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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

YI et CHANG'E, conte chinois

Yi et Chang'e

Il existe de nombreuses versions de ce conte chinois, dont la plus ancienne remonte à la fin de la période des combattants Han, vers 200 av. J.-C. Chang'e déesse de la lune est vénérée jusqu'en Malaisie, comme en témoigne son idole dans le temple de l’Empereur de jade (Thee Kong Thuah) de Penang.

Ce récit n'est pas sans rappeler le cycle des 12 travaux d’Héraclès, lorsque le héro affronte les oiseaux du jardin des Hespérides. Le mythe du jardin isolé et paradisiaque se retrouve en Inde avec la cité céleste de Sripura (une île que la grande déesse s'est construite pour elle-même à l'écart de l'Univers. Dans les traditions védiques plus classiques, il s'agit de Nandana, situé au cœur de la ville céleste d'Indrapura, la capitale des dévas.

*

À l’époque de l’empereur Yao vivait un chasseur, archer d’élite nommé Yi [Houyi]. Un jour, un fait extraordinaire se produisit : les dix soleils se succédant habituellement au long d’une dizaine de jours apparurent ensemble, asséchant les rivières et brûlant la terre. Yao demanda alors à Yi d’en abattre neuf de ses flèches, ce qu’il fit.

Sur la demande de l'Empereur Céleste, Yi abattit les neuf soleils, châtia le démon des eaux Hebo et tua nombre de monstres, dont le démon du vent, et d'animaux féroces, le fauve Yayu, un sanglier géant, un serpent gigantesque. Le peuple l'aimait et le vénérait. Yi voyageait beaucoup, se liait d'amitié avec la population et menait une vie paisible.

Un jour, alors qu'il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l'autre rive une jeune fille puiser de l'eau avec un tube de bambou. Sa longue course l'avait assoiffé. Il s'approcha de la jeune fille et lui demanda à boire. Devinant qu'il était le héros Yi, elle l'accueillit aimablement, lui offrit à boire et lui cueillit une belle fleur en témoignage de son respect. Yi choisit alors dans ses trophées une magnifique peau de renard et lui en fit cadeau.

En bavardant avec elle, il apprit qu'elle s'appelait Chang'e. Ses parents avaient été tués par des animaux sauvages. Depuis, elle vivait seule. Chang’e est quelquefois fille de Ku et sœur de l’empereur Yao, ou une immortelle du palais de l’Empereur de jade privée de son statut pour faute et bannie de la Terre.

Yi se prit de pitié pour elle et Chang'e le respectait beaucoup. les deux jeunes gens tombèrent amoureux l'un de l'autre. Peu de temps après, Yi et Chang'e se marièrent et devinrent inséparables.

Très attachés l'un à l'autre, ils menaient une vie heureuse, et Yi oublia complètement de retourner au ciel. Trois années plus tard, l'Empereur Céleste ordonna à Yi de retourner au ciel.

Lorsque l'Empereur Céleste apprit que Yi s'était marié sur Terre et ne voulait pas revenir au ciel, il se mit dans une grande colère. Dès lors, il fut interdit à Yi de remonter au ciel, mais il se consola en trouvant qu'il était plus heureux sur terre. Ainsi continua-t-il à vivre sur la Terre.

Mais Yi savait que la vie des êtres humains a ses limites. Un jour, il dit à sa femme :

« Quand j'étais au ciel, j'ai entendu dire que dans les monts Kunlun, à l'Ouest, habite la Reine-mère d'Occident. Elle possède une pilule d'immortalité. Je vais aller la chercher. 

Yi prit son arc et ses flèches, enfourcha un bon cheval et se dirigea vers l'ouest. Après avoir surmonté d'innombrables difficultés, Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. La Reine savait que Yi était un héros céleste qui avait délivré le peuple de nombreux fléaux. Aussi l'accueillit-elle avec beaucoup de respect.

Ayant appris le but de sa visite, la Reine ordonna à l'Oiseau à trois pattes, gardien des pêches d'immortalité, d'apporter une calebasse contenant une pilule d'immortalité fabriquée à partir d'un des fruits de l'arbre d'immortalité. La forme du produit d’immortalité peut être un élixir, une pilule ou des herbes. Cet arbre ne donnait des fruits qu'une fois tous les trois mille ans ; c'est pourquoi ces pilules étaient très rares et extrêmement précieuses.

« Emporte cette pilule, dit la Reine, c'est la seule qui me reste. Néanmoins, c'est largement suffisant pour ton épouse et toi : Prenez-en chacun la moitié, et vous deviendrez immortels. Mais attention, si l'un de vous deux l'avale entière, il s'envolera au ciel et ne pourra jamais plus redescendre sur Terre.

- Je ne suis venu chercher la pilule d'immortalité que pour vivre éternellement avec Chang'e, répondit l'Archer céleste. Puis il prit la calebasse, remercia la Reine et partit.

Lorsque Yi retrouva Chang'e, il lui raconta tout ce qui s'était passé et lui confia la pilule d'immortalité.

Je suis passé par mille épreuves pour aller la chercher. Si nous la partageons, nous deviendrons immortels tous les deux. Mais si l'un de nous l'avale entière, il ira au ciel sans espoir de retour. Garde-la précieusement, nous la partagerons un jour faste prochain et nous vivrons ensemble éternellement heureux.

Houyi, de retour chez lui, transmit les instructions de Xiwangmu à son épouse et enferma l’élixir dans une boîte. Mais un jour qu’il était à la chasse,

Un passage des Chants de Chu associe Houyi à une certaine Mifei « dévergondée », femme de Hebo à qui il perce l’œil gauche d’une flèche. Certaines versions lui supposent donc une aventure extraconjugale dont Chang’e se venge en avalant la totalité de l’élixir. Certaines sources font de Houyi un souverain contesté ou un personnage tyrannique. Les narrateurs qui les prennent en compte relatent qu’après sa victoire sur les soleils, Houyi fut choisi comme empereur mais devint un tyran. Sa femme avala alors l’intégralité de l’élixir pour l’empêcher de nuire éternellement. Chang’e, ayant absorbé le double de la dose nécessaire, avait perdu le contrôle de son corps.

Chang’e les vole, puis avant de partir pour la Lune, consulte un devin nommé Youhuang, qui prédit une issue favorable à son plan. Arrivée sur la Lune, elle se transforme en crapaud. jadis Chang’e avala l’élixir d’immortalité de Xiwangmu, elle s’envola dans la lune dont elle devint le génie.

 

 

YI et CHANG'E, conte chinois

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