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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Corpus thématique de prières polythéistes - LA GRANDE DÉESSE

Ciel (Dyaus Pitar) et Terre (Prithvi)

Par rishi Bharadwadja, Rig-Véda, 5, 1, 9.

Ciel et Terre, belles divinités, vastes, étendues, invulnérables, vous êtes le refuge des mondes.

Vos idoles humides des libations de beurre, vous distillez votre savoureux miel.

Bien que vivant séparés l'un de l'autre, en vous circule une semence féconde, un précieux lait, grâce à laquelle vous remplissez l'office de Varuna, le créateur de notre monde et de ses créatures.

Ciel et Terre, qui régnez sur ce monde, répandez sur nous la semence qui convient aux enfants de Manu !

Les germes que vous semez, quoique différents, concourent tous au même ensemble et le mortel qui vous honore voit ses vœux comblés et sa race prospérer.

Ciel et Terre, vous êtes les divinités qui forment, qui distillent, qui répandent le précieux miel.

Versez-le donc sur nous, et que grâce à vous nous obtenions pour nos familles le sacrifice, la richesse, la gloire, l’abondance des vivres et la force !

 

Par rishi Agastya, Rig-Véda, 2, 5, 3.

Du Ciel ou de la Terre, laquelle de ces divinités est la plus ancienne ? Laquelle est la plus jeune ? Comment sont-elles apparues ? Ô poètes, qui d'entre vous le sait ?

Tandis que le Jour et la Nuit vous escortent en roulant comme deux roues, vous êtes le carrosse qui porte l'univers.

Toutes deux immobiles et tranquilles, elles contiennent des êtres doués de mouvement et de vie.

Tels que des parents qui toujours gardent près d'eux leur enfant chéri, ô Ciel et Terre, faîtes nous jouir d'Aditi, la lumière et la conscience, qui furent avant que tout ne soit.

Que votre faveur soit constante, inaltérable ; Ciel et Terre, accordez donc cette grâce à ceux qui chantent vos noms !

Ciel et Terre, protégez-nous contre le mal !

Nous vous appartenons et les dieux sont eux aussi vos enfants !

Ciel, Terre, protégez-nous contre le mal !

En implorant le secours des dieux, j’invoque dans le sacrifice ces deux divinités, ces glorieux et beaux aïeux, aux épaules vastes et solides, car ce sont eux qui renferment l’immortalité.

Ciel et Terre, protégez-nous contre le mal !

Durant notre rituel, les dieux eux-mêmes vous régaleront de l'offrande que l'on réserve à ses parents.

Si nous avons commis quelque faute contre les dieux, contre nos amis, nos enfants ou notre père, que cette prière nous obtienne le pardon.

Ciel et Terre, protégez-nous contre le mal !

 

Shanti Mantra

Krishna Yajur-Véda, Taittiriya Samhita

commentaire du Sri Rudram

Ô Terre, nous t'adressons des mots d'amour et douceur, et nourrissons pour toi des pensées douces et aimantes.

Puissions-nous ne jamais te blesser, ni t'exploiter…

Adressons donc nos prières aux dieux et à tous les êtres de la création.

Parmi les hommes, accomplissons un sacrifice plein d'amour.

Puisse Dieu accroître l'éclat et la splendeur de celui qui lui adresse ses sacrifices, puissent nos ancêtres se réjouirent et connaître à leur tour le bonheur !

Om Shanti ! Shanti ! Shanti…

Que la paix soit sur l'univers…

 

Hymne védique à la Terre (Prithvi)

Les écoles des rishis Brigou et Angiras

Atharva-Véda, 12, 1

Vérité, grandeur, ordre universel [Rta], force, bénédiction, dévotion, réalité supérieure, universelle, sans commencement ni fin [Brahman], sacrifice, voici tout ce qui chante les louanges de la Terre.

Que cette Terre, maîtresse de ce qui est et sera, nous offre un vaste domaine !

La terre possède un relief composé de montagnes, de dépressions et de plaines, grâce auxquelles elle accueille des plantes aux nombreuses vertus.

Elle qui n'est pas polluée par ce que sont les hommes, qu'elle s’épanouisse, qu'elle s'arrange pour nous et qu'elle nous offre ses richesses !

La Terre, sur laquelle se trouvent les mers, les rivières et les sources, sur laquelle croissent les hommes et leur nourriture, sur laquelle la vie respire et se transforme, que cette Terre nous assure de quoi nous désaltérer.

C'est sur la Terre que poussent la nourriture et les tribus d'êtres humains, c'est elle qui permet à chacun de respirer, c'est elle qui déplace les choses et les créatures, alors qu'elle nous fournit le bétail ainsi que tout ce dont nous avons besoin.

Que la Terre, où marchèrent les premiers hommes et où les dévas vainquirent les assuras, nous procure toutes sortes de bétails, de chevaux, de volailles, mais aussi la chance et la gloire !

La Terre, qui est le soutien de toute chose, est pourvoyeuse de santé, elle est le sein dans lequel tous les êtres vivants trouvent refuge.

Elle est la protectrice d'Agni, le dieu du feu, dont chaque existence profite.

Elle est aussi l'amie d'Indra, le taureau qui nous a offert toutes les richesses que nous possédons aujourd'hui.

La vaste terre, que les dévas sans sommeil surveillent sans cesse attentivement, traira pour nous son précieux miel et plus encore, elle nous couvrira de gloire.

Cette Terre, qui n'était jadis que de l'eau mêlée à l'océan primordial de l'espace, cette Terre, que les rishis créèrent grâce à leur divin pouvoir d'illusion [maya], cette Terre dont le cœur se trouve au plus haut du ciel, auréolée de vérité, que cette Terre nous offre sa force et son éclat, ainsi que la souveraineté suprême.

La Terre fut mesurée par les Ashvins, c'est sur elle que Vishnou mit le pied et le puissant Indra est son allié.

Qu'elle me nourrisse de son lait, qu'elle soit une mère pour moi, qui suis son fils.

Les sommets enneigés ainsi que les forêts doivent lui être reconnaissants.

Le brun, le noir, le rouge, toutes les couleurs, ainsi que la terre ferme, voici ce qu'Indra protège.

Je me suis donc installé sur la Terre, mais je ne l'ai pas abîmée, ni blessée, ni tuée.

Terre, fais-nous une place en ton nombril et nourris nous de la force qui émane de ton corps.

Rends-toi pure pour nous recevoir.

La Terre est la mère, et moi je suis le fils de la Terre.

Parjanya, le dieu de la pluie, est notre père, lui aussi nous sauvera.

Le terrain sur lequel les prêtres dévoués aux œuvres saintes dressent l'altar et sur lequel ils pratiquent les rituels et disposent des offrandes, nous fera prospérer comme elle prospère elle-même.

Celui qui nous hait, celui qui cherche à batailler contre nous, avec son esprit comme avec ses armes, soumets-le à nous. En faisant ainsi, tu devanceras nos souhaits !

Les mortels sont nés de toi et vivent de toi qui soutiens sans distinction bipèdes et quadrupèdes.

C'est en toi que les mortels, sur lesquels le soleil levant jette une lumière éternelle avec ses rayons, trouvent leur origine. [...]

C'est sur Terre que les hommes pratiquent les sacrifices en honneur des dieux, qu'ils pratiquent les oblations.

C'est aussi sur Terre qu'ils vivent, repus et satisfaits.

Que cette Terre nous offre donc l'air et la vie, qu'elle nous fasse vivre longtemps.

 

Hymnes orphiques à la Terre (Gaïa)

25e hymne orphique

Terre, grande déesse, mère des dieux et des hommes,

Déesse puissante, large, fertile en toute chose,

Toujours jeune, toujours chargée de beaux produits ;

Vierge habile, fondement du monde éternel ;

Toi qui enfantes tous les fruits différents,

Déesse auguste, éternelle, bienheureuse,

Fière d’être ornée des herbes du gazon, avide de pluie ;

Déesse autour de laquelle flottent les espaces semés d’astres et le ciel éternel,

Mère déesse, augmente les productions verdoyantes de la terre

Et sois-nous propice avec les saisons favorables.

 

30e hymne orphique

Je célébrerai la Terre solide, mère antique de toutes choses,

Nourrice de tous les êtres épars sur le monde.

Ils vivent tous de tes largesses, qu’ils rampent sur le sol,

Qu’ils habitent la mer, ou qu’ils volent dans les airs.

C’est par toi, déesse vénérable, que les hommes ont une nombreuse famille

Et qu’ils jouissent des fruits abondants,

Car c’est toi qui donnes et soutiens la vie des faibles mortels.

Ceux que tu honores sont heureux : toutes choses leur sont accordées avec largesse.

Leurs champs sont couverts de moissons, leurs troupeaux se multiplient dans les pâturages ;

Leurs maisons regorgent de biens ; leurs villes, fécondes en belles femmes,

Obéissent à de sages lois ; partout la richesse et la félicité les accompagnent.

Ô déesse auguste ! Divinité bienfaisante, la jeunesse et les plaisirs

Animent les enfants de ceux que tu protèges.

Leurs jeunes filles joyeuses forment des chœurs, et, couronnées de roses,

Conduisent leurs danses dans les prairies couvertes de fleurs.

Salut, ô mère des dieux ! Épouse du ciel étoilé, daigne,

Dans ta bienveillance pour mes chants,

M’accorder une vie heureuse ; je ne l'oublierai pas.

 

Hymne à Rhéa, mère des dieux

26e hymne orphique

Mère sublime, mère de tous les dieux,

Viens à nous, grande déesse,

Accours aux sacrifices que nous t’offrons,

Atèle à ton char les lions terribles qui tuent les taureaux.

Reine éternelle de l’univers, célèbre et justement honorée,

Toi qui te tiens au centre du monde, parce que, bonne déesse,

Tu commandes à toute la terre et tu nourris les hommes de ton lait divin ;

C’est de toi que les dieux et les mortels tirent leur origine,

C’est par toi que coulent l’élément liquide et la mer elle-même ;

On l’appelle Vesta, on le nomme aussi la dispensatrice généreuse des biens,

Parce que tu accordes aux hommes tes nombreux bienfaits.

Viens à nous, ô déesse qu’on vénère en frappant sur les tambours sacrés,

Déesse victorieuse, protectrice des Phrygiens, grande épouse de Chronos,

Habitante du ciel, toi qui nourris les hommes,

Viens assister au culte sacré que nous t’adressons.

 

Prière à Cérès

Apulée, L'Âne d'or (11, 2 ,1)

Reine des cieux, qui que tu sois, bienfaisante Cérès, mère des moissons, inventrice du labourage, qui, joyeuse d’avoir retrouvé ta fille, instruisis l’homme à remplacer les sauvages banquets du vieux gland par une plus douce nourriture,

Toi qui protèges les guérets d’Éleusis ; Vénus céleste, qui, dès les premiers jours du monde, donnas l’être à l’Amour pour faire cesser l’antagonisme des deux sexes, et perpétuer par la génération l’existence de la race humaine ;

Toi qui te plais à habiter le temple insulaire de Paphos, chaste sœur de Phébus, dont la secourable assistance au travail de l’enfantement a peuplé le vaste univers ; divinité qu’on adore dans le magnifique sanctuaire d’Éphèse.

Redoutable Proserpine, au nocturne hurlement, qui, sous ta triple forme, tiens les ombres dans l’obéissance ; geôlière des prisons souterraines du globe ; toi qui parcours en souveraine tant de bois sacrés, divinité aux cent cultes divers, ô toi dont les pudiques rayons arpentent les murs de nos villes, et pénètrent d’une rosée féconde nos joyeux sillons ; qui nous consoles de l’absence du soleil en nous dispensant ta pâle lumière ;

Sous quelque nom, dans quelque rite, sous quelques traits qu’il faille t’invoquer, daigne m’assister dans ma détresse, affermis ma fortune chancelante.

 

Hymne à Déméter

38e hymne orphique

Déméter, mère de toutes choses, déesse aux mille noms

Nourrisse des enfants, dispensatrice des biens, pourvoyeuse des richesses,

Toi qui fais germer les épis, qui te réjouis de la paix et des travaux agricoles,

Qui ensemences et fertilises les moissons, qui habites les saintes profondeurs d’Éleusis,

Désirable, aimable, nourrice de tous les vivants,

Qui, la première, soumis au joug le cou des bœufs laboureurs,

Et donna ainsi une vie heureuse et de nombreuses richesses aux hommes,

Qui fais croître la végétation,

Compagne de Dionysos, vénérable, splendide, chaste,

Qui te réjouis des faucilles en été,

Chthonienne, favorable, bienveillante, féconde, vénérable,

Vierge aimant les jeunes vierges,

Portée par un attelage dont les rênes sont des couleuvres,

En hurlant, tournant en d'immenses cercles, tu erres dans l'Univers,

Née unique, Déesse féconde, très vénérée des mortels,

Toi dont les icônes sacrées sont toujours fleuries,

Viens, Bienheureuse, chaste, chargée des fruits de l’été !

Donne-nous la paix, les richesses, et le plus important : la santé.

 

Hymne aux vaches célestes

Par rishi Savara, Rig-Véda, 8, 8, 27

Que le merveilleux Vayu souffle, que les vaches de leur langue caressent les plantes !

Que les plantes boivent leurs eaux, qui donnent la force et la vie.

Ô Rudra, que ta colère épargne ces êtres féconds qui portent notre nourriture !

Ces vaches peuvent être charnues ou maigrelettes, elles peuvent même parfois ne former entre elles qu'un seul et même corps, celui de la terre.

Ces vaches, qui livrent leur corps aux dieux, et dont Soma connaît toutes les formes, amène-les, ô Indra, dans notre pâturage ; qu’elles nous donnent leur lait !

Que Varuna, le divin créateur, le gardien de la justesse cosmique, s’unisse à nos Ancêtres et à tous les dieux, qu'il conduise dans mon pâturage ces vaches fortunées et que leur race s’y propage heureusement.

 

Hymne à Sarasvati

Par rishi Bharadwadja, Rig-Véda, 4, 8, 14

Sarasvati, tu es celle qui inspire les paroles justes et saintes, c’est donc à toi que s’adresse notre sacrifice.

Toi qui purifies nos cœurs, toi qui es comblée de nos offrandes et sous le fanion de laquelle brillent toutes les prières, que notre sacrifice te soit agréable, ô toi qui en es le trésor !

Sarasvati, tu as donné au Feu un fils, le roi Divodasa, le plus zélé serviteur des dieux et le plus consciencieux ministre des célestes offices.

Ne songeant qu'à notre intérêt, alors que nous ne sommes rien, tu as frappé à mort l’avare Pani, qui ne pensait qu’à son propre intérêt et refusait de se donner sans réserve à l'humanité et à son agriculture.

Sans ton concours, nous n'aurions jamais été. Telle est ta puissance bienfaisante.

Divine Sarasvati, tu as trois sources et dans chaque monde en est située une.

Tu as aussi sept membres, qui te sont six sœurs.

Ensemble mais sous ta direction, vous protégez les cinq espèces d’êtres qui peuplent les trois mondes.

Divine Sarasvati, la puissance de tes torrents, la violence de tes vagues, brise le sommet des montagnes comme de simples branches.

Que nos hymnes et nos rituels t’honorent donc, ô Sarasvati !

Nous t'appelons à notre secours, toi qui jadis as surgi depuis le plus profond des cieux pour frapper les Démons qui nous opprimaient.

Ô divine Sarasvati, gardienne de la Prière et maîtresse de l’Abondance, sauve-nous en pourvoyant à notre existence !

Divine Sarasvati, déesse enturbannée d’offrandes, si tu guéris les mortels, ton eau est du poison pour tes ennemis !

La Magie, l'Illusion, le Mensonge, devant toi admettent leur défaite et se rangent aux côtés de tes innombrables alliés.

Divine Sarasvati, déesse entourée des plus gourmandes offrandes, toi que l'on invoque au milieu des combats, protège-nous et comme Pushan, qui nous offre le Printemps, sois pour nous bienfaisante.

Divine Sarasvati, protège donc celui qui t’invoque, tout comme tu pris le parti d'Indra qui réclamait ta protection avant d'engager son combat contre Vritra, le Dragon de la Sécheresse.

C'est d'ailleurs en t'adressant ses offrandes que le roi des dieux obtint la mort de notre ennemi.

Ainsi, terrible Sarasvati, pour notre survie, triomphe encore je t'en prie de Vritra et réjouis-toi de nos louanges !

Comme le Soleil amène les Jours telle qu’une vague immense, admirable, brillante et impétueuse, accompagnée de ses six autres sœurs, Sarasvati triomphe de nos ennemis.

Cependant d'entre toutes c'est elle la plus aimable, la plus puissante, celle dont les œuvres sont glorieuses et méritent d'être chantées par les sages.

Sarasvati, tu nous conduis sur un juste chemin, alors je t'en prie ne nous humilie pas mais abreuve-nous plutôt de ton lait céleste,

Conserve l'entente entre nos familles, et ne nous laisse pas vivre sans nous témoigner ton estime,

Ô Sarasvati, tu arrives dans un fracas de torrent pour t'éloigner dans un murmure de ruisseau…

 

Hymnes védiques en l'honneur de l'Aurore

Hymne à Ushas, Prascanwa, Rig-Véda, 1, 4, 2

Les rishis qui ont imploré ton secours, ô grande déesse, ont toujours été exaucés, alors accueille également notre prière, et réponds-y par le don d’une brillante et pure abondance.

Aurore, accorde-nous ce qu'il convient que nous nous nourrissions et approche-toi des innocents qui pour toi chantent des hymnes et jettent des oblations !

Viens aujourd’hui au sein de nos familles qui toutes sont disposées à t’honorer par leurs offrandes.

Accorde-leur une abondance telle, que nous soyons renommés pour nos vaches, nos chevaux et notre vigueur.

Divine Aurore, après avoir de tes rayons illuminé les portes du ciel, accorde-nous que notre maison soit puissante, que nos ennemis s’en éloignent, et que de fécondes vaches y entretiennent l’abondance.

Aurore, toi que nous honorons par nos offrandes, apporte-nous tout ce qui nous permettra d’élever nos enfants et nos petits-enfants.

Aurore, bénis, en les éclairant de tes rayons, le père de famille et ses enfants.

Aurore, amène aussi ici du ciel tous les dieux auxquels nous avons adressé nos libations !

Mère des dieux, œil de la terre, messagère du sacrifice, brille pour nous !

Rends-nous glorieux parmi les nôtres.

 

Hymne à Ushas, Prascanwa, Rig-Véda, 1, 4, 3

L’Aurore, comme une mère de famille, vient pour protéger le monde.

Elle arrive, arrêtant le vol malfaisant de la nuit, et excitant l’essor nouveau des oiseaux.

Aurore, fille du ciel, nous t'invoquons pour que de tes rayons tu chasses nos ennemis et confondes leur haine.

Dans la région lointaine où se lève le Soleil, la voilà qui attelle ses chevaux, puis elle les dirige vers les nuages et le vent des tempêtes qui jusqu'ici nous amène son attelage.

Alors, séduit, subjugué par son aspect, le monde entier se prosterne devant elle.

Ô brillante Aurore, l’oiseau, l’homme et le quadrupède, à ton retour dans le ciel, se lèvent de tous côtés.

Tu es l'ennemie de la paresse et quand tu parais, il n’est plus de créatures qui s’oublient encore dans le repos.

Prévoyante déesse, dès l’instant où tu brilles, tu deviens la vie, le souffle de l’univers.

Ainsi, l'Aurore excite de la même façon l’homme pressé qui se lève à l'aube pour accroître sa fortune et le pauvre, qui se lève à la même heure pour accroître celle d'un autre.

Le monde était courbé par le sommeil, la voilà qui annonce que le temps est venu de marcher, de jouir de la vie, de songer aux sacrifices et d’augmenter sa fortune.

L’obscurité régnait, à présent l’Aurore éclaire au loin l’horizon, et brille en chaque être.

Comme le berger répand ses troupeaux dans la plaine, la belle déesse répand ses rayons dans les champs de l’air ; telle qu’une mer profonde, elle remplit tout de sa grandeur.

Elle maintient les œuvres divines du soleil, et se pénètre de ses rayons, qu’elle reflète.

 

Hymnes à Ushas et aux Ashvins

Par Rishi Gotama, Rig-Véda, 1, 6, 12

L’Aurore ouvre les voies et s’avance à l’orient.

Elle s’étend, elle remplit le monde, placée entre le ciel et l’air, elle découvre son corps à l’orient.

Sa lueur éveille les nations et embellit les régions célestes.

Elle se lève et se montre à la vue comme une femme qui sort du bain.

Telle qu’une femme désirant plaire, l’heureuse fille du Ciel déploie ses formes devant les hommes.

Comme une danseuse, l’Aurore révèle ses formes en se mouvant et comme la vache découvre sa mamelle féconde, elle découvre son sein, et distribue son lait au monde entier.

C'est ainsi que sa lumière dissipe les ténèbres.

Nous venons de traverser l’océan de cette nuit. L’Aurore se lève, elle brille et sourit, belle, bienveillante, elle ramène la vie.

La déesse, poursuivant sa marche, et d’un large regard embrassant tous les mondes, illumine et fait lever tout ce qui respire.

C’est vers elle que monte la voix de tous les êtres doués d'intelligence.

La voilà qui ouvre les portes du ciel, et force sa sœur la Nuit à se cacher.

 

Par Rishi Coutsa, Rig-Véda 1, 8, 1

Si ces deux sœurs poursuivent sans fin la même route, elles n'y apparaissent que chacune à leur tour, selon l'ordre dicté par le Soleil.

Sans jamais se bousculer, sans jamais s’arrêter, couvertes de la douce rosée, la Nuit et l’Aurore sont unies en pensée mais divisées en couleurs et apparences.

Toutes deux immortelles, elles se suivent, parcourant le ciel qu'elles affublent tour à tour de leurs couleurs.

Ramenant au Jour la Parole et la Prière, l’Aurore répand ses teintes brillantes en illuminant le monde et en visitant toutes ses créatures.

Éclatante interprète des chants sacrés, l’aurore étale ses parures pour nous ouvrir les portes du jour ; en illuminant l’univers, elle nous en montre les trésors.

De sa main puissante, elle invite tous les êtres à se réveiller et le monde endormi à se mouvoir.

Elle est celle qui nous pousse à goûter la joie, à accomplir les rites sacrés et à travailler à notre prospérité.

Levons-nous, tandis qu'un esprit nouveau recommence à nous animer !

L’ombre s’éloigne, le jour s’approche, l’aurore a frayé la route que le soleil doit suivre ; marchons vers la clarté, vers la vie !

Il y a encore si peu, les ténèbres nous empêchaient la vue, à présent, Ushas nous permet de jeter au loin notre regard…

Ushas, fille du ciel, tu te révèles à nous, favorable, resplendissante, couverte de ton manteau de lumière, maîtresse de toutes les richesses que renferme la terre. Tu ranimes par ta clarté tout ce qui existe, tu ressuscites tout ce qui est mort…

Déesse de la lumière, elle dissipe la sinistre obscurité.

Du haut de son char magnifique, conduit par des chevaux de course au poil rouge, elle vient régénérer la nature.

Déployant toutes ses splendeurs, ses vagues de clarté inondant les plages célestes, Ushas s’avance, à l’abri de la vieillesse et de la mort…

Depuis quand nous visite-t-elle, celle qui nous éclaire maintenant ?

Elle ne fait qu’imiter celles ayant déjà lui et devancer celles qui luiront encore.

Cependant elle nous arrive, elle est là, toujours aussi éclatante !

Son amant est le Soleil et il ne cesse de courir après elle.

Mais ils ne sont plus, ceux qui jadis l'ont vu étinceler comme aujourd’hui, tandis que c’est à notre tour de la voir à cette heure-ci.

Quant à ceux qui après nous la verront, l'Aurore magnifique, eux aussi devront mourir un jour, car c'est elle qui consume la vie humaine.

 

Hymne à l'Aurore

Pour obtenir la Manne

75e hymne orphique

Écoute-moi, déesse qui guides pour les mortels le char de la lumière,

Blanche déesse qui fais rayonner sur le monde un doux éclat,

Messagère dorée du grand titan le Soleil.

Toi qui par ta présence renvoies les épaisses ténèbres de la nuit dans les entrailles de la terre.

Conductrice de tous les travaux, distributrice de la vie des hommes,

Tu fais la joie des mortels ; aucun ne voudrait fuir ton charmant visage.

Quand tu chasses loin des paupières le sommeil aimable,

Les hommes, les reptiles, les quadrupèdes, les oiseaux

Et tout ce qui habite le sein des mers, tout se réjouit.

Tu donnes aux hommes la nourriture qui leur est agréable.

Bienveillante pour tes dieux, augmente pour eux l’éclat de ton char sacré.

 

Hymne à Aphrodite

52e hymne orphique

Aphrodite, fille du ciel, fille illustre et souriante,

Déesse née de l’écume de la mer,

Vénérable déesse qui aimes les ténèbres de la nuit,

Aphrodite, déesse de l’hyménée et de la nuit,

Habile sans ruses, mère de la nécessité,

Toutes choses viennent de toi, car tu donnes des lois au monde entier,

Tu commandes même aux trois Moires,

Et tu engendres toutes les choses du ciel, de la terre et de l’élément salé ;

Conseillère sacrée de Bacchus, toi qui te plais aux joies et aux festins,

Mère des amours, merveilleuse conciliatrice, toi qui accordes le don de la grâce,

Déesse à la belle chevelure, déesse visible et invisible,

Déesse des noces et des festins, la plus illustre des divinités,

Déesse qui te plais aux baisers des hommes et qui engendres les enfants ;

Toi qui domines les mortels par tes charmes séducteurs,

Et qui frappes tout ce qui respire de l’éternelle blessure de l’amour,

Sois-nous propice.

 

Hymne à l'Aphrodite céleste

Sapho

Immortelle Aphrodite, fille de Zeus, toi qui sièges sur un trône lumineux et qui sais habilement disposer les ruses de l’amour,

Je t’en conjure, n’accable point mon âme sous le poids des chagrins et de la douleur, mais plutôt viens à ma prière.

Comme tu vins autrefois, quittant le palais de ton père et descendant sur ton char doré.

Tes charmants passereaux t’amenaient de l’Olympe à travers les airs qu’ils agitaient de leurs ailes rapides.

Dès qu’ils furent arrivés, ô déesse ! tu me souris de ta bouche divine ;

Tu me demandas pourquoi je t’appelais ; quels tourments ressentait mon cœur, en quels nouveaux désirs il s’égarait ; qui je voulais enchaîner dans les liens d’un nouvel amour :

« Qui oserait te faire injure ! S’il te fuit aujourd’hui, bientôt il te recherchera ; s’il refuse aujourd’hui tes dons, bientôt il t’en offrira lui-même ; s’il ne t’aime pas aujourd’hui, il t’aimera bientôt lors même que tu ne le voudrais plus. »

Ô, viens, viens donc aujourd’hui, déesse, me délivrer de mes cruels tourments !

Rends-toi aux désirs de mon cœur ! Sois mon allié !

 

Prière d'accouchement

L. Edelberg, The Statue KK II A and Its Circumstances dans A. A. Motamedi, A Kafir Goddess

I

Ô Disni, tu es la protectrice des portes de Dieu

Et plus encore, tu possèdes les 18 niveaux :

Gardienne du temple,

Pourvoyeuse du lait aux êtres humains,

Protectrice des enfants,

Bienfaitrice du genre humain,

Porteuse de toutes les grâces de Dieu,

Tu laisses ouverte la manne du lait,

Tu apportes la sensualité à l'humanité,

Tu fais croître ce qui fut créé,

Tu es celle à qui Dieu permet d'agir,

Et tu es la gardienne des neuf portes du salut.

 

II

Ô Dezalik, maîtresse du bashali,

Fais-la vite accoucher,

Place dans ses bras une nouvelle fleur,

Ne rends pas les choses difficiles,

Voici pour toi de quoi manger et boire

Ô ma Dezalik, maîtresse du bashali,

Elle est venue se placer sous ta protection,

Apporte-lui donc la santé, place dans ses bras une fleur,

Tu peux manger et boire.

Titre

Traducteur

Date

Origine

Tradition

Ciel et Terre

Adaptée de Langlois.

v. -1700 à -800

Nord du sous- continent indien

Védisme

Shanti Mantra

Depuis la trad. anglaise Maunish Vyas

v. 1200 à -800

Inde

Védisme

Hymne védique à la Terre

Depuis la trad. angl. de Bloomfield

v. 1200 à -800

Inde

Védisme

Hymnes orphiques à la Terre

Adapté de Leconte de Lisle et Falconnet.

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Hymne à Rhéa

Adapté de Leconte de Lisle

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Prière à Cérès

Nisard

v. 150

Afrique du nord

Polythéisme méditerranéen

Hymne à Déméter

Adapté de Leconte de Lisle

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Hymne aux vaches célestes

Adapté de Langlois

v. -1700 à -800

Nord du sous-continent indien

Védisme

Hymne à Sarasvati

Adaptée de Langlois

v. -1700 à -800

Nord du sous-continent indien

Védisme

Hymnes védiques en l'honneur de  l'Aurore

Adaptée de Langlois

v. -1700 à -800

Nord du sous-continent indien

Védisme

Hymnes à Ushas et aux Ashvins

Adapté de Langlois

v. -1700 à -800

Nord du sous-continent indien

Védisme

Hymne à l'Aurore

Adapté de Falconnet

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Hymne à Aphrodite

Adapté de Leconte

de Lisle et Falconnet

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Hymne à l'Aphrodite céleste

Trad. Falconnet

v. -600

Grèce

Polythéisme grec

Prière d'accouchement

Depuis la trad. angl. de Edelberg

-

Pays Kailasha (Pakistan)

Polythéisme kailasha

Corpus thématique de prières polythéistes - LA GRANDE DÉESSE

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