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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La naissance du SOMA (mythe indien)

Le récit suivant est extrait du Harivamsa, selon sa traduction par A. Langlois :

 

De tous les prajapatis, Atri était peut-être le plus zélé à créer. Tant et si bien qu'il se trouva bientôt entouré d’une foule d’êtres de toute espèce auxquels il avait donné naissance. Cependant, grand par ses œuvres, ses pensées, ses paroles, bon envers toutes les créatures, animé par la dévotion, parfait dans ses actions, il était devenu, insensible comme le bois et la pierre pour les choses du monde.

Par exemple, il pouvait tenir constamment son bras élevé pour se mortifier. Ainsi, les feux de sa pénitence l’avaient entouré d’une éclatante aura et pendant trois mille ans, il avait demeuré les yeux fixes et immobiles, subissant toutes les privations en se contenant. À force de privation, son corps produisit la substance de Soma, le nectar mystérieux qui donne l'immortalité aux hommes et la force aux dieux.

Cette substance animée de son esprit s’éleva vers sa tête, et sous la forme de l’eau, coula de ses yeux, illuminant les déesses qui peuplaient alors l'univers et qui en étaient les gardiennes des directions, telles Yami, la Vie, Sarasvati, la Sagesse, ou encore Indrani, la Vengeance.

Celles-ci recueillirent le germe de Soma, et toutes réunies le conçurent en leur sein : mais elles ne purent l’y garder longtemps. Il tomba promptement, entouré de lumière, éclairant le monde de ses froids rayons, embryon destiné à féconder un jour la nature.

Ainsi comme les déesses ne pouvaient porter ce fruit, elles l’emmenèrent avec elles pour le partager avec la Terre.

À cette vue, le père du monde, Brahma, sortit de sa retraite pour retenir Soma dans sa chute, puis le fît monter sur un char. Considéré comme l’essence même des Védas, animé par un zèle pieux et riche en vertus, Soma s’avança sur le monde sur ce char traîné par mille chevaux blancs.

En voyant Soma, les prajapatis fils de Brahma, qui étaient tous issus de la pensée de leur père, se mirent à chanter ses louanges. Soma, célébré par eux, brilla alors de tout son éclat, et son char illumina la Terre tandis les trois mondes furent soudain transcendés par la beauté et la grâce.

À mesure qu’il éclairait le monde de ses rayons, les plantes naissaient et brillaient de l’éclat qu'elles lui empruntaient. Ces plantes reçurent alors pour responsabilité de servir de nourriture aux trois mondes et d'être ainsi le soutien indispensable aux quatre castes qui régissent les sociétés humaines.

Soma est le protecteur des mondes. Chaque jour il acquit plus de force par les éloges qu’on lui adresse et par ses propres œuvres, s'étant lui-même soumis aux rigueurs de la pénitence pendant des milliards de milliards d’années.

Il est le trésor où puisent les déesses dont les ondes dorées sont le salut de la Terre. Brahma, dans sa sagesse suprême, le fit roi des semences et des plantes, des brahmanes et des eaux.

Soma solennellement consacré souverain d’un si puissant domaine, les trois mondes furent remplis de sa lumière incomparable. Alors, Soma, le plus illustre des distributeurs du nectar, à peine monté sur le trône, se disposa à faire la cérémonie du Sacrifice Suprême, pour laquelle cent mille présents avaient été préparés.

Pour ce rituel, Brahma remplit l’office de directeur suprême et il récita des prières auxquelles répondaient Vishnou accompagné des quatre Kumaras et des Prajapatis. Brahma, chef de cérémonie, fut alors assisté de nombreuses déesses, dont Aditi, la mère des dieux. Durant le rituel, qui se déroula la veille de la nouvelle lune, celui qui chantait le Rig-Véda fut le père de Soma lui-même, le divin rishi Atri. Le vénérable prajapatis Bhrigou, lut quant à lui le Yajur-Véda.

La naissance du SOMA (mythe indien)

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