'est pourquoi Rome fut surnommée « la ville aux sept collines ». C. Grimberg, Histoire universelle.

En -205, Sparte s'allie à Rome ; la Grèce et la Macédoine perdent leur indépendance en se faisant annexer par Rome. Associé aux peuples romanisés et latinisés, le monde hellénique forme alors la civilisation gréco-romaine.

Influencés d'abord par la culture latine et la mythologie étrusque, les Romains adoptèrent très vite les croyances et coutumes, mais également la philosophie et les techniques de guerre grecques.

Doté d’une armée de métier nombreuse, bien payée et bien entraînée, l'Empire gérait, depuis son unique capitale, des millions de citoyens et d'esclaves, et des territoires aussi disparates que le désert de Cyrénaïque, les îles britanniques ou les vastes plaines gauloises ou daces.

Continuateurs d’Épicure et de Pythagore, de Sophocle et de Périclès, les Romains mirent au point une civilisation complexe et stable (pax romana). Cependant, ruiné par les guerres intestines, politiquement devenu ingérable à cause de sa corruption généralisée et de la décadence de ses élites, et subissant les perpétuelles attaques des tribus germaniques, l'Empire se disloqu.

En 313, l'empereur Constantin autorise la religion chrétienne à évangéliser et à prospérer. Quelques décennies plus tard, l’Église rayonnait sur l'Europe depuis Rome et le Vatican, et chasse le polythéisme d'Italie, de la Gaule, puis enfin de l'Europe tout entière.

En 330, c'est la naissance de l’Empire romain d'Orient, dont Byzance-Constantinople sera la capitale.

L'Empire romain à la mort de Claude (54) À partir de Coldeel pour Wikipedia, domaine public.

Outre les Romains, les principaux peuples indo-européens italiques sont :

- Les Sabins, voisins des Romains, parlent un dialecte italo-celte. Ils furent une des premières composantes de Rome.

- Les Latins, peuple hétéroclite de la botte italienne, parlent des langues originaires du socle celto-italique et dont la standardisation donnera le latin. Peuples influencés d'abord par la riche civilisation étrusque, les Latins subirent ensuite une totale acculturation au modèle hellénique. De toutes les langues indo-européennes anciennes, elle est de loin la plus documentée. Elle fut la lingua franca des élites européennes près de deux millénaires durant.

Enfin, les Gallo-Romains sont les Celtes gaulois ayant adopté volontairement les coutumes gréco-romaines de son principal partenaire commercial. Les Gallo-Romains sont les ancêtres des peuples du Languedoc. Le mélange de la langue gauloise et romane donnera en effet naissance à la langue d'Oc, c’est-à-dire la langue des Occitans. Cette langue est similaire au catalan espagnol.

 

Les langues latines et romanes

Sont qualifiées de romanes les langues dérivées d'une forme de latin vernaculaire, introduite par la présence romaine en Europe. Les principales langues romanes sont le français, l'espagnol, le portugais, l’italien et le roumain.

Proches des langues celtiques, les langues italiques concernent le latin, dont sont dérivés le romanche, possiblement le corse et dans une certaine mesure le roumain-moldave (26 millions de locuteurs) et les langues d’Oïl et d'Oc. Elles donneront plus tard naissance aux dialectes vernaculaires ou aux reconstructions administratives et littéraires que sont le français, l'espagnol, le catalan (10 millions de locuteurs), le portugais et l'italien. Ces langues se sont exportées aux quatre coins du monde, suivant les conquêtes des peuples européens, ainsi que leur colonisation des continents les plus éloignés. L'espagnol comprend aujourd’hui 577 millions de locuteurs, dont la plupart résident en Amérique du Sud. Il en va de même pour le portugais, et ses 240 millions de locuteurs, dont 210 millions sont Brésiliens. Le français, s'il est parlé en langue première par moins de 100 millions de personnes, est maîtrisé et employé à divers niveaux par près de 300 millions de locuteurs, principalement en Afrique. Quand le français se mâtine de vocabulaire indigène ou emprunté, il devient créole (10 millions de locuteurs) et se parle en particulier dans les îles des DOM-TOM. L'italien, s'il fut une langue internationale il y a quelques siècles encore, n'est plus parlé aujourd'hui qu'en Italie, avec 61 millions de locuteurs (même si cette langue reste relativement étudiée à travers le monde).

Des guerriers gaulois

Les Celtes

Vers -2500, les Proto-Celtes ont fini leur tour d'Europe et les dernières tribus nomades se sédentarisent en Europe centrale. Vers -2400 à -2100, ils sont aussi en Europe de l'est.

Quant à la civilisation celtique en tant que telle, il faudra attendre la culture de Hallstatt (-1200 à -450) puis celle de La Tène (-450 à -25) pour qu'elle s'exprime pleinement. Avant qu'elle ne s'efface en conséquence de la colonisation romaine (commencée vers -100 en ayant entraîné l'éradication des druides et du druidisme) puis de la christianisation du continent (commencée vers 300).

La Gaule est la région d'Europe habitée par des peuplades celtes et constituée des actuelles France1, Belgique, Suisse, Italie du nord, Allemagne du sud et Autriche de l'ouest. La Tène, en Suisse, est un site archéologique de référence concernant la culture celte de la fin du premier millénaire av. J.-C. Hallstatt, en Autriche actuelle, est un site archéologique de référence concernant la culture proto-celte et celte de l'Europe centrale (-1300 à -500) Cette Gaule prend le nom de « Gaule Chevelue ».

Strabon observait déjà chez les Gaulois tout ce qui fera le caractère français :

« Toute la race appelée aujourd'hui Gauloise ou Galate a la manie de la guerre ; elle est irascible, prompte à la bataille, du reste simple et sans malice. Aussi, une fois irrités, ils se rassemblent en foule pour courir aux combats, et cela avec éclat, sans aucune circonspection, de sorte qu'ils tombent facilement sous les coups de ceux qui veulent employer contre eux la stratégie. Et en effet, qu'on les excite, quand on veut, où l'on veut, pour le premier prétexte venu, on les trouve prêts à braver le danger, sans avoir pour entrer dans la lutte autre chose que leur force et leur audace. Si, l'on agit sur eux par la persuasion, ils s'adonnent aisément aux travaux utiles, jusqu'à s'appliquer à la science et aux lettres. Leurs forces tiennent en partie à leur taille qui est grande, en partie à leur multitude. S'ils se rassemblent en grande multitude avec tant de facilité, cela vient de leur simplicité et de leur fierté personnelle : grâces à ces qualités, ils s'associent toujours à l'indignation de quiconque leur paraît victime de l'injustice. » 4, 2.

Quant aux peuples qui l’habitent [la Gaule chevelue], ils sont connus sous trois grandes dénominations, et sont séparés entre eux par des fleuves considérables. Des Pyrénées à la Garonne, ce sont les Aquitains ; de la Garonne à la Seine, les Celtes ; de la Seine au Rhin, les Belges. Les Ausciens tiennent le premier rang dans l’Aquitaine ; les Éduens parmi les Celtes, et les Trévériens parmi les Belges.

Pomponius Mela, Description de la terre, 3, 2.

En blanc, la civilisation de Hallstatt et La Tène ; en gris clair, l'expansion maximum des Celtes durant l'Antiquité ; en noir, les nations celtiques au Moyen Âge. À partir de Dbachmann  pour Wikipedia, CC BY-SA 3.0.

En blanc, la civilisation de Hallstatt et La Tène ; en gris clair, l'expansion maximum des Celtes durant l'Antiquité ; en noir, les nations celtiques au Moyen Âge. À partir de Dbachmann pour Wikipedia, CC BY-SA 3.0.

On distinguera donc la Gaule belge, aquitaine, transalpine, cisalpine, etc. Notons à propos que les Anciens Aquitains sont un peuple associé aux Basques et aux autochtones européens, donc non-indo-européen.

Réputés pour leur courage et leur manque de discipline, les Gaulois seraient cependant les inventeurs de la charrue à roue et du tonneau. Les deux Brennus et Vercingétorix furent parmi leurs chefs les plus célèbres. Les premiers pillèrent les rives de la Méditerranée, le dernier traversa Rome enchaîné dans une cage.

 

Les plus célèbres clans et tribus gauloises sont :

- Les Bellovaques, le groupe ethnique gaulois belge le plus important.

- Les Éduens, dont l'oppidum (place forte au sommet d'une colline, lieu de commerce) de Bibracte (Auvergne) fut la place forte.

- Les Carnutes, fondateurs de la ville de Chartres et occupent l'actuelle Beauce. La forêt des Carnutes était un des principaux lieux saints du druidisme gaulois.

- Les Boïens, qui occupent l'Europe continentale et le pourtour des Alpes (Bohème, Gaule, Italie cisalpine).

- Les Vénètes, fondateurs de la ville de Vannes et de la région italienne éponyme de Vénétie (Venise).

- Les Belges du nord de la Gaule sont réputés pour leur vaillance au combat et leurs cheveux blonds (selon César). Ce peuple retord à la domination, déporté de nombreuses fois par les romains, et face à la pression démographique et millénaire des tribus germaniques, émigra volontairement vers les îles britanniques.

- Les Sicambres occupent la rive droite du Rhin (César).

 

 

Plus au nord, les Cimbres occupent le Juttland (Danemark actuel) avant l'arrivée des Germains.

Les Helvètes occupent le territoire de l'est de la France et de la Suisse actuelle.

Plus à l'ouest, les Lusitaniens peuplent le Portugal actuel et subissent très tôt l'influence culturelle de Rome.

De l'autre côté de la Manche, Bath est une ville sainte abritant des eaux thermales attribuées à la déesse celtique Sulis, maîtresse des eaux. Il s'agit d'un pèlerinage très important pour les Celtes.

Les Gallois occupent le Pays de Galles. Au nord de l'Angleterre.

Les Pictes sont un peuple celte d'Écosse, combattu par les Romains. Hadrien fit construire un mur pour s'en défendre. Ils se livraient dans la bataille le corps nu et peint pour effrayer leurs ennemis.

Dans l'Histoire de l'Empire depuis la mort de Marc-Aurèle (3, 14, 7), Hérodien rapporte aussi la pratique des tatouages à propos des Bretons :

Ils ne connaissent pas l'usage des vêtements. Ils portent au-dessus du ventre et autour du cou des ornements de fer qui sont pour eux une parure et un signe de richesse2, comme l'or pour les autres barbares. Ils se font sur le corps, au moyen de piqûres, des peintures variées, des images d'animaux de toute espèce. Aussi ne s'habillent-ils pas pour ne point recouvrir ces peintures de leur corps. 

Pomponius Mela témoigne quant à lui de la pratique des tatouages en Scythie :

Les Agathyrses se peignent le visage et les autres parties du corps plus ou moins, selon le degré de noblesse ; du reste, les taches ont chez tous la même forme, et sont ineffaçables .

Description de la terre, 2, 1

À propos des tombes gelées de Pazyryk, au nord de la Scythie orientale, V. Schiltz évoque des « corps momifiés suffisamment bien conservés pour pouvoir être soumis à une interprétation anthropologique. L'un d'eux portait des tatouages : ainsi, une image de fauve qui faisait le tour de la poitrine et dont la tête était dessiné à l'emplacement exact du cœur faisait-elle du défunt un "cœur de Lion" de l’Altaï.

« corps momifiés suffisamment bien conservés pour pouvoir être soumis à une interprétation anthropologique. L'un d'eux portait des tatouages : ainsi, une image de fauve qui faisait le tour de la poitrine et dont la tête était dessiné à l'emplacement exact du cœur faisait-elle du défunt un "cœur de Lion" de l’Altaï.

- Les Écossais (Scots) sont le peuple celto-germanique qui occupe la région éponyme de l’Écosse.

Les Irlandais peuplent l'île britannique éponyme, l’« Eire » (antique Hibernie), dont l'étymologie indo-européenne nous suggère la même signification que les mots « Aryen », « Iran » ou « Alains », dont la signification est « noble, juste, libre ». Plus encore que les Bretons, les Irlandais ont réussi le grandiose syncrétisme de la poésie et de l'imaginaire celte avec la morale et la philosophie helléno-chrétienne. Saint Patrick est son saint patron évangélisateur.

Les Irlandais, Les Écossais, les Gallois et les Bretons sont de nos jours les derniers locuteurs d'une langue celtique. On nomme gaéliques ces langues encore parlées de nos jours en Écosse et en Irlande.

 

Enfin, mentionnons les Celtes d'Anatolie, les Galates. Parti du centre de l'Europe vers -300, un large mouvement migratoire et militaire celte traverse les Balkans pour ravager la Macédoine, la Grèce, mais aussi l'Anatolie. Certaines de ces tribus fondèrent Belgrade, d'autres pillèrent la ville sainte de Delphes, quand d'autres encore s'installèrent au cœur de l'Anatolie pour y fonder la Galatie (littéralement, « le pays des Gaulois »).

La Galatie possède alors trois régions autonomes, dotées d'un roi et d'une capitale chacune. En -261, le roi syrien Antiochus réussit à casser leur élan et les Celtes ne passent pas en Mésopotamie.

La civilisation galate d'Anatolie, bien que méconnue, demeura pourtant distinctement celte 600 ans durant. Lorsque vers 400 Saint Jérôme visite la contrée, il remarque que ses habitants parlent encore un dialecte du gaulois similaire à celui qui se parlait alors dans le bassin rhénan.

 

Du milieu du premier millénaire avant notre ère et jusqu'au milieu du millénaire suivant, la langue celte, ainsi que le modèle social et religieux du druidisme, s’étendaient à tout le continent européen, se mélangeant sans difficulté aux sociétés autochtones ligures, ibères, lusitaniennes aquitaines, italiques et illyriennes. Si les Celtes ne sont pas les bâtisseurs des monolithes, ils en perpétuèrent l'usage. Leur culte, le druidisme, était un animisme panthéiste pour lequel l'arbre, mais aussi le totem (de pierre ou de bois) était d'une importance symbolique capitale. Tout comme les Aryens, les Celtes ne bâtissaient pas de temples et célébraient leurs rituels en pleine nature. La Gaule était alors la plaque tournante du commerce et de l'artisanat celte (les sites de Hallstatt, puis de La Tène témoignent d'une intense production artisanale, minière et sidérurgique).

Les Celtes subirent la domination et l'acculturation romaine vers la fin du premier millénaire avant notre ère, puis germanique au début du premier millénaire de notre ère.

 

« Il y avait, au-delà du Rhin, comme un inépuisable réservoir d’hommes. Des bandes s’en écoulaient par intervalles, poussées par le besoin, par la soif du pillage ou par d’autres migrations. Après avoir été des envahisseurs, les Gaulois furent à leur tour envahis. Livrés à eux-mêmes, eussent-ils résisté ? C’est douteux. Déjà, en 102 avant Jésus-Christ, il avait fallu les légions de Marius pour affranchir la Gaule des Teutons descendus jusqu’au Rhône. Contre ceux qu’on appelait les Barbares, un immense service était rendu aux Gaulois : il aida puissamment la pénétration romaine. L’occasion de la première campagne de César, en 58, avait été une invasion germanique. César s’était présenté comme un protecteur. Sa conquête avait commencé par ce que nous appellerions une intervention armée. » J. Bainville. Histoire de France.

 

Colonisés par Rome, envahis par les Germains, c'est alors en Bretagne, c'est-à-dire en actuelle Grande-Bretagne, que de nombreux peuples celtes émigrèrent. Située originellement aux alentours des Alpes et de l'Auvergne, la civilisation celte va se déplacer vers l'ouest et s'ancrer en Petite et Grande-Bretagne, mais aussi en Hibernie (actuelle Irlande).

Tout comme la Gaule, la Bretagne finit elle aussi par être envahie, puis annexée à l'Empire romain. Hadrien y construisit un mur, censé isoler les clans celtes grégaires d’Écosse et d’Irlande du nord, du reste de la Bretagne.

À la suite de la conversion au christianisme des peuples qui la dominèrent, tels les Danois, les Francs, les Normands et les Saxons, la civilisation celte ne survécut que dans des zones isolées, en marge des foyers de civilisation, tels la Galice, la Bretagne, la Cornouaille ou encore les Highlands écossaises. Synthétisée au christianisme, la foisonnante mythologie celte inspira une grande partie de la littérature européenne : citons le cycle arthurien (500 à 1200), les Chants d'Ossian (1780) et bien sûr les romans de Tolkien (1892 - 1973), pour ne citer que les plus manifestes.

Les Bretons français, associés aux Irlandais, aux Gallois, aux Écossais, aux Galiciens et aux Asturiens, sont de nos jours les derniers héritiers culturels de l'Europe celtique. Les langues celtiques ne sont plus parlées aujourd'hui que par quelques millions de locuteurs bretons, gallois, irlandais ou écossais.

Cernunnos, dieu celte

Outre Shiva, c'est Cernunnos, divinité celte cornue, qui est très souvent associée au Pashupati de l'Indus.

Le célèbre chaudron de Gundestrup, retrouvé dans une tourbière du Juttland (Danemark, 1er siècle avant notre ère), nous présente Cernunnos dans une position identique à celle de Pashupati. De grande envergure (42 / 69 cm), ce chaudron cérémoniel est composé de plusieurs plaques de bronze illustrant des mythes locaux. Il contient lui-même la représentation d'un chaudron, dans lequel est précipité un homme, devant le regard d'une armée en rang serré (il peut s'agir d'une possible victime sacrificielle).

Le chaudron est un objet typique du culte celte, il symbolise une corne d'abondance inversée. Le chaudron évoque par ailleurs le bol de Shiva (une divinité qui n'hésite pas à s'incarner sur Terre pour mendier la nourriture dont ses disciples sont privés, comme nous le rappelle la fable d'Annapurna).

Rapprochons aussi le chaudron celte de la coupe cérémonielle scandinave, qui servait à recueillir le sang des sacrifices humains ou animales. Cette coupe, dont le Graal est directement inspiré, était un outil indispensable du culte, au même titre que l'autel et le couteau (ou le marteau) cérémoniel.

Revenons au chaudron de Gundestrup : outre des animaux, des troupes armées pour les combats, des arbres et des enluminures décoratives, nous pouvons distinguer nettement des figures humaines que nous interprétons comme des divinités. L'une d'entre elles semble ressembler tout à fait au mystérieux Pashupati de la vallée de l’Indus.

Il s'agit d'un homme coiffé de bois de cerfs, assis en tailleur, tenant dans une main un serpent, dans l'autre un torque. Le torque qui encercle son cou est un collier sacré celtique, qui rappelle les colliers de noix de rudrakash que porte Shiva. La torque, comme les noix de rudrakash, sont deux symboles de virilité.

Des plantes croissent aux pieds du dieu, ainsi que tout autour du chaudron. Tout comme le Pashupati, il est assis en tailleur et entouré d'animaux : une biche, un cerf, un sanglier, un lion, un serpent lui tiennent compagnie. Il est pieds nus, simplement revêtu d'une sorte de pyjama serré, qui lui couvre le corps, le haut des bras et les cuisses.

Cernunnos, mot qui signifie « le cornu », porte des bois de cerf sur sa tête. Quand ils se brisent, les bois de cerf repoussent, en vertu de quoi ils sont considérés comme des symboles du printemps et du renouveau de la vie (donc de l’éternité de l'âme, tout autant que de la mort du corps). Alternativement, les bois de Cernunnos peuvent être remplacés par des cornes, symboles de la lune, donc des moissons et de la fertilité des champs.

Le cerf est un animal sacré, particulièrement chez les Scythes et les Celtes. La très riche artisanerie scythe propose d'innombrables fibules et bijoux à l'effigie de cet animal, souvent en or et en métaux précieux.

Assis en tailleur, entouré d'animaux totems comme le serpent (qu'il tient dans sa main), Cernunnos est le maître des poisons et des remèdes (la divinité de Gundestrup, qui est aussi celle de l'Indus, propose à ses disciples d'évacuer leur poison. La mort ne l'effraie pas). Shiva est également représenté avec un serpent à ses côtés, qui s'enroule autour de son cou en guise de collier (et donc de talisman). Ce serpent s'appelle Vasuki, il est le maître du plus bas des sept enfers souterrains de la tradition védique. L'amitié entre Shiva et Vasuki signifie que Shiva a fait de la mort un allié.

De même, le Cernunnos du chaudron de Gundestrup enserre dans son poing la gueule d'un serpent, comme pour en faire jaillir le venin (le venin est l'ignorance et le serpent symbolise l’homme qui rampe dans les domaines matériels de l'existence, mais qui désire s'élever à tout prix. C'est ce que devrait lui permettre de réaliser l'adoration de la divinité Shiva-Cernunnos.)

En outre, un serpent à tête de bélier est souvent représenté auprès de Cernunnos. Ce bélier mutant est un animal mythologique populaire chez les Celtes, présent sur leurs armes et sur leurs instruments de musique. Cette créature est sans aucun doute une version européenne du naga indien, ce serpent géant et cruel, qui vit dans les marais et terrorise les villageois. Comme exemple, citons le combat de Krishna contre l'hydre Kalya, le naga aux mille têtes.

La mythologie grecque fourmille elle aussi de tels monstres reptiliens, comme en témoigne le combat d'Héraclès contre l’hydre de Lerne.

Continuons de lister les analogies entre Shiva et Cernunnos : Cernunnos, est présenté tenant dans sa main un bol. Le bol de Cernunnos n'est autre que le bol de Shiva. Il s'agit à la fois du bol du sanyassim, du moine errant et du renonçant, mais c'est aussi le bol d'abondance. Shiva, en divinité généreuse, jette du riz à ses disciples, de même que ceux-ci lui adressent leurs offrandes. Le bol peut ainsi être compris comme un chaudron miniature qui symbolise l'union entre la divinité et ses disciples : ces derniers l'honorent de leur pensée et de leurs libations de beurre (ou de sang), et en retour le dieu leur envoie, soit la prospérité (niveau inférieur) soit la joie éternelle (niveau supérieur).

Chaudron de Gundestrup (Danemark)

Chaudron de Gundestrup (Danemark)

Dans la version japonaise du mythe de Shiva, ce n'est plus un chaudron ou un bol, mais un sac en toile que Daikokuten porte sur son dos. Cependant, on retrouve dans ce sac les mêmes choses : du riz, des céréales, des pièces d'or ; de quoi combler ses fidèles.

Mais encore : Cernunnos apparaît fréquemment accompagné d'une parèdre. De même que Shiva est très souvent accompagné de la grande déesse Parvati-Shakti, le Cernunnos celte est fréquemment associé à une déesse qui lui ressemble. Elle est assise à ses côtés, dans une position rappelant sans équivoque Parvati partageant le trône de l'Univers avec Shiva. Les agamas, de même que la poésie de Shankara, mentionnent en effet que « sur le même trône que Shiva, la Grande Déesse partage un corps pour deux. »

« Le groupe [de divinités celtes] le plus caractéristique est peut-être le couple anonyme dont le culte eut pour centre le pays des Éduens. À l’époque gallo-romaine, ce couple est représenté de la façon suivante : le dieu ordinairement barbu, revêtu de la saie gauloise, porte de la main droite un vase et tient de la main gauche un maillet à long manche ; ses traits expriment la gravité, mais aussi la bienveillance ; il est assis, comme sa compagne, sur un banc à dossier. La déesse drapée tient fréquemment une patère chargée de fruits et une corne d'abondance. Les attributs invitent à considérer ces images comme celles de divinités bienfaisantes. Les dimensions réduites des monuments, les lieux de trouvaille prouvent d'autre part que ces divinités étaient l'objet d'un culte privé. Sous les traits humanisés par la plastique gallo-romaine, se cachent de très anciennes divinités. Dans la déesse il est permis de reconnaître la Terre-Mère, c'est-à-dire la vieille divinité des temps préhistoriques, dont les premières images apparaissent dans les grottes de la vallée du Petit-Morin. Son compagnon ne peut être qu'un Dieu-Père, peut-être celui dont les Gaulois, au rapport de César, se disaient issus. » É. Thevenot. Histoire des Gaulois.

 

Cernunna partage avec son compagnon les symboles cervidés (ou bovins) et le torque ; elle possède les mêmes attributs que lui, tout comme Shiva et Parvati possèdent les mêmes attributs : fertilité, agriculture, mais aussi colère, avec leur némésis Rudra et Kali. Selon la doctrine non dualiste, Shiva est Shakti. C'est là le sens du mythe de Kali foulant du pied Shiva : Kali est Shiva, en heurtant Shiva, elle se blesse elle-même.

 

À part le chaudron de Gundestrup, il existe une certaine variété dans les représentations de celui que nous nommons Cernunnos. Il en va de même pour Shiva, une entité transformiste, capable d'adopter des formes aussi différentes qu'une pierre (Lingam) qu'un bœuf (Nandi) ou qu'un monstre tout-puissant (Bhairava).

Ainsi, Cernunnos peut être :

- « Cernunnos Pashupati ». Il est assis en tailleur, coiffé de bois de cerfs et entouré d’animaux dont il est le maître. Dans cette position dite « yogique », Cernunnos porte dans ses mains un objet, qui peut être un nouveau-né ou une corne d'abondance (les sculptures sont en trop mauvais état pour avancer avec certitude ce qu'elles représentent).

- « Cernunnos adolescent ». Cette divinité rappelle Skanda, le fils de Shiva, le dieu des combats et de la force virile mais innocente, l'image de la toute-puissance de la justice. Le père et le fils sont deux figures à considérer ensemble comme deux faces d'une même divinité (sur le modèle, par exemple de Ahura-Mazda et Mithra, ou de Shiva et Skanda).

- « Cernunnos dispensateur des bienfaits » porte un chaudron, un sac ou un bol.

- « Cernunnos tricéphale ». La tricéphalie signifie non seulement l’omniscience, mais aussi la toute-puissance du savoir. De nos jours, Shiva n'est plus représenté à trois têtes. C'est plutôt Brahma qui, depuis l’époque brahmanique, porte les trois têtes. Or, dans les représentations les plus anciennes, Rudra est tricéphale et non Brahma. Ce Cernunnos est la preuve la plus éclatante que cette divinité celte est relié d'une manière indéniable au Shiva indien.

- « Cernunnos vieillard ». Il semblerait que les Celtes donnaient une apparence de vieillard à leurs divinités (Lucien), une apparence qu'auraient imité les druides à longues barbes (un point commun avec les dévots de Shiva, qui se laissent pousser barbes et cheveux). Mais cette apparence de vieillard n'implique pas l'incontinence. Ogmios, le Hercule gaulois, est lui aussi un vieillard, mais il n'en demeure pas moins le maître des hommes.

- « Cernunnos aux cornes de bouc » : ce Cernunnos évoque le Dionysos cornu.

 

En considérant chacune de ces caractéristiques, qui se retrouvent en Inde associées à Rudra-Shiva, aucun doute n'est possible : Cernunnos et Shiva sont bien deux versions d'une seule et même divinité ancestrale.

 

Les avatars de Cernunnos

On distingue dans la mythologie celte deux univers chronologiques successifs. Il y a d'abord une mythologie polythéiste. Chacune des tribus celtes adorait un dieu tutélaire qui, tout en présentant des variations certaines, désignait toujours la même divinité de la fertilité ou de la foudre. Cette période théologique nous est seulement connue par des statues, des artefacts mystérieux et des récits gréco-romains. La seconde couche mythologique concerne les épopées celtiques rédigées par les moines chrétiens qui en firent les chroniques. De même que les épopées hindoues s'inspiraient largement de la culture jaïne locale, les épopées celtes s’inspireront largement de la symbologie et des mythes chrétiens, lesquels furent importés par la colonisation romaine. Ainsi, dans le cycle du roi Arthur ou le Mabinogion (v. 1100 à 1500), le célèbre corpus d'épopées irlandaises, nous retrouvons à parts égales le celtisme initial et le décorum abrahamique (Graal, Christ, ...)

Dieu-cerf, Cernunnos est associé à de nombreux personnages sombres et chthoniens. En tant que dieu de la fertilité, Cernunnos est aussi le dieu des mondes souterrains. Et en tant que dieu du renouveau, il est donc aussi celui de la mort.

Dans le Mabinogion , il apparaît sous la forme d'un chevalier noir vivant à côté d'une fontaine et entouré de nombreux animaux. Cette retraite forestière évoque le paradis originel tout autant que les rishis indiens qui vivaient en ascètes dans leur ashram isolé et qui vouaient le restant de leur vie à Shiva (par ailleurs, Shiva, divinité liée aux sources, porte le Gange dans sa chevelure).

Dans un récit du Mabinogion, le héros Kynon se rend auprès du chevalier noir pour consulter un oracle. Afin que celui-ci soit rendu, le chevalier noir sacrifie un cerf qui passait non loin de là. En tombant au sol, la tête du cerf indique la direction vers laquelle Kynon doit se rendre pour continuer sa quête.

Le chevalier noir correspond en tout point au canon shivaïte : il est une sorte de devin qui vit loin des hommes et qui possède le pouvoir d’interpréter les signes occultes, étant lui-même le seigneur des animaux, celui qui décide de leur survie ou de leur sacrifice. Kynon le consulte de la même manière que dans le Mahabharata et le Ramayana, les guerriers ascètes se rendent au Kailash pour consulter Shiva et apprendre de lui le maniement de l'arme cosmique.

En Irlande, dans le Livre de Lebor Gabala (v. 700), on retrouve un personnage à bois de cerf. Il s'agit de Némed, dont le nom signifie « le Saint ». Il est le roi du peuple des hommes à bois de cerf. Sa compagne est la déesse-mère dont l'avatar est la terre d’Irlande. Némed est à la tête du troisième peuple à avoir conquis l'île irlandaise, mais il perdra sa souveraineté face aux titans formoires venus de la mer, qui lui raviront sa femme, donc son royaume.

Dans un autre mabinogi, se trouve Pwyll, le chasseur devenu maître des enfers le temps d'une saison. Pwyll, une nuit de chasse, alors qu'il est perdu dans les bois, va rencontrer un chevalier vêtu de gris à la tête d'une meute de chiens : Arawen. C'est alors que les deux chasseurs se disputent un cerf tout juste tué d'une flèche, le mystérieux Arawen revendiquant la proie du sacrifice. Arawen se révèle être le seigneur de la mort, le roi du monde céleste de l'Arawen, aussi appelé le Sindh, le domaine paradisiaque du printemps éternel, qui est la destination des sages après leur mort.

Nous retrouvons là une situation classiquement indienne. Innombrables sont les contes et les fables indiennes qui mettent en scène un roi qui, en chassant, dérange la méditation d'un rishi. En Inde, les fils de Sagara furent réduits en cendre, Harishchandra fut maudit jusqu’à sa mort, et Krishna lui-même trouve la mort alors qu'un chasseur l'avait transpercé d'une flèche réservée à un cerf.

Le roi de la mort à la tête d'une meute de chiens est un thème fréquent du folklore gallois. Au solstice d'hiver, on célébrait l'arrivée depuis les enfers d'une meute de chiens menée par un cavalier noir. Ce cavalier s'unissait à la déesse du printemps, puis mourait au cœur de l'été.

Citons encore le chasseur de l'Herne, qui donnera naissance au mythe de la chasse sauvage. Le chasseur de l'Herne est associé à la forêt de Windsor. Portant des bois de cerf, il tourmente le bétail la nuit en secouant ses chaînes. La première mention du mythe du cavalier de l'Herne se trouve dans l’œuvre de William Shakespeare, dans sa pièce de 1597, Les Joyeuses Commères de Windsor. « Herne », « horn » en anglais, est une variation locale du « cernu » gaulois, signifiant « corne » en français.

Présente à travers le monde celte, la légende du cavalier nocturne et de la chasse sauvage est connue en Savoie, sous le nom de « Cavalerie de Pilate », « armée du roi Hérode » ou encore « Haute Chasse » (cf. J. Ph. Buord, Les Mystères de la Haute-Savoie).

Dans Le Folklore wallon, Eugène Monseur rapporte une légende populaire que nous pouvons sans aucun doute rapprocher de celle du chasseur de l'Herne et des autres avatars de Cernunnos. Le chasseur sauvage (li sâvatch tchèsseu) est un récit collecté dans la commune de Vresse-sur-Semois, dans la région de Namur.

« À Bohan (Semois), on parlait, il y a vingt ans, d’un seigneur du siècle dernier qui fut en procès avec les habitants pour des bois communaux et l’on racontait qu’en expiation de ses rapines, il revint chasser dans la forêt de la Fargne jusqu’au jour où celle-ci fut abattue. On citait même des gens qui l’avaient vu. Un jour, un habitant de Sugny s’attarda au cabaret, à Bohan, disant qu’il n’avait pas peur du revenant et que, s’il le rencontrait, il le ramènerait chez lui boire le petit verre. Lorsque, vers onze heures, il entra dans la forêt de la Fargne, il entendit le son d’un cor, puis des aboiements de chiens qui s’approchaient. Il prit peur et se jeta la face contre terre. Il vit alors des centaines de chiens arriver sur lui, suivis de chasseurs montés sur des chevaux, dont les naseaux lançaient des flammes, et au milieu du groupe était le seigneur de Bohan, la figure comme celle d’un cadavre et du feu sortant de ses orbites. Pendant une heure, cette partie de la forêt fut parcourue dans tous les sens et le malheureux, que la terreur clouait à terre, dut attendre que la chasse se fût éloignée. Il arriva chez lui meurtri et malade de frayeur et y resta plusieurs semaines entre la vie et la mort. Quand il put enfin se lever, ses cheveux étaient devenus blancs comme neige. (J. Pimpurniaux Guide du voyageur en Ardenne, dont nous résumons et élaguons le récit). À Grivegnée, on croyait, il y a environ quarante ans, qu’il apparaissait un chasseur fantastique dans des bois qui sont aujourd’hui la propriété de M. de la Rousselière. Il passait, emporté dans un furieux galop, accompagné de deux chiens qu’il appelait d’une voix bien distincte Tah et Pouha. »

 

Deux saints bretons : Théleau et Édern

Durant la première moitié du premier millénaire de notre ère, Cernunnos incarna les dernières résistances culturelles des Celtes, devenant le dieu tutélaire de ceux qui ne voulaient pas adopter la doctrine des envahisseurs germains ou romains.

Assimilé au diable des traditions abrahamiques, le Cornu fut pourfendu par le clergé. De divinité généreuse et chthonienne, Cernunnos devint en quelques générations le diable cornu que l'on connaît aujourd’hui. La référence au cerf, donc à l'immortalité de ses bois, fut remplacée par une tête de bouc, un animal sacrificiel voué à l'immolation. Ceux qui s’adonnaient encore à son culte furent qualifiés de sorciers et sorcières.

Suite à la christianisation de la Gaule, des divinités celtes furent incorporées à la mythologie judéo-catholique, comme si les Bretons avaient souhaité introduire dans leur nouveau culte des références autochtones. Il existe ainsi de très nombreuses légendes de saints non reconnues par l'Église romaine, ni documentées, et dont l'origine pourrait être païenne.

Mentionnons à propos Saint Théleau et Saint Édern. Leurs lgendes les présentent comme originaires des îles britanniques, mais rien ne nous le certifie. Rien ne nous prouve non plus que ces personnages soient historiques et pas simplement mythologiques.

Saint Théleau (485 - 560) est né gallois. Fuyant la peste qui dévastait son pays, il s'installe de l'autre côté de la Manche, près de Dol. Il demeura sept ans en Bretagne, fonda un monastère, puis repartit au Pays de Galles pour y fonder un autre monastère. Dans ce dernier lieu, reposent ses restes, devenus reliques. Le crâne de Saint Théleau est encore utilisé de nos jours lors des cérémonies qui le lient à une fontaine de guérison. L'utilisation d'un crâne pour recevoir les offrandes et boire est une pratique courante des sadhus indiens shivaïtes, en particulier ceux des traditions nagas, naths et aghoris.

« Un souffle nouveau a passé sur la société chrétienne quand les pratiques de l'ascétisme solitaire ou en commun ont commencé à être connues et à se répandre. La vie solitaire, à l'écart de ses semblables, a été pratiquée par d'autres doctrines religieuses que le christianisme. Elle a même été préconisée par plus d'un philosophe. Elle répond à un besoin de certaines natures qui sentent qu'on ne peut arriver à une pleine connaissance de soi-même qu'en s'isolant. Elle satisfait aussi chez d'autres des instincts de misanthropie, au sens pathologique du terme. Le goût, le besoin de la solitude conduit nécessairement à l'ascèse, le solitaire se trouvant obligé de réduire ses besoins vitaux au minimum. L'ascèse peut aussi avoir sa source dans la richesse même. Les sujétions qu'elle entraîne peuvent être ressenties soudain comme un fardeau pesant qu'on rejette d'un coup. L'ascèse ne peut, en pratique, se produire que dans la solitude. Ascétisme et monachisme sont donc, en fait, inséparables. » F. Lot, La Gaule.

 

Saint Édern est un autre saint gallois, que certaines légendes présentent comme un membre de la cour du roi Arthur. Comme Saint Théleau, il est aussi représenté chevauchant un cerf.

Comme Arawen, c'est un homme des bois qui vit et chevauche durant la nuit. D'origine guerrière (kshatriya en sanskrit), il entre dans les ordres à la suite d'une révélation (Moksha en sanskrit). Après avoir déjà fondé deux ermitages (terme que l'on traduirait par ashram en sanskrit), il se serait installé en Bretagne vers 894. Il y aurait bâti la paroisse de Plouédern, près de Quimper, ainsi que l'ermitage de Lannédern (Édern).

Il y recueillit un cerf traqué par des chasseurs, qui devint son meilleur ami. L’animal s'était réfugié sous sa robe, à la manière des animaux attirés par une force irrésistible vers le Pashupati de la vallée de l'Indus ou vers le Cernunnos du Chaudron de Gundestrup.

C'est donc vers Saint Édern que les vaches, les cerfs mais aussi les hommes se tournent pour échapper à la mort du corps, dans un espoir de connaître l'immortalité de l'âme, le bonheur « sans commencement ni fin. »

En bon ascète, Saint Édern vivait donc seul et ne possédait qu'une cabane et une vache. Sa légende le montre très inspiré par Dieu, et sa seule présence suffit à évangéliser la population alentour. Une légende raconte que la vache de Saint Édern s'en était allée paître sur les terres du châtelain voisin. Celui-ci, jaloux et méchant, avait ordonné que soient lâchés les chiens sur la pauvre bête égarée. Saint Édern aurait alors rendu la vie à la bête. Depuis, là où la vache de Saint Édern paissait, l'herbe était plus verte et la terre plus fertile.

Un tel mythe rappelle les vertus que les Aryens attribuent à l'urine de vache. De nos jours encore, l'urine de vache est considérée par certains hindous comme contenant d'infimes particules d'or. Produite par le plus sacré des animaux, l'urine de vache est préconisée pour de nombreux remèdes ayurvédiques.

La légende de Saint Édern nous le présente en conflit avec sa sœur Jenovefa (forme archaïque de Geneviève ou Jennifer). Édern et Jenovefa voulaient bâtir pour chacun d'eux une église et former autour d'elle une paroisse. Pour décider du territoire qui délimiterait les paroisses de chacune des églises, il fut convenu qu'il reviendrait à Saint Édern tout le domaine qu'il pourrait parcourir en une nuit.

Par chance, Saint Édern rencontra cette nuit-là un cerf, qui lui permit de monter sur son dos et ensemble ils parcoururent une grande distance jusqu’au lever du jour. Sa sœur, voyant qu'il avait déjà parcouru tant de distance et que la nuit était encore loin d'être terminée, empoigna un coq par le cou et plongea la volaille dans l'eau. Celle-ci commença alors à chanter, et mis donc fin à la course nocturne de son frère.

Saint Édern fut mauvais perdant. Constatant que sa sœur avait triché, il la maudit. Celle-ci le maudit en retour. C'est ainsi que l'église d'Édern n'eut jamais de haut clocher, tandis que celle de Loqueffret aurait des cloches fêlées. La brouille entre les deux fut en tout cas définitive, ce qui permit à Saint Édern de s'éloigner de sa sœur et de ne pas rompre son vœu d'ermite. Saint Édern serait alors retourné au Pays de Galles et y aurait fondé un dernier ermitage en Cumbrie.

Une telle coutume rappelle l'ashvaméda des Aryens, « le grand sacrifice royal du cheval ». Il permettait à un roi de délimiter son royaume en y laissant un cheval s'y promener. Ce sacrifice durait une année complète.

Mentionnons aussi la méthode de divination par l'errance du cheval royal, pratique que Tacite rencontra en Germanie :

« Un usage qui est particulier aux Germains, c’est de demander même aux chevaux des présages et des révélations. L’État nourrit, dans les bocages et les forêts, des chevaux blancs que n’avilit jamais aucun travail profane. On les attelle au char sacré, et le prêtre, avec le roi ou le chef de la cité, les accompagne en observant leurs hennissements et le bruit de leurs naseaux. Il n’est pas d’augure plus décisif, non seulement pour le peuple, mais pour les grands, mais pour les prêtres, qui croient que ces animaux sont les confidents des dieux, dont eux ne sont que les ministres. » Les Germains, 9.

Un usage qui est particulier aux Germains, c’est de demander même aux chevaux des présages et des révélations. L’État nourrit, dans les bocages et les forêts, des chevaux blancs que n’avilit jamais aucun travail profane. On les attelle au char sacré, et le prêtre, avec le roi ou le chef de la cité, les accompagne en observant leurs hennissements et le bruit de leurs naseaux. Il n’est pas d’augure plus décisif, non seulement pour le peuple, mais pour les grands, mais pour les prêtres, qui croient que ces animaux sont les confidents des dieux, dont eux ne sont que les ministres.

Les Germains, 9.

Consacrée à Saint Édern, l'église de Lannédern est dotée d'un ossuaire comportant des masques macabres. Ces masques sont rares dans l'art chrétien, pour qui la représentation du diable est taboue. Ils relient sans équivoque le mythe de Saint Édern à celui d'Arawen, le chevalier des enfers, maître des mondes souterrains, lui aussi avatar de Cernunnos. Dans l'imagerie païenne, les figures effrayantes ou violentes ne sont pas malines ou méchantes, mais symbolisent plutôt des concepts violents, comme la mort, la vie, la copulation et la violence des éléments (pluie, eau, source, étoiles, soleil, feu, etc.). Il n'est donc pas étonnant de trouver Saint Édern, figure généreuse et douce, entouré de symboles macabres.

 

Sucellos, le dieu au marteau

Sucellos, le dieu au maillet, au bol et au chaudron, est une divinité gauloise associée à Cernunnos. Sucellos est le dieu au maillet, de même que Shiva est le dieu au trident et Vishnou le dieu à la massue. Ces armes détruisent les idées néfastes, les sortilèges ou l'illusion. Avec Nantosuelta, ils composent un couple divin similaire à celui de Cernunnos-Cernunna.

Sucellos est accompagné d'un chien, animal sacré des civilisations indo-européennes, comme en témoigne le grand respect que les Perses avaient à son égard. Alors qu'il met à mort le taureau de vie, Mithra est accompagné d'un chien qui jappe de joie à ses côtés. Yama, le seigneur de la mort védique est accompagné d'un chien, qu'il lance sur terre afin qu'il lui ramène ceux dont l’heure de la mort a sonné. Quant à l'Hadès grec, il est gardé par Cerbère, un chien tricéphale.

 

La conversion des Celtes

Déjà défaits, colonisés et acculturés par les Romains, les Gaulois subirent la même défaite et les mêmes conséquences à la suite des invasions germaniques.

Les derniers d'entre eux à se convertir furent ceux réfugiés depuis de longs siècles déjà dans les îles britanniques, afin de fuir l'acculturation germanique ou la soumission à Rome.

Les îles britanniques avaient déjà été colonisées par les Celtes des siècles plus tôt, mais une seconde vague y fit s'installer les ancêtres des Irlandais et des Gallois. Ces derniers appartenaient à des peuples continentaux qui avaient dû fuir la dévastation que semaient les petites armées de mercenaires et de pilleurs scandinaves, germains, alains, avares ou huns.

La Bretagne gauloise entretenait donc d'ardents rapports avec les îles britanniques, qui étaient devenues comme un sanctuaire celte. Si la Bretagne insulaire avait maintenu son indépendance par rapport à l'empire germanique, la Gaule et toute l'Europe celtique furent acculturées au modèle germano-romain, dont le christianisme était le lien le plus essentiel.

Même quand les îles se convertirent, suite au passage de Saint Patrick (v. 373 - 496)1, les populations celtes demeurèrent farouchement fidèles à leur propre tradition.

Saint Patrick, en apportant le christianisme à l’Irlande, laissa intactes les institutions anciennes. Le mouvement qu’il provoqua fut tout intérieur et national : il se fit alors une merveilleuse alliance entre l’idéalisme barbare et le mysticisme chrétien, et c’est du milieu d’une société restée complètement barbare que sortit la lumière qui, au 7e et au 9e siècle, éclaira l’Occident, tombé dans l’ignorance et dans la grossièreté.

J. de Lasteyrie, L’Irlande au Ve siècle.

Incluant des références païennes à la mythologie chrétienne, les Bretons donnèrent naissance à une nouvelle culture. Celle-ci donnait autant d'importance à la quête du sang du Christ, le Saint Graal, qu'au mage Merlin et à la fée Viviane. À la lecture des romans médiévaux celtes, nous ne pouvons donc manquer de découvrir tout un savoir ésotérique, relevant complètement de la culture païenne initiale.

Dans les nombreux récits de tout genre, mythologiques, légendaires ou autres, que j’ai recueillis dans nos chaumières et nos manoirs bretons, deux courants opposés, mais qui se croisent et se confondent souvent, sont faciles à constater : l’un chrétien, bien que, ordinairement, à l’origine, il découle d’une source païenne, altérée et obscurcie, dans ses voyages à travers les nations et les âges ; — l’autre, païen, mythologique d’ordinaire, et encore mélangé d’éléments étrangers, mais quelquefois aussi d’une pureté et d’une précision inattendues.

A. Le Braz, La Légende de la mort en Basse-Bretagne.

Et :

Depuis des millénaires, et sans remonter jusqu'aux âges néolithiques, nous avons eu deux civilisations parallèles et qui se sont poursuivies parallèlement jusqu'au milieu du 20e siècle. L'une, que l'on appelle inconsciemment « Civilisation » tout court, s'est enrichie d'apports étrangers (cultures gréco-latine, italienne, espagnole, allemande, anglaise) ; elle a eu pour elle les classes dirigeantes, les écoles, les bibliothèques, les monuments, tous les véhicules impérieux des mœurs, de la langue, de la culture officielle. L'autre, la civilisation populaire, s'est transmise, par tradition orale et familiale, loin de la Cour, des châteaux, des Sorbonnes. Elle était déjà vieille sous nos premiers rois.

R. Dévigne, Légendaire des Provinces Françaises.

En effet, le cycle arthurien et les romans du Graal furent composés oralement à une époque où le christianisme et le polythéisme cohabitaient encore dans les campagnes, où vivaient l'immense majorité des habitants de la Gaule.

Les CELTES (Gaulois, Ligures, Romains)
Les CELTES (Gaulois, Ligures, Romains)

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