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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

L'éducation des RAJAS (sélection d'aphorismes extraits du Pancha-Tantra et du Thirukkural)

Le raja de Putteealla

Le raja de Putteealla

LE PANCHA-TANTRA

Maximes sur la royauté et la famille

 

 

Textes extraits des chapitres d'introduction du Pantcha-Tantra, « le livre de l'instruction », composé par le brahmane cachemiri Vishnu-Sharma vers 200 av. J.-C, et traduits du tamoul par l'indianiste Jean-Antoine Dubois, sous le titre : Pancha-Tantra ou les cinq ruses, fables du Brahme Vichnou-Sharma.

Rival d'Ésope dans le style de la fable, Vishnu-Sharma est plus connu en Occident sous l’appellation arabisante de Pilpay (ou Bilpay). Jean de La Fontaine lui dédicaça un recueil de ses fables.

 

 

 

 

 

LA FAMILLE

 

La plus belle qualité d’un roi est la prudence ; la plus belle qualité d’une femme, la modestie ; la plus belle qualité d’un savant, un esprit fermé à l’envie ; la plus belle qualité d’un maître, l’humanité ; la plus belle qualité d’un cheval, le courage qu’il déploie, lors même qu’il est dangereusement blessé dans le combat.

 

 Soyez soumis à vos parents. Tenez-vous éloigné de vos ennemis. Montrez-vous poli envers les gens honnêtes. Vous ne pouvez avoir trop de réserve avec les méchants, trop de confiance avec vos amis, trop d’humilité avec votre gourou, trop de circonspection avec les femmes, trop de soumission si vous vivez dans un état de dépendance.

 

Avec ces qualités, vous serez regardé partout comme un homme de bien.

 

L’ennemi d’un fils, c’est un père qui contracte des dettes ; l’ennemi d’un mari, une femme qui se livre à des amours étrangers ; et l’ennemi d’un père, un enfant d’un mauvais naturel.

 

Plutôt que d’avoir des enfants qui n’ont ni esprit, ni beauté, ni bonnes qualités, il vaut mieux mourir sans postérité.

 

Comme l’herbe desséchée qui entoure le pied des arbres peut embraser toute une forêt, de même aussi un enfant d’un mauvais naturel suffit pour déshonorer toute une famille.

 

Comme la lune paraissant la nuit sur l’horizon, réjouit plus la nature que ne font toutes les étoiles ensemble, ainsi un seul fils doué de bonnes dispositions est préférable à cent autres d’un naturel pervers.

 

 

 

LA VERTU D'UN ROI

 

On n’acquiert de la gloire que par des actions éclatantes, et on n’obtient la réputation d’homme vertueux que par un esprit enclin au bien.

 

Celui qui est élevé en dignité doit s’efforcer de plaire à tout le monde. Un homme vraiment courageux doit s’abstenir de toute parole de provocation. Une personne d’esprit doit se montrer condescendante envers tous.

 

Celui qui fait paraître ces qualités aura partout la réputation d’un véritable savant.

 

La véritable vertu est modeste. Que le riche fasse de ses biens un usage honorable. Un pénitent ne doit jamais donner entrée dans son cœur à des sentiments d’orgueil ou à des mouvements de colère. Dans le tribunal de la justice, ne vous laissez jamais conduire par le respect humain ou par la prévention.

 

Une conduite conforme à ces maximes vous assurera l’estime générale.

 

Celui qui exerce l’empire doit, avant tout, être dirigé par le désir de faire le bien. Une profonde connaissance du monde, une surveillance active sur tout ce qui se passe autour de lui, une sage circonspection lui sont nécessaires. Il peut montrer de la colère lorsque les circonstances l’exigent ; mais il ne doit jamais conserver de désir de vengeance. Lorsqu’il se trouve engagé dans le combat il faut qu’il renonce à l’amour de la vie, et qu’il s’avance avec courage sur l’ennemi. Se montrer généreux au milieu des richesses ; inspirer des sentiments de générosité à ceux qu’il gouverne ; savoir discerner le naturel des hommes par leurs discours et par leur conduite : voilà encore une partie de ses devoirs.

 

Sans ces qualités, un prince ne sera pas digne du nom de roi.

 

 

 

LE MINISTRE

 

Il faut qu’un ministre ait l’esprit équitable et le jugement droit ; qu’il connaisse tous les différents genres de vie ; qu’il se conduise avec dignité et indépendance ; qu’il jouisse d’une bonne réputation. Rechercher la gloire ; se faire à tous les caractères ; gagner les cœurs par des paroles affables et conciliatrices ; s’attacher à bien connaître le naturel et les dispositions de tous ceux qui l’entourent ; savoir discerner le caractère des hommes par leurs discours : voilà encore une partie de ses devoirs. Il faut aussi qu’il se conserve sobre et tempérant, que toutes les sciences lui soient familières, qu’il connaisse tous les genres d’industrie. La prudence est un besoin pour lui. Il doit savoir toutes les langues.

LE THIRUKKURAL

Le Saint Koural - Le livre de la sagesse

 

L'anthologie qui va suivre est extraite du Tirukkural, « le Saint Condensé », un ouvrage de morale non religieux ni théologique, que l'on considère habituellement comme le premier chef-d’œuvre de la littérature dravidienne. Largement diffusé et traduit à travers le monde depuis deux millénaires, le Koural fut composé vraisemblablement entre 300 av. J.-C. et l'an 500 de notre erre, par l'ermite et ascète Tiruvalluvar. Pour réunir ce florilège thématique, nous avons eu recours aux traductions de G. de Lamairesse (1867), de G. de Barrigue de Fontainieu de Barrigue (1889), ainsi qu'à celle de Gnanou Diagou, publié à Pondichéry en 1942. À bien des égards, il s'agit d'un des premiers traités s’intéressant à l'art de diriger un royaume, mais aussi à celui de fonder une famille et d'aimer correctement une femme.

 

 

 

LE SAVOIR ET L'INSTRUCTION

 

Le nombre et la lettre sont nos deux yeux.

 

De même que la source jaillit du sol seulement si l'on a creusé à sa rencontre, la connaissance jaillit chez qui a étudié.

 

La richesse glorieuse et impérissable d’un homme est son instruction seule ; tous les autres biens ne sont pas recommandables.

 

La connaissance acquise dans une existence servira durant les sept naissances à venir.

 

La richesse des illettrés engendre plus de souffrances que la pauvreté des instruits.

 

Les gens instruits semblent vertueux à ceux qui s'en approchent, mais pitoyables à ceux qui en prennent congé.

 

Tant savant que l'on soit dans la connaissance des livres, il faut savoir ce qu'il se passe dans le monde et conformer ses actes avec lui.

 

Discourir dans une réunion, sans avoir une instruction pleine et entière, c'est jouer aux dés sans damier.

 

Le savoir d'un érudit ne brille de toute sa splendeur qu'entouré d'initiés.

 

Que ceux qui sont aptes à discourir sur le Bien dans une réunion d'hommes vertueux, ne parlent pas, même par inadvertance, dans une assemblée de méchants. Que le sage évite de parler dans une assemblée qui n'est pas composée de ses paires, car un tel discours sera semblable à du nectar jeté au caniveau.

 

 

 

LA FAMILLE

 

Si les sentiments semblent résider dans l'âme d'un individu ; ils sont, en réalité, le résultat de son entourage et de son environnement. Ainsi, de même que l'eau est altérée par la nature du sol qu'elle traverse, de même, l'intelligence d'un homme est altérée par ceux qu'ils fréquentent et qu'il cherche à imiter.

 

Les parents peuvent dire que leurs enfants sont leurs fruits, car leur valeur morale dépend des œuvres de leurs pères.

 

L'homme marié doit soutenir les trois classes qui se consacrent à la vertu : les savants voués au célibat, les pénitents et les religieux. Il doit pourvoir à leurs besoins pour qu'ils puissent poursuivre leur vocation.

 

La chance d'un homme est de vivre entouré de sa famille.

 

Ceux qui vantent la douceur de la flûte sont ceux qui n'ont pas encore entendu balbutier leurs enfants.

 

Celui dont les paroles sont douces se verra entouré de parents empressés.

 

Il n'y a que ses parents pour aider celui que la chance a abandonné.

 

 

 

L'AMOUR

 

Vouloir vivre sans amour dans le mariage, c'est vouloir faire verdir un arbre mort dans une terre sèche. Comme le soleil consume tout corps qui n'est plus en vie, de même Dieu détruira tout ce qui n'est point animé par l'amour.

 

Comme un poison qui trouve son remède en lui-même, la femme est le remède au mal qu'elle produit.

 

La mort, le charme, la sauvagerie d'une biche, voici ce qui brillent dans le regard d'une jeune fille.

 

Il est inutile d'offrir des parures à celle qui a la pudeur et le regard de la biche.

 

Comme est attachée l'âme au corps, je suis attaché à cette femme.

 

Voir, entendre, goûter, sentir, toucher ; les cinq sens sont réunis auprès d'une femme.

 

 

 

LA VERTU

 

Si tu souffres d'injustice, tu ne dois rien faire qui ne soit contraire à la charité, mais seulement plaindre ton agresseur de tout le mal qu'il s'est préparé pour une autre vie.

 

L'injure que l'on t'a faite, tu dois la supporter avec patience et même si tu es en mesure de la venger, tu ne dois rien tenter. Ce qui est le mieux, c'est de l'oublier tout-à-fait.

 

Celui qui venge une injure n'a qu'une joie éphémère comme sa colère ; celui au contraire qui la souffre avec patience est loué jusqu'à sa mort.

 

La ruine suit le pécheur comme son ombre, surveille donc ton esprit pour qu'il ne médite point à faire le mal ; car Dieu prépare la ruine de celui qui rêve la perte des autres.

 

Quand bien même il s'agirait de soulager la faim qui torture ta propre mère, évite de faire ce que condamnent les sages. L'extrême pauvreté vaut mieux pour le vertueux que les richesses amassées en se rendant coupable de mauvaises actions.

 

Celui qui respecte toute vie et qui ne se nourrit d'aucune chair, est vénéré par l'univers comme un Dieu.

 

L'abstinence conserve le pouvoir créateur de la vie

 

 

 

LA GÉNÉROSITÉ

 

Pourquoi, plutôt que de vivre dans la forêt, habitons-nous en ville et prenons-nous femme en nous efforçant d’acquérir et de conserver les biens et la fortune, si ce n'est pour pouvoir faire bon accueil à nos invités ?

 

La mort, le plus grand des fléaux, est bienfaisante quand elle frappe l'avare, car elle débarrasse la terre d'un fardeau inutile.

 

On a moins à rougir de faire le métier de mendiant que de n'avoir jamais personne à sa table.

 

Au lieu de répondre sordidement « je n'ai rien », le sage donne immédiatement ce qu'il peut.

 

 

 

LE PAYS

 

Un pays, c'est où vivent ensemble des cultivateurs qui font de riches récoltes et des gens de bien dont la richesse n'est pas mal acquise.

 

Un pays, c'est où l'on vit heureux, à l'abri de la famine, des maladies et des ruineuses invasions venus de l'extérieur.

 

Un pays c'est un endroit où ne s'unissent pas des partis contraires et qui n'est pas déchiré de l'intérieur par diverses factions.

 

Un pays, c'est où ne vivent ni les méchants, ni ceux qui ont pour profession l'assassinat, ni ceux qui complotent.

 

Une contrée qui produit sa richesse sans labeur est tout de même un pays, mais une région qui ne crée sa richesse que dans le travail n'est pas un pays.

 

 

 

LES QUALITÉS D'UN ROI

 

Ceux que l'on appelle « les possédants » sont avant tout ceux qui ont de l'énergie. Ceux qui n'ont pas d'énergie, comment pourraient-ils posséder quoi que ce soit ?

 

Voici les quatre qualités naturelles que doit posséder un roi : la vaillance, la libéralité, la sagesse et le dynamisme. Si en plus de cela il accueille avec grâce les opinions et qu'il recouvre l’impôt en fonction des possibilités de chacun de ses contribuables, il sera le meilleur des rois.

 

Comme le cultivateur arrache les mauvaises herbes pour fortifier ses cultures, le roi puni à mort les criminels.

 

Avant d'agir, il faut considérer : les ressources, les moyens, la nature de l'entreprise, le temps et le lieu propices à l'exécution. Ensuite, il faut mesurer son effort, jaugé des difficultés qui peuvent advenir et des profits que l'on peut en retirer, puis agir.

 

Il n'y a rien d'impossible pour celui qui, sait employer l'arme appropriée et tirer profit du moment opportun. Le Roi qui désire régner sur l'univers attendra avec patience le moment opportun et n'entreprendra rien avant d'avoir trouvé un terrain où l’ennemi puisse être pris au piège. Il ne faut jamais sous-estimer un adversaire.

 

Celui qui engage la bataille après avoir mûrement arrêté son plan d'attaque et étudier ses positions, n'a besoin de rien d'autre que sa propre valeur.

Dans le marécage, le crocodile triomphe, mais en dehors, il est une proie facile.

 

 

 

LA JUSTICE ET LA CORRUPTION

 

Ne pas faillir à la vertu, abolir ce qui n’est pas vertueux, garder l’honneur en ne manquant jamais aux lois de la bravoure : voilà le propre du Roi.

 

Que le Roi considère le service des Renseignements et la science du Droit, comme les prunelles de ses yeux. Il n'a pas d'autre moyen pour vaincre ses ennemis que de se faire renseigner par ses espions et de savoir tirer profit de ces renseignements.

 

Le Roi qui ne s'informe pas quotidiennement des injustices commises dans son état et qui ne punit pas les coupables, perd son royaume jour après jour.

 

La prospérité du Roi est diminuée par les larmes versées par les sujets opprimés par l'injustice et qui ne peuvent pas supporter leurs maux.

 

Le monarque dont les justiciables n'ont pas l'oreille et qui ne rend pas la justice après information et délibération, règne honteusement et se perd lui-même.

 

Aux sujets, qui vivent sous le sceptre d'un Roi qui ne rend pas la justice, la richesse cause plus de mal que la pauvreté.

 

Le Roi qui opprime ses sujets et emploie des procédés illégaux pour leur voler leurs biens est plus cruel que ceux qui tuent par haine.

 

La réquisition de donner, faite par un tyran détenteur d'un sceptre, équivaut à l'acte du voleur de grand chemin qui, armé de son arc et de ses flèches, détrousse le passant solitaire.

 

 

 

LES MINISTRES

 

Il est bon pour le Roi de ne choisir à son service que ceux qui possèdent d'une manière parfaite les quatre qualités suivantes : l'affection, l'intelligence, la décision et l'absence de cupidité.

 

Que le Roi choisisse ceux qui ont satisfait aux épreuves de la vertu, de l'argent, de la luxure et qui n'ont plus peur pour leur vie. Que le choix s'arrête sur celui qui est de bonne naissance, libre du vice, réfléchie, prudent et craignant le déshonneur.

 

Il faut renoncer à choisir ceux qui n'ont pas de parents : n'ayant aucune attache avec le monde, ils ne craignent pas le déshonneur.

 

Il ne faut jamais promouvoir quelqu'un sans l'avoir au paravent éprouvé et ne choisir que ceux qui ont passé à l'épreuve.

 

Choisir ceux qui sont ignorants de ce qu'il faut savoir, uniquement à cause de l'affection qu'il ressent eux, conduira le Roi à faire toutes les erreurs.

 

Si, au lieu de traiter tous indistinctement, le Roi traite ses parents selon leur mérite, nombreux seront ceux qui escompteront ce privilège et vivront de ses bienfaits.

 

Il y a sept cents millions d'ennemis dans la personne du ministre qui auprès du Roi, médite à lui faire du tort.

 

Un bon ministre est celui qui, en verve, généreux et agréable, est capable de pardonner à ceux qui se sont séparés de lui, est habile à faire naître la scission parmi les rangs ennemis, tout en conservant l'union parmi ses alliés.

 

Exposer habilement l'objet de sa mission, éviter les paroles hâtives sur les sujets délicats, captiver l'interlocuteur, se le rendre propice et ainsi rendre service à son Roi, voici le propre de l'ambassadeur.

Thiruvalluvar, philosophe dravidien

Thiruvalluvar, philosophe dravidien

L'éducation des RAJAS (sélection d'aphorismes extraits du Pancha-Tantra et du Thirukkural)

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