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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Corpus thématique de prières polythéistes - LE DIEU SAUVAGE

Invocations à Dionysos

Parfum de Dionysos, 42e hymne orphique

Viens, bienheureux Dionysos, né par la foudre, doté de cornes de taureau,

Bacchus, aux mille noms, qui dompte tout,

Qui te réjouis des épées et du sang et des chastes Ménades,

Qui pleure sur l’Olympe, qui rugis avec force,

Bacchus furieux, porteur de thyrse, qui te souviens des injures,

Vénérable aux mortels comme aux immortels,

Viens, Dieu bondissant, et donne à tous le bonheur.

 

Parfum de Lénaios, 47e hymne orphique

Écoute-moi, bienheureux fils de Zeus, qu’on chante autour du pressoir,

Bacchus aux deux mères,

Semence vénérable, germe sacré des dieux,

Illustre puissance libératrice,

Caché par tes parents,

Fructueux Bacchus qui pérennise les moissons,

Retentissant et vigoureux Lénaios, aux formes variées,

Vin qui repose du travail, remède visible aux mortels,

Fleur sacrée, ami de la joie,

Chevelu et rugissant, agréable à tous,

Tu brilles pour les Immortels comme pour les mortels,

Je te supplie de favoriser ceux qui s'initient à tes mystères.

 

Parfum de Bacchus, 49e hymne orphique.

Je t’invoque, ô Bienheureux, aux mille noms,

Frénétique Bacchus,

Couronné de cornes de taureau,

Toi qui répands le feu, toi qui portes une férule,

Prince des mystères, nocturne, prudent,

Coiffé d’une mitre, armé du thyrse,

Prêtre sacré des mystères, trois fois né, né le premier

Semence cachée de Zeus,

Père et fils des Dieux,

Mangeur de chair crue, danseur furieux, conducteur des orgies, flamboyant,

Tu cours sur les montagnes vêtu de peaux de cerfs.

Porteur de la lance d’or, couronné de raisins, habillé de lierre, Dieu-phallus !

Viens, Bienheureux, et sois propice à ceux qui enseignent tes mystères.

 

Invocations en l'honneur de Rudra

Extrait du Rig-Véda

Nous t'invoquons Rudra, le meilleur des dieux, car tu es notre refuge, toi qui nous envoies la pluie comme remède !

Tu es le maître des mantras, de la magie, des chants religieux et des sacrifices, et c'est toi qui nous accordes l'extase du véritable bonheur.

Rudra, nous sommes ton peuple, fais que nous soyons bien portants car c'est ta faveur seule que nous souhaitons.

Sois bon pour moi, pour mes enfants et mes petits-enfants.

Épargne parmi nous le vieillard et l’enfant, le père et le fils.

Épargne celui et celle qui nous ont donné le jour.

Rudra, maître du monde, ne trouble pas nos aïeux, ne trouble pas nos enfants, qu’ils soient à nos côtés ou dans le ventre des femmes, ne les trouble pas non plus, ni nos pères, ni nos mères et tiens ta colère éloignée de ceux qui nous sont chers.

Rudra, abstiens-toi de frapper les personnes qui nous sont chères et éloigne de nous ta colère, qui tue les vaches et les enfants.

Répands plutôt ta bénédiction sur nos troupeaux de chevaux, de brebis, de béliers, de vaches, sur nos hommes, nos femmes, nos enfants, et sur tous les autres biens qui répondent de toi.

Ne réduis pas la durée de nos vies, n'afflige pas notre bétail, ni nos chevaux.

N'afflige pas non plus ceux qui nous aident et travaillent pour nous.

Ainsi nous te dédicacerons de nombreuses libations et d’innombrables offrandes.

Rudra, nous t'adressons nos salutations respectueuses et nous nous prosternons entre tes bras, devant ta divine colère ainsi que devant ton arc et tes flèches. Puissent tes flèches nous êtres tendres et nous bénir, elles qui depuis ton carquois pourvoient à toutes les douceurs.

Rudra, que tes projectiles nous contournent mais que ta violente colère brûle la méchanceté dans nos actions et éradique nos mauvaises intentions.

Détache la corde de ton arc pour ceux qui sont généreux avec toi et rends nos enfants beaux et forts en échange de nos rituels, offrandes et sacrifices.

Rudra, maître des montagnes, que ton aspect ne soit pas à l'image de nos vices et que ton doux regard se pose sur nous et nous tranquillise en nous révélant notre véritable nature.

Ton bras féroce, levé au ciel, ne l'abaisse pas sur les êtres vivants, transforme-le plutôt en corne d'abondance, ô toi qui depuis le sommet de la montagne irradie le monde de douceur.

Rudra, toi qui nous couvres de richesse, toi qui donnes du sens à nos espoirs, fait que tes milliers de flèches pleuvent sur d'autres que nous.

Fais-nous te ressembler, pur Seigneur de la parole, que tes mots d'amour ennoblissent notre pensée, que tes mots purifient notre esprit.

Ô toi qui es notre protecteur, notre porte-parole, notre docteur, notre dieu suprême, réduis en poussière le serpent qui est en nous et qui est la source de nos vices.

 

Par rishi Coutsa, Rig-Véda, 1, 8, 2.

À l'aube tu nous visites, alors que les bergères et les servantes t'admirent en se réjouissant.

À ta vue, toutes les créatures, et surtout celles qui ont la garde du bétail et de la Terre, c'est-à-dire les jeunes filles, les brahmanes et les dévas, feront jaillir de joyeuses louanges à ton égard :

« Ô maître du soleil, charme-nous et fais-nous jouir ! » s'écrient-ils tous à l'unisson sur ton passage.

Seigneur de la douce colère, détache donc ton arc aux deux bouts, émousse tes pointes et vide au sol ton carquois des flèches qui nous étaient destinées.

Dieu aux milles yeux, sois notre bienfaiteur, sois celui qui procurera le calme de l'esprit.

Plutôt que de nous frapper, entoure-nous de tes bras et protège-nous des maladies et du vice.

Rudra, Seigneur du monde, toi qui médites sur la destruction de tous les obstacles, absorbe en toi ma pensée, fais que je ne sois plus qu'une partie de toi.

Fais que j'oublie mes volontés de conquête et que je me calme, assis en tailleur.

Prends possession de moi et ne deviens qu'un avec mon esprit.

Rudra, calme donc les bipèdes et tiens les quadrupèdes à l'écart des maladies et nous serons heureux, le monde sera en paix. L'univers aussi.

 

 

Sri Rudram

Extraits

Krishna Yajur-Véda, Taittiriya Samhita, 4, 5 à 4, 7.


Ôm Namo Bhagavathe Rudraya

« Prosternation devant le divin Rudra »

 

2nd chamaka

Ô Shiva je te salue, toi dont l'univers porte le nom. Ô Shiva, puisses-tu m'accorder l'abondance, la créativité, la conscience, l'étude, l'éloquence, le mental, l'effort intense, la rapidité de mes mouvements, de bonnes idées et de bonnes pensées, une bonne ouïe et une vue perspicace !

Ô Shiva, accorde-moi aussi la force intérieure, la vitalité, le pouvoir et la puissance, et une longue vie dont la vieillesse sera empreinte de sagesse. Accorde-moi ensuite la sagesse et le respect qui viennent avec l'âge. Pour cela, donne-moi une bonne circulation sanguine, une nourriture saine et appropriée à chacun de mes organes. Donne-moi aussi la force vitale, la capacité d'expurger mon corps de ses sécrétions néfastes et de ses déchets en tout genre, que ce soit des déchets organiques comme des idées néfastes.

Accorde-moi la conscience, le corps et l'abri, la sécurité de mes membres, et le repos de mes os. Fasse enfin que je sois conscient de mes articulations comme du déroulement de ma pensée.

Fais de moi un bienfaiteur ! Donne-moi la possibilité d'offrir des cadeaux ! Laisse-moi la liberté de choisir, de me développer, de prospérer, de voir ma famille s'agrandir ! Donne-moi la souveraineté, la juste colère, donne-moi l’infini, l'insondable, l'eau potable et la victoire, donne-moi la gloire ! Fais-moi connaître la plénitude, l’honnêteté, la confiance comme la foi en soi !

Fais aussi que je puisse devenir la création tout entière, ainsi que toutes les richesses ! Fais que je sois capable de convaincre, capable de rayonner au-dehors et en moi-même, capable de jouer, de me réjouir, de jouir des bons mots, de jouir des bonnes actions, de ce qui est justement dit et justement fait, de jouir de ce qui est né et de ce qui va naître…

Que tout ceci soit à moi ! Et que tout ceci me procure la gloire de compter près de moi de nombreux auditeurs et de nombreux disciples renommés, qui deviendront célèbres pour leur écoute et leur maîtrise des Védas, et qui seront dotés d'une illumination intérieure et d'un savoir divin, qui les rendra capables de communiquer avec les divinités !

Donne-moi donc une bonne histoire à raconter, un bon passé à me souvenir et un avenir brillant à espérer. Fais-moi progresser, montre-moi la voie vers ma réalisation. Garde mon grenier toujours plein et mon esprit toujours vif et imaginatif. Garde mon esprit en état de raisonner clairement et justement. Donne-moi aussi le talent d'enseigner, d'inspirer et d'être inspiré, de rechercher, de découvrir, et de chercher encore les vérités cachées et la véritable connaissance.

Permets-moi enfin de me mélanger aux vérités cachées pour ne plus faire qu'un avec elles, afin que je puisse percevoir nettement les rythmes du cosmos, ainsi que tout ce que mes sens ne peuvent percevoir.

 

Salutations à Rudra - Shiva

Salutation à toi, Seigneur de l’univers, détenteur du troisième œil, destructeur des trois mondes et des trois villes, maître du temps et des trois types de feux. Toi qui portes à la gorge la marque bleue du poison que tu as bu pour sauver le monde, toi qui as vaincu la mort, toi qui es absolument tout en absolument toute chose, toi qui es la paix éternelle, le plus généreux et le plus parfait des dieux, nous te saluons !

Salutation encore et prosternations, devant l’ordonnateur des quatre directions.

Salutation au gardien des chemins, au gardien de la lumière, au gardien de la santé.

Salutation aux arbres, dont les branches et les feuilles sont les cheveux du Seigneur des animaux, de la fertilité et de l'agriculture.

Salutation à celui qui est sale, à celui dont le corps est recouvert de poussière et de boue.

Salutation au Seigneur des aliments, au maître des sens et au vainqueur des poisons.

Salutation à celui qui est une maladie mortelle pour ses ennemis, à celui dont la monture est un taureau.

Salutation encore à celui qui seul peut arrêter la ronde des naissances et des morts.

Salutation donc au Seigneur de la création, maître du corps, de l'espace et du temps.

Salutation à celui qui est l'aurige de la vie et le maître des forêts et de la vie sauvage.

Salutation à celui qui ne peut être blessé et qui connaît toutes les plantes médicinales, comment les mélanger et comment les utiliser.

Salutation au protecteur de tout ce qui vit, au maître des arbres.

Salutation encore et encore, au messager, au commerçant, au voyageur qui traverse les sous-bois.

Enfin, nous saluons le chef des légions, le premier des fantassins, celui qui de son cri tonitruant fait vibrer l’univers tout entier.

Salutation au maître et au guide de ceux qui recherchent la sagesse. » Sri Rudram, 1, 1.

 

« Salutation encore au meilleur des cambrioleurs, au chef des voleurs de grand chemin, au plus grand des escrocs, au braconnier nocturne, qui s'est introduit en nous pour nous voler, tout en régnant sur tout ce qui nous est extérieur,

Il est aussi le voleur des récoltes du vice, le voleur des bijoux et l'épée de la justice, de même qu'il est celui qui fuit la justice ; il est le criminel, le tueur, le massacreur. Il est l'inspirateur de celui qui vole celui qu'il doit servir, de celui qui utilise ses mains pour se défendre et qui cause le trouble dans sa communauté.

Salutation encore à celui qui porte comme simple habit un pagne rouge, et qui vit humblement dans la forêt, retiré des hommes. Il est le chef de ceux qui volent, dans les maisons et dans les champs, la propriété que d'autres nomment privée. [...]

Salutation à celui qui est assis, comme à celui qui est allongé.

Salutation aussi à celui qui rêve comme à celui qui est éveillé,

Salutation à celui qui est debout et attend comme à celui qui court.

Salutation donc à l'assemblée et à celui qui règne sur cette assemblée, à celui qui est un cheval et à celui qui monte ce cheval. » Sri Rudram, 1, 3.

 

« Salutation au malheur qui accable, ainsi qu'à celui qui en fait sa cible et l'a transpercé,

Salutation à celui qui aide le bien et qui est craint par le mal.

Salutation à celui qui est lié et qui est le chef de ceux qui sont emprisonnés.

Salutation au chef des légions meurtrières, qui est le chef de nos passions, de nos pulsions.

Salutation aux membres du clan et à ceux qui dirigent ce clan,

Salutation aussi aux mercenaires et aux pires filous de toutes les races.

Salutation à celui qui est leur chef à tous.

Salutation à celui qui est laid comme à celui qui a l'air de n'importe qui.

Salutation encore à celui qui a une grande âme, comme à celui dont la personnalité est empreinte de faiblesse.

Salutation donc à celui qui conduit un char, comme à celui qui ne possède pas de char.

Salutation à celui qui est le véhicule, mais aussi celui qui montre à tous les véhicules le chemin.

Salutation à celui qui est un soldat, tout en étant lui-même le chef de l'armée.

Salutation à ceux qui conduisent correctement ce véhicule, mais salutation aussi à ceux qui n'y parviennent pas.

Salutation à chacun des artisans qui ont travaillé à l’élaboration de ce véhicule.

Salutation aux potiers ainsi qu'aux forgerons.

Salutation encore aux chasseurs d'oiseaux et aux pêcheurs.

Salutation à ce qui est gigantesque, grand, grotesque ou minuscule.

Salutation à ceux qui fabriquent les archers et à ceux qui fabriquent les flèches.

Salutation aux prédateurs, à celui qui chasse les animaux sauvages, attrape les chiens avec son lasso puis les dresse.

Salutation à celui qui est un chien et qui nous protège des chiens.

Salutation aux chiens et aux maîtres qui les ont dressés. » Sri Rudram, 1, 4.

 

« Salutation au plus âgé comme au plus jeune.

Salutation à celui qui est né avant comme à celui qui est né après.

Salutation aux hommes d'âge mûr comme aux jeunots.

Salutation à ceux qui sont nés dans toutes les castes, de celles qui trouvent leurs racines dans le ventre jusqu'à celles qui les trouvent dans les pieds.

Salutation à ceux qui sont nés humains, avec tous les défauts que cela implique, et salutation à ceux qui sont nés autres.

Salutation à ceux qui possèdent en eux le divin comme le démoniaque.

Salutation à celui qui pourrit en enfer comme à celui qui jouit des faveurs du paradis.

Salutation au Seigneur des jardins et des champs.

Salutation à celui qui cultive et à celui qui récolte.

Salutation à celui qui est loué par les Védas, particulièrement à la fin.

Salutation à celui qui est dans le mystère des arbres des forêts et qui prend la forme des sous-bois.

Salutation à celui qui est la forme du son et la forme de son écho.

Salutation à celui qui est la rapide cavalerie et l'intrépide infanterie,

Salutation aux braves comme aux lâches.

Salutation au héros, comme à l'anonyme.

Salutation à celui qui armé, conduit un char vers l'ennemi.

Salutation à ceux qui portent un casque solide et à ceux qui profitent de la magie d'un charme.

Salutation au glorieux chef des glorieuses légions divines : Rudra-Shiva-Ganapati. » Sri Rudram, 1, 6.

 

« Salutation au crieur qui bat le tambour pour ameuter le voisinage et annoncer la nouvelle, salutation à ce qui sort de son tambour ainsi qu'à celui qui l'a envoyé.

Salutation au courageux qui ne fuit jamais devant l'attaque, comme au circonspect qui se renseigne sur son ennemi en l’espionnant.

Salutation à l'émissaire comme à l'adversaire.

Salutation à celui qui est si proche des hommes, qu'il est pour eux un carquois rempli de flèches aux nombreux pouvoirs.

Salutation au penseur subtil qui possède des idées aiguisées comme un couteau, mais salutation aussi à celui dont la compagnie ennuie et dont le discours fatigue.

Salutation celui qui maîtrise les plus puissants des projectiles et à celui qui possède les meilleures armes.

Salutation à celui qui emprunte les sentiers, comme à celui qui suit la grande route.

Salutation à celui qui se conduit comme une source et à celui qui se comporte comme un torrent.

Salutation à celui qui est dans les étangs et dans les lacs.

Salutation à celui qui est dans la fluide ondée des rivières, ainsi que dans les impassibles marais putrides.

Salutation à celui qui est dans les puits et dans les sources.

Salutation à celui qui est dans la pluie mais aussi dans l'aridité des déserts.

Salutation à celui qui est à la fois l'éclair et les nuages amoncelés.

Salutation à celui qui est la substance qui brûle mais aussi la chaleur qui est créée par cette combustion.

Salutation à celui qui est dans la mousson ainsi que dans le vent chaud des typhons.

Salutation à celui possède, comme à celui qui possède le possédant. » Sri Rudram, 1, 7.

 

« Salutation à Soma et à Rudra.

Salutation à celui qui est de la couleur cuivrée de l'aube innocente.

Salutation au grand pacificateur, à Pashupati, le Seigneur-protecteur des animaux.

Salutation à ce qui est féroce et à ce qui est effrayant.

Salutation à celui qui tue en s'approchant de sa victime et salutation à celui qui l’atteint de loin.

Salutation au meurtrier comme au destructeur de l'univers.

Salutation à celui dont la chevelure est semblable aux lianes qui entourent les arbres de la jungle.

Salutation à celui qui est dans le « AUM », le son qui traverse l'univers ainsi que la vie et la mort.

« A-U-M Nama Shivaya », gloire au protecteur de l'humanité, le doux Shiva.

Salutation aux fleuves sacrés et à ceux qui se purifient sur leurs rives.

Salutation à celui qui est de tous les côtés et de tous les partis, de chacune des rives du fleuve.

Salutation à celui qui nous aide à traverser à la nage l'océan de nos vices et qui nous guide vers le repos et le salut.

Salutation à celui qui fit l'âme entrer dans le cœur des hommes et salutation à celui qui les encouragea à jouir du fruit de leurs actions.

Salutation à celui qui est à la fois dans l'herbe tendre de la berge et dans l'écume blanchâtre et bouillonnante des flots.

Salutation à celui qui est dans le lit sablonneux comme dans les vagues du fleuve. » Sri Rudram, 1, 8.

 

« Salutation à celui qui trace un chemin dans le désert.

Salutation à celui qui s'abrite sous un rocher comme à celui qui habite dans une confortable demeure.

Salutation à celui qui a les cheveux emmêlés mais qui se tient prêt à défendre les siens.

Salutation à celui qui habite la Terre et à celui qui habite une maison.

Salutation au yogi qui est assis sur un coussin et à celui qui est assis sur un trône.

Salutation à celui qui vit dans les sous-bois et dans les grottes.

Salutation à celui qui médite dans un torrent et à celui qui médite quand tombe sur lui la neige.

Salutation à celui qui est l'infiniment petit des particules de poussière et à celui qui est la boue de ces particules amassées.

Salutation à celui qui est le bois sec et la jungle luxuriante.

Salutation à ce qui est solide et à ce qui est en toc.

Salutation à ce qui est droit comme à ce qui est tortueux.

Salutation à celui qui est dans les bourgeons du printemps comme dans les feuilles brunes de l'automne.

Salutation à celui qui est prêt à frapper et à celui qui frappe pour se défendre.

Salutation à celui qui avertit et à celui qui punit.

Salutation à celui qui est généreux avec ceux qui le vénèrent, salutations à celui qui est adoré par les dieux mêmes.

Salutation à celui qui n'a pas de forme mortelle et qui n'a ni commencement ni fin.

Salutation à celui qui exauce les prières des dieux mêmes.

Salutation à ceux qui sont constants dans leur quête de non-violence en pensée, en paroles et en actions.

Salutation à celui qui est en toute chose et qui voyage à travers toute chose. » Sri Rudram, 1, 9.

 

Hommages à Shiva

Tirumular, Tirumantiram (Payiram)

Lumineux comme les rayons du soleil, les cheveux tombant sur ses épaules, Shiva est celui qui est adoré par l'univers mais qui lui-même ne vénère personne.

Sans pareil, sans égal, il était déjà là à l'aube du monde, quand germa la graine qui donna l'arbre à souhait.

De même que dans une mélasse qui aurait vu bouillir du musc et de l’ail, l'odeur du musc surpassera toujours la vile odeur de l’ail, ainsi dans l'univers les choses se mélangent pour former un tout au-dessus duquel domine l'amour émanant de Shiva.

C'est pourquoi ses fervents disciples l’appellent le Père, car il rayonne en chaque existence dont il est à l'origine.

Lui qui a vu mourir un nombre incalculable de dieux et naître sur terre des myriades d'existences humaines, il est l'amour suprême et c'est avec son troisième œil qu'il éclaire les ténèbres dans lesquelles nous nous débattons.

C'est lui qui crée la vie et la mort depuis le sommet de l'univers, depuis le Kailash, la montagne illuminée d'éclairs où grondent les tonnerres et fleurissent les bourgeons parfumés.

Ainsi, aussi loin que se porte le regard, aussi haut que s'aventure l'esprit, il ne se trouve aucune puissance qui ne soit plus puissante que Shiva, qui soit à la fois le nuage et la pluie, l'effort et sa récompense.

C'est lui qui mit en mouvement l'espace infini et insuffla la vie dans le cosmos, et toutes les choses que l'esprit humain a tant de mal à saisir, il est l'acteur et le témoin.

Gardien des piliers qui soutiennent les sept mondes, plus haut même que le septième ciel depuis lequel il s'étend sur l'univers, Shiva est le foyer, le soleil et la lune, mais aussi la mère qui allaite l'univers par la pluie.

Des montagnes, il est le sommet enneigé et des océans, il est la banquise.

Il est l'être qui ne pense pas mais qui connaît toutes nos pensées.

Pourtant, rares sont ceux qui connaissent sa véritable puissance, car il est le maître du démon illusionniste Maya, lui-même à l'origine de toutes les illusions à travers lesquelles vit l'humanité.

En effet, rares sont ceux qui savent combien il est glorieux, Shiva qui est plus chaud que le feu, plus rafraîchissant que l'eau de source, plus innocent qu'un enfant et encore plus aimable qu'une mère, Shiva qui est l'amour incarné.

Douter de lui, perdre la maîtrise de soi, voici l'origine des faiblesses humaines.

Mais pour ceux qui se donnent entièrement à lui, Shiva est un guide qui se tient à l’écart, mais qui entre partout.

Pour l'humanité dont il est amoureux, il s'est incarné et exprimé en Brahma, en Vishnou, de même qu'en chacun de ceux qui vivent en se soumettant au Dharma, la loi éternelle, divine et sans limite de la justice cosmique.

Dans sa grande mansuétude, à l'origine de toute l'existence, au confluent des sept vallées, sur les hauteurs de l'Indus, là où dans l'air flottent des senteurs épicées et parfumées, Shiva fonda les premières cités de l'humanité, au-dessus desquelles il installa en guise de trône une lune, depuis laquelle il aime à regarder toute sa création.

 

Hymne en l'honneur de Murugan

Peripadal, Ettutokai

Poète : Nallasiyar. Compositeur : Nallachuthanar

Les disciples arrivent dans la nuit portant des fleurs aux feuilles tendres et ruisselantes de miel, les disciples accourent, revêtus de drap délicat, portant la petite clochette dans une main et la lance dans l'autre.

De la poudre de sandale est étalée sur le sol par un boucher de la caste des Velan, lequel amène pour être sacrifiée une chèvre qui aura été les mois précédents attachée à un ficus sacré et ne se sera nourrie que des bourgeons gorgés de sève des hauts pâturages humides.

L'arbre de Kadampa, qui a inspiré aux poètes tant de chansons est aussi l'arbre de Murugan.

Des torches de tissus parfumés ont été enflammées, des instruments de musique sont joués sur des terrasses, des fumées de senteurs s'échappent des cuisines, des drapeaux sont levés, et chaque soir affluent les dévots qui viennent se prosterner à ses pieds.

Qui parmi eux ne désirent pas vivre dans un monde supérieur ?

Depuis la montagne de celui qui ne connaît que la victoire, des sons variés se font entendre :

Sur un versant, des bardes jouent une douce mélodie,

Sur un autre versant, le bourdonnement des abeilles se fait entendre,

Sur un autre versant, c'est de la flûte et ailleurs encore ce sont les tambours qui rugissent,

Sur un dernier versant, ce sont de grandes chutes d'eau qui se font entendre en se fracassant,

Sur un autre versant, dansent des musiciens en trance, qui se balancent en cadence délicate,

Sur un autre versant une chanteuse entonne des variations sur des airs populaires,

Sur un dernier versant des paons les accompagnent par des danses en rythme.

Tels sont les sons étranges et les tumultes qui résonnent encore et encore dans la montagne !

Si nous t'implorons, Murugan, ce n'est pas pour obtenir la prospérité, l'argent ou tel autre de nos désirs, mais seulement la grâce, l'amour et la vertu !

 

L'enseignement du fou libéré de ses liens

Dattatreya, Swami et Kartika, Avadhuta Gita

Depuis la trad. anglaise de Hari Prasad Shastri (Wikisource, 2010)

Déraciné et sans racine, libre de cause et sans conséquence ! Impassible ! Tel un Soleil toujours au zénith mais sans éclat, je n'ai pas besoin de lampe ! Incréé, envahissant toute chose, doté de la même forme que l'Univers, je suis en vérité l'éternel Shiva !

La graine qui fit germer le monde n'existe pas en moi, de même que sont absents de moi la satisfaction et les plaisirs, l'attachement et l'ignorance ! Semblable à la vacuité (sunyata) qui donne l'immortalité, je suis la connaissance, je suis l'Espace, je suis Shiva, l'absolu. Je suis le bonheur parfait ! [...]

Je suis le principe éternel : je n'aime ni ne crains rien, je ne suis attaché à rien, et rien ne me rebute. Ainsi, je suis éternellement libre des souffrances du monde car ni le destin, ni la destinée, ni la providence n'existent pour moi. Étant libre du passé, du présent et du futur, comment les points cardinaux pourraient-ils exister pour moi ?

Je suis la paix éternelle, je suis la transcendance, je suis la vérité. Je n'ai ni père ni mère, ni épouse ni enfants. Je ne connais ni naissance ni mort et mes pensées ne sont pas les miennes.

Quels que soient les efforts entrepris pour me séduire, Maya et son empire de l'illusion n'ont pas d'emprise sur moi. La tromperie et l'hypocrisie, la vérité et le mensonge, rien de tout cela n'a sa place en l'Atman. Les dieux et les divinités, de même que les cieux et le paradis, n'ont pas de place non plus dans l'Atman, car je suis la vérité, solitaire et transcendante et rien ne pourra jamais me salir… [...]

En vérité, je suis le Nirvana, la réalité ou l'irréalité de l'univers ne me trouble pas. Je suis éternellement propre des tâches qu'auraient pu m'infliger l'ignorance, le savoir ou l'illusion, et aucune de ces choses ne naît jamais en moi. Comment donc pourrais-je me prétendre libre ou prisonnier ? Comment pourrais-je parler de l'attachement et du détachement puisque je suis l'immaculé Nirvana ?

S'il n'existe que l'éternel et tout-pénétrant Shiva, comment pourraient exister la matière et l’esprit ? Comment pourraient s'illustrer l'enfance, la jeunesse et le vieillissement si ce principe est éternel et unique ?

Semblable à l'infini pour qui il n'y a ni nom ni forme, je n'ai en moi ni unité, ni diversité. Je ne connais pas la honte, alors pourquoi instillerais-je l'ego dans mon esprit ? Ni péché ni vertu n'ont jamais existé en moi.

Je ne suis ni l'adoré ni l'adorateur. Pour moi, il n'existe ni instruction ni rituel, et je ne suis pas non plus la connaissance car je suis libre des savoirs théoriques et pratiques… Aucune injonction rituelle ne me lie, et loin de moi est l'égoïsme…

Car quand l'esprit commence à méditer sur l'Atman, il perd son intérêt pour tout autre objet. De la même manière, quand la langue commence à chanter les louanges de l'Atman, elle perd le pouvoir de prier les dieux. Penser à l'Atman, permet même d'oublier les trois grandes catégories du vice, que sont les péchés graves, les délits mineurs et les devoirs dus à la caste. [...]

Je n'ai pas de corps, pas plus que je suis incorporel… Mon intellect, mon esprit et mes sens ne sont pas à moi… L'esprit, qui est le siège des anxiétés, n'existe pas en moi…

La naissance, la mort, la pureté, l'impureté, le poison ou le nectar, rien de tout cela n'existe pour moi ! Je ne suis ni fou ni lettré, ni silencieux ni loquace ; comment pourrais-je donc raisonner ou argumenter puisque je suis libre du désir même d'atteindre le Nirvana ?

Pour le sage, l'univers est une projection de l'esprit. L’espace, le temps, l'eau, le feu, la terre, de même que tous les constituants formant l'univers, sont un pur mirage. En vérité, l'Unique, impérissable, toujours plein de bonheur, est le seul à exister et il n'y a ni nuage ni eau en lui. [...]

La vraie nature de l'esprit est le bonheur parfait et si l'esprit s'apaise, ce bonheur se révèle. Il n'y a rien d'autre à comprendre, à apprendre et à enseigner. Penser qu'une connexion soit possible entre un élève et son maître est illusoire, car la seule chose qui est vérité, c'est que le disciple, comme le gourou, sont véritablement Shiva.

Or, si nous sommes Shiva, comment pourrions-nous le prier ou l'adorer ?

Titre

Traducteur

Date

Origine

Tradition

Invocations à Dionysos

Adapté de Leconte de Lisle

v. -600 à 300

Grande Grèce

Orphisme

Invocations en l'honneur de  Rudra

Adapté de Leconte de Lisle

v. -1700 à -800

Nord du sous-continent  indien

Védisme

Sri Rudram

Depuis les trad. anglaises de Vyas (Rudra Tattva) et Ramachander

v. -1200 à -800

Inde

Védisme, shivaïsme

Hommages à Shiva

Depuis la trad. anglaise de Ramachander

v. 500 à 1000

Pays tamoul (sud de l'Inde)

Hindouisme agamique et shivaïte

Hymne en l'honneur de Murugan

Trad. inédite

v. -100 à 300

Pays tamoul

Hindouisme dravidien, Sangam tamoul

L'enseignement du fou libéré de ses liens

Depuis la trad. anglaise de Hari Prasad Shastri

v. 800

Inde

hindouisme

Corpus thématique de prières polythéistes - LE DIEU SAUVAGE

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