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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

L'enseignement du roi Khety à son fils Merikare (aphorismes égyptiens)

L'enseignement du roi Khety à son fils Merikare

v. -2160

 

Texte établi selon la traduction anglaise de Vincent A. Tobin (The Royal Instruction of Khety to Merikare). La source principale de ce texte est le Papyrus 1116A de l'Ermitage impérial, Saint-Pétersbourg (très lacunaire). Mais aussi le Papyrus Moscou 4658 et le Papyrus Carlsberg 6.

 

*

 

Ainsi commencent les instructions du pharaon de la Haute et de la Basse Égypte à son fils. [...]

Ne sois indulgent avec aucun crime que tu auras découvert. Au contraire, punis le vice dans tous ses recoins, car c'est par là que commencent les rebellions, lesquelles sont provoquées quand il y a trop de dissidents.

[...] Ils complotent contre toi. Après que tes ordres aient été donnés, [...] ils travaillent à les biaiser. [Une dizaine de lignes avec de nombreuses lacunes :]

[Celui qui ne suit pas les ordres de son maître, sème la division parmi ceux qui lui sont fidèles. Ne l'écoute pas, où tu le suivras dans sa chute. Ne sois pas indulgent envers lui, mais tue-le plutôt, lui et tous ceux qui l'imitent et l'encouragent.]

Si tu trouves dans une ville un [homme…] qui est chef de famille, tu devras le prendre à ta charge [...] N'exécute pas un homme par défaut. [5 autres lignes lacunaires, puis :]

Il s'en ira raconter ce dont il se souviendra de toi : "un homme vraiment puissant possède la maîtrise de son propre corps, dira-t-il."

Punis ceux qui fautent, mais sois indulgent une fois que ton cœur sera satisfait.

[...] Tout le monde dit : « il renaît à nouveau ! »

Deviennent des hommes ceux qui sont satisfaits.

[Comporte-toi] comme un dieu.

Si quelqu'un qui n'avait jusqu'alors pas d'allié, un inconnu des gens de la cité, et qui à présent est suivi d'une foule de partisans qui le respectent pour ses biens et sa sagesse, si cet homme a gagné leur confiance en intriguant aux dépens d'eux, et si cet homme persiste à semer la discorde par ses discours, empare-toi de lui, massacre ses partisans et bannis toute mémoire de son nom ainsi que de celui de ses partisans.

Un traître est enclin à faire faillir les citoyens et à regrouper autour de lui les mécontents parmi la jeunesse. Si tu découvres l'un d'eux, qui par ses actions te dispute ton autorité, dénonce-le aux officiels et arrête-le en tant que rebelle. Celui qui parle à tort et à travers est un ennemi de la cité. Contient les masses et évacue hors d'elles sa violence.

Il n'est pas question de tolérer la dissidence des fils des méchants qui déjà formaient en leur temps la dissidence. Un seul traire peut défaire une armée entière. Laisse donc le traître à la confusion qui est la sienne, et si les masses s'enflamment, emprisonne-les, mets-les aux travaux forcés, mais sois miséricordieux [...] dans tes punitions.

[...] C'est ainsi que tu seras heureux.

Montre-toi sous ton meilleur jour devant Dieu. Alors, même en ton absence, tes sujets diront de tes sentences qu'elles sont équitables. Avoir bon cœur apporte la sérénité, mais la méchanceté est un vice qui tourmentera son cœur.

Maîtrise ta langue, ainsi tu seras fort, car la force des rois réside dans leur parole. Les mots sont plus puissants que la lutte, et personne ne peut rivaliser avec celui qui possède un cœur généreux. [C'est cela qui te maintiendra sur le trône.]

Le sage est un rempart contre les fonctionnaires intrigants, et grâce à ses connaissances, personne n'ose l'attaquer. En sa présence le mal ne se commet pas, et vient vers lui le Maat, purifié encore, quand il reçoit les conseils envoyés par nos ancêtres.

Imite tes pères et tes ancêtres, et atteins le succès à travers la connaissance. Leurs mots se perpétuent par les Écritures, donc ouvre les manuscrits et lis-les. Ainsi tu seras possédé de leurs connaissances et tu deviendras cultivé.

Ne fais pas le mal, sache qu'être clément est bon. Faits que tu te survives à travers la mémoire de ceux qui t'aiment. Occupe-toi des habitants de la cité et ceux-ci te loueront à Dieu pour ta générosité. Garde ton nom glorieux, bénis ton peuple. Et prie les dieux pour qu'ils t'accordent une bonne santé.

Respecte la noblesse, aide ton peuple, consolide tes frontières et tes alliés, car il est bon de penser à l'avenir. Celui qui envisage les situations est tenu en haute estime, mais celui qui fait preuve d'une trop grande confiance souffrira.

Rends-toi les hommes fidèles par de bonnes dispositions, car méprisable est celui qui s'approprie la terre à lui seul. [...] Un fou, c'est celui qui convoite ce que possède un autre. La vie sur Terre n'est qu'une transition et n'est pas destinée à durer. Glorieux est celui dont on se souvient car il avait compris cette vérité. Ne vit-il pas en Égypte un nombre incalculable de sujets ? Et pourtant, parmi eux, y a-t-il ne serait-ce qu'un immortel ? Celui qui vit dans le respect du Maat quittera cette existence tout autant qu'un autre qui vécut dans l'abondance des plaisirs.

Promeus aux plus hautes places ceux dont tu sais qu'ils obéiront à tes ordres. Fais-en sorte que les clans les plus puissants ne prennent pas parti contre toi. Celui qui ne désire rien est riche. Ceux qui sont pauvres taisent la vérité car celui qui pense « si seulement j'avais eu ceci, ou cela », ne peut pas être dans le vrai. Le [Pharaon - Dieu] est généreux envers ceux qui le sont avec lui, mais il est terrible avec ceux qui œuvrent contre Lui.

Grand est le monarque dont les dignitaires sont eux aussi couvert de gloire.

Puissant le roi dont la cour est loyale et riche est celui qui possède de nombreux dignitaires.

Pour que les puissants te respectent depuis leurs campagnes, au palais parle juste (Maat).

Celui qui a un cœur pur devient un seigneur, car c'est le devant d'une maison qui inspire le respect pour sa cour.

Mets en pratique le Maat, afin que tu vives longtemps sur Terre.

Console celui qui pleure, n'oppresse pas la veuve, n'expulse pas un homme de la maison de son père et ne destitue pas les aristocrates de leurs positions.

Ne punis pas injustement, n'inflige pas le mal, car il n'en adviendra rien de bon.

Punis par le fouet et la prison, c'est ainsi que le pays serait tenu en ordre. Sauf pour les traîtres qui ont fomenté des complots. Ceux-là, Dieu les connaît et leur extirpera le mal en leur faisant couler le sang. Cependant, le miséricordieux prolonge ses jours sur Terre.

N'exécute pas celui dont tu connais la valeur, ni celui avec qui tu as chanté les textes sacrés [grandit], ni l'initié qui s'est dévoué à Dieu et qui est chez lui au palais [temple].

Au lieu de continuer sa route, le Ba [l'âme] retournera sur Terre, et aucun sortilège magique ne pourra s'y opposer. Alors, il polluera l'eau des offrandes.

Quant au tribunal divin qui juge les pécheurs, sache qu'il n'est pas indulgent envers eux. À l'heure du jugement, malgré sa sagesse, celui qui a fauté sera jugé coupable.

Ne présume pas de la durée d'une année, mais considère une vie comme une heure. L'homme survit à sa mort. Ce qu'il a fait dans sa vie sera disposé à côté de lui, et sa récompense sera placée de l'autre côté.

L'existence d'après est pour l'éternité. C'est donc un fou que celui qui offensera de tels hommes.

Mais celui qui parvient dans l'autre vie sans avoir fait le mal, il y vivra comme un dieu, marchant fièrement comme celui qui maîtrise l'éternité.

Contient tes troupes, afin qu'elles te respectent. Augmente tes alliés militaires.
Tes cités sont pleines de jeunes hommes d'une vingtaine d'années, vaillants et passionnés. Tes soldats s'aguerrissent. Ceux que l’on recrute se sont enrôlés volontairement et s'entraînent en tant que jeunes recrues. Nos ancêtres se battent à nos côtés.

[...] Promeut ta noblesse et les plus valeureux de tes guerriers, pourvoit en richesses tes jeunes recrues, donne-leur des propriétés, confie-leur des champs et du bétail.

Ne fais pas de distinction entre un noble et un homme du commun, mais prend l’homme à ton service car s’est-il qu’il s'agit de son devoir de le faire.

Que tous les ordres du Seigneur des Possibles soient respectés.

Conserve des gardiens à tes frontières et consolide tes forts. Soigne tes troupes et elles te seront fidèles. Érige de nombreux monuments en l'honneur de Dieu, car il s'agit d'un bon moyen de garder vivant celui qui les a fait construire. Un homme doit faire ce qui est bon pour son Ba.

Rends les services mensuels au temple, porte des sandales blanches. Enrichis le temple. Garde secrets les mystères.

Fréquente les lieux sacrés, mange du pain dans la maison de dieu. Remplace les offrandes, multiplie les pains sacrificiels, augmente les offrandes quotidiennes, car celui qui agit ainsi en reçoit le bénéfice.

Consolide tes monuments autant que tu en es capable, car un seul jour peut contribuer à l'éternité, une seule heure peut embellir l'avenir, et Dieu sait reconnaître ceux qui œuvrent pour lui.

Que ton sceau [des émissaires] soit envoyé dans les pays lointains, même dans les pays qui ne le respecteront pas. Car celui qui n'est pas au courant des affaires de son ennemi en souffrira.

Cependant, les ennemis de l’Égypte, même en son sein, ne sont pas calmes, et aux légions s'opposent d'autres légions, et exactement comme l'avaient prédit nos ancêtres, nous faisons la guerre jusque dans nos nécropoles, ravageant nos tombes à maintes reprises.

C'est ce que j'ai fait, c'est aussi ce que font ceux qui œuvrent contre Dieu, et c'est ce qu'il se passera, encore et encore.

Ne sois pas trop dur avec les territoires méridionaux, et suis les recommandations des ministres du palais.

Ce qui fut par le passé peut très bien recommencer. Tant que [nos ennemis] étaient contenus, ils n'attaquaient pas, mais je me suis tout de même rendu chez eux, au sud de Tawer [au sud d'Abydos] et je les ai massacrés comme l'aurait fait une inondation. Même le glorieux roi Meryibre n'en avait pas fait autant. Sois donc indulgent envers les territoires que tu contrôles, [laisse les choses comme elles sont] et renouvelle les traités.

Qui se cache à ses responsabilités n'est pas honnête, car il est nécessaire de prévoir l'avenir.

Tu es en bon terme avec les territoires méridionaux, qui viennent au-devant de toi en t'offrant des tributs et des cadeaux. Leurs ancêtres faisaient déjà la même chose avec moi. Mais quelqu'un qui n'a pas de céréale, peut-il en donner ? Quant à la tâche qui t'incombe, soit bon envers ceux qui se tiennent humbles devant toi et satisfais-toi de ton propre pain et de ta propre bière. Tu ne manques pas de granite, alors ne détruit pas les monuments des autres. Va chercher tes pierres à Tura [13 km du Caire] et ne construis pas ta tombe en détruisant gratuitement celle des autres. Le mal que tu fais te reviendra dessus.

Ainsi tu seras satisfait.

C'est grâce à ta force que tu pourras dormir tranquille. Suis ton cœur et continue ce que j'ai fait, car tu n'as pas d'obstacle dans tes rangs.

Le temps est passé et je suis devenu le maître de ma ville, celui qui s'inquiète pour le delta, et qui le protège de Hutshenu à Sembaq, dont les frontières méridionales sont marquées par le canal des deux poissons.

J'ai porté la paix à l'ouest, aussi loin que se trouve la région des lacs [oasis de Fayoum ?]. À présent tous me servent volontairement et m'envoient du bois [de cèdre ou de cyprès.] Chacun peut constater la qualité du genévrier qu'ils nous envoient. L'est du pays regorge quant à lui d'étrangers, dont ce qui est taxé coule abondamment dans nos caisses. Le delta est à nouveau à nous et nous a été rendu tous leurs habitants.

Les temples chantent tes louanges : « ô roi, chante-t-on, les hommes se soumettent à toi ! » Les campagnes ravagées ont été restaurées, et toutes les glorieuses villes ont été reconstruites. Les régions qui étaient jadis gouvernées par un homme seul, à présent sont sous le contrôle d'une dizaine. Des fonctionnaires sont appointés, les taxes sont levées. Chacun a conscience de ses responsabilités et les accepte. Quand un homme libre se voit offrir un terrain, il te sert aussi efficacement qu'une entière compagnie de soldats. Une telle situation permet à tous d'être satisfait.

Les inondations du Nil ne te troubleront pas, même si elles sont en retard. Tous les bénéfices du delta sont entre tes mains.

La colonie orientale que j'ai créée est en sécurité. D'Hebenu jusqu'à la voie d'Horus [la route menant vers la Syrie et la Palestine], j'ai bâti des villages qui sont largement peuplés. Ils sont ce que le pays possède de plus beau et ce sont nos premières défenses. J'espère qu'un jour un homme courageux m'imitera et ajoutera à sa gloire la continuation de mon œuvre. Au contraire, un héritier incapable m'inquiéterait.

Concernant les étrangers, que cela soit dit : Les villes asiatiques [bédouins ?] sont misérables car leur pays est lui-même misérable. L'eau manque, les arbres aussi et les routes y sont difficiles car sans cesse coupées par des montagnes. Ils ne se sont jamais installés nulle part, mais sans cesse attiré par ce qu'ils convoitent, ils errent à pied dans les déserts. Depuis l'âge où Horus régnait lui-même sur l'Égypte, ils se battent ainsi, ne pouvant ni conquérir ni être conquis. Attaquant par surprise, ils sont considérés comme des voleurs dont la société doit se prémunir en les expurgeant.

Ainsi, alors que je régnais en devant accomplir ce pour quoi j'étais destiné, je les ai considérés comme une forteresse et je les ai assiégés. Puis j'ai fait que le delta les frappe. J'ai capturé leur peuple et saisi leur bétail. Je les ai persécutés à un tel point qu'ils en détestèrent l’Égypte. Ne te ronge pas le cœur pour eux, les Asiatiques sont des crocodiles sur une berge, qui attaquent le voyageur engagé sur un chemin solitaire, mais ne tente jamais rien en public.

Fais de Medenit [en Haute Égypte, sur le Nil, située à une trentaine de kilomètres au nord d’Heracleopolis] une province d’Égypte. Annexe toutes les régions alentours et pousse tes conquêtes jusqu'à Kem-Wer [une des capitales de la Basse Égypte, située dans le Delta.] En faisant ainsi, tu établiras une frontière qui te protégera contre les ennemis. Les murailles de cette ville sont épaisses, ses soldats y sont nombreux, et les serfs, ainsi que les citoyens, sont entraînés au maniement des armes.

Jusqu'à la région de Djedsut [Memphis] vivent 10 000 hommes, serfs et citoyens, tous exempts d’impôts. Des émissaires y sont installés depuis la nuit des temps, ses frontières sont stables et puissantes est son armée. Des gens du nord y travaillent les champs, lesquels sont taxés en grains par les citoyens [libres].

Un des moyens de me surpasser est donc de réaliser une telle œuvre unificatrice, car cette ville est la porte d'entrée du Delta et figure une digue qui protège l’Égypte jusqu’à Herakleopolis.

Des villes bien peuplées sont gage de satisfactions, mais prends garde à ne pas te faire encercler par les partisans [alliés] d'un ennemi. La vigilance prolonge la vie.

Construis des défenses contre les pays du sud, car ils ne sont que des étrangers [barbares] toujours prêt à faire la guerre.

Construis des édifices dans le Delta, afin que ton nom te survive grâce à ce que tu as accompli. Une ville aux fondations solides ne sera pas détruite, construis donc des palais à ton image.

 

Comme un ennemi aime à se complaire dans l'intrigue et que ses actes sont pitoyables, le roi Khety ajouta encore à son enseignement :

Celui qui demeure impassible devant la brutalité est comme celui qui détruit les autels, et Dieu se vengera de ceux qui attaquent les temples. Leur sera infligé ce qu'ils auront fait. Ils se satisferont d'abord de ce qu'ils se seront approprié, mais au jour de leur mort, personne ne les reconnaîtra. Protège donc les autels et honore Dieu. Ne dis pas que les choses t'ennuient, ne cesse jamais de maintenir tes efforts. Quant à ceux qui s'opposeront à toi, leurs actions seront semblables à la destruction des cieux et à l’effondrement de monuments bâtis depuis des centaines d'années. [Quelques lignes en trop dues à une erreur du copiste].

Mais personne n'est sans ennemi.

Celui qui règne sur les deux rives [du Nil] est intelligent. Le roi, maître des courtisans, n'agira pas bêtement. Il était déjà sage à sa sortie du ventre maternel et Dieu fit de lui le maître de la terre et le fit régner au-dessus d'une infinité d'autres hommes.

La royauté est un excellent exercice : elle n'a ni fils, ni frère, qui puissent entretenir ses monuments, et c'est chaque roi lui-même qui ennoblit son successeur, car chacun agit au nom de celui qui l'a précédé, dans l'espoir que son action puisse être confirmée par celui qui viendra après lui.

Cependant, un terrible incident s'est déroulé durant mon règne : la campagne [le cimetière] de Thinis [ancienne capitale de la Haute Égypte près d'Abydos] fut pillée [par des soldats]. Malgré tout, rien de tout cela ne s'est passé à la suite de ce que j'ai pu faire ou ordonner. Je fus d'ailleurs mis au courant des événements seulement après qu'ils furent terminés.

Voici donc ce que fut mon abomination, dont la punition qui en suivit me sembla bien trop légère. En vérité, la destruction est un acte des plus détestables.

Il est inutile pour un homme de réparer ce qu'il a cassé, ou de reconstruire ce qu’il a détruit. Prends donc garde à de tels incidents.

L'affliction sera remboursée en nature et chaque acte commis engendre une conséquence.

Une génération de mortels en suit une autre mais Dieu, l’omniscient, s'est soustraite à ceci. Personne ne peut résister à la puissance du Seigneur de la Main [Re-Atum, qui créa par la masturbation] car il est celui qui maîtrise tout ce que le regard peut apercevoir.

Dieu doit être vénéré, Lui qui passe éternellement par le même chemin et dont les icônes sont taillées sur des pierres précieuses ou gravées sur des plaques de cuivre.

De même qu'une inondation en suit une autre, et qu'il n'existe pas de rivière qui puisse se cacher, comme toutes finiront par rompre les digues qui les contenaient, le Ba s'en ira vers le lieu qu'il a toujours connu et il cessera de suivre le chemin qu'il empruntait jusqu'alors.

Enrichis les territoires de l'ouest, embellis ta demeure dans la nécropole, grâce à ta droiture et en respectant le Maat. Ces efforts, le peuple les appréciera, car un homme doté d'une bonne nature est plus appréciable que le taureau [sacrificiel] de celui qui agit mal.

Offre à Dieu de nombreuses offrandes et fais graver des inscriptions sur les autels. Celui-ci fera de même pour toi. Ceci est l'assurance de ton nom car Dieu prend note de celui qui acte en sa faveur.

Fais paître le peuple, le bétail de Dieu, car c'est pour lui qu'il a créé les cieux et la Terre. Il calma la rage des eaux, et créa l'air pour qu'il puisse emplir leurs narines. Ils sont ses images et sont sortis de son corps, et c'est pour eux qu'il s'élève dans le ciel. C'est pour eux qu'il créa les plantes et le bétail, ainsi que la volaille et les poissons pour se sustenter.

Il a massacré ses ennemis et même tué ses propres enfants, parce qu'il s'était rebellé. Pour eux il crée la lumière du jour et il voyage à travers le ciel pour les observer. Il a érigé pour Lui-même un sanctuaire autour d'eux, et quand ils pleurent, Il écoute. Pour eux, il a fait jaillir de l’œuf [originel] des rois et des chefs qui soutiennent le dos des faibles. Il a pratiqué pour eux la magie, comme une arme pour repousser l'impact de ce qui peut advenir. Il est Celui qui les surveille [protège] nuit et jour. Il a supprimé les rebelles parmi eux, et si un homme bat son fils au bénéfice de son frère, alors Dieu connaît chacun des noms.

Ne change en rien mon enseignement, car il contient tous les préceptes de la royauté. Instruis-toi afin que tu deviennes un homme et que tu m'égales. Ainsi, personne ne t’accusera.

Ne tue pas un homme qui t'est proche car tu l'as eu favorisé et Dieu le connaît. Cet homme est un de ceux, chanceux sur Terre, qui servent le roi et sont donc considérés l'égal des dieux.

Implante l'amour de toi dans tout le pays, car il est bon que l'on se souvienne de toi, même après que de nombreuses années soient passées et envolées.

Puisses-tu être surnommé « le destructeur de l'Ère du Mal » [Destroyer of the Time of Evil, V. A Tobin] par les descendants de la maison des Khety… Puissent-ils prier pour ton retour parmi eux.

Voici, je t'ai dit le meilleur de mes pensées. Puisses-tu te comporter en accord avec ce qui vient de t'être exposé.

 

Colophon

[...] Fin de la transcription recopiée par le scribe Khaemwaset, qui la fit pour son propre usage et celui de son frère Mahu.

L'enseignement du roi Khety à son fils Merikare (aphorismes égyptiens)

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