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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Le DÉLUGE perse

Après être demeuré prostré de si longs millénaires, Ahriman arriva sur Terre, entraînant avec lui son armée de démons. Comme un souffle mortel, où que ces légions se déployaient, la vie disparaissait, étouffée, asséchée, brûlée du feu destructeur.

C'est alors que Tishtar, l'ange de la pluie, associé à Vayu, le Vent, firent se lever les eaux de la Terre. Une fois les eaux bien hautes dans le ciel, ils les firent retomber sous la forme de gouttes si grosses, qu'elles formaient d'immenses bombes aquatiques qui ne manquèrent pas de noyer d'innombrables créatures maléfiques.

Il plut ainsi pendant dix jours et dix nuits. Il plut tellement, que la Terre tout entière fut recouverte d'une couche d'eau plus haute même que la taille d'un homme. Toutes les créatures nuisibles de la Terre furent ainsi éradiquées, sauf celles qui s'étaient réfugiées dans des grottes souterraines.

Afin de nettoyer les entrailles de la Terre des cadavres putrides des démons, l'ange Tishtar monta sur son cheval blanc et entra dans les abîmes pour en chasser toute pollution. C'est alors qu'apparut Apaosha, le dragon de la sécheresse. Il avait pris la forme d'un cheval noir et celui-ci était si monstrueux, si agressif, si puissant, que Tishtar lui-même en fut effrayé. Si effrayé même, que l'ange dut s'enfuir du champ de bataille pour se réfugier dans l'adoration d'Ahura-Mazda et lui demander assistance. Écoutant ses prières, Ahura-Mazda lui offrit force et vigueur, ce qui lui permit de retourner au combat et d’asséner de fatals coups au dragon, qui s'enfuit à son tour.

C'est alors que Tishtar fit pleuvoir sur la Terre une pluie drue composée de gouttes d'eau grosses comme des têtes de taureaux ou des têtes d'hommes. Voyant que la Terre verdissait à nouveau, le dragon de la sécheresse attaqua une nouvelle fois, mais en vain ; le Feu Sacré lui porta un coup fatal qui lui tira les plus ténébreux hurlements qui jamais ne furent et ne seront. C'est ainsi que même des milliers d'années plus tard, les hommes entendent encore rugir le dragon de ses blessures, alors que le tonnerre frappe la tempête pour en faire jaillir la pluie.

Dix jours et dix nuits la pluie tomba à nouveau, noyant tout le poison du monde, le mêlant à l'eau douce pour donner naissance à l'eau salée. Puis le Vent chassa l'eau et le nouveau visage de la Terre commença à apparaître. Trois océans furent créés, ainsi que vingt-trois mers plus petites.

Le premier des reliefs à émerger fut le mont Hara [Elbrouz], suivit par de nombreuses autres chaînes de montagnes, toutes situées au centre de la Terre. Et tandis que le Hara poussait, toutes les montagnes étaient elles aussi en mouvement, car toutes grandissaient en relation avec le Hara, la plus sacrée de toutes les montagnes. En tout, les montagnes de la Terre mirent dix-huit ans à pousser.

Du versant nord du Hara, deux rivières coulaient, qui elles-mêmes créèrent dix-huit fleuves navigables. Sur la terre entière, les plantes poussèrent à nouveau comme les cheveux sur la tête des hommes.

Le DÉLUGE perse

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