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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

L'ascétisme jaïn (doctrine indienne)

L'ascétisme jaïn

« La morale jaïna est tout entière contenue dans les cinq vœux suivants : 1, Ne rien mettre à mort de ce qui vit. C’est le célèbre vœu de l’ahimsa ; 2, Ne pas mentir ; 3, Ne rien prendre qui ne soit donné ; 4, S’abstenir de relations sexuelles ; 5, Renoncer à toute chose et ne rien considérer comme sa propriété. La pratique de ces cinq grands vœux est facile en apparence ; mais dans le fait elle correspond à un ascétisme si sévère, qu’on en chercherait en vain l’équivalent dans une autre religion.

Le moine jaïn, dans une formule solennelle, a juré le quintuple serment exigé de lui. Il est devenu membre de la Communauté. Alors une condition nouvelle commence pour lui. Il devient indifférent à la joie comme à la peine, à la vie comme à la mort. Il se défait de son bien. Il abandonne son foyer, sa famille, sa patrie. Couvert d’un manteau sordide, le vase à aumônes à la main, il s’en va en des lieux étrangers mendier sa subsistance quotidienne. Sauf en des cas de nécessité majeure, il ne doit jamais s’attarder plus d’une nuit au même endroit. Un voile sur la bouche le protège contre le meurtre éventuel des infimes animaux. Pour la même raison il filtre l’eau dont il s’abreuve et balaye la place où il se repose. Il s’abstient de bains et de toute toilette. Il apporte la plus grande attention à ses mouvements. Il surveille ses paroles et maîtrise les sentiments qui pourraient provoquer chez lui ou chez ceux qui l’approchent des actes meurtriers. Doux envers les animaux, il respecte les plantes et même les particules matérielles : elles contiennent une âme et sont pour lui sacrées.

Mais c’est surtout pendant la saison des pluies que le moine jaïn s’abandonne aux pratiques à la fois intérieures et extérieures de l’ascétisme le plus rigoureux. Alors il s’impose une discipline constante. Il purifie son corps et son esprit. Humble et dévoué à l’égard du maître qu’il a choisi, il étudie avec lui les traités canoniques, la parole des prophètes. Il relit la légende des tirthankaras. Il médite sur la tristesse et la misère du monde. Il soumet sa conscience à l’examen le plus attentif. A-t-il commis une faute légère, il s’en confesse et manifeste un repentir sincère. Il s’impose un jeûne de longue durée, s’inflige des peines souvent cruelles, se mutile parfois et s’astreint à des exercices violents et incommodes. Enfin le sage en possession de la vraie connaissance sait qu’il a le droit de hâter son affranchissement en se laissant mourir de faim. Le suicide par inanition est, par excellence, la mort des saints.

Un tel ascétisme exige des hommes d’une volonté peu commune. Une pareille morale n’est applicable qu’au petit nombre. Aussi les cinq grands vœux restent-ils étrangers aux adeptes laïques de la religion jaïna. Ceux-ci sont soumis à des prescriptions plus humaines et d’un accomplissement plus facile. [...] En somme, pour les adeptes laïques, la morale jaïna descend au niveau de la vie ordinaire, de la vie de tous et de chaque jour. Elle n’en garde pas moins un caractère d’austère grandeur, en exigeant de l’individu tout ce qui rend l’âme forte, compatissante et résignée. » A. Guérinot, Essai de bibliographie jaïna. .

 

L'ascétisme jaïn (doctrine indienne)

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