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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Le CHRISTIANISME en Inde

La croix de St Thomas, évangélisateur de l'Inde

 

Le christianisme en Inde

 

Les chrétiens sont près de 30 millions en Inde, ce qui peut sembler un chiffre négligeable comparé aux 1,3 milliard d'Indiens et aux 2 milliards de chrétiens dans le monde, mais c'est déjà plus que le nombre de pratiquants de cette religion en France. À Lourdes et dans les principaux lieux de pèlerinage européens, les touristes indiens, venus pour la plupart du sud du pays, sont l'ethnie de visiteurs la plus représentée.

Depuis la mort de Jésus, la chrétienté s'est développée surtout à l'ouest, dans le bassin méditerranéen, puis en Europe du Nord, aux Amériques, et dans une certaine mesure autour de la péninsule coréenne, mais jamais cette religion ne fut véritablement à sa place en Asie, le monde musulman lui en barrant l'entrée. Les Français ne l'imposèrent pas en Indochine, les Anglais non plus en Inde, de sorte que le christianisme est de toutes les religions minoritaires, celle qui peut être considérée comme la plus récemment introduite, le gros de son implantation datant seulement de l'époque moderne.

Il est vrai aussi que le catholicisme ne fut que très peu belliqueux en Inde. Il n'y eut pas de conversions forcées, ni de pressions d'aucune sorte pour que les Britanniques imposent leur monothéisme. Plutôt que de convertir des hindous, ou des musulmans, les missionnaires chrétiens s'avancèrent dans les collines, les montagnes, par-delà les deltas, pour faire d’indigènes, des gens du Livre. Ainsi, le Mizoram, le Nagaland et le Meghalaya, des États engoncés dans les jungles, reculés de toute voie de communication, vivent depuis un christianisme à l'abri de l'acculturation à la fois politique et religieuse de l'Inde hindoue ou musulmane.

À part dans ces États des collines du nord-est où les chrétiens représentent autour de 80% de la population, les plus fortes concentrations de chrétiens, sont au Tamil Nadu (6% de la population de l'État et 4,5 millions d'adeptes) et au Kerala (18% et 6 millions) ; deux États où le catholicisme romain s'est implanté.

À Goa, les 25% de chrétiens de la population de l'État ne représentent que 400 000 personnes et dans le reste du pays, le christianisme peine à dépasser les quelques pourcents et son emprunte sociale et culturelle est presque nulle à l'échelle du pays (2,3% de la population totale.)

 

Là où le christianisme est le plus présent, un ensemble de traditions occidentales l'accompagnent. Par exemple, l'alcool est toléré, de même que les femmes sont plus indépendantes, au Mizoram et au Manipur, où le christianisme, comme en Amérique du Sud ou en Afrique Noire, s'est syncrétisé à des traditions locales, permettant ainsi à des cultes indigènes matriarcaux de résister à la standardisation hindoue.

Pour encourager les conversions, les chrétiens n'hésitent pas à rétribuer les nouveaux arrivants soit par de l'argent, soit par des emplois, ou des places dans des instituts gérés par des ONG occidentales, comme des écoles ou des places dans des hôpitaux. Les castes les plus basses de l'hindouisme peuvent donc avoir tendance à renier leur religion pour, le temps de quelques générations, essayer de s’élever socialement grâce à une nouvelle religion.

Cependant, l'hindouisme qui ne reconnaît pas de baptême ni de conversion, considère comme de la prédation religieuse qu'une Église occidentale achète ainsi les âmes des plus humbles de leurs frères. Après 800 ans de domination islamique, et 200 de colonisation britannique, les hindous sont de nos jours très sensibles envers tout ce qui pourrait à nouveau leur causer du tord.

Ainsi, la figure de Mère Thérésa, sainte albanaise du christianisme, ne fait pas consensus en Inde. Pour de nombreux hindous, Mère Thérésa demeure avant tout une missionnaire, qui ne faisait la charité qu'à ceux qui avaient renié leur culte et leurs racines pour bénéficier d'une soupe gratuite ou d'un traitement médical.

 

 

Les différentes Eglises chrétiennes en Inde

 

L'Église nestorienne est une communauté à présent disparue de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen-Âge. Fondée par le patriarche hérétique Nestorius, au 5ème siècle de notre ère, elle fut, durant le premier millénaire en Orient, l'Église chrétienne la plus influente, possédant des monastères jusqu'en Chine. Les premiers contacts de la doctrine de Jésus en Inde se firent à travers les relais-étapes nestoriens qui suivaient les routes des épices et de la soie.

Les Églises arméniennes, syriaques et cooptes sont d'autres Églises chrétiennes situées en Asie. Certaines d'entre elles respectent l'autorité de Rome, d'autres pas. Depuis que les mouvements pan-arabes, islamiques et sionistes sèment le chaos au Moyen-Orient, ces communautés subissent de graves violences et discriminations. D’Égypte en Irak, leurs églises sont régulièrement brûlées, leurs femmes violées, leurs villages pillés.

Présente en Inde depuis les premiers commerçants et navigateurs inter-continentaux, l'Église la plus anciennement installée et encore en activité est celle de St Thomas aussi appelée Église de Syrie. La plupart des chrétiens du sud de l'Inde en font partie. Dans le sud de l'Inde, de Goa au Karnataka, les chrétiens sont donc catholiques romains, dans les territoires du nord-est, ils sont protestants.

L'Inde est un pays encore peuplé par plus de 100 millions d'indigènes animistes, ce qui représente sur le marché du culte une cible de joie pour les professionnels de l'évangélisation. Ainsi, les mormons et les évangélistes américains se développent eux aussi dans ces zones tribales et reculées, ne subissant que peu l'influence culturelle des hindous ou des musulmans.

L'immense majorité des nouveaux convertis étant des dalits, intéressés par l’appât du gain, le ressentiment des membres plus anciens des congrégations n'est pas toujours tendre ou naïf à leur égard. Ainsi, les inégalités et les réflexes de caste perdurent dans l’Église. Pour l’Église de St Thomas, 90% de ses instances sont occupées par des membres de la tradition « historique ». De même, si 42% des croyants sont d'origine dalit ou sont des maharas, c'est-à-dire des convertis de la veille, seulement 6 évêques sur les 156 que compte cette congrégation partagent leur origine.

Le CHRISTIANISME en Inde

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