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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

ASHTAVAKRA GITA (version condensée)

 

ASHTAVAKRA GITA

version condensée

 

Ce chef-d’œuvre de la pensée non-dualiste fut composé en sanskrit par le gourou Ashtavakra au 8e siècle. Notre traduction est adaptée depuis celle de Wikipedia.

 


 

Gourou Ashtavakra


 

Chapitre 1


 

LA CONSCIENCE DE SOI

 

Le roi Janaka demande :

 

« Comment la connaissance peut-elle être acquise ? Comment la libération peut-elle être atteinte ? Et comment atteindre un état sans passion ? Dis-moi.

 

Ashtavakra répond :

 

« Si tu cherches la libération, évite ce à quoi s'attachent tes sens comme un poison. Pratique la tolérance, la sincérité, la compassion, la retenue et la vérité comme si tu buvais un nectar.

Tu n'es pas composé des éléments - la terre, l'eau, le feu, l'air, ou même l'éther ne sont pas toi. Pour être libéré, comprend que tu es plutôt la conscience et le témoin de ces éléments. Si tu parviens à calmer cette conscience et à te percevoir toi-même comme distinct de ton corps, alors tu deviendras heureux, paisible et libre de tout lien.

Tu n'appartiens pas à la caste des prêtres ni à nulle autre caste, tu n'es pas une catégorie, et tu n'es rien que l'œil puisse voir. Tu es sans attache et sans forme, mais le témoin de toute chose. Sachant cela, tu as juste à être heureux.

Vertu ou vice, plaisir ou douleur, ne sont que le produit du mental et ne te concernent pas. Tu n'es ni celui qui agit, ni celui qui recueille les fruits de ces agissements, tu es donc libre pour toujours.

Tu as été mordu par un serpent qui t'a fait croire que tu es ce que tu fais. Bois donc l'antidote qui te fera comprendre que tu n'es pas celui qui agit et sois heureux.

Brûle la forêt de l'ignorance avec le feu de la connaissance : tu es uniquement la pure conscience. Sachant cela, sois heureux et libère-toi de ta tristesse.

Si tu te crois libre, alors tu le seras. Si tu te crois enchaîné, alors tu le seras. Car « penser, c'est être. »

Ta véritable nature est la parfaite Unité, la liberté, la conscience impassible. Tu es le témoin universel, détaché de tout, sans désir et en paix. Ce n'est qu'une illusion de te croire impliqué dans le samsara.

Médite sur toi-même avec la conscience immobile, comme si rien n'était différent de toi, et renonce à l'idée fausse selon laquelle ta conscience serait issue de quoi d'externe ou interne.

Longtemps tu as été pris au piège en t'identifiant à ton corps, alors que tu es ta conscience. Tranche donc ce lien avec le couteau de la connaissance et sois heureux.

Tu es réellement libre de toute attache et du karma, c’est-à-dire de l’enchaînement de tes actions. Par nature tu es déjà lumineux et sans tache. Ton esclavage provient juste du fait que tu cherches toujours à calmer ton esprit alors que tu n'es composé que de pure conscience. Ne sois donc pas étroit d'esprit : tu es inconditionné et immuable, sans forme et permanent, ta conscience est insondable et imperturbable, alors ne te réfère à rien d'autre qu'à elle.

Vois que ce qui est apparent n'est pas réel, tandis que ce qui ne se manifeste pas est éternel. En t'initiant à cette vérité, tu ne tomberas plus dans l'irréalité.

De la même façon que ce qui se reflète dans un miroir existe à l'intérieur de lui comme à l'extérieur, le Seigneur Suprême existe partout, dans ton corps comme en dehors. De même qu'un seul et même espace universel existe à l'intérieur comme à l’extérieur d'un récipient, le Dieu éternel et immortel existe dans la totalité des choses.


 


 

Chapitre 8


 

LA SERVITUDE

 

Ashtavakra dit :

 

« La servitude, c'est quand l'esprit aspire à quelque chose, est déçu de quelque chose, rejette quelque chose, tient à quelque chose, se réjouit de quelque chose ou s'attriste de quelque chose. La libération, c'est au contraire quand l'esprit n'a plus d'envie pour rien, de peine pour rien, de rejet pour rien, ne tient à rien, et n'est content ou mécontent de rien.

La servitude, c'est quand l'esprit est empêtré dans l'un des sens, et la libération, c'est quand l'esprit n'est emmêlé dans aucun des sens.

Lorsqu'il n'y a pas de « moi » c'est la libération, et quand il y a « moi » c'est la servitude. Compte tenu de cette vérité, ne retient ni ne rejette rien qui puisse se présenter à ton esprit. »


 


 

Chapitre 10


 

LE DÉSIR

 

Ashtavakra dit :

 

« Abandonne le désir, abandonne ton ennemi, abandonne aussi ce que tu peux gagner, car cela même est composé de tant de perte, et pratique l'indifférence envers tout.

Tes amis, ton argent, tes biens, tes terres, tes épouses et ce que tu légueras à ta descendance ne sont rien d'autre qu'un rêve ou un tour de magie. Bien que tu t'y sois attaché, tes royaumes, tes enfants, tes épouses, ton corps et tes plaisirs, tout cela sera perdu pour toi dans la vie après la vie. L'ignorance elle-même n'est rien, alors qu'as-tu besoin de t'handicaper du désir de comprendre ?

Partout où règne le désir, règne aussi le malheureux cycle des réincarnations, le Samsara. En préférant la sérénité aux désirs, tu seras libre des passions et tu seras enfin heureux. Assez donc des richesses, de la sensualité et des actes. Dans la forêt du cycle des réincarnations, l'esprit n'a jamais trouvé aucune satisfaction en eux.

Par combien de naissances es-tu déjà passé et combien de fois as-tu déjà fait l'expérience douloureuse du corps malade, de l'esprit trompeur et de la décevante parole ? Il est tant que tout cela s'arrête.

La nature et l'essence de la servitude ne sont rien d'autre que le désir. Éliminer le désir, voici ce qui s'appelle la Moksha, c’est-à-dire la libération totale de l'existence. C'est tout simplement en ne t'efforçant pas de changer les choses que la joie éternelle de l'épanouissement te sera accessible. »


 


 

Chapitre 16


 

L'OUBLIE

 

Ashtavakra dit :

 

« Tu pourrais réciter ou écouter les innombrables écritures saintes, tu ne seras pas pour autant capable de les comprendre, tant que tu n'auras pas tout oublié. Tu pourrais avoir Shiva, Vishnou ou Brahma comme professeurs, tant que tu n'auras pas oublié toute chose, tu ne pourras pas t'illuminer.

De même, tu pourrais, en t'efforçant d'être sage et juste, te livrer à la recherche de la prospérité, à l'activité ou à la méditation, mais ton esprit te demandera toujours plus car tu n'auras pas cessé de désirer. Aucun objectif, même largement atteint et dépassé ne pourra jamais te délivrer du désir, car toujours tu désireras ne plus désirer.

C'est en ne cessant jamais de s'efforcer de satisfaire ses désirs que chacun souffre, mais personne ne semble s'en rendre compte. C'est en acceptant ces vérités dévoilées qu'il est possible d'atteindre la paix de l'esprit.

Le bonheur n'appartient à personne d'autre qu'à celui, suprêmement paresseux, pour qui même ouvrir et fermer les yeux est une peine.

Quand l'esprit est libéré de ce qui s'oppose mais constituent tout de même une paire, comme le fait de dire « j'ai fait ceci » ou « je n'ai pas fait cela », et « je peux faire ceci » ou « je ne peux pas faire cela », il devient indifférent au mérite, à la richesse, à la sensualité et même au salut.

Celui qui répugne aux sens est qualifié de sobre tandis que celui qui est attaché à eux est qualifié d'avide, mais celui qui est libre à la fois de prendre et de rejeter ce qui se présente à lui n'est ni sobre ni gourmand, il est sage.

Tant que demeurera en toi le désir, qui n'est autre que le fait de vouloir ou de ne pas vouloir, et le sentiment de répulsion et d'attraction, l'arbre des réincarnations, de ses racines à ses branches demeurera en toi.

Le désir vient de ce que l'on fait tout autant que de ce que nous regrettons de ne pouvoir faire, le sage, semblable à un enfant, est donc celui qui est libre de ces paires qui s'opposent.

Celui qui est dévoré par ses passions veut se débarrasser du cycle des réincarnations afin d'éviter la douleur, mais celui qui est sans passion est aussi sans douleur et ne ressentira donc aucune souffrance.

Celui qui est fier de son salut ou de son propre corps, et qui pense que tout cela le défini, n'est ni un devin ni un yogi. Il est seulement une victime. »


 


 

Chapitre 20


 

LA TRANSCENDANCE

 

Janaka dit :

 

« Si j'ai bien compris, dans mon existence véritable il n'y a ni éléments, ni corps, ni facultés, ni esprit. Il n'y a ni vide ni angoisse. Pour moi, qui n'aie plus le sens du dualisme, il n'y a ni d'écritures, ni connaissance de moi-même, ni satisfaction, ni liberté du désir.

Il n'y a ni connaissance ni ignorance, pas de « moi », pas de « ceci » et pas de « mien », pas de servitude et pas de libération. Ma propre nature ne connaît pas la dualité.

Pour celui qui est libre des caractéristiques individuelles, il n'y a pas de causes ni de conséquence, pas de salut possible au cours de la vie, ni aucun accomplissement ni extase au moment de la mort.

Pour moi, libre de l'individualité, il n'y a ni semeur et ni moissonneur des conséquences, aucune pause dans l'action, ni rien qui ne découle de la pensée, aucun objectif à court terme, ni aucune envie de résultat.

Il n'y a pas d'univers, nul chercheur de libération, nul yogi, nul visionnaire, aucun homme n'est lié ni libre. Rien ne part ni ne revient, ni le but ni les moyens n'existent, de même que n'existe pas plus l'homme qui cherche ou qui se réalise.

Pour moi qui suis toujours sans tache, il n'y a ni norme, ni juge, ni jugement, ni rien à juger.

Pour moi qui suis libre de juger et d'avoir une opinion, il n'y a ni vérité conventionnelle, ni vérité absolue, comme il n'y a ni bonheur ni souffrance.

Pour moi qui ne suis pas dans l'action, il n'y a ni distraction, ni de concentration, ni manque, ni compréhension, ni bêtise, ni joie et ni chagrin.

Pour moi qui suis à jamais immobile et indivisible, affermi en moi-même, il n'y a ni activité ni inactivité, pas de libération possible ni aucune servitude que l'on puisse m'imposer.

Pour moi qui suis à jamais pur, il n'y a ni illusion, ni cycle des réincarnations, ni attachement ni détachement. Nul être vivant n'existe, et Dieu non plus.

Pour moi qui suis béni et sans limite, il n'y a ni initiation ni de saintes Écritures, ni disciple ni maître, et aucun but à l'existence humaine.

L'être n'existe pas plus que le non-être, l'unité pas plus que la dualité.

Que pourrais-je ajouter ? Rien ne naîtra jamais de moi. »

ASHTAVAKRA GITA (version condensée)

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