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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Deux voyages tchakaviens (légendes d'ILLYRIE)

De la mer Noire à la Méditerranée : le voyage des Tchakaviens

Le récit mythologique suivant est extrait des légendes de Vaeya, un mystérieux recueil de légendes qui trouvent leurs origines dans les îles italo-croates du nord de l’Adriatique, aussi connues sous le nom de Véglia. Il s'agit de la transcription en croate moderne de sagas composées lors de l'Antiquité et du Moyen-Âge, dans l'ancien dialecte chakavian et conservé par la tradition orale dans l'archipel de Kvarner (Krk.) Une partie de ces légendes furent publiées par A. Fortis en 1774. N. Čubranić, V. Dorcic, M. Lovrić, F. Tomasic, M. Magasic et d'autres auteurs et spécialistes du folklore populaire slave complétèrent cet ouvrage.

Récemment, les légendes furent publiées en entier dans leur langue originale par M. Yoshamya. Les textes originaux furent interprétés dans l'île de Krk par les conteurs traditionnels Fabyan Tomasić, Luce Yoshamya, Marya Goryćanka, Marya Vasilić, Yve Pelyac, et Nediljko Barac. Ces légendes furent commentées par le professeur Mihovil Lovrić. La légende du serpent aux cent têtes fut quant à elle contée en vieux véglien par de Lucé Dorchic-Yoshamya et Fabian Tomashic-Velnic.

Texte extrait de Voyage en Dalmatie, un ouvrage mystérieux de A. Fortis paru en 1774 à Venise.

Le récit suivant est la troisième légende véglienne extraits de Vaeya Legends, un ouvrage mystérieux de A. Fortis paru en 1774 puis compléter au fil des siècles. Dans ce texte, faisant état des traditions et légendes de la Dalmatie, étonnement, le peuple « de Mitanni » ne fait pas référence au royaume, puis à l'empire indo-européen de Mitanni, situé au Moyen-Orient, mais plutôt à un mystérieux peuple nomade indo-européen qui serait originaire des alentours de l'actuelle Ukraine, entre la mer d’Azov et les montagnes du Caucase. De même, « Corynthia », la ville bâtie par les marins de Mitanni n'est pas la ville grecque du Péloponnèse mais une ville située plus au nord et qui inspirera les cultures italiennes, autrichienne et croate. L'île de Vaeya, ou Véglia en Italien, est nommée de nos jours Krk.

Pour plus de clarté, et afin de se faire une idée plus claire du trajet effectué en cabotant le long des côtes de la Mer Noire puis des mers de Marmara, de la Méditerranée et de l'Adriatique, au lieu des dénominations archaïques en ancien tchakavien, la topologie moderne a été adoptée pour nommer les lieux mentionnés. Le texte fut légèrement modifié afin d'être traduit.

Ce document possède la vertu de proposer une explication de seconde main à l'installation des premiers slaves en Europe, ayant migré depuis le Pont-Euxin et l'Asie Centrale. Les Tchakaviens, dont ce texte représente en quelque sorte les annales, sont un peuple de langue slave, ancêtres des Croates qui habitent de nos jours sur la côte Adriatique.

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Troisième légende de Vaeya, telle qu'interprétée par feu le barde Fabian Tomashic-Velnic.

Le récit suivant mentionne les premiers voyages des Tchakaviens à travers la Méditerranée orientale et la Mer Noire. Ce sont des Tchakaviens dont sont originaires les actuels habitants de l'Istrie et de l'île Adriatique nommée Véglia en italien et Krk en croate.

Les premiers ancêtres des Végliens étaient résidants de la ville portuaire de Mitanni, situé à l'ouest du Caucase, sur la Mer d'Azov. Ils vivaient de la navigation commerciale et de la pêche. Aussi, ils menaient des cavalcades dans les steppes environnantes situées plus à l'est.

Quand vint pour eux le moment de migrer, leur amiral, Harvatye Mariakyr, organisa une flotte de sept vaisseaux beaux et solides, composée : d'un vaisseau-mère, nommé le Grand Destructeur, d'un drakkar, d'un éclaireur, d'un vieux cargo, d'une goélette petite et rapide, d'un bateau à double coque, et d'un septième navire dont l'utilité et le nom furent oubliés par les siècles.

Un jour printanier, alors que le ciel était dégagé, tout en chantant des hymnes à la mer, les marins gagnèrent leur bateau respectif, puis délièrent les cordes et enfin les navires prirent le large.

La flotte au complet navigua une année complète pour rejoindre la mer Adriatique. Pour se diriger, leur seul indicateur fut l'étoile qui indiquait le nord, l'étoile polaire, aussi appelée l'étoile de Thor. Ainsi, cette étoile était derrière eux à leur départ, mais à leur arrivée, elle était à leur proue.

D'abord, la flotte canota à travers la mer d'Azov, puis, après avoir dépassé le détroit de Crimée, elle rejoignit la Mer Noire, à l'est de laquelle s'apercevaient les sommets enneigés de la chaîne du Caucase. Cependant, les marins prirent la direction de l'ouest, et longèrent la péninsule de Crimée, puis la côte Pontique, pour rejoindre le delta du Danube. Tout au long de leur chemin, ils purent constater qu'il ne voguait avec eux que de rares bateaux et qu'il n'y avait par conséquent aucun port d'envergure, malgré les larges baies.

Ensuite, ils passèrent Constantinople, et continuèrent à travers la petite mer de Marmara et des Dardanelles, pour rejoindre les eaux chaudes de la mer Égée, où flottaient de nombreux bateaux grecs, occupés à pécher ou à commercer.

Continuant leur voyage vers le sud, ils franchirent les archipels grecs et passèrent la Crête. C'est là qu'ils perdirent leur septième navire, dans un naufrage. L'équipage de ce navire resta à terre et décida de vivre en Crête.

Les autres, après s'être reposés, embarquèrent à nouveau sur les six vaisseaux et entrèrent dans la Méditerranée, appelée à l'époque la « Grande Mer ». Ensuite, ils naviguèrent en suivant la côte du Péloponnèse jusqu'à la baie de Corinthe. Tout au long de leur voyage, l'esprit de la navigation et l'esprit de la pêche les protégèrent et les guidèrent. Ils leur assurèrent aussi un bon climat et une pêche abondante, malheureusement les marins furent attaqués par deux monstres marins : Shtrigun and Orkuul. Ces deux monstres les torturèrent alors avec des éclairs, des tempêtes et des vents surpuissants… Mais les marins s'en tirèrent à bon compte et continuèrent leur route vers les Pouilles italiennes, d'où ils entrèrent dans la mer Adriatique.

Grâce à au vent du sud, ils avancèrent rapidement vers le nord, en suivant la côte albanaise, passant à travers les îles de la Dalmatie. Là, ils purent déjà apercevoir les pics enneigés des Alpes.

Enfin, au début de l'hiver, les six vaisseaux accostèrent au nord de l'archipel qui prolonge la péninsule de l'Istrie. La légende raconte que ce sont ces marins qui apportèrent aux gens du pays la langue véglienne, ainsi que la première forme d'écriture dans la région, le Glagolitique, la plus ancienne forme d'écriture d'une langue slave.

Arrivés en vue des îles Kvarner, les marins décidèrent de s'arrêter définitivement. L'équipage des navires mit pied à terre sur une petite île, tandis que l'amiral Harvatye Mariakyr et ceux du vaisseau-mère partaient en expédition de reconnaissance sur l'île principale de Vaeya, nommée de nos jours Krk.

Quand les premiers marins de Mitanni découvrirent Vaeya, l'île n'était pas aussi sèche et pierreuse qu'aujourd'hui, mais elle était au contraire couverte de verts pâturages, où paissaient des moutons à la laine d'or. Une sublime nymphe vêtue d'une toge blanche était leur bergère. Comme les gens de Mitanni voulaient construire un village, la nymphe leur trouva un lieu parfait, à proximité d'une fontaine, sur le promontoire du Faucon, l'endroit le plus à l'orient de l'île de Vaeya. En échange, la nymphe leur fit promettre de ne plus jamais revenir la déranger ni d'observer ses moutons d'or. Malheureusement, les marins ne respectèrent pas leur promesse et quand ils revinrent sur leur pas pour observer la nymphe et ses moutons, ceux-ci se transformèrent aussitôt en pierre. Cependant, c'est grâce aux moutons changés en pierre que les marins de Mitanni bâtirent leur ville, qu’ils nommèrent Corynthia.

Ils construisirent enfin une forteresse, un temple, et des maisons dans les enceintes, puis vécurent là heureux et prospères pour des siècles. Jusqu'à un soir d'été, où fut jeté sur eux un sortilège, alors qu’apparaissait à l'horizon l'étoile rouge Antarès. Tout d'abord, ils ne comprirent pas ce message rougeoyant, mais le matin suivant de l'observation, depuis l'Adriatique apparut un vaisseau battant le pavillon noir des pirates, qui jeta l'ancre dans la baie de Corynthia.

C'est alors que les chefs des pirates se firent annoncer en ville et prétendirent qu'un des leurs était mort, et qu'il voulait profiter de leur temple pour lui porter de dignes sacrements avant qu'il ne poursuive son voyage vers la mort. Ils demandaient donc la permission de bénir son corps dans le temple et de l'enterrer dans le cimetière de la ville. Naïfs, les habitants acceptèrent. Les pirates amenèrent alors en ville un immense cercueil, qu’ils installèrent dans le temple.

Curieux de voir en quoi consistaient les coutumes des pirates, les citoyens de la ville s'étaient amassés aux alentours du temple, afin d'observer leurs invités. C'est alors que les pirates ouvrirent le cercueil, qui contenait de nombreuses armes, dont ils se saisirent et avec lesquelles ils massacrèrent les habitants de Corynthia. Les pirates brûlèrent ensuite la ville, dont pratiquement toutes les maisons s’effondrèrent, pour devenir les ruines que l’on trouve encore sur la côte Adriatique.

Satisfaits, les pirates repartirent, laissant derrière eux des rigoles de sangs, qui des jours durant ne cessèrent pas de couler le long des ruines, passant des prairies à la mer. Les rares survivants, ainsi que ceux qui avaient échappé à l'incendie en s'enfuyant dans les collines, bâtirent quelques cabanes, qui devinrent plus tard les villages de la côte de l'île de Vaeya, depuis Port Baska jusqu'à Omisalj.

 

 

La navigation d'Europe en Asie

 

Texte extrait des Légendes de Vaeya, inclus dans Gan-Veyan de M. Yoshamya.

Les notes associées à la cinquième légende de Vaeya, parues dans l'ouvrage dédié au folklore croate Gan-Veyan de M. Yoshamya, décrivent des voyages effectués depuis le mer Adriatique jusqu'en Inde, de l'Antiquité à la découverte de l'Amérique :

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« Il existe des légendes concernant les voyages des navigateurs des îles de l'Adriatique vers l'océan Indien, alors nommé en tchakavien Kulap-Yndran. Beaucoup de ces récits furent cependant oubliés.

Bien avant que ne voguent les premiers bateaux à vapeur, ou que ne soit ouvert le canal de Suez, les vaisseaux de l'Antiquité voyageaient de la Méditerranée jusqu'en Inde en passant autour par la contrée des Maures, à savoir l'Afrique. En ces temps reculés, un voyage vers l'Océan Indien était trois fois plus long qu'un voyage vers l'Amérique. À l'époque, les principaux ports de l'Océan Indien étaient Bombay sur la cote occidentale et Singapour, dans le détroit de Malaka.

Les marins de l'Adriatique écrivaient alors leur carnet de bord dans le dialecte tchakaviens, écrit grâce à l'alphabet glagolitique, mais comme ces journaux furent gardé avec négligence dans des caves humides, la plupart disparurent et il ne reste aujourd'hui aucune autre trace que le souvenir.

Afin de se rendre en Inde, les premiers pêcheurs de l’Adriatique naviguaient d'abord vers l'ouest, et traversait la Méditerranée pour rejoindre le rocher de Gibraltar. Ensuite, les embarcations prenaient la direction du sud, afin de passer entre le Maroc et les îles Canaries, puis longeaient les cotes de la Guinée et du Congo, où vivaient des peuples à la peau noire, mais aussi des éléphants, des lions et encore d'autres dangereuses bêtes typiques des latitudes méridionales.

Arrivé au Cap, les navires ne suivaient plus le sud mais le nord, et remontaient l'Afrique de l'est, du Cap à la Somalie. Alors, marquant l'entrée de la Mer Rouge, se dressaient plus au nord-est l'île yéménite de Socotra et le golfe d'Aden. À l'ouest, ils pouvaient alors apercevoir les sommets enneigés des montagnes d’Abyssinie.

Reprenant la direction de l'est, les navires arrivaient dans les eaux de la Mer d'Arabie. Laissant sur leur gauche le détroit d'Ormuz, qui ouvre sur le golfe persique, ils prenaient alors la direction du sud, se laissant porter par les courants vers la Grande-Inde, représentée par la péninsule du Deccan, ou vers la Petite-Inde, composée de l'île de Lanka. Passant entre Lanka et le Pays Tamoul, les vaisseaux commerciaux qui avaient quitté l'Europe une année plus tôt, remontaient alors le pays dravidien pour accoster dans le Bengale. Là, des embarcations plus légères remontaient le Gange et le Brahmapoutre vers les sommets éternellement enneigés des Himalayas.

Cependant, certains bateaux pouvaient continuer leur route, plus à l'est, vers les archipels indonésienne, dont Sumatra, Java et Bali étaient les plus prospères. Ils longeaient pour cela la péninsule malaise, puis passaient à travers le détroit de Malaka. Après la Malaisie, une route maritime prenait la direction du nord et de la Chine, puis de la Corée et enfin des archipels japonaises, les « les du soleil levant. »

Depuis la péninsule malaise, une route commerciale maritime prenait aussi la direction du sud, et menait directement dans la « vaste contrée du sud », qui n'est autre que l'Australie. Ces voies maritimes menaient jusque dans la baie de Melbourne, où plus loin dans les terres sortaient de terre le massif des alpes australiennes. Plus loin encore, les navigateurs connaissaient l'existence de deux îles majeures, connus de nos jours comme la Tasmanie et les Nouvelle-Zélande.

Plus à l'est encore de ces deux îles, commençait pour les anciens navigateurs le « Géant Océan », qui fut plus tard nommé Pacifique. Là, savait-on, pullulaient les nombreuses petites îles qui composent l'archipel polynésiens et les atolls de la Micronésie.

Cependant, la légende nous confie que les vaisseaux qui faisaient l'entier périple d'Europe jusqu'au Pacifique était très rares. »

Deux voyages tchakaviens (légendes d'ILLYRIE)

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