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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

ROME et les langues latines

Rome

Après avoir éradiqué la civilisation carthaginoise (guerres puniques de -264 à -146), la cité de Rome affirme sa volonté impérialiste, sans connaître aucun adversaire capable de véritablement menacer son hégémonie dans le bassin méditerranéen, en Afrique ou encore en Europe celtique et germanique.

« La Grèce et l'Italie se tournent le dos. Les ports de la Grèce sont situés sur sa côte orientale, ceux de l'Italie sur sa côte occidentale. Les sols les plus fertiles du pays sont situés sur les côtes orientales de la Grèce ; les régions les plus riches de l'Italie se trouvent à l'ouest des Apennins qui les protègent des vents du nord. On peut donc dire que la Grèce a les yeux tournés vers l'Orient et l'Italie vers l'Occident, et cela vaut pour l'histoire comme pour la géographie. […] Rome s'éleva bien au-dessus des autres villes, grâce surtout à sa position favorable sur le Tibre, cette artère du Latium. « Rome » doit signifier « la ville au bord de la rivière ». L'embouchure du Tibre permit l'établissement d'un port très fréquenté, le seul port de l'Italie centrale à cette époque. Et les collines de pierre volcanique où Rome naquit formaient le premier site offrant de bonnes possibilités de défense. De plus, les collines étaient un domicile plus sain que la Campanie, marécageuse et dispensatrice de fièvres. Depuis les temps les plus reculés, le Tibre formait une frontière naturelle entre le Latium et ses voisins du Nord. Rome possédait un autre avantage non négligeable, sur les autres villes du Latium : elle disposait de sel. Depuis longtemps, on transportait d'importantes quantités de sel des marais salins situés près de l'embouchure du Tibre à travers le Latium jusqu'aux peuples montagnards du nord-est. La route commerciale, créée par ce négoce, prit le nom de Via Salaria (la route du sel) et s'appelle encore ainsi de nos jours. Rome était donc l'endroit du Latium qui se prêtait le mieux à l'établissement d'une ville fortifiée et commerçante. La ville fut d'abord construite sur une colline puis se développa jusqu'à couvrir les sept collines. C'est pourquoi Rome fut surnommée « la ville aux sept collines ». C. Grimberg, Histoire universelle.

En -205, Sparte s'allie à Rome ; la Grèce et la Macédoine perdent leur indépendance en se faisant annexer par Rome. Associé aux peuples romanisés et latinisés, le monde hellénique forme alors la civilisation gréco-romaine.

Influencés d'abord par la culture latine et la mythologie étrusque, les Romains adoptèrent très vite les croyances et coutumes, mais également la philosophie et les techniques de guerre grecques.

Doté d’une armée de métier nombreuse, bien payée et bien entraînée, l'Empire gérait, depuis son unique capitale, des millions de citoyens et d'esclaves, et des territoires aussi disparates que le désert de Cyrénaïque, les îles britanniques ou les vastes plaines gauloises ou daces.

Continuateurs d’Épicure et de Pythagore, de Sophocle et de Périclès, les Romains mirent au point une civilisation complexe et stable (pax romana). Cependant, ruiné par les guerres intestines, politiquement devenu ingérable à cause de sa corruption généralisée et de la décadence de ses élites, et subissant les perpétuelles attaques des tribus germaniques, l'Empire se disloqu.

En 313, l'empereur Constantin autorise la religion chrétienne à évangéliser et à prospérer. Quelques décennies plus tard, l’Église rayonnait sur l'Europe depuis Rome et le Vatican, et chasse le polythéisme d'Italie, de la Gaule, puis enfin de l'Europe tout entière.

En 330, c'est la naissance de l’Empire romain d'Orient, dont Byzance-Constantinople sera la capitale.

 

Outre les Romains, les principaux peuples indo-européens italiques sont :

- Les Sabins, voisins des Romains, parlent un dialecte italo-celte. Ils furent une des premières composantes de Rome.

- Les Latins, peuple hétéroclite de la botte italienne, parlent des langues originaires du socle celto-italique et dont la standardisation donnera le latin. Peuples influencés d'abord par la riche civilisation étrusque, les Latins subirent ensuite une totale acculturation au modèle hellénique. De toutes les langues indo-européennes anciennes, elle est de loin la plus documentée. Elle fut la lingua franca des élites européennes près de deux millénaires durant.

Enfin, les Gallo-Romains sont les Celtes gaulois ayant adopté volontairement les coutumes gréco-romaines de son principal partenaire commercial. Les Gallo-Romains sont les ancêtres des peuples du Languedoc. Le mélange de la langue gauloise et romane donnera en effet naissance à la langue d'Oc, c’est-à-dire la langue des Occitans. Cette langue est similaire au catalan espagnol.

 

Les routes romaines

L'université de Standford (San Francisco) a mis au point ORBIS ; un outil numérique extraordinaire, doté d'une précision inouïe et en accès libre sur internet (https://orbis.stanford.edu). Il s'agit d'un atlas routier de l’Empire romain.

Véritable Googlemap du monde antique, ORBIS mêle routes maritimes, fluviales et terrestres, ainsi que différents moyens de locomotion, adaptés aux différentes saisons et à leurs variables climatiques. Plus encore, ORBIS permet de prendre en compte le coût du voyage, il se mesure en sesterces pour les passages en bateau et en barque, mais aussi en fourrage pour les chevaux et les mules.

Bien que ne concernant que l'Antiquité tardive, Orbis est donc l’outil le plus précis que nous possédions afin d'évaluer le plus justement possible les distances, et surtout les temps de trajet, entre les principales étapes des routes romaines.

La vitesse et la sécurité des communications étaient une des conditions essentielles de l'exercice du pouvoir. Pour une lettre, un bien ou un émissaire, la manière la plus rapide de voyager consiste à emprunter les réseaux de poste en chevauchant un cheval. Ce réseau d'étapes est constitué d'auberges et d'écuries permettant à un cavalier de changer de monture à chaque fois que celle-ci doit se reposer ou manger. Inversement, si le cavalier a faim ou sommeil, il peut céder sa monture à un autre émissaire qui l'attend à l'étape suivante. Ce type de transport permettait donc à une lettre de voyager sans arrêt jusqu'à son destinataire.

Selon ORBIS, une missive pouvait, en urgence, parcourir l'Empire d'un bout à l'autre en moins d'un mois : 23 jours pour rejoindre l'Anatolie depuis la frontière écossaise de l'Empire et 25 jours pour relier l'Afrique du nord et la façade atlantique (Colonnes d'Hercule) aux rivages orientaux de la mer Noire (Dioscurias).

Sans surprise, la manière la plus économique de voyager est la marche à pied en compagnie d'une mule qui porte les bagages et que l'on guide soi-même. Une mule consomme du fourrage, mais en moins grande quantité qu'un cheval. De plus, si une mule se contente de manger de l'herbe sauvage de mauvaise qualité, broutée en lisière des chemins, en revanche un cheval a besoin d'un fourrage de qualité.

Les commerçants se déplaçaient donc en caravanes composées de traîneaux (Scythie, Russie) ou de charrettes (Occident), tirés par des mules ou des chameaux (Orient, Asie centrale). La vitesse de déplacement de ces convois pouvait n'être que de 2 km/h, tandis que les refuges et auberges étaient espacés de 20 à 40 km.

Dans les déserts ou les montagnes, afin de rejoindre au plus vite et en une seule étape l'oasis suivante et le ravitaillement, la marche rapide était pratiquée par les militaires.

 

La christianisation de l'Empire romain

En Europe, les premiers peuples indo-européens à se convertir au christianisme furent ceux qui entretenaient des rapports étroits avec la rive sud du bassin méditerranéen, comme les Grecs ou les Romains. Si les Grecs furent séduits par un dogme métaphysique et non rituel, l’Empire romain se convertit par nécessité, afin de conserver, sous la forme religieuse, une autorité que la culture ou les armes n'avaient plus.

Loin d’œuvrer à la sauvegarde de l'Empire romain, dont elle était devenue la religion hégémonique, l’Église chrétienne travaillait activement à sa perte, en donnant crédit et autorité aux envahisseurs germaniques, pour peu que ceux-ci prêtent allégeance au pape.

Le monde antique s’écroulait, et le christianisme, chaque jour plus puissant, hâtait sa ruine. Bien que protégée par le trône impérial, l’Église ne s’intéressait pas au salut de l’Empire. N’ayant point de patrie, elle ne redoutait pas l’invasion étrangère. Les Barbares pouvaient venir, car les Burgondes étaient convertis à l’Évangile, et l’évêque arien Ulfilas [311 - 383] traduisait la Bible chez les Goths de la Dacie.

Leconte de Lisle, Histoire du Moyen-Âge

Le christianisme devenu la norme, les rapports de soumission et de domination s'inversèrent. Le panthéisme subissait la vindicte du christianisme :

Sous Constance [de 305 à 306] les païens commencèrent à être privés d’une partie de leurs temples. Sous Théodose [379 à 395] l’exercice de leur religion fut entièrement supprimé. On en vint dans la suite, jusqu’à punir de mort ceux qui l’exerçaient.

J.-B. de Boyer d’Argens, Défense du paganisme par l’empereur Julien.

Cette conversion soudaine au christianisme fut fatale au polythéisme européen, qui était déjà sévèrement miné par le développement de l'athéisme (la poésie remplaçant la mystique), des cultes secrets (Mithra, Cybèle, Dionysos), des religions asiatiques (judaïsme, culte de Sérapis) et des différentes philosophies mystiques (stoïcisme, pythagorisme, néoplatonisme). Bien que né en Palestine, le christianisme coupait irrémédiablement l'Europe de l'Orient.

« Les peuples de l’Europe, violemment envahis par la barbarie qui du même coup renversa l’empire de Rome et brisa toutes les traditions, avaient perdu le souvenir des choses de l’Orient. L’Orient lui-même, après l’irruption des Arabes au 7e siècle, oublia jusqu’au nom de ses vieilles dynasties. La religion de Mahomet anéantit en quelque sorte le passé. Les plus grands noms des anciens jours, Sémiramis, Nabuchodonosor, Darius fils d’Hystaspès [Vishtaspa], Cyrus, Alexandre lui-même et ses successeurs, s’effacèrent complètement de la mémoire des générations devenues étrangères à leur propre histoire, ou plutôt l’histoire elle-même périt tout entière, avec le culte national détruit par l’islamisme. La littérature populaire qui sortit de la religion nouvelle ne garda rien du vieux monde ; la poésie, les récits, les légendes, la langue elle-même, tout se renouvela comme les croyances. » L. V. de Saint-Martin, Ninive.

Si lors des premiers siècles de notre ère, les chrétiens avaient été persécutés à Rome, ce n'est plus le cas sous le règne de Julien (331 – 363). Pourtant, même en position hégémonique, la communauté chrétienne était en proie aux violences et à l’intolérance. L'Église romaine s'imposa finalement en Europe occidentale au dépend des autres mouvements chrétiens (comme ceux des pauliniens, des arianistes, des gnostiques, etc.)

« C’est une chose bien déplorable de voir, que dès que les Chrétiens n’ont plus eu rien craindre des Païens, ils ont commencé non seulement à persécuter vivement ces mêmes Païens, dont ils avaient si fort condamné l’intolérance, mais ils se sont déchirés entre eux de la manière la plus cruelle. On peut établir deux faits, très-aisés à démontrer évidemment : premièrement que les Chrétiens ont été les plus cruels persécuteurs, dès le moment qu’ils ont pu l’être : secondement que c’est à l’esprit d’intolérance, qui a règne parmi les théologiens anciens et modernes, qu’on doit attribuer les plus grands malheurs et les plus funestes guerres. […] L’esprit d’intolérance se perpétua dans le Christianisme. Sous Théodose le jeune, en Orient, les Nestoriens persécutèrent et furent persécutés tour à tour ; quelque temps après, en Occident, les Vaudois et les Orthodoxes se massacrèrent mutuellement. Dans la suite les Hussites furent obligés de prendre les armes, pour se défendre contre leurs adversaires. Les Protestants Luthériens et Reformés vinrent enfin. » Boyer d’Argens, op. cit.

Avec la conversion de l’empereur Constantin en 326, la religion catholique devient la religion d’État de l'Empire. Persécuté, terrassé par de nombreuses guerres de conversion menées depuis Rome et Constantinople, le polythéisme des Celtes et des Germains disparaît au profit de l'unique figure christique.

Une fois Rome chrétienne catholique, ce fut au tour des monarchies franques et germaniques, puis celtes de s'affilier au Christ d'abord, puis au pape.

Des vastes campagnes d'éradication des cultures païennes furent entreprises, comme en témoignent les campagnes de Charlemagne contre les « mécréants » bretons et basques. Ce furent les premières croisades, prédatant de plusieurs siècles les croisades du Levant ou du pays albigeois.

Si certains peuples (Grecs, Romains, Celtes) adoptèrent rapidement la religion chrétienne, d'autres résistèrent (Slaves, Scandinaves, Baltes). Militairement, l'opposition fut négligeable, car les élites germaniques et gauloises avaient été les premières à se convertir.

Conquérants et vainqueurs des Gaulois, mais à la recherche de l'approbation romaine pour s'installer sur des territoires que Rome n’avait plus les moyens de défendre ou d’administrer, les Francs se convertirent très vite au christianisme. À celui du prêtre Arius (v. 256 - 336) d’abord, puis à celui du pape romain ensuite.

Les chrétiens ne se bornèrent pas à persécuter les païens, ils s’acharnèrent les uns contre les autres, et selon qu’un parti fut protège par l’Empereur, il fit à l’autre les maux les plus cruels. Lorsque les disciples d'Arius, sous Constance, eurent du crédit, ils firent chasser de leur poste, emprisonner, battre, mourir les Orthodoxes, et quand, sous d’autres Empereurs, les Orthodoxes furent appuyés, ils traitèrent aussi cruellement leurs adversaires. 

Boyer d’Argens, op. cit.

Au début du Moyen Âge, revendiquer ouvertement la culture panthéiste aurait été agir dangereusement :

Le paganisme est encore très fort à cette époque. Dans un concile où assistèrent Sonnat, évêque de Reims, et quarante évêques, on décide « que ceux qui suivent les augures et autres cérémonies païennes, ou qui font des repas superstitieux avec des païens, soient d'abord doucement admonestés et avertis de quitter leurs anciennes erreurs ; que s'ils négligent de le faire, et se mêlent aux idolâtres et à tous ceux qui sacrifient aux idoles, ils soient soumis à une pénitence proportionnée à leur faute » [dans Grégoire de Tours]. Saint Wulfilaïc, ermite de Trèves, raconte comment il a renversé (en 585) la Diane du lieu et les autres idoles. 

J. Michelet, Histoire de France.

Dès le milieu du premier millénaire, l'inquisition chrétienne est telle, que toute pratique dissidente ou jugée contraire à la vision papale du christ est la cible d'une violence déchaînée et sans appel. Citons comme exemple le pauvre mage Adalbert (v. 730), un de ces druides gaulois qui tenta d'unir publiquement sagesse christique et héritage panthéiste.

Adalbert : hérétique qui fit du bruit dans les Gaules au huitième siècle ; il est regardé par les uns comme un habile faiseur de miracles et par les autres comme un grand cabaliste. Il distribuait les rognures de ses ongles et de ses cheveux, disant que c’étaient de puissants préservatifs ; il contait qu’un ange, venu des extrémités du monde, lui avait apporté des reliques et des amulettes d’une sainteté prodigieuse. On dit même qu’il se consacra des autels à lui-même et qu’il se fit adorer. Il prétendait savoir l’avenir, lire dans la pensée et connaître la confession des pécheurs rien qu’en les regardant. [...] On arrêta le cours des extravagances de cet insensé en l’enfermant dans une prison, où il mourut.

J. Collin de Plancy, Dictionnaire infernal.

Par des moyens détournés, la tradition panthéiste subsistait pourtant :

En général, les peuples pélasgiques, cédant aux idées des pères de l’église, se sont hâtés de transformer en démons les divinités de la nature. C’est ainsi que les néréides sont devenues les perverses anaraïdes ; mais les Slaves méridionaux, convertis beaucoup plus tard, restés d’ailleurs par la rudesse de leur vie assez étrangers aux conceptions dogmatiques des théologiens, n’ont mis aucun empressement à renoncer aux idées que leurs ancêtres se faisaient des êtres surnaturels répandus, disaient-ils, dans toutes les parties du vaste monde, ni de les supposer animés d’intentions malveillantes envers l’espèce humaine.

D. d'Istria, La Nationalité serbe d’après les chants populaires.

Les nombreux saints catholiques sont alors autant de dieux que l'on vénérait encore quelques générations plus tôt. Pourtant, sous la forme de contes pour enfant, contes de fées ou de grands-mères, la tradition polythéiste perdurera encore près d'un millénaire, jusqu'à ce qu'elle soit compilée et revisitée par les écrivains de l'âge classique, dont Charles Perrault (1628 - 1703) fut en France le plus célèbre conteur.

« Saint Georges et saint Michel sont aussi d'anciens dieux nordiques christianisés par un changement de nom et qui par ce « baptême » furent soumis à l'administration romaine. La « diabolique » Vénus se transforma en sainte Pélagie ; Donar-Thor, dieu du tonnerre et des nuages, devint saint Pierre, le gardien du ciel ; Wotan, sous sa forme de chasseur sauvage, se transforma en saint Oswald et le saint protecteur, Widar, que l'on trouve sur les chapiteaux et sculptures sur bois déchirant le loup de la mort (cf. le cloître de Berchtesgaden) n'est autre que Widar qui veut sauver Odin avalé par le loup Fenrir et qui tue le monstre. La comparaison avec Jésus s'impose. Même le pieux Hrabanus Maurus, le plus érudit des théologiens allemands, à la fin du 8e siècle, fait du château céleste la demeure du dieu chrétien, représentation qui n'est pas issue de la Bible, mais de l'âme héroïque de l'ancienne Germanie. Le 1er mai, les anciens Germains célébraient la nuit de Walpurgis, début des douze nuits sacrées du solstice d'été. C'était le jour des noces de Wotan avec Freya. Aujourd'hui, le premier mai est la fête de sainte Walpurge. Toutes les coutumes sont vilipendées, présentées par l’Église comme de la magie, des sortilèges, etc.… et de cette manière la symbolique naturelle est transformée en tapage démoniaque oriental. » A. Rosenberg, Le Mythe du 20e siècle.

Si les Romains et les Gallo-Romains n'ont rien noté, n'ont rien laissé de précis sur le folklore de leur temps, celui-ci conservait, si déformées qu'elles fussent, sous l'enveloppe de superstitions, les plus antiques traditions de la terre des Gaules : des chants, que les religions officielles successives ont âprement proscrits, d'immémoriales magies, qui remontaient à nos aïeux des cavernes ; des danses, dont [l'ethnomusicologue] Curt Sachs a cru retrouver l'ultime vestige dans certaines de nos rondes paysannes... 

A. Lefèvre, Les Gaulois. Origines et Croyances.

Les langues latines et romanes

Sont qualifiées de romanes les langues dérivées d'une forme de latin vernaculaire, introduite par la présence romaine en Europe. Les principales langues romanes sont le français, l'espagnol, le portugais, l’italien et le roumain.

Proches des langues celtiques, les langues italiques concernent le latin, dont sont dérivés le romanche, possiblement le corse et dans une certaine mesure le roumain-moldave (26 millions de locuteurs) et les langues d’Oïl et d'Oc. Elles donneront plus tard naissance aux dialectes vernaculaires ou aux reconstructions administratives et littéraires que sont le français, l'espagnol, le catalan (10 millions de locuteurs), le portugais et l'italien. Ces langues se sont exportées aux quatre coins du monde, suivant les conquêtes des peuples européens, ainsi que leur colonisation des continents les plus éloignés. L'espagnol comprend aujourd’hui 577 millions de locuteurs, dont la plupart résident en Amérique du Sud. Il en va de même pour le portugais, et ses 240 millions de locuteurs, dont 210 millions sont Brésiliens. Le français, s'il est parlé en langue première par moins de 100 millions de personnes, est maîtrisé et employé à divers niveaux par près de 300 millions de locuteurs, principalement en Afrique. Quand le français se mâtine de vocabulaire indigène ou emprunté, il devient créole (10 millions de locuteurs) et se parle en particulier dans les îles des DOM-TOM. L'italien, s'il fut une langue internationale il y a quelques siècles encore, n'est plus parlé aujourd'hui qu'en Italie, avec 61 millions de locuteurs (même si cette langue reste relativement étudiée à travers le monde).

ROME et les langues latines

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