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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

MAGICIENS, ORACLES, DEVINS et ASTROLOGUES

Selon le néoplatonicien Plotin (205 - 270), voici la définition de l'astrologie :

Le cours des astres indique ce qui doit arriver à chaque être, mais il ne produit pas tout, comme beaucoup de personnes le pensent.

Chez Plotin toujours :

« Il est des gens qui prétendent que les planètes par leurs mouvements produisent non seulement la pauvreté et la richesse, la santé et la maladie, mais encore la beauté ou la laideur, bien plus, les vices et les vertus. Selon eux, ces astres à chaque instant, comme s’ils étaient irrités contre les hommes, leur font faire des actes dans lesquels ceux-ci n’ont rien à se reprocher, puisque c’est par l’influence des planètes qu’ils sont portés à ces actes. On ajoute que, si les planètes nous font du bien ou du mal, ce n’est pas qu’elles nous aiment ou qu’elles nous haïssent, c’est qu’elles sont bien ou mal disposées pour nous par la nature des lieux qu’elles parcourent. Elles changent de sentiment à notre égard selon qu’elles sont sur des points ou qu’elles déclinent. Il y a plus : on prétend que certains astres sont malfaisants, que d’autres sont bienfaisants, et que cependant les premiers nous accordent souvent des bienfaits, tandis que les seconds deviennent souvent nuisibles. On dit qu’ils produisent des effets différents selon qu’ils se regardent, ou ne se regardent pas, comme s’ils ne s’appartenaient pas à eux-mêmes et qu’ils fussent tels ou tels selon qu’ils se regardent ou qu’ils ne se regardent pas. Un astre est bon quand il regarde celui-ci, et il change quand il regarde celui-là. Il regarde de telle ou telle manière quand il est dans tel ou tel aspect. Enfin tous les astres ensemble exercent une influence mêlée qui diffère de l’influence propre à chacun d’eux, comme plusieurs liqueurs forment un mélange qui possède d’autres qualités que chacune d’elles. » Les Ennéades, 2, 3, 1.

Quant à la magie :

[Elle] est fondée sur l'harmonie de l'Univers : elle agit au moyen des forces qui sont liées les unes aux autres par la sympathie... Comme les enchantements agissent sur la partie irraisonnable de l'âme, on détruira leur puissance en les combattant et en leur résistant par d'autres enchantements. On peut donc, par suite d'enchantements, éprouver des maladies, la mort même, et en général toutes les affections relatives au corps... Tout être qui a quelque relation avec un autre être peut être ensorcelé par lui. Il n'y a que l'être concentré en lui-même [par la contemplation du monde intelligible] qui ne puisse être ensorcelé.

Les Ennéades, 4, 26.

Bien que les Grecs ou les Aryens aient été des peuples métaphysiques, pour qui la sagesse était un idéal, ils n'en donnaient pas moins une place importante à ce que l'on nomme de nos jours la magie. Les Anciens la considéraient comme une force irrationnelle mais bien réelle. Platon lui-même, le père de la philosophie occidentale, ne désapprouvait pas la croyance au surnaturel.

« Il est indéniable que la plupart des Grecs, comme tous les peuples antiques, ont cru aux oracles, au-delà même du siècle de Périclès, qui est l'époque des sophistes et de l'éveil de la critique rationaliste. Si Périclès lui-même et l'historien Thucydide, puis l'orateur Démosthène semblent avoir été plutôt sceptiques, beaucoup d'Athéniens et non des moindres : un Nicias, un Xénophon, ont continué d'ajouter foi aux devins. Un philosophe tel que Platon conserve, au 4e siècle, une grande révérence pour Apollon Pythien, le dieu-prophète par excellence. À l’époque hellénistique et jusque sous l’Empire romain, en face des négations des esprits forts et de l'incrédulité épicurienne, la croyance aux oracles trouve d'ardents défenseurs, notamment les Stoïciens et Plutarque. Il est vrai que la foi qui a besoin pour se maintenir des ressources d'une « apologétique » n'est plus une foi triomphante et incontestée. Mais l'astrologie au moins sera considérée longtemps comme une science infaillible. » R. Flacelière, Devins et oracles grecs.

Dans l'Inde, Arrien confirme le rôle de devins et d'astrologues de ceux dont on ne se sait jamais s'il s'agit de brahmanes, de yogis ou de moines errants :

Les sophistes sont aussi les seuls à savoir la mantique, et il n'est pas permis à un autre qu'à un sophiste de prédire l'avenir. Ils font des prédictions sur les saisons de l'année ou si quelque malheur public est imminent. Pour les affaires des particuliers ils ne rendent pas d'oracles, soit que leur science ne concerne pas des questions sans importance, soit qu'ils jugent indigne d'eux de se déranger pour des vétilles. Celui qui s'est trois fois trompé dans ses prédictions n'est pas puni, mais on l'oblige désormais à garder le silence, et personne ne pourra forcer cet homme à faire entendre un son, une fois que le silence lui a été imposé. 

Les Anciens distinguaient très clairement ce qui relevait de la magie bénéfique et noble, de ce qui était la magie sombre et néfaste. Si la magie dite « blanche » fut largement pratiquée, la sorcellerie au contraire, c'est-à-dire n'importe quelle activité ésotérique et occulte pratiquée en vue de faire le mal, fut toujours sévèrement réprimée. Le Code d’Hammourabi, celui des Nesilims, l'Avesta, ainsi que les divers recueils de jurisprudence retrouvés en Babylonie, tous mentionnent des peines prononcées contre les sorciers et sorcières.

Le Code hittite est le plus ancien texte indo-européen dont nous ayons une trace physique, sous forme de tablettes. Composé vers -1650, il s'agit du Code civil et pénal des Hittites. Il stipule que la pratique de la sorcellerie et le culte des fausses idoles relèvent de la justice royale, ce qui témoigne de la gravité du crime :

Si quelqu’un façonne de l’argile en vue d’une figurine, il s’agit de sorcellerie et cela relève de la cour du roi.

Article 111. Trad. inspirée de. I. Fontanille, Les lois hittites.

L'article 50 de l'édit du roi hittite Telipinu confirme :

Concernant les cas de sorcellerie, les instances enquêtrices devront être saisies et s’occuper du cas. Quiconque appartenant à la famille royale pratique la sorcellerie sera arrêté et mené devant le tribunal royal. Cela se passera très mal pour lui, ainsi que pour ses proches et les membres de son foyer qui ne pourront rien faire pour lui. 

La sorcellerie, c'est aussi, et tout simplement, accomplir des actes dictés par une superstition dangereuse pour autrui. Le flagrant délit d'un tel acte est puni gravement. L'article 170 du Code des Nésilims est clair :

 Si un homme libre prononce le nom de quelqu’un en tuant un serpent, il devra s’acquitter d’un pound d’argent (454 g). Si c’est un esclave, il devra être mis à mort.

Dans le chapitre 13 (ou 14 suivant l'édition) de son essai sur Le Gouvernement de Lacédémone, Xénophon (v. -430 à -355) décrit les sacrifices que doit présider le roi de Sparte avant que ne débutent les combats. La consultation des diverses méthodes d'oracles est un préambule à toute action militaire.

« Avant de se mettre en marche avec son armée, le roi offre en ville un sacrifice à Zeus, ainsi qu'aux autres dieux invoqués habituellement avec lui. Si les signes sont favorables, le prêtre d'Arès prend le feu de l’autel, puis marche en tête de l’armée jusqu’aux frontières du pays. Le feu ne devant pas s’éteindre, il faut le nourrir de toutes sortes de victimes et d'offrandes et pratiquer de nombreuses libations. Là, le roi offrira un nouveau sacrifice à Zeus et à Athéna. Si ces deux divinités donnent d’heureux présages, il franchira les frontières du pays. Le matin de la bataille, juste avant le lever du jour, afin d’obtenir avant tout le monde, la bienveillance de la divinité, le roi sacrifiera à Arès. Pour ce sacrifice, devront être présents les polémarques, les lochages, les pentécostaires, les chefs de troupes mercenaires, les porteurs de bagages, ainsi que tous ceux des généraux des villes alliées qui le désirent. Deux éphores, qui ne se mêlent de rien, à moins que le roi ne leur demande d’intervenir, doivent aussi y assister. Ce n'est qu'une fois le sacrifice terminé, que le roi convoquera ses officiers et donnera ses ordres. »

Dans son Histoire de Rome (21, 1, 6 à 14), Ammien Marcellin raconte la manière dont Julien, le dernier empereur romain polythéiste, exerçait le pouvoir en prenant en compte de nombreux oracles. Car comme les hindous, les Romains considéraient en très haute estime les rêves. Ce qui appartient au domaine de l'onirisme était considéré plus proche de la vérité divine, immanente, immorale et impénétrable, que la réalité consciente elle-même.

« Julien était adepte dans l’art de la divination, et tirait d’une suite de songes et de présages la certitude de la fin prochaine de son rival Constance. Or, comme la malveillance n’a pas craint de jeter d’odieuses insinuations sur les pratiques divinatoires de Julien, prince si éclairé, et si curieux de tout ce qui peut étendre le domaine de l’intelligence, il est bon d’exposer en peu de mots comment se concilie avec une raison supérieure ce genre de spéculation, bien moins frivole qu’on ne pense communément.

Il n’y a rien d’impossible à ce que, par un effort de l’étude, l’esprit qui préside aux éléments, principe d’activité de tout ce qui existe, et qui voit l’avenir parce qu’il est éternel, soit mis en rapport avec l’intelligence humaine, et lui fasse part de la faculté de prescience qui lui est propre. Conjurées suivant certaines formes sacramentelles, les essences intermédiaires entre nous et la Divinité peuvent prédire par une bouche mortelle, aussi bien que par l’organe d’une fontaine. Thémis, dit-on, préside à ces oracles ; Thémis, ainsi nommée parce qu’elle révèle au présent les immuables décrets des destins, que les Grecs appellent tetheimena. Et c’est comme symbole de ce pouvoir que les anciens théologiens assignent à cette déesse une place au lit et sur le trône de Jupiter, le principe créateur.

Que les augures et les auspices dépendent de la fantaisie des oiseaux, à qui l’avenir est inconnu, cette idée ne saurait entrer dans l’esprit le plus inepte. Mais Dieu, qui a donné aux oiseaux leur vol et leur chant, a voulu qu’à ces attributs de leur être, au battement ou nonchalant ou précipité de l’aile, fût attachée une signification des choses futures. La Providence se plaît à donner de ces avertissements, soit comme récompense, soit purement par effet de sa sollicitude pour les intérêts humains.

Les entrailles des victimes, dans leurs variétés infinies de conformation et d’aspect, sont encore pour l’œil attentif l’annonce de ce qui doit arriver. Cette science a pour inventeur Tagès [maître spirituel étrusque], qui, suivant la tradition, sortit de terre tout à coup en Étrurie.

Un certain degré d’exaltation rend aussi l’esprit prophétique ; une manifestation divine s’opère alors par le langage humain. Le soleil, en physique, étant l’âme du monde, dont les nôtres ne sont que des étincelles ; quand le foyer souffle sa chaleur dans une certaine mesure à ses émanations, il leur communique la connaissance de l’avenir. De là cette ardeur interne des sibylles, ces torrents de feu dont elles se disent pénétrées. Il y a encore les sons, les visions qui frappent soudainement les yeux et les oreilles, le tonnerre, les éclairs, le sillage des étoiles ; tous accidents qui sont autant de pronostics. »

Foi implicite serait due aux songes si l’interprétation n’était souvent en défaut. Les songes, dit Aristote, sont véridiques et irrécusables lorsqu’on dort profondément, la prunelle fixe, et sans déviation du rayon visuel.

Mais le vulgaire ignorant va s’écrier : « Si l’on peut lire dans l’avenir, comment ignore-t-on que l’on doit périr dans une bataille, ou que tel autre malheur vous attend ? » Un mot suffit pour répondre. S’il arrive qu’un grammairien fasse une faute de langue, qu’un musicien joue faux, qu’un médecin se trompe de remède ; est-ce à la grammaire, est-ce à la musique, est-ce à la médecine qu’on va s’en prendre ? On peut encore citer cette parole de Cicéron, où, comme toujours, éclate sa raison supérieure : « Nous recevons d’en haut des signes de ce qui croit arriver. Si l’on s’y trompe, c’est la faute de l’intelligence humaine, et non celle des dieux. » ».

En Espagne, les devins sont les adelites. Ils prédisent en pratiquant les auspices et en interprétant le chant des oiseaux.

Le démonologue Pierre Le Loyer (1550 – 1634) évoque les Cimmériens, qu'il décrit comme de « de grands sorciers », qu’Ulysse alla trouver pour « interroger par leur moyen les esprits de l’enfer ».

Quant aux Aryens, ils pensaient la magie possible grâce à la récitation des mantras. Tous les plus grands maîtres spirituels indiens seront accrédités de nombreux miracles et actes de magie, tandis que l'Arthrava-Veda, un des quatre Vedas, est consacré à des formules ésotériques.

Les Scythes, qui n'admettaient pas de castes de prêtres, possédaient tout de même une caste de devin et la magie occupait une place centrale dans leur vie. Hérodote évoque à leur sujet la divination à partir de baguette de saule, une pratique qui rappelle l'ancestrale manière de tirer au sort le yi-ching chinois.

Les devins sont en grand nombre parmi les Scythes, et se servent de baguettes de saule pour exercer la divination. Ils apportent des faisceaux de baguettes, les posent à terre, les délient, et, lorsqu'ils ont mis à part chaque baguette, ils prédisent l'avenir. Pendant qu'ils font ces prédictions, ils reprennent les baguettes l'une après l'autre, et les remettent ensemble. Ils ont appris de leurs ancêtres cette sorte de divination. Les Énarées, qui sont des hommes efféminés, disent qu'ils tiennent ce don de Vénus [Argimpasa]. Ils se servent, pour exercer leur art, d'écorce de tilleul : ils fendent en trois cette écorce, l'entortille autour de leurs doigts, puis ils la défont, et annoncent ensuite l'avenir.

Histoires, 4, 77 à 4, 80.

Le plus connu de ces devins scythes est Abaris (v. -568). Il est en tout cas un des rares dont la renommée soit parvenue jusqu'à nous. Dans son Dictionnaire historique et critique, Pierre Bayle le présente ainsi :

Abaris se mêlait de prédire l’avenir ; et comme il semait ses prophéties partout où sa vie vagabonde le conduisait, on aurait pu l’appeler un oracle ambulatoire. [...] On prétend qu’il pouvait prédire les tremblements de terre, chasser la peste, et apaiser les tempêtes ; et qu’il fit des sacrifices dans Sparte qui eurent tant d’efficace, que ce pays-là, fort exposé à la peste, n’en fut depuis jamais affligé. Il composa beaucoup de livres [disparus depuis] ; l’Arrivée d’Apollon au pays des Hyperboréens ; les Noces du fleuve Hébrus [Thrace] ; une Théogonie où il expliquait la génération des dieux ; un recueil d’oracles, et un autre de conjurations, ou d’exorcismes. 

Les devins, tout comme les druides et les brahmanes, sont exempts de service militaire. Mais en cas de guerre ou de danger immédiat, ils peuvent prendre part aux combats. Ils ne prennent pas les armes, mais ils combattent en pratiquant des rituels qui sont censés assurer l'appui des dieux.

L'historien Justin raconte l'attaque d’Athènes par les troupes gauloises de Brennus vers -280 et décrit le rôle important qu'ont joué les prêtres grecs pour assurer la victoire à leur camp :

« Tout à coup, au plus fort de cette lutte, les prêtres de tous les temples, les devins eux-mêmes, les cheveux épars, couverts de leurs bandelettes et de leurs insignes sacrés, s'élancent au premier rang, pleins d'égarement et de trouble ; ils s'écrient que le dieu est arrivé, que par le faîte entrouvert, ils l'ont vu s'élancer dans le temple ; que, tandis qu'ils imploraient son appui, un jeune guerrier d'une merveilleuse beauté a paru à leurs regards, accompagné de deux vierges armées, sorties des temples voisins de Minerve et de Diane ; que leurs yeux n'en sont pas seuls témoins ; qu'ils ont entendu le sifflement de son arc et le cliquetis de ses armes. Puis, avec les plus vives prières, ils pressaient les combattants de marcher, guidés par leurs dieux, au massacre de l'ennemi, et de s'associer à leur victoire. Enflammés par ce discours, tous à l'envi s'élancent au combat ; ils sentent à leur tour la présence des dieux ; la terre tremble : un fragment détaché de la montagne va écraser l'armée gauloise, les plus épais bataillons tombent renversés avec un affreux carnage. Bientôt une tempête s'élève ; la grêle et le froid achèvent les blessés. Brennus, frappé lui-même et ne pouvant supporter ses souffrances, d'un coup de poignard met fin à sa vie. Ainsi furent punis les auteurs de cette guerre. » Histoire universelle, 24, 8.

 

Une pythie rend l'oracle

 

Sibylles et pythies

Si dans le clergé classique les femmes sont rares, elles sont par ailleurs très présentes en tant qu'oracles, prophétesses, sibylles et devineresses. Le tragédien Euripide évoque dans ces termes celle qu'il considère comme la toute première pythie : la déesse primordiale Hippo (dont l’étymologie la rapproche de la déesse chevaline gauloise Épona) : « C’est elle la première, dit-il, qui prédit la volonté des dieux, soit d’elle-même et par une faculté divinatrice, soit en interrogeant le lever des astres » (cité par Clément d'Alexandrie, Stromates, 1, 15). Quant à Héraclite, il prétendait « que les paroles de la Sibylle n’émanaient pas d’une intelligence humaine, mais bien plutôt de l’inspiration divine » (ibid).

Parmi les plus célèbres, citons en Grèce la pythie de Delphes, mais aussi celles d’Éleusis ou de Dodone. En Italie, celle de Tibur œuvrait dans la banlieue de Rome, sur les bords d'un affluent du Tibre, l'Aniene. Dans la Lazio, non loin de l'actuelle Naples, se trouvait celle de Cumes.

À chaque oracle peut correspondre un dieu différent. S'il s'agit très souvent d'Apollon, cela peut aussi être Zeus Hyperboréen comme à Dodone, ou Dionysos comme en Thrace.

Dans Sibyllinische Texte und Forschungen, Ernst Sackur ajoute qu' « on appelle du nom général de Sibylle toutes les femmes qui prophétisent et qui, par la volonté divine, interprètent et annoncent l’avenir aux hommes. » Pythie1 et Sibylle peuvent donc être considérés comme des termes presque synonymes. Si la Pythie est associée aux souterrains du temple d’Apollon de Delphes, les Sibylles officient partout ailleurs. Le principe reste le même : une femme, dans un état second, délivre un message hermétique.

Le traducteur d'Hermès Trismégiste, Louis Ménard, présente ainsi la pythie :

« Les pythies étaient des femmes du peuple, et leurs paroles ne sont le plus souvent que l’expression de la conscience populaire. La morale sociale qui faisait vivre les républiques grecques n’était pas le privilège de quelques-uns, mais le patrimoine de tous. Si les femmes ne pouvaient prendre part à la guerre ni aux agitations de la place publique, elles n’en avaient pas moins le sentiment de la patrie et de la liberté, puisqu’elles faisaient des héros. Les mêmes idées morales, les mêmes principes politiques inspiraient et la pythie qui rendait les oracles, et le prêtre qui les recueillait, et le démagogue qui les interprétait, et le peuple tout entier, qui y trouvait toujours un sens conforme aux intérêts de la patrie. […] L’oracle de Dodone était un véritable observatoire météorologique ; sa grande réputation remonte à l’époque la plus ancienne de l’histoire grecque, c’est-à-dire à un temps où l’avenir d’une récolte était pour chaque tribu une question de vie ou de mort, car on n’avait pas la ressource de faire venir du blé de l’étranger. La préoccupation continuelle était la crainte des orages. Or, non seulement les oiseaux, mais les personnes d’un tempérament nerveux, les femmes, les malades sont surtout accessibles aux influences de l’atmosphère. Cette sensibilité nerveuse exceptionnelle était donc regardée comme un bienfait des dieux ; on consultait ceux qui la possédaient comme on consulte aujourd’hui un baromètre. Une longue expérience pouvait aussi s’ajouter à des dispositions organiques spéciales ; il y a encore aujourd’hui dans toutes les campagnes de vieux paysans qui prédisent les changements du temps et qui se trompent rarement. Si les anciens attribuaient trop facilement une faculté générale de divination à ceux dont les prévisions avaient été souvent réalisées, il n’y a rien-là qui doive nous étonner. Des vieillards habitués à observer les faits naturels pouvaient apporter la même sagacité dans les questions morales ; ils pouvaient donner d’excellents conseils aux jeunes gens dans les incertitudes de la vie, et eux-mêmes devaient se croire très sincèrement des guides infaillibles, car la vieillesse a toujours une confiance entière dans sa propre expérience. […] Diodore de Sicile rapporte une ancienne tradition qui attribuait à des chèvres la découverte de l’oracle de Delphes : le berger qui les conduisait, étonné de leurs bonds désordonnés et de leurs bêlements étranges, s’approcha pour en chercher la cause, et ressentit à son tour les effets du dégagement du gaz ; il fut pris de vertige et se mit à prédire l’avenir. Le bruit s’en étant répandu, on reconnut qu’il y avait là un oracle de la Terre. Dans le commencement, ajoute Diodore, chacun le consultait pour son compte ; mais plusieurs personnes, sous l’influence du délire qui les agitait, se laissèrent tomber dans le gouffre et ne reparurent plus. Pour éviter ce danger, les habitants du pays placèrent un trépied au-dessus de l’ouverture, et chargèrent une femme de recevoir les inspirations de la Terre et de les transmettre aux consultants. On confia d’abord ces fonctions à des jeunes filles, mais la beauté de l’une d’elles l’ayant exposée à des violences, on ne choisit plus pour pythies que des vieilles femmes. » Du polythéisme hellénique.

Virgile dans l'Énéide (19 apr. J.-C.) met en scène la sibylle de Cumes. Vivant dans une grotte, elle est celle qui sait comment entrer en enfer et comment en sortir. Comme la volva scandinave, elle voyage dans le passé, le présent, le futur, l'ici et l'ailleurs, le monde des vivants et celui des morts1.

« On était arrivé sur le seuil de la caverne, lorsque la vierge s’écrie : « Il est temps d’interroger les destins : le dieu vient, voici le dieu. » Elle parlait ainsi devant les portes, quand tout à coup son visage, ses traits se bouleversent, ses cheveux s’épanchent en désordre, sa poitrine halète, son sein se gonfle sous l’effort d’une rage divine : sa taille paraît grandir, et sa voix n’a plus rien d’une mortelle ; le dieu lui souffle de plus près l’esprit fatidique. […] La Sibylle, impatiente du dieu, entre en fureur, et se démène dans son antre : elle voudrait secouer l’esprit puissant qui remplit sa poitrine : mais lui l’en obsède davantage, s’imprime sur sa bouche écumante, dompte son cœur farouche, et, redoublant ses assauts, la façonne à son gré. Alors les cent portes immenses s’ouvrirent d’elles-mêmes, et laissèrent se répandre dans les airs les paroles de la Sibylle. […] Ainsi, des profondeurs de son terrible sanctuaire, la Sibylle de Cumes faisait entendre ces oracles mystérieux ; ainsi elle mugissait dans son antre, enveloppant les choses vraies d’une sainte obscurité : c’est le dieu qui secoue ses sens enchaînés et frémissants, c’est Apollon qui aiguillonne son âme rétive. Enfin ses fureurs s’apaisent, et la rage tombe de sa bouche haletante. » Énéide, 6.

À Rome, les oracles dits par la pythie étaient mis par écrits, puis compilés et sauvegardés. Leur disparition suite à un saccage, demeure une des grandes tragédies intellectuelles de Rome. C'est Aulu-Gele qui nous renseigne sur les textes sibyllins.

« Voici ce qu'on rapporte dans les anciennes annales sur les livres sibyllins. Une vieille femme, étrangère et inconnue, vint trouver Tarquin le Superbe, apportant avec elle neuf livres, qu'elle disait être un recueil d'oracles divins : elle offrait de les vendre. Tarquin s'étant informé du prix, elle demanda une somme exorbitante. Le roi crut que l'âge la faisait déraisonner, et se moqua d'elle. Alors elle apporte devant le roi un brasier allumé, et y jette trois de ses volumes. Quand ils sont brûlés, elle lui demande s'il veut acheter au même prix les six autres. Tarquin se met à rire de plus belle : il dit que cette vieille radote assurément. Elle jette encore dans le feu trois volumes, puis, toujours avec le même sang-froid, demande au roi s'il veut pour le môme prix des trois qui restent. Tarquin devient plus sérieux et commence à réfléchir : il comprend que cette proposition faite avec tant d'assurance, et répétée si obstinément, ne doit pas être dédaignée : il achète ce qui reste des volumes, au prix que la vieille avait d'abord demandé pour le tout. Cette femme disparut alors, et on ne la revit jamais depuis ce temps. Les trois volumes, enfermés dans le sanctuaire d'un temple, furent appelés livres sibyllins. Les quindécemvirs vont consulter ces livres comme un oracle, quand on veut interroger les dieux sur la chose publique.» Nuits Attiques, 1,19.

Les prêtresses à oracles ne sont pas typiques des Gréco-Romains. Nous les retrouvons partout à travers le monde antique. L'écrivain romain Varron (-116 à -27) les répertorie et en dénombre une dizaine, dont une sibylle perse, une Libyenne et une Éthiopienne. Par ailleurs, voici en quels termes mélioratifs le texte arabe La sagesse de Sibylle, évoque la sibylle d’Éphèse :

Elle instruisait les enfants et les jeunes gens, leur enseignait ce qui existe dans le monde d'âge en âge. Cette femme avait reçu de Dieu le don de prophétiser aux hommes, d'après ce qui se passait dans les cieux, y compris le soleil, la lune et les étoiles, tant sa science était grande. Elle était âgée de 180 ans. Dieu prolongea sa vie jusqu'à ce qu'elle atteignît l'âge de 292 ans et quatre mois. Elle avait une sœur appelée Chamal à qui elle découvrit tout ce qu'elle connaissait et tout ce qui lui apparaissait. Sa sagesse était tellement évidente pour la foule qu'elle sembla, par l'étendue de sa science, supérieure au livre des maîtres et des philosophes, que ne surpasse en mérite aucun prophète.

Trad. R. Basset, Les Apocryphes Éthiopiens.

Par l'intermédiaire de la gnose et de la tradition judéo-romaine, on retrouve la trace de la Sibylle en Égypte. C'est ce que nous explique le spécialiste des langues arabes René Basset, dans son introduction aux Apocryphes Éthiopiens :

Dans le syncrétisme judéo-païen, tel qu'il se constitua à Alexandrie, les oracles sibyllins tinrent une place considérable et, plus tard, les Chrétiens, en se substituant aux Juifs, invoquèrent en leur faveur les prédictions des prophétesses auxquelles l'antiquité romaine avait ajouté une foi absolue. On admit que Jésus-Christ était l'enfant merveilleux dont la naissance est annoncée par la Sibylle de Cumes dans la quatrième églogue de Virgile, et le témoignage de la Sibylle hébraïque fut invoqué, comme celui de David, pour décrire le jugement dernier.

Druidesses et volvas

De même que les Gréco-Romains révéraient la Pythie ou la Sibylle, les Gaulois respectaient les druidesses. Michelet nous en résume les principales coutumes :

« Des magiciennes et des prophétesses étaient affiliées à l'ordre des druides, mais sans en partager les prérogatives. Leur institut leur imposait des lois bizarres et contradictoires; ici la prêtresse ne pouvait dévoiler l'avenir qu'à l'homme qui l'avait profanée ; là elle se vouait à une virginité perpétuelle ; ailleurs, quoique mariée, elle était astreinte à de longs célibats. Quelquefois ces femmes devaient assister à des sacrifices nocturnes, toutes nues, le corps teint de noir, les cheveux en désordre, s'agitant dans des transports frénétiques. La plupart habitaient des écueils sauvages, au milieu des tempêtes de l'archipel armoricain.

À Séna (Sein,) était l'oracle célèbre des neuf vierges terribles appelées Sènes du nom de leur île [Finistère]. Pour avoir le droit de les consulter, il fallait être marin et encore avoir fait le trajet dans ce seul but. Ces vierges connaissaient l'avenir ; elles guérissaient les maux incurables ; elles prédisaient et faisaient la tempête.

Les prêtresses des Nannetes, à l'embouchure de la Loire, habitaient un des îlots de ce fleuve. Quoiqu'elles fussent mariées, nul homme n'osait approcher de leur demeure ; c'étaient elles qui, à des époques prescrites, venaient visiter leurs maris sur le continent. Parties de l'île à la nuit close, sur de légères barques qu'elles conduisaient elles-mêmes, elles passaient la nuit dans des cabanes préparées pour les recevoir ; mais, dès que l'aube commençait à paraître, s'arrachant des bras de leurs époux, elles couraient à leurs nacelles, et regagnaient leur solitude à force de rames. Chaque année, elles devaient, dans l'intervalle d'une nuit à l'autre, couronnées de lierre et de vert feuillage, abattre et reconstruire le toit de leur temple. Si l'une d'elles par malheur laissait tomber à terre quelque chose de ses matériaux sacrés, elle était perdue ; ses compagnes se précipitaient sur elle avec d'horribles cris, la déchiraient, et semaient çà et là ses chairs sanglantes. Les Grecs crurent retrouver dans ces rites le culte de Bacchus ; ils assimilèrent aussi aux orgies de Samothrace d'autres orgies druidiques célébrées dans une île voisine de la Bretagne d'où les navigateurs entendaient avec effroi, de la pleine mer, des cris furieux et le bruit des cymbales barbares. »

L’île de Sena, située dans la mer Britannique, en face des Osismiciens, est renommée par un oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à une virginité perpétuelle, sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l’avenir, faveurs qu’elles n’accordent néanmoins qu’à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter.

Pomponius Mela, Description de la terre, 3, 6.

Reprenant le témoignage de Pomponius Mela dans son Dictionnaire infernal, Jacques Collin de Plancy considère à juste titre ces prêtresses comme de véritables druidesses :

Elles étaient au nombre de neuf, gardaient une perpétuelle virginité, rendaient des oracles et avaient le pouvoir de retenir les vents et d’exciter les tempêtes ; elles pouvaient aussi prendre la forme de toute espèce d’animaux, guérir les maladies les plus invétérées et prédire l’avenir. Elles exerçaient un sacerdoce. Il y avait d’autres druidesses qui se mariaient ; mais elles ne sortaient qu’une fois dans l’année, et ne passaient qu’un seul jour avec leurs maris. 

Article Druidesses

Cette réputation de métamorphe pourrait s'expliquer par la consommation rituelle de belladone, une drogue psychédélique que l'on sait avoir été prisée des anciens habitants de la France. Avant d'être diabolisée, cette plante était en effet considérée comme magique et sacrée.

Dans le monde germanique, les voyantes étaient appelées volvas. Elles pratiquaient le seidr. Cette sorte de chamanisme se pratiquait à l'extérieur, sur une sorte de plateforme en bois, devant une assistance qui chantait des incantations, créant ainsi une ambiance propice à la voyance. La réputation des voyantes germaniques était telle, qu'elle parvenait aisément jusqu'aux oreilles des plus grands philosophes et théologiens du monde méditerranéen. C'est ainsi que l'on trouve chez Clément d'Alexandrie leur apologie.

Chez les Germains, les femmes sont des êtres sacrés ; elles interrogent l’agitation des fleuves, les sinuosités et le bruit des flots, et, d’après ce qu’elles ont vu ou entendu, elles devinent et prédisent l’avenir. Ce sont elles qui empêchèrent d’engager le combat contre César, avant la nouvelle lune.

Stromates, 1, 15

Le témoignage de Strabon est édifiant :

« C'était une coutume chez les Cimbres, que leurs femmes, qui prenaient part à toutes leurs expéditions, fussent accompagnées elles-mêmes de prêtresses ou de prophétesses, reconnaissables à leurs cheveux blancs, à leur robe blanche que retenait une écharpe de carbase ou de lin très fin agrafée par-dessus, à leur ceinture de cuivre et à leurs pieds nus. Amenait-on des prisonniers dans le camp, ces prêtresses, le glaive à la main, allaient au-devant d'eux, et, après les avoir couronnés de fleurs, les conduisaient vers un grand bassin de cuivre pouvant contenir vingt amphores et contre lequel était appliquée une sorte d'échelle ou de marchepied ; l'une d'elles y montait, et, tirant après soi jusqu'à la hauteur du bassin qu'elle dominait ainsi chaque captif à son tour, elle l'égorgeait, prononçant telle ou telle prédiction suivant la manière dont le sang avait jailli dans le bassin. Quant aux autres, elles ouvraient le corps des victimes et, d'après l'examen des entrailles, annonçaient et promettaient la victoire. Les mêmes femmes, pendant que les Cimbres combattaient, ne cessaient de frapper les claies d'osier qui recouvraient leurs chariots, faisant ainsi à dessein un bruit épouvantable. » Géographie, 7, 2.

Tacite ajoute au témoignage de Strabon :

Les Germains croient qu’il y a chez les femmes quelque chose de divin et de prophétique : aussi ne dédaignent-ils pas leurs conseils, et font-ils grand cas de leurs prédictions. Nous avons vu, sous Vespasien, Véléda [volva célèbre, v. 50] honorée de la plupart comme une divinité. Plus anciennement, Aurinie et beaucoup d’autres reçurent leurs adorations.

Les Germains, 8.

Mentionnons encore l'existence de « Waluburg », une volva dont le nom fut gravé sur les murs du temple d'Isis d'Assouan (2e siècle). Sa renommée, son parcours initiatique et professionnel, l'avaient donc menée à vivre et à être honorée, dans un temple consacré à la grande déesse africaine et situé en Haute Égypte, sur l'île d'Éléphantine, à plus de 3500 kilomètres de son possible lieu de naissance (non loin de ce qui est aujourd'hui Berlin).

S'installant en Europe au début du premier millénaire et se construisant en opposition avec le paganisme local, l’Église papale en vint à considérer ces femmes, druidesses, sibylles ou pythies, comme des sorcières et des adoratrices du diable. En quelques siècles, de chamanes et voyantes, elles devinrent sorcières ou diseuses de bonne aventure. Guérisseuses à l'origine, puis prophétesses, elles n'étaient plus que faiseuses d'ange à la suite des inquisitions successives.

« On a peine à imaginer aujourd'hui que la Sorcière ait pu s'ancrer dans la réalité en tant que personnage positif et fondateur d'harmonie plus que de catastrophes. Son ère de bonheur remonte aux temps païens, temps fondateur du mythe gommé et oublié. Elle est alors petite-fille de la Déesse Mère, Reine du ciel babylonienne, cousine d'Isis en Égypte, d'Ishtar en Assyrie, d'Inana chez les Sumériens et d'Astarté chez les Phéniciens. Elle est aussi proche de Vénus/Aphrodite, déesse de l'Amour, comme de la véritable puissance créatrice ; de Circé présidant aux métamorphoses ou de Cassandre l'incomparable Divineresse. Elle est la femme à n'en pas douter, jeune corps sexué, pour le plaisir et la maternité. Son pouvoir est total, elle préside à la vie et à la mort, veille aux récoltes, conduit les éléments et les hommes dans ces sociétés de type matriarcal. Les sociétés patriarcales qui suivront lui feront chèrement payer cette plénitude ; ce sont elles qui lui donneront le nom de « jeteur de sorts » au féminin, en sachant bien, le moment venu, faire la distinction entre le Sorcier et la Sorcière. » L. Gaborit, Y. Guesdon et M. Boutrolle-Caporal, « Les Sorcières » dans le Dictionnaire des mythes littéraires.

La secte des Enarées

En Scythie, Hérodote attribut la pratique de la divination à une caste de transsexuels, les « Enarées » (depuis l'iranien a-narya « non-mâle »). En Inde, on observe aussi la pratique de la divination et des sortilèges par une caste homosexuelle travestie : les Hijras. Ces derniers pratiquent encore de nos jours la prostitution, la danse et la divination.

Argimpasa était la divinité tutélaire des Enarées. Assimilée par les Romains à Vénus, Argimpasa est aussi Cybèle, Isis, Ishtar... C'est l'Aphrodite céleste, toujours présente auprès du « dieu de la nature. » Les Indiens lui donnent de très nombreux noms, dont celui de Lalitha.

À l'aube, je chante la gloire de la déesse aux innombrables formes, Lalitha, la compagne de Shiva, dont la grandeur est chantée à travers les Upanishads, elle qui dépasse la vision pourtant parfaite des Vedas, de même qu'elle dépasse le discours et l'esprit, ainsi que tout le reste. Elle est la compassion sans faille, la cause de la création, de l'existence et de la destruction de l'univers. Elle est la divinité tutélaire des initiations mystiques.

Shankara, Lalitha Pancha Ratnam, 4.

À présent il est temps que je me livre entièrement à toi, car enfin je peux le dire : il n'y a nulle religion, nulle loi, nul secret, que toi-même, ma divine Mère, l'unique objet de tous mes désirs.

Abhirami Andhati, 31.

Semblable à des milliards de torches enflammées, tu es le feu qui embrase l'esprit des millions d'adorateurs qui trouvèrent la paix dans ta contemplation. Que l'on croit ou non à ton existence, tu es la seule vérité qui est, qui a été et qui sera. Cette vérité est la seule chose à posséder ainsi que la seule force à maîtriser.

Abhirami Andhati, 55

MAGICIENS, ORACLES, DEVINS et ASTROLOGUES

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