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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La CRÉATION du monde, selon le Livre des rois (mythe perse)

« Dieu a créé le monde de rien, pour que sa puissance apparût. Il a créé la matière des quatre éléments, il les a fait naître sans peine et sans travail. Le premier est l'élément du feu brillant, qui s'élève en haut ; au milieu est l'air, puis l'eau, et au-dessous la terre obscure. D'abord le feu commença à rayonner, sa chaleur produisit alors de la sécheresse ; ensuite le repos engendra le froid, qui à son tour fit naître l'humidité : la place de ces quatre éléments leur étant assignée, ils formèrent ce monde transitoire. Ils se pénétrèrent l'un l'autre, et des êtres de toutes espèces parurent. La voûte céleste à la rotation rapide se forma, et montra incessamment ses merveilles. Les sept planètes prirent la direction de douze mois, chacune se plaça au lieu qui lui était marqué. La fortune et la destinée s'y révélèrent, et portèrent, comme il est juste, bonheur à ceux qui les comprirent. Les cieux s'enveloppèrent l'un dans l'autre, et commencèrent leurs mouvements lorsque tout fut en harmonie. Avec ses mers et ses montagnes, avec ses plaines et ses vallées, la terre était comme une lampe brillante. Les montagnes s'élevèrent, les eaux descendirent, la tête des plantes s’érigèrent. La terre n'eut pas en partage une situation élevée, elle formait un point central obscur et noir. Les étoiles montrèrent leurs merveilles dans les cieux et versèrent sur la terre leur lumière. Le feu s'éleva vers le ciel, l'eau descendit, le soleil tourna autour de la terre. Les herbes parurent, ainsi que les arbres de toutes espèces, qui élevèrent gaiement leurs couronnes. Ils s'étendent, c'est le seul pouvoir qu'ils ont ; ils ne peuvent se mouvoir de tous côtés comme les animaux. Aussi, lorsque les animaux, purent se mouvoir, ils parurent et foulèrent de leurs pieds toute la végétation. Ils ont l’instinct de la faim, du sommeil et du repos ; ils sont doués de l’amour de la vie. Ils n'ont pas le don de parler avec la langue ; ils ne désirent pas être doués de raison ; ils se nourrissent de broussailles et de feuillages ; ils ne connaissent pas les bonnes et les mauvaises suites de leurs actions, et Dieu, le créateur n'en exige pas obéissance. Comme il est omniscient, tout-puissant et juste, aucune bonne action ne peut rester cachée. Cela est ainsi : personne ni des êtres visibles, ni des êtres cachés, ne sait quelle sera la fin de l'existence du monde.

Après cela apparut l'homme, qui fut la clef de toutes ces choses enchaînées. Sa tête s'élève droite comme un haut cyprès ; il possède la parole qui est excellente, et la raison qui produit les actions. Il est doué de prudence, de sens et de raison ; les animaux sauvages lui obéissent. Fais un peu usage de ton intelligence, considère si le mot homme peut n'avoir qu'un seul sens. Peut-être ne connais-tu l'homme que comme l'être misérable que tu vois et ne lui connais-tu aucun signe d'une autre destination. Mais tu es composé d'éléments des deux mondes, et tu es placé entre les deux ; tu es le premier dans la création, quoique le dernier dans le temps ; ainsi ne t'abandonne pas aux choses futiles. [...] Comment pourrions-nous savoir le secret du Créateur du monde ? Sois attentif, dirige tes regards vers ta fin ; quand tu as quelque chose à faire, choisis pour le bien. Tu dois habituer ton corps à la fatigue, car il te convient de savoir supporter la peine. Si tu veux trouver délivrance de tout mal, si tu veux que ta tête ne soit pas prise dans les lacs de l'infortune, si tu veux rester exempt de malheurs dans les deux mondes, si tu veux faire le bien devant Dieu, observe la voûte céleste à la rotation rapide, car c'est d'elle que viennent le mal et le remède. Le mouvement du temps ne l'use pas, et la peine et les calamités ne l'affectent pas. Elle ne cherche jamais à se reposer de sa rotation ; elle n'est pas sujette à la destruction comme nous : sache que c'est d'elle que viennent les richesses et le grand nombre d’enfants ; c'est auprès d'elle que se manifestent le bien et le mal. » Ferdowsi, Le Livre des rois (Shahnameh).

La CRÉATION du monde, selon le Livre des rois (mythe perse)

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