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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

SVASTIKA - Introduction à un signe universel et ancestral

SVASTIKA

 

Introduction à un signe ancestral et universel

SVASTIKA - Introduction à un signe universel et ancestral

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GÉOGRAPHIE

 

Si de funeste mémoire le svastika est célèbre en Europe, ils sont rares ceux qui savent que ce que l'on nomme la « croix gammée » et que l'on attribue au Troisième Reich est en vérité un des plus anciens signes tracés par l'humanité, directement inspiré du plus ancien symbole jamais dessiné par l'homme : la spirale. Dessinée sur les murs des grottes, la spirale se retrouve tout au long du Paléolithique supérieur, tandis que le svastika, qui en est une évolution, marque le Néolithique et l'Histoire moderne de l'espèce humaine.

Bien plus commun que la spirale, le svastika se retrouve à foison et depuis des milliers d'années gravé sur les temples, placé au-dessus des portes, ou plus récemment collé sous forme de vignettes sur les vitres et carrosseries des voitures, taxis, bus et camions. Or, le svastika ne trouve pas son origine en Inde, mais plus au nord, plus précisément entre les steppes russes et mandchoues.

Le plus ancien svastika jamais retrouvé le fut en 1908 dans les steppes du nord de l'Ukraine, dans un site archéologique datant du Xe millénaire avant notre ère, sur un objet ayant été daté au carbone 14, de plus de 15 000 ans. Il s'agit d'une petite figurine en ivoire de mammouth représentant un oiseau sur le ventre duquel est gravé un motif décoratif formé de plusieurs svastikas entremêlés. Ce paterne est étonnamment semblable à celui que l'on retrouvera largement employé plus de 10 000 ans plus tard dans les mosaïques et les décorations murales des cités antiques des côtes grecques, phéniciennes et égyptiennes. La statuette de l'oiseau fut retrouvée dans un de ces lieux de vie, entourée d'objets à caractère phallique, indiquant par là un caractère magique à son emploi, qui était peut-être censé favoriser la fertilité. Avant que le climat ne se réchauffe et n’entraîne la fonte des glaces, les mammouths étaient encore présents dans les steppes sibériennes et leurs défenses servaient alors aux premiers hommes à ériger des cabanes. Or, étonnamment, les rainures à l'intérieur des défenses de mammouths forment un svastika.

La fonte des glaces entraîna un bouleversement climatique et écologique qui poussa les peuples de la steppe à migrer. On retrouve donc quelques millénaires plus tard le svastika d'un bout à l'autre de la plaine eurasienne : à l'est, dans la Mandchourie, sur le site de Pengyoushan (v. 7500 av. J.-C.), sur le littoral chinois à Hemudu (5000 av. J.-C.) ou à l'ouest, dans les plaines danubiennes d’Europe centrale, dans le célèbre site archéologique de Vinca (5000 av. J.-C.), lequel fut souvent présenté comme l'aire d'origine des Indo-européens.

Dans le site de Vinca, ont aussi été retrouvées des tablettes d'argile gravées de pictogrammes, connues sous le nom des tablettes de Tartaria. Ces dessins, dont on ne sait pas s'ils représentent des glyphes, des mots ou des signes et qui devancent de plusieurs millénaires l'apparition de l'écriture en Crête ou à Sumer, réservent au svastika une place de choix, car il s'agit d'un des glyphes les plus représentés, non seulement sur les tablettes, mais aussi sur des bijoux, dont des perles en terre cuite et des amulettes. On estime qu'ils devaient représenter le soleil, ou la saison estivale et qu'ils devaient être utilisés comme des marqueurs agricoles. Il est possible également que Les tablettes de Tartaria représentent les premières runes retrouvées en Europe, ce qui ferait d'elles l'ancêtre du langage druidique des Celtes et des Vikings.

Fait surprenant, il n'y a pas que le svastika qui semble être originaire des steppes eurasiennes occidentales. Il en va de même pour le signe tout aussi ancestral du yin et du yang, qui se retrouve pour la première fois sur des artefacts de la culture Cucuteni (v. 5200 à 3500 av. J.-C.), ainsi que sur le travail du cuir (sacs et bourses) des habitants de l’Eurasie européenne du Néolithique. Comme aujourd’hui, le yin et le yang (yab-yum en tibétain) étaient utilisés comme signe décoratif à vocation mystique, symbolisant l'alliance des forces contraires pour aboutir à une forme parfaite, donc circulaire. Par ailleurs, le yin et yang signifient la mère et le père, l'immanence et le mouvement, ce qui lui confère une signification proche du lingam et yoni shivaïte.

Ces quelques découvertes nous indiquent donc qu'en ces lointaines époques, la division culturelle à l’Oural entre l’Europe et l'Asie n'était pas faite, et qu'il existait une grande liberté de mouvement et une véritable cohésion tout à travers cet immense espace constitué de plaines, de steppes, de forêts et de déserts, de glace comme de sable. À l'échelle de quelques années, voire d'une ou de plusieurs générations, les peuples installés en Europe se déplaçaient jusqu'en Chine (et vice-versa), emportant avec eux leurs références culturelles, dont le svastika devait être l’emblème.

Il est aussi plus que probable que des objets fabriqués en Europe aient pu être troqués de nombreuses fois pour se retrouver de l'autre côté des steppes, où ils furent imités (et vice-versa). Il faut donc imaginer le svastika n'appartenant à aucune civilisation propre, mais plutôt comme un objet culturel que les peuples du Néolithique se sont échangé, se l'appropriant chacun leur tour et lui donnant un sens à chaque fois enrichi ou différencié.

C'est durant l'âge du bronze que le svastika commence à être largement et universellement répandu. On le retrouve associé à la poterie, dont elle devient un ornement récurrent, tant dans la culture Vinca (Balkans) que dans celle plus septentrionale de Sumer où l'on retrouve sa trace sur des objets datant du tout début de l'âge du bronze (4000 ans av. J.-C.). Vers la même époque, on le revoit dans la civilisation hittite d'Asie mineure, de même, qu'à Balbek, une des premières villes érigées par l'humanité. Suivant l'évolution de la civilisation humaine, le svastika se rencontre alors sur les objets de valeur des grandes civilisations impériales, comme en Perse, où il est gravé sur des bijoux et des objets en or datant du troisième millénaire av. J.-C.

Plus tard, dans le monde méditerranéen antique, le svastika sera devenu omniprésent. On le retrouva en abondance dans les ruines de Troie et des nombreuses cités de l'archipel grec (v. 700 av. J.-C.). Il s'agit alors d'un signe reproduit en série et ornant les mosaïques tout comme les vases, les armes et les vêtements.

En Phénicie, le svastika devient un signe aristocratique. On le coud de fils d'or sur les robes des prêtresses, laissant à penser une nouvelle fois que son caractère superstitieux est lié à la fertilité, humaine ou agricole. Il est alors intéressant de noter qu'un millénaire plus tard, les anciens Slaves l'utiliseront tout aussi abondamment, le cousant eux aussi sur leurs vêtements quotidiens comme cérémoniels.

Dans le monde romain, paraît bien sûr le svastika, en particulier dans les catacombes de Rome, à côté de l'étrange inscription « zotiko zotiko », qui se traduit par « la vie de la vie » et pourrait être interprétée comme un qualificatif du soleil.

De l'autre côté de la Méditerranée, les potiers samaritains, étrusques et phéniciens le reproduisent à grande échelle et il apparaissait sur tout type d'objets. Quant aux Égyptiens, s'ils ne semblent pas lui donner un sens mystique très prononcé, ils l'employaient très largement pour décorer leurs mosaïques.

Ce sera d’ailleurs vraisemblablement depuis l’Égypte que le svastika fut introduit en Éthiopie où il deviendra au début du premier millénaire l'un des signes les plus utilisés de l’Église chrétienne d’Éthiopie. Son rôle semble alors être celui qu'il a toujours été, à la fois ésotérique et décoratif, il orne les façades et les fenêtres des premières églises chrétiennes d'Afrique (Église de Bete Maryam).

Symbole universel qui ne semble pas pouvoir être attribué à une civilisation précise, le svastika comme symbole décorant la synagogue de Maoz Haïm, construite au troisième siècle de notre ère dans le nord de la Palestine, ainsi que dans bon nombre de mosquées. En effet, l'islam n'hésite pas à utiliser dans ses mosquées, palais et bains, ce signe ésotérique et non représentatif dont l'art arabo-musulman est si friand.

En marge des grandes civilisations, qui semblent plus l'avoir empruntée qu'inventée, le svastika se retrouve aussi chez chacune des cultures qui composent l'Eurasie depuis le chamanisme mongol jusqu'au chamanisme sibérien, suomi et sami, en passant par la religion bön, dont il est l'emblème principal.

Enfin, de l'autre côté du détroit de Béring, pour les peuples amérindiens, le svastika est un objet culturel des plus communs. Il se retrouve sur les armes et les accessoires navajos, anasazis et hopis (v. 1500 apr. J.-C.), ainsi que sur les fresques mayas (v. 2600 av. J.-C. à 1520 apr. J.-C.), et ce à une telle fréquence que l'on crût un temps que le svastika ne trouvait pas son origine en Eurasie mais plutôt en Amérique.

La civilisation de l'Indus (v. 2600-1900 av. J.-C.) n’échappe donc pas à la règle et c'est sans surprise que dans les ruines d'Harappa (apogée v. 2600-1900 av. J.-C.) furent retrouvés de très nombreux svastikas.

Suivant la diffusion géographique de ces religions, le svastika se retrouve naturellement à travers toute l'Asie, de l'île du Sri Lanka à celle de Bali, et de la Chine au Japon, en passant par le Tibet et l'Indochine. Très présent en Chine, le svastika y fut introduit en même temps que la métaphysique indienne, au début du premier millénaire et en suivant le creuset commercial trans-Caucase qui deviendra plus tard la route de la soie. Au Japon, il existe d'ailleurs une véritable tradition du dessin ésotérique du svastika, appelée le hachisuka et qui consiste à dessiner la croix de plusieurs manières différentes, illustrant à chaque forme un principe mystique différent.

Partant de la Colchide, les marchandises venues des rives européennes et anatoliennes de la mer Noire prenaient alors le chemin des plaines d'Asie centrale à travers un maillage de caravansérails et de gîtes étapes très développés. Cette route empruntait alors le bassin du Tarim afin de contourner les infranchissables montagnes de l’Himalaya par le nord, de sorte que depuis le Caucase jusqu'à la péninsule de Corée, aucun relief d'importance n’empêchait le passage, relativement rapide, des attelages et des caravanes, qui pouvaient alors, s’ils étaient bien protégés et possédaient les laissez-passer nécessaires, accomplir le voyage en quelques mois seulement.

Au Kazakhstan, des alignements de pierres ont été découverts en 2014 grâce à des images satellites. Datés de 6000 à 2000 av. J.-C., certains de ces signes se rapprochent du triskèle breton, ce qui n'est pas étonnant, sachant que le moderne Kazakhstan se situe sur l'ancienne terre des Scythes, dont la culture indo-européenne ressemble beaucoup à celle des Celtes. Leur présence fut par ailleurs attestée en Chine grâce à la découverte et à l'analyse génétique des momies du Tarim, datées de 1800 à 2000 av. J.-C.

Tout au long de ce corridor qui traverse l'Eurasie de part en part, se trouvent de très nombreuses traces du svastika. Pavel Kutenkov, un auteur russe traditionaliste en a d'ailleurs relevé plus de 200 variations différentes à travers la Russie moderne.

C'est donc sans surprise qu'on remarque la présence du svastika en Europe, prédatant l'arrivée des Celtes, comme emblème identitaire de la nation basque, sous une forme arrondie appelée la croix de Lauburu. Dans cette langue, elle signifie « la croix à quatre têtes ».

Les Daces, Gètes et Thraces, résidents indo-européens de la vallée du Danube, l'utilisaient sous des formes qui pouvaient grandement varier. Si l'on en croit Geticus, jusqu'à l'entrée de la Roumanie dans le bloc de l'Est (au lendemain de la Seconde Guerre mondiale), les paysans roumains et moldaves reconnaissaient utiliser ce signe « depuis l'époque des géants ». Assimilé par les communistes au nazisme, le svastika fut ensuite interdit de représentation.

Les cultures indo-européennes de type celtique, installées des îles britanniques et de l’Islande, aux îles scandinaves et à la péninsule ibérique, l'utilisaient abondamment : colliers et amulettes vikings, signes druidiques, ruines germaniques et scandinaves. Le svastika se retrouve partout, le plus souvent sur les vêtements et sur des armes, son rôle étant de protéger celui ou celle qui le porte du mauvais œil et de la malchance. Comme le faisaient les prêtresses phéniciennes, les princesses slaves du début du second millénaire le portaient brodé d'or sur leurs robes.

Dans l'Europe celtique, le svastika donna naissance à un nombre impressionnant de variantes, dont la plus célèbre est le triskèle breton, sorte de Lauburu à trois têtes. La croix celtique, elle-même enfermée dans un cercle, ne peut manquer de rappeler un svastika arrondi. Ce même svastika situé dans un cercle et dont les bords se rejoignent est aussi appelé fylfot chez les Scandinaves. Le fylfot est la roue de feu portée en amulette par les guerriers vikings. Autre symbole celtique très populaire, la croix de Manx, n'est rien de plus qu'un svastika dont une des branches manquerait. Enfin, dans le monde slave, un assemblage de plusieurs svastikas est connu sous le nom de Kovalot (Pologne), aussi appelé soleil noir par les Allemands (schwarz son).

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SIGNIFICATIONS

 

Si son origine reste mystérieuse, sa signification ne l'est pas : le svastika est dans toute l'Asie un signe auspicieux qui représente l'ordre juste des choses, des hommes et de l'Univers. Certains ont vu dans le svastika une forme stylisée de l'étoile polaire, autour de laquelle, vue depuis l'hémisphère nord, toutes les étoiles semblent évoluer en cercle.

Une opinion très répandue relie en effet le svastika au mouvement de la constellation de la Grande Ourse autour de l'étoile polaire. La Grande Ourse est aussi appelée Chariot de Wotan, Chariot de Charles (Charlemagne) ou encore Chariot de David ; autant de termes évoquant son déplacement circulaire autour d'un point fixe.

Quelle que soit la saison, cette constellation, qui tourne dans le sens opposé de celui des aiguilles d'une montre, parcourant exactement 15° par heure, est une infaillible horloge de nuit.

H. Weisweiler, Charlemagne et le secret d'Aix-la-Chapelle

Le Svastika et la Grande Ourse (illustration du livre de H. Weisweiler, Charlemagne et le secret d'Aix-la-Chapelle)

Le Svastika et la Grande Ourse (illustration du livre de H. Weisweiler, Charlemagne et le secret d'Aix-la-Chapelle)

De fait, si l'on considère la forme « en cuillère » de cette constellation, ainsi que quatre de ses positions (stations) cardinales, les projections (étapes) de cette constellation dessinent un svastika.

Dans le sous-continent indien, le svastika est un signe ésotérique qui possède de très nombreux sens mais celui qui est le plus communément admis est d'apporter la chance et la bonne santé à celui qui la dessine où la regarde. Mot sanskrit, svastika veut d'ailleurs dire « bien-être ».

Ce symbole fut très abondamment utilisé depuis des milliers d'années par les communautés jaïnes, védiques, hindoues et bouddhistes, qui chacune la considèrent encore comme le plus saint, le plus populaire et le plus inspirant des dessins mystiques.

Les jaïns donnent au svastika la première place parmi leurs huit symboles. Il est pour eux la figure emblématique d'un être parfait (siddha) . En effet, le point central (bindu) représente la vie (jîva), et les quatre branches, les quatre conditions de la vie future (devenir dieu, aller aux enfers, renaître sous forme humaine, renaître dans le corps d'un animal inférieur). Mais, dans le svastika, ces quatre branches sont recourbées et comme fermées, car le siddha est affranchi de toute renaissance.

P. Grimal, Mythologies classiques

Svastika et symboles typiquement jaïnes

Svastika et symboles typiquement jaïnes

Pour les bouddhistes, il représente la roue du Dharma, ainsi que celle du Karma. Il est un des signes magiques qui apparurent à la mort du Bouddha sur sa plante des pieds. Pour les jaïns, il s'agit du signe de ralliement de leur foi, symbole de l'Univers en mouvement.

Pour les hindous, le centre du svastika représente l'unité d'où part toute multiplicité, ou encore la vérité et son caractère fuyant et inatteignable. Selon la tradition ésotérique hindoue, le point simple représente le centre, donc l'unité et la vérité, d'où partent des rayons de vie. Or, à l'inverse d'une croix simple, la croix brisée possède des rayons qui ne sont pas droits, donc qui ne connectent pas directement le centre à sa périphérie. Le svastika est donc le symbole de la vérité, du juste et du bon, qui ne sont accessibles que par un travail d'initiation, dont le but sera de rendre la croix brisée droite, afin que la périphérie, qui est l’existence humaine, puisse rejoindre sans difficulté le centre, qui est la dimension divine de la vie (le Brahman).

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DIABOLISATION


    
Depuis la christianisation des peuples nordiques et slaves, entreprise au milieu du premier millénaire et achevée au début du second, le svastika a perdu en Europe son sens mystique et ésotérique pour ne plus être que décorative. De plus, son emploi fut interdit par l’Église, ainsi que toutes pratiques et traditions païennes.
Au 19e siècle pourtant, on le retrouve encore sous la forme d'une mosaïque et d'un paterne enchevêtrés à l'infini, en particulier dans les halls d'entrée des bâtiments haussmanniens du nouveau Paris.
À la fin de ce siècle romantique, en quête d'un âge d'or fantasmé et d'un retour aux racines païennes du continent, des sociétés ésotériques et orientalistes, comme la théosophie ou les cercles volkish allemands, le remettent au goût du jour. Cet engouement est encore dynamisé par les premières découvertes archéologiques menées en Europe continentale et nordique (Héligolan, Îles Féroé), qui encouragent la redécouverte du passé germanique et viking de l’Europe. Le svastika devient alors le symbole d'un âge d'or fantasmé.
Au seuil de la Première Guerre mondiale, les soldats américains boivent des bouteilles de Coca-Cola dont les caisses sont ornées de svastikas. Le magazine des scouts américains s’appelait alors « Svastika » et les badges arborés par ses lecteurs étaient des pin's à son image. Comme nous le rappelle la B.B.C dans son superbe article « How the world loved the swastika - until Hitler stole it » (B.B.C.com), des paquets de cigarettes distribués aux soldats yankees aux paquets de cartes, il n'y a pas d'objets manufacturés en masse sur lequel on n'ait un jour apposé le célèbre svastika… Les bières danoises Carlsberg en firent même un argument de vente en l'affichant sur leurs emballages.
Cependant, dans les années 1930, un dissident autrichien du nom d'Adolphe Hitler en fit le signe de ralliement et l’emblème de son groupuscule nationaliste révolutionnaire, le N.S.D.A.P, le Parti nationaliste allemand du travail, ce qui aura pour conséquence de jeter à jamais l’opprobre sur le plus beau, le plus simple, le plus mystérieux et le plus universel des symboles.

En 1923, emprisonné suite à un putsch manqué, c'est en rédigeant Mein Kampf, sa profession de foi, que Hitler trouvera judicieux de mêler à ses ambitions politiques la puissance d'un signe ancestral qu'il avait déjà rencontré dans la littérature volkish et ésotérique dont il était friand. Les sociétés secrètes de Thulé et du Vrill, une génération avant lui, avait fait du svastika le symbole du renouveau de la nation germanique. Par manque d'informations, influencé par les scientifiques de son temps qui ne faisaient pas grand cas de l'Inde, des Indiens et leur civilisation, Hitler pensait que le svastika était le propre des Aryens, un peuple fantasmé que l'on avait cru à l'origine de toutes les cultures indo-européennes et indo-iraniennes. Comme la plupart des savants et intellectuels de son époque, Hitler pensait d'ailleurs que c'était depuis l’Europe du nord et l’Hyperborée que la civilisation s'était propagée sur Terre. Si les Indiens arboraient eux aussi le svastika et se réclamaient eux aussi des Aryens, c’étaient parce qu'ils devaient être les lointains descendants d'une race originelle et nordique.
Pensant que le svastika était un signe purement aryen, Adolphe Hitler en fit le logo du parti nazi. La beauté du signe, sa signification profonde et magique, sa présence dans l'inconscient du peuple allemand depuis ses origines, firent de ce signe l’emblème d'une civilisation qui se voulait fière et puissante après le revers militaire de la Première Guerre mondiale. Celle-ci avait en effet eu pour conséquence l’anéantissement de son économie et la mise en place d'un gouvernement corrompu à la solde des puissances atlantistes (république de Weimar 1918-1933).
Aimant avec un véritable amour et une véritable dévotion le svastika, ceux qui trouvèrent espoir dans la promesse nazie de renouveau furent des millions en 1933. Pour eux, le svastika représentait le désir d'un changement radical des mentalités et du mode de vie décadent qui avait été introduit un siècle plus tôt avec la Révolution industrielle et la marchandisation de tous les domaines de la société. Le svastika devint alors la croix gammée, c’est-à-dire le symbole universel de la grandeur, de la puissance, puis de l'irrémédiable défaite idéologique, culturelle et militaire du nationalisme socialiste révolutionnaire, que l'Histoire retiendra sous le nom de nazisme.
L’opprobre fut alors jeté sur elle, mais aussi sur les Aryens, dont on s'efforce depuis d'oublier qu'ils ne furent dans l'Histoire ni allemands, ni nordiques, mais asiatiques et qu'ils ne vécurent pas à l'âge du bronze en Europe, mais au Néolithique dans les hauts plateaux iraniens et dans les montagnes de ce qui se nomme aujourd'hui l’Ouzbékistan.
Après six ans d'une guerre totale, des millions de morts et des charniers hauts comme des maisons parsemant la campagne polonaise, il ne restait plus en Europe, du souvenir du svastika, qu'une peur viscérale. Laquelle fut entretenue par les médias, le sionisme conquérant et l'omniprésence du devoir de mémoire.
Sous prétexte d'apologie de crimes de guerre, la plupart des pays d'Occident ont depuis interdit d'afficher publiquement le svastika, qui est devenu le symbole de la haine, de la mort et du racisme… Soit l'exact opposé de ce qu'il représentait encore de 5 000 à 10 000 kilomètres plus à l'Est, en Inde, en Chine et au Japon particulièrement.
Rien ne fut tenté depuis pour différencier aux yeux des masses la sinistre croix gammée du glorieux svastika.
En comparaison, responsables de bien plus de morts que le nazisme, les symboles du communisme, dont le marteau et la faucille sont les plus connus, n'ont pas subi le même sort, même après que toute la vérité a été faite sur les atrocités staliniennes et maoïstes. Plus encore, l'étoile rouge ou la casquette Mao, sont devenues des icônes de la culture pop, dont l'évocation doucement ringarde ne cesse de plaire aux hipsters des principales métropoles mondiales.
En somme, ceux qui font l'Histoire, imposèrent et imposent encore au svastika une diabolisation à outrance qui a eu pour effet de salir à jamais le plus ancestral et le plus grandiose des symboles humains. En somme, les ennemis de Hitler continuèrent l'œuvre de celui qu'ils prétendaient combattre : leur œuvre consistant à faire disparaître dans les flammes et le mensonge, tout ce qui demeure de la Tradition primordiale.
Il est temps de rétablir le svastika dans sa signification unique et universelle, car cette signification remonte au plus lointain d'une tradition dont nous sommes originaires et que nous n'avons pas encore totalement oubliée.
Cette tradition n'est ni aryenne, ni celtique, ni indienne, ni amérindienne, mais elle est humaine, et s'est incarnée d'autant de manières différentes qu'il existe de peuples sur Terre à l'avoir reprise à leur compte.
Si l'on n'y prend garde et si la vérité n'est pas rétablie, le révisionnisme historique grandira et nulle part nous ne retrouverons plus le beau et lumineux svastika, celui même qui jadis bordait les chemins qui menaient de Rome à Varanasi. Fait assez significatif pour le mentionner : une des seules organisations qui depuis 1945 milite en Occident pour la réhabilitation du svastika, est le mouvement raëlien. À la manière de la société théosophique, ce mouvement en a fait son emblème.
Récemment, on a constaté que les jaïns ont retiré de leur symbole, le svastika, afin de ne plus porter à confusion lors de leurs communiqués de presse ; les journalistes occidentaux ne cessant de considérer ce signe comme un emblème uniquement nazi et d'affilier  les jaïns à une secte néonazie. De même, des campagnes de suppression du svastika ont été récemment menées au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Malaisie, afin que les quelques touristes israéliens et européens puissent traverser ces pays sans s'offusquer de trouver « un symbole nazi » à 10 000 kilomètres de Berlin...

SVASTIKA - Introduction à un signe universel et ancestral

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