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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La divine BEAUTÉ (divinité universelle)

La beauté

La déesse de la beauté est une des divinités les plus populaires de l'Antiquité. Aphrodite-Vénus, Ishtar, Isis ou Ushas, sont parmi ses incarnations les plus célèbres. Elles sont identifiées à l'aube et au crépuscule, donc à Vénus, la première planète à apparaître dans le ciel au coucher du soleil et la dernière à disparaître à son lever.

Pour le latiniste Henri Hignard (Le Mythe de Vénus), Aphrodite représente

« l’Astarté des Phéniciens, celle que la Syrie adorait sous le nom d’Aschéra, et que la Bible appelle Achthoreth, ou Astaroth, l’épouse de Baal ; elle formait avec lui un couple sacré. L’Ecriture sainte en fait, non sans raison, le démon de l’impureté. En effet les mythographes modernes constatent son identité avec la Bilit, ou Mylitta de Babylone (Muallidat, la génératrice) dont Hérodote, qui l’appelle Aphrodite, nous raconte les rites impurs, si étranges pour notre délicatesse moderne. Déesse de la fécondité et des instincts qui assurent la transmission de la vie, il semblait naturel de l’adorer par l’impudicité. À Chypre notamment, comme à Babylone, la prostitution faisait partie de son culte. Sous des noms divers elle paraît avoir régné en souveraine sur tous ces peuples sensuels de l’Asie occidentale : car on trouve chez la Cybèle des Phrygiens un grand nombre de traits qui permettent de les confondre. On la retrouve aussi à Karkémish sous le nom d’Atargath, à Ninive sous celui d’Istar, en Babylonie sous celui de Zarpanit (la productrice des êtres) ; à Carthage elle s’appelle Baalthis ou Baaleth, c’est-à-dire dame, maîtresse, forme féminine du mot Baal. On croit que les Arabes la nommaient Alilat, et on l’a rapprochée de l’Athor égyptienne, la dame des eaux d’en haut, c’est-à-dire du ciel. »

 

La divinité de la beauté

védique

Ushas

hindoue

Radha-Krishna - Mohini (Séduction)

tamoule*

Abhirami

arménienne

Astghik

scythe

Oitosuros (« Mitra-Apollon scythe »)

grecque

Aphrodite - Apollon

romaine

Vénus - Apollon

étrusque*

Turon (Aphrodite) – Aplu (Apollon)

scandinave

Baldr

slave

Lada

balte

Milda

 

Dans la mythologie védique, Ushas, la déesse de l'aube et du matin est aussi celle de la beauté. Comme l'aube qui illumine à nouveau la Terre, elle dévoile son sein à l'Univers, qui connaît alors l'illumination.

Dans l'hindouisme puranique, la déesse de la séduction est l'un des rares avatars féminins de Vishnou, la femme-fatale Mohini, dont le nom signifie littéralement « la prostituée. » Mohini s'incarne pour la première fois lors du barattage de l'océan de lait, afin de détourner l'attention des dévas, des asuras et de Shiva lui-même, et de distribuer elle-même le nectar d'immortalité. Femme rusée qui parvient toujours à ses fins, selon la volonté de Vishnou, Mohini est irrésistible. Shiva succomba souvent à ses charmes ravageurs, alors même qu'il demeurait de glace face à Kamadeva, le dieu du désir, ou face à sa femme Parvati.

Dans l'hindouisme de tradition vishnavite, le dieu de la beauté est Radha-Krishna. C’est-à-dire une entité composée des personnages de Krishna et de sa compagne la princesse des vachers Radha. Radha-Krishna symbolise l'union entre l'immatériel et le matériel, ainsi que l'élan de l'âme individuelle pour rejoindre l'âme collective (Brahman). Radha-Krishna est la divinité qui représente l'union du disciple (Radha) avec l'objet de son amour, Vishnou, incarné sous sa forme la plus parfaite : Krishna. Radha et Krishna vivent à Goloka, la planète des vaches située au cœur de Vaikuntha, le paradis de Vishnou. Ils ont en garde Kamadenyu, la vache céleste, pourvoyeuse de toutes les richesses.

Dans la mythologie tamoule, qui n'est pas de tradition indo-européenne mais qui influença très fortement la culture védique et en fut très fortement influencée, la déesse de la beauté est Abhirami, « celle qui ne connaît pas d'obstacle et qui séduit tout ce qui se présente à elle » (Abhirami Andhati)

« Celle dont le charme ne connaît pas de résistance », ce que signifie « Abhirami » est l'incarnation tamoule de Shakti-Dévi : la toute-puissance de la séduction féminine, à laquelle rien ni personne ne peut résister. Elle est semblable à l’Aphrodite céleste, mais aussi à Ishtar-Lilith.

 

La déesse Abhirami

 

Les symboles qui sont attribués à la déesse représentent la sagesse, tels que la fleur de lotus, les feuilles d'écriture des Vedas, mais aussi la passion et la violence. Vêtue d'un sari rougeoyant, la déesse est représentée armée du lasso, par ailleurs attribut de Varuna, le punisseur et de Yama, le Seigneur de la mort. Ses attributs sont le lotus éclos, l'aiguillon, la lance, le disque, mais aussi l'épée, la hache, la massue, ainsi que toutes les autres armes que les dieux lui ont confiées. Son trône est composé de fruits et de fleurs. Les sources sont ses compagnes et le vent un de ses véhicules1.

C'est la Parashakti des poèmes de Shankara :

« La poussière qui se trouve sous les pieds de la déesse est sacrée. Une légende raconte comment Brahma le Créateur, collecta jadis un peu de cette poussière, puis la souffla, ce qui créa l'Univers. Depuis, le cosmos est devenu si dense et si vaste, que Shesha, le serpent à mille têtes sur lequel il repose, ne le soutient plus qu'avec difficulté.

Pour s'en faire un baume de cendres qu'il se passe en pommade lors des rituels, Shiva lui aussi récolta avec dévotion la divine poussière qui se trouvait sous ses pieds.

Cette divine poussière est la demeure des dieux, qui est située au cœur du Soleil. Cette poussière chasse l'infortune et éclaircit l'obscurité dans laquelle vit l'ignorant. Pour le plus pauvres des hommes, un grain de cette poussière est la plus belle des richesses.

Semblable au miel qui coule du fruit de l'arbre de la connaissance, semblable à la sève qui transporte l’énergie vitale des racines aux bourgeons, n'oubliant pas au passage de nourrir les branches les plus faibles, cette poussière est aussi la dent du sanglier Varaha, l'avatar de Vishnou qui déterra l'Univers jadis englouti et sauva ceux qui, perdus, s'étaient noyés dans l'océan des naissances. » Ananda Lahari, 2 et 3.

La divine BEAUTÉ (divinité universelle)

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