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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Munjem Malek, le roi du monde (mythe KAILASHA)

Ce mythe, inclus dans The Arts and Culture of Parun, Kafiristan's « Sacred Valley », de Max Klimburg, correspond au récit narré par Ghulam Nabi à Pronz en 1972.

Munjem Malek propose une étymologie inspirée de l’arabe et qui signifie « le maître (malik) de la terre du milieu », c’est-à-dire de la dimension de l'existence qui se situe entre le divin supérieur et les mondes infernaux ou chaotiques du dessous. Munjem Malik est donc le roi de la Terre, un des mythes les plus universels et qui est très bien développé dans l'excellent essai de René Guénon, Le Roi du Monde.

Le mythe d'un enfant destiné à devenir roi mais qui l'on dépose dans un panier flottant au gré des flots d'un cours d'eau est lui aussi un mythe des plus communs. Pour les religions abrahamiques il s'agit du mythe de Moise, pour les hindous du mythe de Kana ou encore de celui de Krishna porté dans un panier d'osier au-dessus des flots de la Yamuna par son père Vasudeva. Loin de n'être que mythologique, cette pratique, qui consiste à délaisser dans la forêt ou de noyer un nouveau-né dans l'eau, est tout à fait historique. Elle permettait en effet de réguler les naissances et de favoriser la venue au monde de garçons. En cas d'héritage, les filles ne pouvaient prétendre aux propriétés du père, car seul les garçons pouvaient hériter. Une famille sans garçons ou avec trop de filles avait donc pour conséquence de voir le capital familial dispersé à la mort du chef de famille. Par ailleurs, une fille devait être mariée avec une dot, plus ou moins importante en fonction des espérances du père pour sa fille. Ainsi, une naissance féminine voulait dire des dépenses, la naissance d'un fils des revenus.

La peine du nez coupé est elle aussi des plus communes, on la retrouve dans le code du roi babylonien Hammourabi (1500 av. J.-C.), à propos des châtiments infligés aux femmes qui portent des accusations sans preuves. On retrouve aussi ce châtiment dans l'épopée du Ramayana, lorsque Lakshman coupe le nez d'une sorcière séduite par Rama et jalouse de Sita. Il s'agit donc d'une peine généralement appliquée aux femmes adultères et aux esclaves rebelles.

La coutume qui consiste à boire le lait maternel une fois l'enfance passée, est plus originale. On trouve de nombreuses mentions de cette pratique dans le monde arabe.

*

Celui qui allait devenir Munjem Malik, « le maître de la Terre », était le fils d'un géant, détenteur avant lui du titre de Munjem Malik, et d'une mère humaine qui vivait à Kushteki (un minuscule village situé de nos jours dans le Nuristan, plus exactement dans la petite mais non moins sacrée vallée de Prasun).

Alors qu'il venait juste de naître, lui et sa sœur jumelle furent abandonnés dans un panier déposé sur les flots de la rivière Prasun. À l'approche du village de Pashki, un couple sans enfant sauva les deux bébés. Il s'agissait en vérité de Yama et d'une sorcière. Au même moment, le géant coupa le nez de la mère des deux enfants, à cause de fausses accusations portées par ses deux précédentes épouses.

Les jumeaux grandirent et leur belle-mère devint suspicieuse les concernant. Ainsi, elle voulut se séparer du garçon et pour cela, l'envoya, sous un prétexte quelconque, rendre visite à sa mère, une autre sorcière qui vivait tout en bas dans la vallée. Ensuite, elle prévint sa mère de l'arrivée du garçon et lui demanda de le tuer.

Cependant, en chemin, le jeune homme rencontra un esprit qui le mit en garde contre ce qu'il risquait en se rendant chez la vieille femme. Après avoir surmonté plusieurs dangereux obstacles, le garçon réussit à duper la vielle sorcière et à lui couper le nez (un nez qui, étonnement, s'avéra être celui de sa véritable mère). Enfin, alors que la méchante sorcière cherchait à le retenir dans sa fuite, il la tua en ayant recours à la magie.

De retour à Kushteki, le jeune homme rencontra sa mère biologique, laquelle se cachait le visage pour dissimuler l'amputation de son nez. Après avoir bu de son lait, le jeune garçon devint miraculeusement puissant. Il donna ensuite à sa mère le nez qu'il avait coupé à la sorcière, puis il affronta le géant qui l'avait mutilée. Sortant gagnant du combat qu'il mena contre son père, il brûla vivant le géant, puis il disposa son corps au long de la vallée de Prasun, de sorte que ses pieds gisaient dans le village de Pashki.

Ensuite, sur le nombril du cadavre de son père le géant, le jeune héros construisit une maison pour son clan, celui des Psgailyé. Quant aux deux épouses calomnieuses, elles furent enchaînées auprès du postérieur de leur mari et furent condamnées à manger ses excréments.

C'est alors que le jeune homme devint Munjem Malik à son tour, c’est-à-dire « Roi de la Terre du Milieu », c’est-à-dire roi de tout ce qui est situé entre le ciel et l'enfer.

Munjem Malek, le roi du monde (mythe KAILASHA)

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