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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

ANAHITA SURA DEVI, déesse des fleuves et de l'eau (mythe perse)

Texte composé à partir du yasht 65 de l'Avesta, dans sa traduction par Ch. de Harlez.

 

Ahura-Mazda lui-même souhaitait attirer Zarathoustra à lui. C'est pourquoi il invoqua la déesse Anahita.

C'est pour elle qu'il avait créé le vent, la pluie, le nuage et le verglas et c'était elle qui répandait la pluie, la neige, la grêle, le verglas et la rosée.

Quand elle fut auprès de lui, Ahura-Mazda l'honora en déversant sur elle des libations de nectar sacré, puis il lui demanda cette faveur :

« Donne-moi, ô sainte Anahita, les faveurs du fils de Purushaspa, Zarathoustra, pour que ses pensées, ses paroles et ses actions soient conformes à la loi. »

La déesse accepta, car elle ne manque jamais d'accorder une faveur à qui lui adresse offrandes et cadeaux, rituels et prières. Ahura-Mazda ajouta :

« Va, ô Aredvi Sura, rends-toi de l'espace étoilé vers la Terre que j'ai créé. Descends vers le prêtre qui sacrifie pour toi. Descends pour protéger celui qui t'offre ses offrandes, ses dons, son sacrifice et qui implore tes faveurs. Les chefs qui commandent aux contrées, ainsi que leurs fils t'honoreront. Les guerriers vaillants te demanderont la rapidité des chevaux et la gloire du triomphe. Les prêtres qui récitent les prières, tous ceux préposés au respect des choses saintes, te demanderont la sagesse, la sainteté, la force qui triomphe de tout et la victoire. Les jeunes filles qui doivent être unies en mariage à un maître te demanderont un maître de maison habile et puissant et les jeunes femmes qui enfantent te demanderont une progéniture heureuse. Accorde-leur donc ces dons, car tu as la puissance de le faire, ô Aredvi Sura Anahita ! »

Dès lors, la déesse s'en vint des étoiles vers la Terre. Elle avançait sur un char dont elle tenait les rênes. Sa voix portait dans toutes les directions et elle passait entre les nuages en chantant :

« Qui me louera, qui m'honorera par des offrandes et des libations de beurre ? Qui m'offrira de la viande ? Ou toutes les autres offrandes purifiées et consacrées selon les rites ? À qui m'attacherai-je, qui s'attachera à moi, qui m'honorera, qui me louera, et qui me sera dévoué ? »

C'est au sommet de l'axe du monde, la montagne du Hara, qu'Anahita finit sa course céleste. Le Hara, surnommé « la montagne d'or », est la plus sacrée de toutes les montagnes car elle supporte l'Univers tout entier. Atteignant ses pics enneigés et ses glaciers, Anahita coula vers les vallées d'un flot rapide, formant un fleuve large comme mille hommes. Tandis que ses eaux brillaient, elle coulait puissante, grande et lumineuse, majestueuse. De jour comme de nuit, ses eaux apportaient à la Terre toute l'eau qui lui était nécessaire.

Sur ses rives, les plus fervents mazdéens se tenaient respectueusement, le bâton sacré des cérémonies à la main. Le clan des Hvovides était là, celui des Naotara aussi. Le voyant couler devant eux avec tant de majesté, les Hvovides lui demandèrent la plénitude des biens et les Naotara des chevaux rapides. Aussitôt Anahita exauça leurs prières ; les Hvovides furent comblés de prospérité, et les Naotara eurent les chevaux les plus rapides de toutes les provinces.

Continuant de descendre les versants du Hara, la déesse arriva en vue de son palais. Celui-ci avait mille réservoirs, dotés chacun de mille canaux d'écoulement qui les reliaient les uns aux autres. Chacun de ces réservoirs, chacun de ces canaux était aussi étendu qu'un trajet de quarante jours de route à dos de coursier.

Sur les bords de chaque canal, s’élevait un palais élégamment construit, éclairé par cent fenêtres, bâti sur mille colonnes et soutenu de dix mille poutres. Dans chaque palais il y avait cent pièces, et sur chaque tapis parfumé était posé un coussin cousu avec art. Anahita s'y précipitait en des vagues hautes comme une centaine d'hommes, brillant plus que toutes les eaux qui coulaient déjà sur Terre.

Forte et majestueuse, ceinte d'une large ceinture, la taille élancée, le visage noble et radieux, revêtue du plus beau des manteaux brodés d'or… Anahita prit place sur son trône.

Sous les traits d'une belle jeune fille, elle enseignait, devisait, tout en tenant dans sa main le baresma, le bâton cérémoniel des grands prêtres. Des boucles d'or à quatre faces pendaient à ses oreilles, à son coup un collier qui comportait en son centre une émeraude.

Ainsi parée, la taille serrée, la déesse Anahita, donnait à son sein une forme gracieuse et séduisante. Autour de la tête, elle portait un bandeau doré sur lequel apparaissaient cent étoiles. En outre, elle portait un vêtement fait de trois cents peaux de castors.

Autour d'elle, tels les reflets du soleil sur les vagues, l'argent et l'or brillaient par leur abondance.

Enfin, portée par quatre bœufs blancs, dont l’éclat chassait les démons, leurs sectateurs ainsi que tous les pervers et menteurs, Anahita sortit de son palais pour se rendre auprès de Zarathoustra. Puis elle lui dit :

« Ô Zarathoustra, juste, pur et très saint ! Ahura-Mazda t'a constitué chef du monde corporel et moi, il m'a fait la protectrice de toute la création pure. Par mon éclat et ma majesté, les animaux sauvages, domestiqués ainsi que les hommes vivent sur la Terre. Je suis la gardienne de ce qui fut créé par Ahura-Mazda, comme un pasteur qui garde les troupeaux et leur fourrage. »

Zarathoustra, que la vision d'un tel miracle ne décontenançait pas, s'avança vers Anahita et lui dit :

« Déesse, tes bras sont beaux et dorés, larges comme un cheval. Viens avec bienveillance, ô belle, ô sainte ; viens vite nous embrasser de tes larges bras. En honneur de ton éclat et de ta majesté, je veux t'honorer par des chants et un culte à ta mesure ! »

Ayant grandi dans une famille de prêtres pour qui les rituels avaient une extrême importance, Zarathoustra lui demanda :

« Comment un prêtre doit-il honorer la sainte puissance des eaux ? Quel danger encourt-il s'il ne le fait pas correctement, c’est-à-dire sans respecter ta loi ? Comment doit-il exécuter les paroles qu'il a apprises de son maître spirituel ? Comment prononcer correctement les bénédictions et les prières ? Comment doivent se dérouler les rituels d'offrandes pour correspondre à ce que tu attends de nous ? Quel sacrifice t'offrirai-je, par quel culte t'honorerai-je, afin qu'Ahura-Mazda ne détourne pas ton cours, afin que ni les fleurs, ni les animaux nuisibles, ni les serpents ne te nuisent de leur venin et poison. »

Aredvi Sura Anahita lui répondit :

« Offre-moi simplement un sacrifice, honore-moi par un culte, depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher. Adresse d'abord une prière, des offrandes purifiées, puis prononce ce mantra : « Eaux, accordez-moi une descendance généreuse et tenez-moi éloignée des coups, de la mort, des blessures et de l'extinction. Ce don, je le demande à l'eau, à la terre et aux plantes ! Je le demande aux Esprits célestes et immortels des Amesha-Spenta, je le demande à nos saints ancêtres, je le demande aux trois juges : Mithra, Sraosha et Rashnu. Je le demande au feu, au soleil et aux anges. Vous qui le pouvez et le voulez, donnez-moi donc promptement et avec abondance et exaucez cette prière. Ô toi qui as créé la vache, les eaux et les plantes, donne-moi la santé et l'immortalité, ô Mazda ! Que les prêtres qui chantent mes louanges et ceux d'Ahura-Mazda mangent les offrandes qui me sont consacrées. L'important, c'est que celui qui en mange soit un prêtre initié, instruit, vertueux et incarnant la loi. Il est absolument interdit de partager mes offrandes avec les personnes dont le profil est le suivant : celui qui nuit ou tourmente les autres, le querelleur, le trompeur, l'homme aux paroles malveillantes, l'insulteur, le calomniateur, la femme, le ministre ignorant les chants sacrés, celui qui a les dents longues, ainsi que tout homme dont le corps est difforme. Qu'aucun d'eux ne mange de ce qui m'est consacré. Que les aveugles, les sourds, les bossus, les idiots, les colériques, les impudiques, ceux marqués de signes honteux, ni ceux qui portent des signes qui annoncent une vie courte ; que tous ceux-ci se tiennent éloignés de mon autel et jamais ne mangent de mes offrandes. »

Dès lors, Zarathoustra s'empressa d'effectuer pour elle un rituel de beurre, qu'il accompagna d'un chant sacré parfaitement psalmodié. Après avoir une nouvelle fois prié et honoré d'oblations et de libations Ahura-Mazda, Zarathoustra s'adressa une nouvelle fois à la déesse :

« Je te demande, ô bonne et vivifiante déesse, de garantir la sécurité des royaumes, l'abondance en aliments, la force, des chevaux vigoureux, des chars solides et redoutés, ainsi que des flèches sans cesse lancées contre les ennemis. Donne-moi aussi deux êtres valeureux, l'un bipède, l'autre quadrupède : que le premier soit un conducteur de char vif et valeureux qui s'avance hardiment mais prudemment dans les batailles, et que le second, cheval ou chameau, s'élance avec fougue sur les flancs d'une armée aux rangs détendus. Enfin, je te demande une bonne nourriture et une soupe odoriférante et bien préparée. Près des tapis de ton trône, je dépose donc ce souhait qui, s'il se réalise, rendra grandeur et bonheur au pays.

ANAHITA SURA DEVI, déesse des fleuves et de l'eau (mythe perse)

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