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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

HÉRACLÈS et DIONYSOS, divinités solaires

Charles-François Dupuis (1742 - 1809), dans son admirable Abrégé de l’origine de tous les cultes, développe une théorie très pertinente : toutes les figures religieuses ou mythologiques seraient dérivées d'un dieu solaire initial. Au chapitre cinq, celui consacré à Héraclès et à ses dérivés, dont le Phénicien Melkart, Dupuis avance :

*

Les Phéniciens ont conservé la tradition qu’Hercule était le dieu Soleil, et que ses douze travaux désignaient les voyages de cet astre à travers les douze signes. Porphyre [v. 234-310], né en Phénicie, nous assure que l’on donna le nom d’Hercule au Soleil, et que la fable des douze travaux exprime la marche de cet astre à travers les douze signes du zodiaque. Le scholiaste d’Hésiode nous dit également que « le zodiaque, dans lequel le Soleil achève sa course annuelle, est la véritable carrière que parcourt Hercule dans la fable des douze travaux, et que par son mariage avec Hébé, déesse de la jeunesse, qu’il épouse après avoir achevé sa carrière, on doit entendre l’année qui se renouvelle à la fin de chaque révolution. » […] Héracléide, les Dionysiaques, la Théséide, les Argonautiques... Il n’est pas un des héros de ces divers poèmes qu’on ne puisse rapporter au soleil, ni un de ces chants qui ne fasse partie des chants sur la nature, sur les cycles, sur les saisons et sur l’astre qui les engendre. Tel est le poème sur les douze mois, connu sous le nom de chants sur les douze travaux d’Hercule ou du Soleil solsticial. [...]

Hercule, quoi qu’on en ait dit, n’est pas un petit prince grec fameux par des aventures romanesques, revêtues du merveilleux de la poésie, et chantées d’âge en âge par les hommes qui ont suivi les siècles héroïques. Il est l’astre puissant qui anime et qui féconde l’Univers ; celui dont la divinité a été partout honorée par des temples et des autels, et consacrée dans les chants religieux de tous les peuples. Depuis Méroé en Éthiopie, et Thèbes dans la haute Égypte, jusqu’aux îles britanniques et aux glaces de la Scythie ; depuis l’ancienne Trapobane [Lanka] et Pataliputra [Patna] dans l’Inde, jusqu’à Cadix et aux bords de l’Océan atlantique ; depuis les forêts de Germanie, jusqu’aux sables brûlants de la Libye, partout où l’on éprouva les bienfaits du Soleil, là on trouve le culte d’Hercule établi ; partout on chante les exploits glorieux de ce dieu invincible, qui ne s’est montré à l’homme que pour le délivrer de ses maux, et pour purger la Terre de monstres, et surtout de tyrans, qu’on peut mettre au nombre des plus grands fléaux qu’ait à redouter notre faiblesse. Bien des siècles avant l’époque où l’on fait vivre le fils d’Alcmène ou le prétendu héros de Tirynthe, l’Égypte et la Phénicie, qui certainement n’empruntèrent pas leurs dieux de la Grèce, avaient élevé des temples au Soleil sous le nom d’Hercule, et en avaient porté le culte dans l’île de Thase [Égée, Thrace] et à Cadix, où l’on avait aussi consacré un temple à l’année et aux mois qui la divisent en douze parties, c’est-à-dire, aux douze travaux ou aux douze victoires qui conduisirent Hercule à l’immortalité.

Dans le même ouvrage, à propos de Bacchus :

« Sous son nom d’Osiris ou de Bacchus, nous envisagerons l’astre bienfaisant qui, par sa chaleur, appelle, au printemps, tous les êtres à la génération ; qui préside à la croissance des plantes et des arbres ; qui mûrit les fruits, et qui verse dans tous les germes cette sève active qui est l’âme de la végétation, car c’est là le véritable caractère de l’Osiris égyptien et du Bacchus grec. C’est surtout au printemps que cette humidité génératrice se développe, et circule dans toutes les productions naissantes ; et c’est le Soleil qui, par sa chaleur, lui imprime le mouvement et lui donne sa fécondité. »

HÉRACLÈS et DIONYSOS, divinités solaires

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