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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Abaris le SCYTHE

Extrait du Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (11e édition, éd. Beuchot, Paris, 1820).

*

Abaris, Scythe de nation et fils de Seuthus

On en débitait tant de choses fabuleuses, qu’il semble qu’Hérodote même se fit un scrupule de les rapporter, et de s’en bien informer. Il se contenta de dire qu’on disait que ce barbare avait porté une flèche par tout le monde, et ne mangeait rien.

C’est n’avoir pas su la chose par son merveilleux ; car ceux qui l’ont sue de ce côté-là ont prétendu qu’Abaris était porté sur sa flèche au travers de l’air, comme sur un cheval Pégase ; et qu’ainsi les rivières, les mers et les lieux inaccessibles aux autres hommes ne lui causaient nul retardement. Cette flèche avait appartenu à Apollon ; et c’était apparemment avec celle-là qu’il avait tué les Cyclopes, fabricateurs de la foudre dont Jupiter s’était servi contre le pauvre Esculape. Apollon, après cette tuerie, ayant caché son dard sous une montagne, au pays des Hyperboréens, le recouvra d’une façon toute merveilleuse ; car les vents le lui reportèrent dès que Jupiter se fut apaisé envers lui.

Ce n’est pas une petite affaire que de savoir en quel temps Abaris vivait : il y a là-dessus une grande variété de sentiments qui a fait broncher quelques modernes. Il semble qu’il y ait moins de discorde sur l’occasion qui l’engagea à sortir de sa patrie, afin de voyager par le monde.

Une grande peste, dit-on ravageant toute la terre, on n’eut point d’autre réponse d’Apollon, si ce n’est que les Athéniens feraient des vœux pour toutes les autres nations. Cela fit que divers peuples envoyèrent des ambassadeurs à Athènes, et que l’Hyperboréen Abaris fut un de ces ambassadeurs. [...] Il renouvela, pendant ce voyage, l’alliance des Hyperboréens et des habitants de l’île de Délos.

Il se mêlait de prédire l’avenir ; et comme il semait ses prophéties partout où sa vie vagabonde le conduisait, on aurait pu l’appeler un oracle ambulatoire. Quelques-uns disent que ce fut lui qui fabriqua [une idole de Minerve], ce gage fatal de la conservation des villes qui le possédaient, et qu’il le vendit aux Troyens. Il [la] fit des os d’un homme [Pélops], matière dont je ne pense pas que les faiseurs de talismans se servent jamais. On prétend qu’il pouvait prédire les tremblements de terre, chasser la peste, et apaiser les tempêtes ; et qu’il fit des sacrifices dans Lacédémone qui eurent tant d’efficace, que ce pays-là, fort exposé à la peste, n’en fut depuis jamais affligé.

Il composa beaucoup de livres [disparus depuis]; l’Arrivée d’Apollon au pays des Hyperboréens ; les Noces du fleuve Hébrus ; une Théogonie où il expliquait la génération des dieux ; un recueil d’oracles, et un autre de conjurations, ou d’exorcismes […].

Abaris le SCYTHE

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