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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

HANUMAN (divinité indienne)

Hanuman est un des rares dieux hindous entièrement animal et n'ayant pas un rôle tout à fait secondaire. Bien au contraire, Hanuman est une des divinités hindoues les plus populaires, bien plus vénéré de nos jours que n'importe quel dieu védique.

Certaines traditions font d’Hanuman un avatar de Shiva. Sous cette forme, Shiva est le roi des singes, mais aussi de tout le royaume animal et végétal. Ainsi, où Shiva est célébré, on trouvera souvent une petite guérite consacrée à Hanuman.

Son évocation se retrouve aussi en Chine (Tarim) où en tant que roi des singes, toute une abondante littérature lui est dédiée.

Hanuman, se déplace en volant, il transplante des montagnes du bout de son doigt, et selon la tradition chinoise du roi des singes, Sun Wukong, il transforme les incendies en montagnes desséchées, il est donc le maître des éléments. Il est le druide, le pharmacien, le connaisseur de la flore, et le maître de la faune. Son armée de singes est indénombrable, et sa force est incommensurable.

Son anthropomorphisme le rend sensible à la condition des hommes, auxquels il ne cesse de venir en aide. Mais son corps velu, ses muscles saillants, sa longue queue dont il se sert comme d'un gourdin, tout cela le rattache à sa condition animale, et, à l'image de Shiva, Hanuman représente plutôt l’instinct que la conscience.

Son animalité lui donne même une certaine valeur, car n'étant pas un homme, il n'est pas enclin à la trahison et aux mauvaises actions. Hanuman est donc un dieu très sympathique, symbolisant la fidélité, tant amoureuse qu'amicale.

Contrairement à Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, Hanuman n'a pas hérité de son animalité par hasard. En effet, si Ganesh possède une tête d'éléphant, ses aventures font toujours de lui un héros semblable en tout point à un homme qui n'aurait qu'une tête d’éléphant sans en avoir les attributs (et de fait, Ganesh est né homme et non éléphanteau.) De plus, Ganesh symbolise la richesse, la chance, la réussite : des valeurs profondément anthropiques.

Hanuman quant à lui est né singe, demeure singe, et donc il reprend à son compte tout le glossaire de la symbologie animale : son agilité est légendaire, sa ruse et son intelligence aussi. Quant à sa force et à son charisme en tant que roi d'une meute universelle de singes, elle n'est pas sans rappeler le règne sans partage des mâles babouins dominants, que l'on peut observer sur les terrasses des casbahs, de Tanger à Jakarta.

Si les singes pullulent autant dans les villes et villages indiens, c'est parce qu'une aura quasi mystique les entoure. Les singes en Inde ne sont en effet pas vus comme des animaux parasites, mais plutôt comme une autre race d’hominidés à part entière, avec laquelle l'espèce humaine doit cohabiter.

Tandis que les chiens et les chats sont parfois éradiqués avec une cruauté sans pareille, les Indiens conservent un respect fraternel pour les singes. Les singes ont d'ailleurs appris à se méfier des hommes, et se tiennent donc à l’écart, ne représentant ni un danger ni une réelle pollution. Pour se nourrir, ils fouillent dans les poubelles et mangent à leur faim des bouts de carton et des pelures de fruits, passant la plupart de leurs journées à dormir au soleil, le ventre à l'envers.

Quelques temples leur sont consacrés, dont un qui se trouve de l'autre côté des collines qui entourent la ville de Jaipur. On trouvera là aussi un petit temple dédié aux rats, lesquels sont, comme les singes, nourris matin et soir par une vingtaine de sadhus qui leur sont dévoués, et qui leur jettent des bananes qu'ils prennent le temps d'éplucher à leur place.

Hanouman et l'armée des singes

Cette description d'Hanuman trouve son inspiration dans les poèmes et mantras Hanouman Chalisa, attribués à Goswami Tulsidas (v. 1600 ap. J.-C.) et Hanouman Pancha Ratnam, attribué à Shankara. Ces deux mantras sont parmi les plus populaires de l'hindouisme moderne, les chanter éloigne le mauvais œil et les maladies.

*

Après en avoir été reçu avec honneur, c'est sur les conseils de la sainte que Rama se dirigea encore plus au sud pour rejoindre les bords du fleuve Pampa, où il rencontra pour la première fois le singe Hanouman, qui dès lors devint son plus fidèle ami et plus ardent disciple.

Hanouman étant le fils du Vent, de son père il avait hérité sa générosité car il était l'être le plus désintéressé des choses matérielles qui fût. Hanouman était aussi un des plus grands guerriers qui jamais ne fût et sa gloire était telle qu'elle traversa les yugas. Meilleur archer encore que Kama, le dieu du désir, son pouvoir était immense, car il pouvait même faire revenir à la vie ceux qui mouraient au combat!

Pourtant, son visage était semblable au soleil levant, son regard était rempli de miséricorde, ses yeux ressemblaient aux pétales du lotus, son cou était comme une conque, et ses lèvres comme une mangue. Bien que disciple de Shiva, Hanouman n'en demeurait pas moins un fervent admirateur de Vishnou.

Quand il vit Rama pour la première fois, reconnaissant en lui Vishnou, il pleura de joie. Cependant, tout en ayant parfaitement conscience de son immense valeur, Rama était encore ignorant de sa propre nature et ne se doutait pas encore qu'il était lui-même nul autre que Vishnou.

Hanouman devint dès lors un allié important de Rama et mit à son service une armée de singes qui allait bientôt surpasser celle des rakshasas comme le soleil domine les fleurs.


 

C'est grâce à Hanouman que Rama put rencontrer Sugriva, un autre singe, celui-ci fils du Soleil, et qui devint son allié dès qu'il eut appris ses mésaventures. En échange de son aide à combattre Ravana, Rama promit à Sugriva de tuer son frère aîné dont il était le rival, Vali, le roi des singes.

Sugriva mit en garde Rama contre la puissance sans commune mesure de Vali, qui était victorieux à chaque combat, car il avait un tour de magie qui jouait en sa faveur. En effet, à chaque coup porté, Vali récupérait la moitié de la force de son ennemi de sorte que lorsque son adversaire se trouvait amoindrit Vali s'en trouvait renforcé.

Partout dans le pays, les cadavres des ennemis de Vali s'entassaient ; parfois même jusqu'au ciel pour former une montagne. La force de Rama semblait elle aussi sans limite, car d'un simple mouvement d'orteil, l'enfant d'Ayodhya pouvait envoyer un rocher à plus de 150 kilomètres.

Plein de joie et d’espoir, les singes accompagnèrent Rama jusqu'à la caverne où vivait Vali le roi des singes. Sugriva poussa alors un cri pour le faire sortir, et Rama engagea le combat.

Avec l’agrément de Tara, la déesse de la compassion, qu'il avait préalablement priée et honorée d'un sacrifice, Rama tua le roi des singe d’une seule flèche.

Ayant ainsi vaincu Vali en combat singulier, Rama établit Sugriva sur le trône. Alors, convoquant ses sujets, le roi des singes les envoya dans toutes les directions, afin de découvrir la retraite où était cachée Sita.

Sugriva, qui devait à Hanouman et à Rama sa couronne, mit à leur disposition son armée de singes. Celle-ci se sépara en plusieurs escouades, et chacune d'entre elle partit explorer un coin du monde.

Un groupe de singes se dirigea vers le nord des régions montagneuses himalayennes et tibétaines, là où le soleil ne se couche pas et où les hivers et les nuits durent trois mois. C'était la patrie ancestrale et mystérieuse des Aryens, selon les plus anciennes traditions ésotériques védiques dont l'origine hyperboréenne des anciens grecs fait écho, mais en vain. Nulle part ils ne trouvèrent trace de Sita.

D'autres singes allèrent au sud de ces régions montagneuses, et suivirent les cours de l'Indus, puis de la Yamouna et du Gange, parcourant ainsi tout le domaine de Brahma, le Brahma-Varta, aussi appelé l'Aryen-Varta, le territoire des aryens.

Un autre groupe de singes avait quant à lui pris la direction du sud, où vivaient les peuples dravidiens, qui étaient nés du corps de la vache sacrée Kamadenyu alors que les rishis Vashishte et Vishvamitra s'étaient livrés un combat sans merci pour son contrôle.

Mais quel que fût le pays ou la contrée, Sita la reine déchue d'Ayodhya demeurait introuvable.

 

Enfin, encore plus au sud, de l'autre côté de la mer, était située une île dont Lanka était la capitale et où se trouvait le palais en or de Ravana, le roi des rakshasas. Ce palais, qui avait été construit par Vishnakarman, l'artisan céleste, avait été offert par Shiva au rishi Poulastya, qui l'avait ensuite offert à Kubéra avant que le frère de celui-ci, ne l'en dépossédât après une lutte fratricide.

Shiva avait en effet demandé à Vishnakarman d'ériger le plus beau des palais pour y héberger sa cérémonie de mariage avec Parvati. Le dieu ingénieur et architecte bâtit alors un temple en or massif, couvert de dentelle. Pour la cérémonie, Parvati demanda au prajapati Poulastya de mener les rituels et celui-ci fit un tel travail, chanta si bien les Védas, que Shiva lui offrit la réalisation d'un de ses vœux. Poulastya étant le père malheureux de la terrible lignée des rakshassas, il lui fit alors remarquer que ce palais était beau, et qu'il ne désirait rien d'autre que ceci. Obligé par sa promesse, Shiva lui offrit le palais, qu'il offrit aussitôt à son fils Kubéra. Cependant Kubéra n'eut pas le loisir de jouir longtemps du trône du roi des rakshassas, car son frère le puissant Ravana, grâce à ses dévotions à Shiva et à Brahma, l'en avait vite dépossédé.

C'est à Lanka qu'un des singes soudoya un rakshassa de l'armée de Ravana en le faisant boire et que celui-ci lui avoua où Sita était gardée prisonnière : au cœur du palais, protégé par d'infranchissables murs qui laissaient pourtant passer la brise marine. Là, se trouvait le jardin de l'arbre de la sagesse, nommé Ashok Vatika. C'était dans ce verger qu'était détenue Sita.

 

Ayant appris la nouvelle, Hanouman prit avec lui l'anneau du roi Rama, et il traversa en volant, sans surprise et sans difficulté, d'un unique saut l'océan pour rejoindre l'île de Lanka.

Dans un jardin, sous un arbre de la connaissance, il y aperçut Sita, pensive. Elle se promenait avec Mandadori, la femme de Ravana, qui était aussi bonne et sage que son mari était démoniaque.

Fille du démon architecte illusionniste Mayasura, malgré son mari et les tragédies qu'elle traversait, la reine de Lanka était une femme exemplaire et pieuse, et toujours fidèle et amoureuse de son époux, qu'elle tentait sans cesse de raisonner.

Or, Mandodari avait pour Sita la pitié d'une mère pour sa fille et elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour soulager la vie de la malheureuse.

Une fois que Mandadori se fut éloignée, Hanouman déguisé en jardinier se rapprocha de Sita et la convainquit qu'il était un envoyer et un serviteur de Rama, puis, après avoir gagné la confiance de son gardien, il enfonça la porte du jardin et libéra Sita, qui pourtant n'avait nulle part où aller ni où espérer se cacher. Dans la foulée, Hanouman ôta la vie de cinq généraux d’armée rakshassas, de sept fils de ministres et broya les membres d'Aksha, le champion que les démons lui avaient opposé; après quoi il se laissa prendre.

Sachant qu’il serait un jour délivré par la divine providence, le héros supporta de son plein gré, les brutalités de ses geôliers, puis il s'échappa quand il le jugea opportun et incendia la ville, à l’exception de la demeure de Sita, puis s'en revint informer Rama de tout ce qu’il s'était passé.

Depuis ce jour, il suffit de prononcer le nom d'Hanouman pour que les démons passent leur chemin.

« J’ai vu Sita en personne » dit Hanouman à Rama quand il fut de retour sur le continent.

Accompagné de Sugriva le nouveau roi des singes, Rama se rendit au plus vite au bord de l’océan et il invoqua Varouna, le dieu sombre et mystérieux qui règne sur cette immensité.

« Varouna, dit alors Rama, écarte tes eaux que nous puissions faire la conquête de Lanka ! »

Varouna n'obtempérant pas, Rama troubla les flots de ses flèches brillantes comme le soleil, ce qui effraya Varouna, mais n'eut aucune incidence sur les vagues.

« Moi-même, ô Rama, lui répondit Varouna, je n'ai aucune emprise sur ce qui vient et repart ! Si tu veux faire passer tes troupes sans encombre, tu devras construire un pont au dessus d'elles. »

Sans attendre, le singe Nala, inspiré par Vishnakarman, le dieu-architecte de l'univers, construisit un pont auquel collaborèrent tous les singes.

Rama, dont l’héroïsme était la nature, put alors se rendre à Lanka avec son frère et son armée de singes et tuer Ravana, à la suite de quoi il sacra roi des Démons, Vibhishana, le juste ministre dont Ravana n'avait pas suivi les conseils.

Son devoir accompli, Rama, délivré de la fièvre de l’inquiétude d'être en campagne, se sentit pleinement heureux.

Mais bientôt un affreuse nouvelle lui parvint : son frère Lakshman avait été grièvement blessé durant les combats et sa vie était en danger. Une seule herbe pouvait rendre la santé à Lakshman, et celle-ci ne se trouvait qu'en Himalaya, soit quelques milliers de kilomètres au nord. C'est alors qu' Hanuman accomplit un miracle en s’envolant pour s'en aller chercher le précieux remède au sommet d'une montagne dont lui-seul avait connaissance.

Quelques instants plus tard il était de retour au chevet de Lakshman et posa les herbes à ses pieds, ce qui le sauva aussitôt.

Droit et fier, le corps resplendissant de lumière, Hanouman portait des boucles d'oreilles et de longs cheveux bouclés. Il avait les bras levés, tenant une massue dans une main et dans l'autre la bannière rouge de ceux qui suivent Shiva. Entre sa nuque et son aisselle, il portait en parure le cordon sacré des brahmanes, montrant ainsi qu'il était un « deux fois nés » et qu'il était initié au monde et à ses mystères.

Les singes applaudirent leur chef en criant: « Vive Hanouman, disait la clameur des singes, vive le champion des singes, l'océan de sagesse et de vertu, dont la gloire illumine les trois mondes ! Ô compagnon de la justice, champion aux muscles aussi solides que le vajra d'Indra, combattant de l'ignorance, de la médisance et des pensées néfastes, tu es l’incarnation de Shiva ! Ta majesté et ton aura sont vénérées par l'univers tout entier ! Trouver refuge en toi c'est trouver le bonheur ! chantait la foule amassée des singes. Tu es notre protecteur, toi seul peux contenir ta propre puissance et lorsque tu cries, c'est les trois mondes qui tremblent à l'unisson! Grâce à toi, nous nous rapprochons de Rama, et nous nous libérons de l'emprise de nos incalculables vies passées! Les prajapatis et les rishis, ainsi que Brahma suivi de la foule des dieux, le saint Narada, la déesse Sarasvati, Sesha le serpent cosmique gardien, Yama le maître de la mort, Kubera le distributeur des richesses, ceux qui gardent les huit directions et tous les poètes et écrivains depuis la Création : personne ne pourrait décrire assez justement ta grandeur ! »

 

C'est alors que Rama, fou de joie, embrassa ses amis en les serrant sur son cœur, puis prononça ces paroles :

 

« Hanouman, je te considère comme mon frère... Puisse Shesha, le serpent à mille têtes, chanter tes louanges ! » et en disant cela, le roi Rama ne cessait d'embrasser le valeureux singe.

HANUMAN (divinité indienne)
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