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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La prédication de ZARATHOUSTRA

Prédication de la loi nouvelle

Fort de ce qu'Ahura-Mazda lui avait révélé, Zarathoustra redescendit de la montagne et, après avoir rédigé les premiers poèmes de ce qui deviendrait le livre sacré de l'Avesta, il commença son ministère. S'adressant à tous, quelles que soient leur caste et leur origine, Zarathoustra disait :

« Laissez-moi vous parler, vous qui désirez entendre et vous élever dans la doctrine. Ma parole sera claire afin que vous soyez complètement instruits. Que les apologues de l'erreur taisent leur mauvaise doctrine et que la langue du méchant se noue ! »

Dès lors, une foule se groupa autour du fils de Purushaspa.

« Je vais vous entretenir des deux esprits, qui sont les principes de l'existence. Un de ces esprits donne la vie, l'autre donne la mort, et rien entre eux, ni leurs pensées, ni leurs enseignements, ni leurs caractères, ni leurs désirs, ni leurs paroles, ni leurs actes, ni leurs lois, ni leurs âmes ne s'accordent.

Je vous entretiendrai de l'origine de ce monde, telle que me l'a transmise l'omniscient Ahura-Mazda. À ceux qui n'accomplissent pas sa loi telle que je la connais et telle que je la professe, à ceux-là que la fin du monde soit pour eux un malheur !

Je vous entretiendrai de celui qui est le plus parfait et le plus saint, de celui qui est le père de l'esprit saint et actif de ce monde. Sachez que la Terre aux immenses bienfaits est sa fille et que de toute chose il est le maître.

Je vous entretiendrai de ce que m'a dit le Très Saint, et sachez que sa parole est la plus belle qui puisse être entendue par les mortels. Ceux qui me prêteront obéissance et m'adresseront des dons, Haurvatat, l'ange de la plénitude, et Ameretat, l'ange de l'éternité, les visiteront, de même qu'Ahura-Mazda. Car celui qui donne les meilleures offrandes à ceux qui sont animés par l'esprit divin, Ahura-Mazda les écoute. Ceux qui lui adressent des offrandes trouveront en lui le secours pour tromper la mort et trouveront la vigueur nécessaire pour affronter et dominer les méchants, car ils savent qu'Ahura-Mazda est le créateur des forces qui animent l'Univers. De l'apôtre, du maître de sagesse, du prêtre, Ahura-Mazda est l'ami, le frère et le père.

Je vous entretiendrai donc de la plus pure louange qui soit, car c'est en célébrant Ahura-Mazda que j'ai été moi-même instruit dans le juste esprit et c'est lui qui me dirige de sa parfaite intelligence.

Que ceux qui ont pour culte la sagesse, que ceux qui veulent adorer celui qui est appelé le sage suprême et sans défaillance, que tous me suivent et m'écoutent. Grâce à la pureté de son esprit, grâce à sa profonde justice, le monde entier lui appartient et c'est lui qui lui donne sa puissance et sa force. Les archanges Haurvatat et Ameretat, maîtres du véritable bonheur et de l'immortalité, résident dans son royaume et c'est lui qui donne à ce monde la puissance et la force.

Qu'Ahura-Mazda nous donne des contrées, des pâturages, afin que nous y fassions prospérer nos troupeaux et nos fils. Car il est venu celui qui méprise et écrase les démons… Il est venu celui qui gagnera le combat contre ceux qui refuseront sa doctrine. »

 

Texte inspiré du Yasna Haptanghaiti 45 (10e gathas), présent dans l'Avesta.

*

L'errance de Zarathoustra

La doctrine d'Ahura-Mazda, malgré la foi de son prophète, ne réussissait pas à gagner le cœur des foules. Celles-ci adoraient toujours les démons, les sacrifices sanglants inutiles et les passions néfastes.

Depuis qu'elle avait pris la route pour suivre les prêches de leur gourou, la communauté des disciples du Zoroastre n'avait pas augmenté, elle diminuait même inexorablement. Plus encore, le Zoroastre subissait souvent la violence de ceux qui ne pouvaient supporter son discours. Dans la haine et la violence, sa communauté se faisait parfois rejeter des villes et attaquer dans les forêts où ils campaient.

Une nouvelle fois Zarathoustra s'en remit à Ahura-Mazda :

« De quel côté me tourner, où porter mes pas ? Loin de mes amis, loin de mes fidèles, les paysans ne m'honorent pas, ni leurs chefs qui se livrent au mensonge. Comment te servir, comment te plaire encore, ô Seigneur Très Sage ?

Je sais d'où vient mon impuissance, ma faiblesse : je ne suis qu'un homme, entouré d'autres hommes tous aussi faibles que lui. Mon troupeau est maigre, peu d'hommes me suivent. Je crie vers toi, Seigneur, alors regarde-moi ! Accorde-moi le secours comme un ami à son ami. Enseigne-moi ta droiture et les richesses de la Bonne Pensée.

Quand arrivera donc la Lumière des jours ? Quand viendra celui qui me tendra une main secourable, à moi qui suis ton élu, Seigneur, à moi que tu as choisi pour diffuser ta vérité ? Je m'abandonne à ta volonté, Seigneur, afin que mon œuvre connaisse le succès.

Livré au mal, le méchant empêche que la vérité se répande, il s'oppose à ce que le respect de la vie règne dans les cités et les champs. Celui qui lui ravira la vie en même temps que la puissance, Seigneur, marchera en éclaireur dans les sentiers de ta religion, qui est la science sacrée !

Celui qui entend le fugitif frapper à sa porte, fût-il lui-même le gouverneur de la province, il doit lui ouvrir sa maison, car ainsi le veut la loi sacrée, ainsi que les coutumes et les mœurs. Sachant qui est le méchant, le juste doit prendre la défense du fugitif contre les forces du mal.

Il faut être méchant pour fermer sa porte à un homme en fuite. C'est être méchant que de favoriser les œuvres du mal. Le juste est celui qui aide ceux qui servent la justice. Telle est la vérité, Seigneur, depuis qu'existe ta loi.

Qui prêtera son appui au faible que je suis, qui me protégera contre le méchant et sa violence ? Qui, si ce n'est ton feu, ta pensée pure et les œuvres conformes à ta loi ? Fais, Seigneur, que ceux qui s'acharnent contre les miens voient leur fureur se retourner contre eux et les séparer à jamais du bonheur. Ahura Mazda, toi seul est notre juge.

« Homme ou femme, celui qui me donnera ce qu'il y a de mieux au monde, comme la justice, la droiture, la puissance et la Bonne Pensée, il entrera dans ma communauté et me suivra pour t'adorer et tous ensemble, nous passerons le Chinvat, le pont des élus qui est la voie étroite qui mène vers toi Seigneur. Unis dans le mal, les mauvais prêtres et les princes cruels réunissent leurs forces pour désoler la terre des hommes. Mais lorsqu'ils auront atteint ce pont qui ne se laisse franchir que par les justes, leurs âmes et leurs consciences connaîtront jusqu'à la fin des jours les vrais tourments, ceux de la demeure du mensonge et qui est l'enfer. »

 

Prière de Zarathoustra extraite du Yasna Haptanghaiti 46 (11e gathas), dans sa traduction par l'orientaliste iranien Amir Mehdi Badi (Monde et parole de Zarathoustra).

*

Le roi Vishtaspa et la profession de foi mazdéenne

Voulant convaincre à sa doctrine les puissants de ce monde afin que ceux-ci entraînent avec eux leur peuple sur le chemin de la sagesse et de la justice, Zarathoustra offrit des rituels de homa et de nourriture à la déesse Anahita. Ce rituel, ce fut le même que jadis Ahura-Mazda avait fait pour elle au sommet du mont Hara, afin de l'inciter à lui gagner les faveurs de Zarathoustra.

Comme l'avait fait Ahura-Mazda, Zarathoustra leva le bâton sacré du baresma en l'honneur de la déesse des eaux, chanta beaucoup de mantras capables d'infléchir la réalité à travers la maîtrise du verbe, pria beaucoup, fit de nombreux rites… puis il demanda cette faveur à la déesse :

« Ô bonne et pure déesse, attache-moi le roi des rois, le vaillant Vishtaspa, pour qu'il pense selon la loi, qu'il parle selon la loi et qu'il agisse selon la loi. »

Charmé de son chant, contente de ses libations de beurre, la douce et pure Anahita accorda cette faveur au saint Zoroastre.

Dès lors, afin de transmettre la bonne parole, Zarathoustra se mit en route pour Bactres, en vue de gagner la cour du roi Vishtaspa, le roi des rois. Comme un fleuve barrait le chemin de Zarathoustra et ses disciples, Ahura-Mazda leur donna le pouvoir de marcher sur les flots et ils arrivèrent donc sans encombre à la cour du roi Vishtaspa.

Zarathoustra se reposa quelque temps dans le palais royal puis, après avoir, avec ferveur, invoqué le nom de Dieu, il chercha à approcher le roi.

Fièrement il entra dans la salle d'audience et fixa son regard sur le roi, le diadème et le trône. II vit d'abord les chefs du royaume rangés sur deux rangs, debout et les flancs ceints, les grands du pays d'Iran et ceux de toutes les autres régions, les chefs ou les princes ; on eût dit que Vénus, le Soleil et la Lune remplissaient le palais de leur lumière. Devant eux il vit, assis sur deux rangs, plein de dignité et de noblesse, les docteurs, puis autour du trône du roi Vishtaspa deux autres rangs de courtisans. On distinguait la valeur de chacun d'eux, s'il possédait beaucoup ou peu de science, car ces savants se disputaient les uns avec les autres devant le triomphal roi des rois. Celui qui était plus savant se trouvait le plus proche du roi, et le roi des rois, le front ceint de la couronne de turquoise, siégeait sur un trône d'ivoire.

Le roi, ayant appelé Zarathoustra, le fit asseoir à côté de lui et lui adressa maintes questions sur les traditions et les sciences anciennes. Comme de tous les sages aucun qui ne demeurait, osât souffler mot devant Zarathoustra, celui-ci plein de grandeur et de dignité, prenant place au-dessus de tous, parla à Vishtaspa :

« Ô maître du monde, je suis le prophète que Dieu a envoyé au-devant de toi, Dieu par la volonté duquel les sept cieux et la terre apparurent, et qui créa les astres tels qu'ils sont devant ceux qui les contemplent ; Dieu qui donna la vie et qui distribue le pain quotidien, sans reprocher ce bienfait à ces créatures ; Dieu qui, sans que tu en prennes souci, t'a déféré la royauté, le trône et la couronne, qui du néant t'a appelé à l'existence, par ordre duquel il t'est échu de régner sur tous les hommes. »

Alors, de la même façon que Zarathoustra s'était adressé à Ahura-Mazda, le roi Vishtaspa interrogeait son nouvel hôte : « Ô sage, quelle est ta doctrine ? »

Et Zarathoustra lui répondait de bon cœur :

« J'agis ainsi qu'Ahura-Mazda me l'a ordonné lors de nos entretiens : je loue toutes les bonnes pensées, toutes les bonnes paroles, toutes les bonnes actions.

J'embrasse tout ce qui est bon en pensée, en parole, en action. Je loue la pensée sainte, la parole bien dite, l’œuvre bien faite. Je loue la loi sainte mazdéenne, qui éloigne les querelles et les rixes et favorise la sainte union, qui est la plus grande, la plus parfaite et la plus belle de toutes.

Je renonce à toute mauvaise pensée, à toute parole coupable, à toute mauvaise action.

J'attribue tout ce qui est bon à Ahura-Mazda, l'être parfait, aux pensées sages, l'être pur, riche et majestueux, à qui appartient tout ce qu'il y a de plus parfait : la sainteté, les vaches, les étoiles et la splendeur qui émane d'elles.

Je choisis le parti de la Terre, Spenta Armaiti, car elle est à moi.

Je présente aux Amesha-Spenta mes offrandes, mes sacrifices et mes témoignages de respect. Je leur fais des offrandes pour qu'ils viennent et demeurent parmi nous. Je leur offre par mon esprit, par ma voix, par mes actes, par ma conscience, le principe vital de mon propre corps.

C'est pour eux que je chante des louanges, pour préserver les troupeaux du vol et du danger et les bourgs mazdéens les catastrophes et la dévastation. Par cet acte d'adoration pure, je m'élève vers ces esprits célestes, et ainsi j'espère conjurer le mal.

Je m'efforce de ne pas éprouver d'amour désordonné de mon corps, ni d'être trop attaché à la vie, car de telles attitudes amèneraient la dévastation sur les bourgs mazdéens.

Je réprouve les démons, que certains, par entêtement dans l’erreur à cause de leur ignorance ou de leur vice, s'évertuent à appeler dévas [dieux]. Je rejette l'autorité de ces démons, êtres pervers, méchants et criminels, par qui les maux trouvent leurs origines. Je rejette aussi leurs sectateurs, leurs sorciers et tous les êtres pervers qui existent dans l'Univers. Je renonce à toutes les pensées, à toutes les paroles, à toutes les œuvres, à tous les actes produits par les démons ou par ceux dont l'activité est la destruction.

Par cette foi, par cette loi, je suis mazdéen et j'agis en mazdéen, c’est-à-dire en adorateur fidèle de la sagesse [Mazda]. »

En rendant ainsi réponse sur tout, Zarathoustra contenta grandement le cœur du roi, qui s'empressa de répéter sa profession de foi, puis devint son plus fervent disciple. Afin qu'il demeure auprès de lui, il lui offrit même un château fort situé non loin de son palais.

 

Récit composé à partir du Zarathusht-Nama (op. cit.) Pour la profession de foi des mazdéens, nous nous sommes référés aux yasnas 12 et 13 de l'Avesta. Référence à Anahita empruntée au yasht 65, lequel est consacré à la déesse. Le roi Vishtaspa est aussi appelé Goshtasp ou Hystaspès. Hystaspès, en grec : « celui qui aime les chevaux », est un prête-nom pour des traités grecs rédigés en témoignage de la doctrine zoroastrienne.

La prédication de ZARATHOUSTRA

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