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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

De Barbatos à Robin-des-Bois et Robert-le-diable (légendes européennes)

Le récit de Robin-des-Bois appartient à la tradition anglaise. Comme souvent, il s'agit d'un personnage légendaire celte raconté à travers une composition germanique, puis popularisé par les trouvères et troubadours.

Arawen, mais aussi le démon Barbatos sont les sources du personnage littéraire de Robin-des-Bois. Barbatos lui-même est vraisemblablement une version d'Arawen, mais diabolisée par le christianisme.

Paru en 1563, le traité de démonologie Pseudomonarchia dæmon de Wierus présente Barbatos comme un des chefs des légions infernales. Dans le Dictionnaire infernal de Colin de Plancy, qui se base sur le travail de Wierus, et qui est la référence en matière de supersitions et de démonologie catholique, Barbatos est décrit comme un : « Grand et puissant démon, comte-duc aux enfers, type de Robin des Bois ; il se montre sous la figure d’un archer ou d’un chasseur ; on le rencontre dans les forêts. Quatre rois sonnent du cor devant lui. Il apprend à deviner par le chant des oiseaux, le mugissement des taureaux, les aboiements des chiens et les cris des divers animaux. Il connaît les trésors enfouis par les magiciens. Il réconcilie les amis brouillés. Ce démon, qui était autrefois de l’ordre des vertus des cieux ou de celui des dominations, est réduit aujourd’hui à commander trente légions infernales. Il connaît le passé et le futur. »

Le chant des oiseaux, la présence du taureau, la magie, les légions infernales ; tous les atributs de Shiva - Cernunnos sont ici présents. Si les informations sont rares concernant Barbatos et Robin-des-Bois, on trouve cependant ces quelques lignes fortes intéressantes chez Louise Michel (Contes et légendes) :

*

Les imaginations, frappées du bruit du cor et des aboiements des meutes, dans le silence des bois, personnifièrent leurs impressions sous le nom de Barbatos, duc de l’Abîme.

Il entend, dit la légende, le chant des oiseaux, les hurlements des loups ; il comprend le cerf qui brame et la feuille qui craque en se détachant et va rejoindre ses sœurs dans les valses du vent.

Il connaît les trésors enfouis, les cavernes et les aires. Devant lui, quatre rois sonnent du cor, et il mène d’un bout du monde à l’autre la chasse des ombres.

C’est de Barbatos que l’on fit les robins-des-bois, les chasseurs noirs, les grands veneurs et toutes les chasses fantastiques qu’on croit entendre la nuit dans les bois.

Le vent souffle-t-il fort ? l’orage est-il dans les bois ? Les petits enfants des villages croient encore, comme leurs grands'mères, que c’est la chasse du grand veneur qui passe avec grand bruit.

Parfois la tempête hurle comme les loups, résonne comme les trompes ; alors on dit, sous les grandes cheminées, où toute la famille se chauffe à la fois : c’est Robin−des−Bois qui chasse.

*

Reprenant le mythe germanique de la chasse sauvage et nocturne, la légende de Robin-des-bois évoque aussi celle de Robert-le-diable. Robert le diable est un roman germanique et celtique, composé par un anonyme au 12e siècle. Ce récit est inspiré de la vie de deux personnages historiques : Robert Iᵉʳ de Normandie (1000 - 1035), dit Robert le Magnifique, duc de Normandie, mort en Terre lors d'un pèlerinage, père de Guillaume le Conquérant (v. 1027 - 1087), mais plus probablement Robert Courte-Heuse (v. 1051 - 1134), prétendant malheureux du trône d'Angleterre. On retrouve dans le roman de Robert-le-diable tous les attributs du Robin-des-bois que nous connaissons mieux, en particulier grâce au dessin animé de Disney. Le récit suivante est extrait de Légendes pour les enfants, de P. Boiteau.

*

Robert fit faire une maison forte dans un grand bois, en un lieu obscur et ténébreux, où il alla établir sa résidence. Or ce lieu était presque inhabitable et plus périlleux qu’on ne saurait dire. Robert fit assembler avec lui tous les mauvais garçons du pays et les retint pour le servir ; car il y en avait de mauvais et de diverses sortes, comme larrons, meurtriers, gens pervers et mauvais, épieurs de chemins, brigands de bois, et gens bannis, gens excommuniés, désireux de mal faire, gens gloutons et orgueilleux, et les plus terribles de ceux qui vivaient alors sous les cieux ; Robert en fit une grande troupe, dont il était capitaine.

En ce bois, Robert et ses compagnons faisaient des maux innombrables et sans honte aucune. Ils coupaient la gorge des voyageurs et détruisaient les marchands ; nul n’osait aller dans les champs à cause de la crainte qu’on avait d’eux ; chacun tremblait de peur ; tout le pays était pillé par Robert et ses compagnons ; nul n’osait sortir de son logis : car aussitôt on était pris et enlevé par eux, et les pauvres pèlerins qui passaient par le pays étaient saisis et mis à mort. [...]

Or, durant le temps où Robert le Diable était en ce bois avec ses meurtriers et pilleurs d’églises, pires que dragons, loups et larrons, il n’avait pas son pareil au monde pour le mal, car il ne craignait ni Dieu ni diable. Un jour qu’il avait grande volonté de mal faire, il s’en alla hors de sa maison pour chercher quelque mauvaise aventure ou quelqu’un qu’il pût tourmenter, comme il avait accoutumé ; quand il fut dans le bois, il rencontra sept ermites et les tua avec son épée. Ils ne lui voulurent opposer aucune résistance ; mais ils souffrirent et endurèrent pour l’amour de Dieu tout ce qu’il leur voulut faire ; puis, quand il eut tout tué, il dit en se riant d’eux : « J’ai trouvé une belle nichée. »

Ainsi Robert le Diable commit un grand meurtre en dépit de Dieu et de la sainte Église. Il voulait mettre tout le monde en sa sujétion. Après qu’il eut fait cette méchanceté, il sortit de la forêt comme un diable forcené et pire qu’un enragé ; et ses vêtements étaient tout rouges et teints du sang de ceux qu’il avait tués.

De Barbatos à Robin-des-Bois et Robert-le-diable (légendes européennes)

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