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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

MAROUCHKA et les douze mois (conte TCHÈQUE)

« Marouchka et les douze mois » est un conte traduit de Bozena Nemcova par Alexandre Chodzko dans Contes paysans et pâtres slaves.

Le mois setchène est le mois de janvier, il est plus ancien des onze mois, qui lui sont alors subordonnés. Lui-même obéit à son tour au Kral-Tchaçou, le roi du Temps. L'assemblée des mois de l'année n'est pas sans rappeler le groupe des dévas hindous, de même que les douze stations zodiacales.

Dans ce récit, nous retrouvons une jeune fille qui a dû quitter le domicile familial pour s'installer dans un nouveau foyer qui ne l'accepte pas. Ses aventures auront pour objectifs de lui faire gagner le respect, qui lui assurera la sérénité et la sécurité. C'est alors au sommet d'une montagne, au contact d'une assemblée de dieux, qu'elle attendra son objectif. Par ailleurs, ce récit illustre un des thèmes les plus récurrents de la littérature de conte, celui de la femme vieillissante jalouse d'une fille plus jeune et donc plus séduisante qu'elle.

*

Une veuve vivait avec ses deux filles, l'une, Marouchka, qu'elle avait eue de feu son mari, l'autre, Hélène, que celui-ci avait eue d'un premier lit. Aussi aimait-elle Hélène et ne pouvait-elle pas souffrir l'orpheline, d'autant plus que celle-ci était de beaucoup la plus jolie. La bonne Marouchka, ne se doutant pas de ses propres charmes, ne pouvait jamais s'expliquer pour quelle raison le dépit de sa marâtre éclatait toutes les fois qu'elle la regardait. Les plus pénibles travaux du ménage étaient à la charge de la malheureuse orpheline. Elle faisait les chambres et la cuisine, blanchissait, cousait, filait, tissait, apportait du foin, gardait la vache, et tout cela sans que personne l'aidât au milieu de tant de peines. Hélène se parait et allait d'un divertissement à l'autre. Marouchka subissait toutes les fatigues sans se plaindre, et elle endurait les réprimandes et les outrages de sa belle-sœur et de sa marâtre, le sourire à la bouche, avec la patience d'un agneau.

L'angélique résignation de l'orpheline ne les adoucissait pas. Au contraire, elles devenaient tous les jours plus exigeantes et plus acariâtres parce que, avec les années, Marouchka augmentait en beauté, tandis qu'Hélène enlaidissait à faire peur. La marâtre pensait : « Il faut en finir; je chasserai de la maison cette belle orpheline, car aussi longtemps qu'elle restera ici, tous les épouseurs lui donneront la préférence et ma fille ne trouvera pas de mari. »

Dès lors, elles résolurent de lui rendre insupportable le foyer paternel. La faim, les privations de toute sorte, les coups, les outrages journaliers, rien n'était négligé pour la décourager. Cependant Marouchka devenait de jour en jour plus docile et plus char- mante. Le plus méchant des hommes n'aurait pas imaginé de sévices plus impitoyablement atroces ni plus raffinés que ceux que les deux mégères lui infligeaient.

 

Un jour, au plus fort de l'hiver, Hélène voulut avoir des violettes de la forêt :

« Ohé, là-bas ! Marouchka, tu iras sur la montagne me chercher des violettes, je veux en avoir un bouquet à mon corset. Dépêche-toi et vite, il m'en faut de bien fraîches et bien odorantes. Entends-tu cria Hélène d'une voix courroucée.

— Ah! mon Dieu, tu ne penses pas à ce que tu dis, bonne sœur ; a-t-on jamais vu des violettes fleurir sous la neige? répondit la pauvre orpheline.

— Fille de malheur ! oses-tu donc désobéir à mes ordres? s'écria Hélène. Pas un mot de plus, et en route! Rappelle-toi bien que si tu ne m'apportes pas des violettes du mont de la forêt, je te tuerai. »

La marâtre ajouta quelques injures. D'un vigoureux coup de poing, elle poussa dehors Marouchka, et referma les portes derrière elle. La jeune fille, en pleurant, s'avançait vers la montagne. Les neiges étaient profondes sans une trace humaine dessus-Longtemps elle rôda, s'égarant dans le bois. Elle avait faim, elle tremblait de froid et priait Dieu de la faire mourir.

Enfin , ayant aperçu une lumière briller dans le lointain, elle se dirigea vers elle, montant toujours, jusqu'à ce qu'elle atteignit le sommet de la montagne. Là sur la crête la plus élevée, brûlait un grand feu et, tout autour du feu, gisaient douze blocs de pierre. Sur ces pierres, elle vit douze individus assis, dont trois avec des cheveux blancs, trois moins âgés, enfin trois plus jeunes et plus beaux.

Ils ne disaient rien, mais chacun, assis sur sa pierre, regardait attentivement le feu. Ces douze personnages n'étaient autres que les douze mois de l'année. Le grand Setchène (janvier) 1 , qui restait assis au-dessus de ses compagnons, avait la chevelure et les moustaches blanches comme la neige, et un bâton à la main.

Marouchka en eut peur. Après quelques moments de stupeur et de silence, elle se sentit du courage et en s'approchant d'eux demanda :

« Hommes de Dieu, permettez-moi de me réchauffer à votre feu, l'hiver me fait frissonner.»

Le grand Setchène, hochant la tête, demanda :

« Pourquoi viens-tu ici, ma fille, que cherches-tu ?

— Je cherche des violettes, répondit Marouchka.

— Ce n'est pas la saison des violettes, ne vois-tu pas de la neige partout? fit Setchène.

— Je le sais bien, mais ma sœur Hélène et la marâtre m'ont ordonné d'apporter des violettes de votre montagne, et si je ne leur en apporte pas, elles me tueront. Je vous en supplie, pâtres, dites- moi, où pourrai-je en trouver? »

Ici le grand Setchène, se levant, alla près du plus jeune des Mois et, après lui avoir remis le bâton entre les mains, dit :

«Frère Brézène (mars), va, prends la place la plus haute ! »

Le mois de Brézène alla se mettre sur la pierre qui marquait la plus haute place , et il fit un geste de son bâton au-dessus du feu. En un clin d'œil les flammes jaillirent vers le ciel et aussitôt la neige se mit à fondre, les arbres et les buissons à bourgeonner. Au-dessous, on vit l'herbe reverdir et, au milieu d'elle, s'épanouissaient des boutons de primevères : c'était le printemps. Sous les branches des arbustes, on vit fleurir des violettes ; toute la pelouse en bleuissait.

« Hâte-toi de les cueillir, Marouchka, s'écria Brézène, vite ! »

La belle orpheline, toute joyeuse, s'empressa d'en faire sa cueillette, si bien qu'elle en ramassa un gros bouquet. Après avoir remercié poliment les Mois, gaie et heureuse, elle retourna en courant à la maison.

Grand fut l'étonnement de la marâtre et d'Hélène à la vue du bouquet de fleurs fraîches. Quand elles ouvrirent la porte pour recevoir Marouchka, toute la maison s'emplit du suave parfum des violettes.

« Tiens, où les as-tu donc cueillies? demanda Hélène.

— Là-haut, sous des arbrisseaux du mamelon de la montagne, » répondit-elle.

Hélène s'empara aussitôt du bouquet; elle en savourait le parfum, les faisait sentir à sa mère, sans laisser une seule violette à Marouchka, sans même la remercier.

Le lendemain, comme Hélène se prélassait devant le poêle bien chauffé, il lui prit envie d'avoir des fraises. Elle fit appeler sa sœur et lui dit :

« Marouchka, cours vite dans la montagne pour me chercher des fraises; j'en veux de bien douces, bien mûres.

— Mon Dieu, a-t-on jamais ouï dire que les fraises mûrissent sous la neige ?

— Yeux-tu te taire, guenille de Cucendron ? Point de répliques; si je n'ai pas mes fraises tout à l'heure, nous te ferons tuer, tiens-toi pour avertie. »

Après cette menace d'Hélène, la marâtre saisit sa belle-fille, la poussa violemment dans la cour et ferma les portes au verrou.

La malheureuse orpheline, les yeux en larmes, avançait vers la montagne de la forêt. Les neiges étaient profondes et sans une trace humaine. Marouchka, connaissant déjà le chemin, ne s'égara plus, mais elle monta directement jusqu'à la cime de la montagne, où, tout autour d'un grand feu, elle vit assis les douze Mois. Le grand Setchène occupait la plus haute place.

« Hommes de Dieu, permettez-moi de me chauffer à votre feu, l'hiver me fait trembler, » fit-elle en s'approchant d'eux. Le grand Setchène hocha la tête et demanda :

« Pourquoi viens-tu et que cherches-tu ici?

— Je viens chercher des fraises, répondit Marouchka.

— Nous sommes en plein hiver, les fraises ne croissent pas dans la neige, fit Setchène.

— Je le sais, dit tristement Marouchka, mais ma sœur Hélène et ma marâtre m'ordonnent de leur apporter des fraises, faute de quoi, elles me tueront. Je vous supplie, bons pâtres, indiquez-moi, où je puis en trouver. »

Le grand Setchène se leva de son siège, s'approcha du Mois qui était assis vis-à-vis de lui et, en lui remettant un bâton, dit :

« Frère Tchervène (Juin), prends la plus haute place. »

Le mois de Tchervène alla se mettre sur la pierre qui occupait la place la plus élevée; il fit un geste du bâton au-dessus du feu, les flammes jaillirent vers le ciel. Dans un instant le dégel fit fondre les neiges, la terre se couvrit de verdure , les arbres se revêtirent de feuilles, les oiseaux se mirent à chanter, et des fleurs diverses s'épanouirent dans la forêt : c'était l'été. Sous les hêtres, il y avait une foule de petites étoiles blanches, comme si on les eût semées. A vue d'œil, ces petites étoiles se transformaient en autant de fraises, qui mûrissaient instantanément, de façon qu'avant que Marouchka eût le temps de se signer, elles couvrirent toute la clairière ; on eût dit une mare de sang.

« Vite, vite, hâte-toi de faire ta cueillette, Marouchka, » lui dit le mois de Tchervène.

Toute joyeuse, elle se mit à les cueillir et en remplit son tablier. Après quoi, ayant poliment remercié les mois, elle revint bien gaie à la maison.

Hélène et sa mère s'étonnèrent de voir Marouchka apporter des fraises. Elles coururent lui ouvrir la porte; aussitôt qu'elle fut ouverte on sentit l'arôme des fraises parfumer toute la maison.

« Mais où les as-tu donc trouvées? demanda avec aigreur Hélène.

— Là, tout haut, dans les montagnes, on en trouve pas mal sous les hêtres. »

Hélène s'appropria la totalité des fraises; elle en donna une partie à sa mère et dévora le reste sans avoir invité l'orpheline à y goûter.

 

Le troisième jour, rassasiée des fraises, Hélène eut envie de pommes rouges fraîchement cueillies, et dit :

« Marouchka, vite et lestement, va sur la montagne me chercher des pommes rouges.

— Mon Dieu, tu sais bien, sœur, que pendant l'hiver les pommiers restent sans feuilles ni fruits.

— Vilaine paresseuse, sus î et grimpe lestement sur la montagne, car si tu ne m'en apportes pas des pommes, entends-tu, nous te faisons tuer. »

Comme d'habitude, la marâtre la saisit rudement, et, après l'avoir expulsée de la maison, ferma les portes au verrou.

L'orpheline, pleurant amèrement, s'enfonça dans la forêt du côté de la montagne. Les neiges étaient profondes, et sans une trace humaine. Elle ne s'y égara point, mais se dirigea sans hésiter vers la cime de la montagne, où flamboyait le grand feu entouré des douze Mois. Ils restaient immobiles sur leurs sièges, et au plus haut point était assis le grand Setchène.

« Hommes de Dieu, laissez-moi me réchauffer auprès de votre feu, l'hiver me fait frissonner. » disait-elle en Rapprochant du feu.

Le grand Setchène hocha la tête et se mit à questionner la fille :

« Pourquoi es-tu venue ici, et que cherches-tu?

— Je viens chercher des pommes rouges, répliqua Marouchka.

— Mais nous sommes en hiver, et ce n'est pas la saison des pommes rouges, fit observer le grand Setchène.

— Je ne l'ignore point, mais la sœur Hélène et la marâtre m'ordonnent de leur apporter des pommes rouges de la montagne, sinon elles me tueront. »

Là-dessus le grand Setchène se leva de son siège pour aller rejoindre l'un des Mois, âgé déjà, auquel il remit le bâton, disant :

« Frère Zaré (septembre) monte à la place d'honneur. »

Le mois de Zaré s'assit sur la pierre la plus élevée, et fit un geste du bâton au-dessus du feu. Les flammes rejaillirent aussitôt en prenant une teinte rougeâtre. La neige disparut. Cependant les feuilles ne tenaient pas ferme à leurs arbres, elles tombaient l'une après l'autre, et, s'éparpillant çà et là emportées par une bise froide, jaunissaient le sol de la clairière. L'orpheline n'y voyait que fort peu de fleurs, celles de l'automne seulement, comme des turankas, des cariophylles roses. Dans les ravins, on apercevait quelques colchiques d'automne et sous les hêtres de hautes fougères ou, des touffes de bruyères boréales.

Marouchka cherchait inutilement ses pommes rouges, lorsque, tout à coup, elle remarqua un pommier ayant, à une hauteur considérable et tout au milieu de ses branches, quelques pommes écarlates.

« Hâte-toi de les cueillir, Marouchka, » cria le Mois d'une voix impérative.

La jeune fille, toute joyeuse, se mit à secouer le pommier; une pomme en tomba. Après une autre secousse encore une s'en détacha pour rouler à ses pieds.

« Tu en as assez, reprit le Mois, dépêche-toi de rentrer à la maison. »

L'orpheline obéit, et après avoir ramassé les deux pommes et a*voir remercié les Mois, elle rebroussa chemin gaiement.

Hélène s'étonna, la marâtre s'étonna aussi de voir Marouchka revenir avec des pommes. Elles coururent lui ouvrir la porte et recevoir les pommes qu'elle leur donna.

« Bah! comment as-tu fait pour en cueillir? demanda Hélène.

— Il en reste encore sur le pommier du sommet de la montagne, reprit Marouchka.

— Pourquoi donc n'en as-tu pas pris davantage? cria Hélène courroucée. Tu en auras mangé quelques-un , chemin faisant, vilaine sotte !

— Non, bonne sœur, je n'y ai pas même goûté, fit Marouchka. La première fois que j'ai secoué le pommier, il n'en est tombé qu'une seule, et à la deuxième secousse, encore une pomme, et voilà tout. On ne m'a pas permis de secouer l'arbre davantage. Ils m'ont ordonné de revenir à la maison.

Puisse Péroun te foudroyer ! » cria Hélène levant les mains pour frapper sa belle-sœur.

Marouchka n'eut que des larmes pour sa défense. Elle en appela au ciel, priant Dieu de la reprendre, plutôt que de la laisser mourir sous les coups de sa méchante belle-sœur et de sa marâtre. Elle se sauva dans la' cuisine.

Hélène, friande de bons fruits, ajourna les persécutions et se mit à mordre dans la pomme , qui lui parut si exquise qu'elle n'en avait jamais savouré de pareille. La marâtre était du même avis. Chacune ayant mangé sa pomme, elles désiraient en avoir d'autres.

Sais-tu, maman, dit Hélène, donne-moi une pelisse, j'irai dans la montagne moi-même. Cette fainéante de Cucendron finirait par s'en gorger toute seule, chemin faisant. Je saurai bien trouver la montagne avec le pommier, et une fois là-bas, les pâtres auront beau crier, je ne lâcherai pas prise avant d'avoir secoué toutes les pommes. »

Nonobstant les conseils de sa mère, Hélène endossa la pelisse, se coiffa d'un bonnet chaud et prit le chemin de la montagne. La mère, debout sur le seuil de la maison, suivit des yeux sa fille jusqu'à ce qu'elle eut disparu dans le lointain.

La neige couvrait tout ; pas une empreinte de pieds humains à sa surface. Hélène rôda çà et là, elle s'égara longtemps; enfin voyant briller du feu au- dessus d'elle, elle s'y dirigea résolument. Au bout de quelque temps, elle atteignit le sommet de la montagne, où elle aperçut un feu flamboyant et, tout autour, sur douze blocs de pierre , les douze Mois assis. D'abord elle hésita, saisie de peur; puis, se ravisant, elle s'avança tout près du feu et y tendit ses mains pour les réchauffer. Elle ne demande pas aux Mois : « Puis-je ou non m'y chauffer? » Elle ne daigne même pas leur adresser une parole polie.

« Qu'est-ce qui t'amène ici, que cherches-tu? de- manda d'une voix sévère le grand Setchène.

— Je n'ai pas de compte à te -rendre, vieux barbu; pourquoi veux-tu savoir où je vais? » répondit fièrement Hélène en tournant le dos au feu et se dirigeant vers la forêt.

Le grand Setchène fronça le sourcil, et il fit un geste du bâton au-dessus de sa tête.

En un clin d'œil, le ciel se couvrit de nuages, le feu baissa, la neige se mit à tomber à gros flocons, et un vent glacial se déchaîna en rugissant dans la montagne. Aux hurlements de cette épouvantable bourrasque, Hélène mêlait des malédictions contre sa belle-sœur et contre Dieu. La chaleur de la pelisse ne suffit plus à réchauffer ses membres engourdis. Sa mère l'attend, elle regarde par la fenêtre, elle regarde du perron, sa fille ne paraît point. Les heures se passent les unes après les autres, Hélène ne revient pas.

Se- serait-elle donc affolée des pommes, au point d'oublier la maison? qu'y a-t-il ? il faut que j'aille la chercher moi-même. »

A ces mots, la mère se couvre les épaules d'une pelisse, la tête d'un capuchon et court à la recherche d’Hélène. Les neiges ont tout envahi, et nulle part on ne voit de traces de pieds humains.

Aucune voix ne répond à ses cris réitérés. Pendant longtemps elle erra au hasard, la neige tombait en avalanches, la bise glaciale soufflait dans la montagne.

Marouchka avait déjà préparé le dîner, elle avait trait la vache, mais ni Hélène ni la marâtre n'arrivent. Voilà que la quenouille de l'orpheline est déjà pleine, l'ouvrage de la journée est achevé, la nuit s'assombrit et elles ne rentrent pas.

« Serait-il arrivé quelque malheur? ah mon Dieu » se demanda l'excellente fille, en ouvrant la fenêtre.

L'orage s'est calmé, le ciel rayonne d'étoiles, la neige brille de leur éclat — nulle créature humaine à l'horizon. Marouchka referme tristement la fenêtre, elle se signe et prie Dieu pour sa sœur et sa mère. Le lendemain, elle les attend pour déjeuner, puis pour dîner, mais en vain; ni Hélène ni la marâtre ne revinrent. L'une et l'autre avaient gelé dans la montagne. L'héritage d'une maisonnette, d'une vache et d'un petit champ , échut à la bonne Marouchka. Avec le temps, un honnête fermier s'y trouva aussi ; et ils vécurent heureux et tranquilles.

 

Conte traduit de N. Bogéna dans Contes paysans et patres slaves traduit en français et rapprochés de leur source indienne par Alexandre Chodzko, chargé du cours de langue et littérature slaves au Collège de France, Imprimerie générale Ch. Lahure, Paris, 1864.

 

MAROUCHKA et les douze mois (conte TCHÈQUE)

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