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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

AYODHYA, la première ville (mythe indien)

Valmiki, Ramayana, chap. 1 : Balakanda (trad. H. Fouché).

 

Fondée par Manu, son premier chef, il y a si longtemps que seuls les astrologues en connaissent encore la date, Ayodhya fut la première ville à fleurir sur Terre.

Ses chanceux habitants étaient gais, essentiellement vertueux, d’une grande science, et quoi que contents de leurs richesses, ils vivaient sans envie et parlaient un langage véridique. Il n’y avait aucun pauvre dans cette ville privilégiée ni aucun maître de maison qui n’y fût abondamment pourvu en vaches, chevaux, trésors et grains. On n'aurait d'ailleurs rencontré dans Ayodhya ni cupide, ni avare, ni malfaiteur, ni ignorant, ni incrédule.

Hommes et femmes, tout le monde y observait son devoir, s’y montrait plein de décence, de joie, d’une éducation et d’une conduite telle que l’on aurait dit autant de vénérables et irréprochables rishis. Chacun allumait des feux sacrés dans Ayodhya, et tout le monde offrait des sacrifices. Enfin, il n'y avait ni pervers ni voleurs dans Ayodhya, pas plus que de gens de mauvaise conduite ou de naissance illégitime.

Chacun portait anneaux, couronnes, guirlandes de fleurs, et vivait dans un grand luxe, se baignait, s’oignait et se parfumait. Cependant, même si les habitants se montraient plein de munificence et arboraient fièrement leurs bracelets aux mains et aux pieds ainsi que leurs joyaux sur leur poitrine, il n'y avait personne à Ayodhya qui ne fut pas maître de ses sens. Aussi, chacun se nourrissait d'une nourriture saine et pure, c'est-à-dire composée strictement de fruits, de légumes, de lentilles, de poids et de céréales.

Les brahmanes y observaient avec joie et sans faillir leurs obligations. Leurs sens domptés, ils faisaient de la générosité et de l’étude leurs pratiques habituelles et se montraient pleins de réserve dans l’acceptation des présents que les pèlerins leur offraient en échange de la pratique du culte. Parmi eux, ne se trouvait ni incrédule, ni fourbe, ni ignorant, ni jaloux, ni impotent, ni inculte.

On ne croisait donc dans les rues aucun ignorant ni aucun sot, chacun étant grandement instruit dans toute sorte de domaines dont la plupart était d'ordre spirituel. Dans tout Ayodhya, on n'aurait donc pu trouver personne qui eut manqué à ses vœux ou qui ne maîtrisait les six domaines des Védangas [phonétique et phonologie, prosodie et métrique, grammaire, étymologie, astrologie et astronomie, et rituel].

Comme il n'y avait là nulle pauvreté et que tous les habitants avaient le corps sain tout autant que l’esprit, ne vivaient à Ayodhya que des hommes et des femmes doués de fortune et de beauté et totalement dévoués à leur roi. Et tous étaient reconnaissants, généreux, braves et capables d’héroïsme.

Les membres des quatre castes, y honoraient leurs ancêtres et les dieux : les gouvernants (kshatriyas) admettaient les prêtres à leur tête (brahmanes), les commerçants (vaishyas) étaient dévoués à ceux qui dirigeaient la ville, tandis qu'affermis dans le devoir, les travailleurs (shoudras) servaient les trois autres castes de bon cœur.

À Ayodhya, les gens vivaient longtemps et comme ils observaient fidèlement la loi du Dharma et la vérité, ils étaient entourés jusqu’à la fin de leurs fils, de leurs petits-fils et de leurs femmes.

La ville était remplie de guerriers pareils à Agni, le dieu du feu. Tous, beaux et belliqueux, étaient passés maîtres dans la science des arts martiaux, et donnaient à la ville des allures de caverne où vivent les lions.

Abondaient dans les pâturages environnants, d'excellents chevaux de race nés dans la région montagneuse du Kamboja située sur les rives occidentales de l'Indus. Eux aussi étaient dotés d'une divine beauté.

Quant aux forêts entourant la ville, elles foisonnaient d'ardents éléphants qui étaient les descendants d'Airavata, la monture d'Indra, l'éléphant blanc à mille têtes apparu lors du barattage de la mer de lait. Originaires des hautes vallées de l'Himalaya ou des collines du Vindhya, ils étaient grands comme des montagnes et dotés d'une force colossale.

Dans ces forêts, il y avait aussi bien d'autres créatures toutes aussi puissantes et légendaires qu'Anjana, la mère du vaillant singe Hanouman, que Maha-padma, le serpent qui règne sur le monde souterrain de l'enfer de glace ou encore que Vamana, le nain qui parcourut l'univers en trois pas. La plupart du temps, ces créatures étaient ivres du nectar des fruits fermentés au soleil et s'en allaient par la ville cavalcader bruyamment.

La nuit, on pouvait voir les lueurs de la ville briller à plus de 30 kilomètres à la ronde, tandis qu'elle méritait son appellation d'imprenable, d’éternel et d'infaillible, car ses nombreuses portes étaient dotées de verrous solides et de gardes dévoués.

AYODHYA, la première ville (mythe indien)

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