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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Le sutra du BOUDDHA

 

Différentes représentations du Bouddha

Trad. Léon Feer

 

« Pour suivre la voie qui vous libérera de vos douleurs, il faut supprimer vos désirs, car ce sont eux qui vous aveuglent lorsque vous agissez. Connaissez aussi à fond la nature de votre propre esprit, et pénétrer le sens profond du véritable savoir universelle. En faisant ainsi, vous n'obtiendrez rien, mais vous ne rechercherez plus rien non plus. Pour vous, suivre la Voie ne sera plus un lien qui vous attache au monde et les affaires de ce monde ne vous dérangeront plus. Il vous faut donc ne plus penser, ne plus agir, ne plus méditer, ne plus vous attacher à rien sauf à votre véritable nature, qui est divine et universelle. C'est grâce à elle que vous vous élèverez à un état supérieur et merveilleux, et c’est en cela que consiste ce qu’on appelle la Voie.

Tout d'abord, éloignez-vous de ce qui est mal et vous fait du mal.

Ceux qui commettent beaucoup de péchés et ne s’en repentent pas, amassent continuellement des actes coupables dont le fruit mûrit en eux-mêmes. Ils sont comme des cours d’eau qui descendent vers le grand Océan, et qui, devenant par toujours plus profonds et toujours plus larges, finissent par être difficiles à traverser.

Il existe dix manières de céder au vice. Il y en a trois par le corps, quatre par la parole et trois par la pensée.

Ôter la vie, prendre ce qui n’a pas été donné, et céder à ses passions, ce qui mène à l'adultère et à la fornication, voici ce quels sont les pêchés que peut commettre votre corps.

Mentir, parler pour ne rien dire, ne pas honorer ses promesses, médire, insulter ou dire des paroles trop dures, voici quels sont les pêchés que peut commettre votre parole.

Le désir de posséder, que l'on appelle la convoitise ou la cupidité, le désir de nuire, que l'on appelle la haine et la jalousie ainsi que le désir de ne pas croire alors même que vous êtes face à la vérité, voici les pêchés que peut commettre votre pensée.

Le Bouddha leur dit encore qu'en ce monde, il y avait des choses qui, sans être des p^échés interdits, étaient difficilement réalisables :

« Quand on est pauvre, leur dit-il, il est difficile de donner l’aumône. Quand on est riche, ajouta-t-il, il est par contre difficile de s’instruire correctement dans la Voie de la libération. La beauté et la richesse ressemblent au miel qui est resté attaché à la lame d’un couteau. Les enfants y portent un instant seulement la langue pour goûter, qu'ils se la coupent et en éprouve de longues et vives douleurs.

Pour celui qui possède l'instruction et la culture nécessaire pour étudier la Vérité, il sera toujours difficile d'appréhender correctement la Loi universelle dont les enseignements sont si variés. Il lui sera tout aussi difficile de ne pas mépriser ceux qui manquent d’instruction, alors même qu'il lui sera difficile de connaître la vraie nature de l’esprit, et qu'il sache qu'à cause de son ignorance, il n'arrivera pas à s’instruire dans la Voie. Quant à celui qui est assez sage pour maîtriser une science, il est difficile pour lui, même après avoir beaucoup appris, d'être aussi patient que le désire cette science.

Il est difficile d'accepter la nature des choses et il est tout aussi difficile de reposer complètement son esprit.

Il est difficile, quand on a trouvé un champ d’activité dans lequel nous sommes bons, ou dans lequel nous nous plaisons, et de ne pas s’y attacher de tout son cœur, de même qu'il est difficile, quand on a vu une chose agréable, de ne pas la désirer. Car il est difficile de ne pas céder aux passions et de leur tenir tête, de même qu'il est difficile de posséder la richesse et la puissance sans se laisser dominer par elles.

Ainsi, il est difficile de ne pas avoir d’orgueil. Il est difficile de ne pas toujours dire « moi ! » Il est difficile de penser, d'être et d'agir en uniquement motivé par la raison et la rationalité. Il est difficile de rencontrer quelqu'un qui aime véritablement faire le bien.

Il est difficile de n’être plus ébranlé par rien. Il est difficile de garder le silence sur ce qui doit ou ne doit pas être fait. Il est difficile de ne pas avoir une opinion. Il est difficile de ne pas donner de conseil.

Enfin, ajouta le Bouddha, s'il est difficile de faire le sacrifice de votre vie, le suicide le sera tout autant.

Plutôt que de souffrir en essayant de vous corriger, regardez plutôt le Ciel et la Terre, et quand vous verrez croître et prospérer les créatures, dîtes-vous « Rien de tout cela n'est permanent ». Quand vous contemplerez une montagne ou une rivière, il faudra vous dire : « elles ne sont pas permanentes ». C'est par de telles réflexions que bientôt vous serrez sur la Voie.

Ceux qui ont peur à cause de leur attachement à leurs enfants, à leurs femmes, à leurs richesses, à leurs maisons, ressemblent à des prisonniers enfermé dans une prison, chargé de chaînes et de fers. Un jour peut-être seront-ils libéré, mais alors la chance d’être délivré sera pour eux semblable aux terreurs de la prison. Une fois attaché à une femme ou à des enfants, la peur que l'on éprouve à l'idée d'en être séparé est comparable à celle du héro entrant dans l’antre de la bête sauvage. S'étant livré comme des fous à tous ces liens, sans mesure ni précaution, ils ne pourront que très difficilement en être délivrés.

Le Bouddha dit encore :

« Chères yogis, ne vous fiez pas à votre cœur. N'ayez pas une confiance complète et absolue en lui. Soyez sur vos gardes, soyez réservés, ne vous attachez pas à la forme que prennent les choses qui s'incarnent devant vous, car si vous vous attachez à leur forme, vous éprouverez de la douleur. Seul un maître spirituel accompli peut se fier à son cœur, et personne ne doit se fier à ce qu'il aperçoit.

Un de ceux qui allaient devenir après ce soir l'un de ses premiers disciples, se leva et lui demanda : « toi qui semble éveillé et savoir ce que nous désirons savoir, qu'est-ce qui te plaît, qu'est-ce qui te déplaît ? Qu'est-ce qui pour toi est la réalité, la justice et le vrai ? »

Le Bouddha lui répondit ceci :

« Aux yeux du sage, toutes les richesses et tout le luxe des rois et de leurs ministres ne sont que du crachat et de la poussière. À ses yeux, l’or, l’argent et tous les autres joyaux ou objets précieux ne sont que de la brique et du gravier. À ses yeux, les étoffes de soie et tous les autres vêtements de grand prix ne sont que des haillons, tandis que lui semble de l’or et de la soie la rugueuse robe rouge du pénitent.

Aux yeux du sage, les régions du monde sont semblables aux nombreuses graines de la fleur séchée de pavot. À ses yeux, l’eau des Océans, n’est qu'une huile dont on il se frotte le pied. Devant ses yeux, il n'existe que la Voie, semblable à un tapis de fleurs. Sa recherche du Samâdhi, l'illumination métaphysique, appelé parfois le bonheur, est en lui semblable à la montagne inébranlable du Mérou, l'axe du monde. Pour lui, la pureté et l’impureté sont comme deux serpent qui dansent. Seul compte pour lui la stabilité et la paix de l'esprit. »

La brise nocturne commençant à soufflé sur le parc aux Gazelles, indiquant ainsi l'heure des dernières libations quotidiennes. Le Bouddha considéra qu'il était temps que soit fondé la première congrégation de moines consacrée à la recherche et à l’enseignement de la Voie.

Pour se choisir un fidèle compagnon dans l'établissement de la nouvelle secte, Bouddha posa une question aux yogis qui l'entouraient : « Quelle est la durée de la vie humaine ? » demanda-t-il.

Un sâdhus répondit : « Elle est de dix jours. » Mais le Bouddha le reprit : « Mon fils, tu n’es pas encore avancé dans la Voie. »

Un autre sâdhus dit à son tour : « Une vie humaine dure le temps de prendre un repas ! »

_ Va, toi non plus tu n’es pas avancé dans la voie. » lui répondit le Bouddha.

Enfin, un jeune yogi s'avança et lui dit : « La vie dure le temps d'inspirer puis d'expirer. »

Alors, Bouddha satisfait de sa réponse, fit de lui son écuyer et son principal scribe. Puis il ajouta :

« Ceux qui veulent me suivre et vivre avec moi dans la communauté des renonçant, qu'ils se rasent le visage et les cheveux, et qu'ils renoncent à ce que le monde peut leur offrir et à ce dont ils peuvent jouir ou posséder de lui, qu'ils vivent en demandant l’aumône, qu'ils mangent une seule fois par jour à midi, qu'ils ne se réservent pas de nourriture une deuxième fois et enfin, qu'ils fassent leur lit au pied d’un arbre.

Il est difficile de recevoir les outrages sans se mettre en colère et les méchants auront beau commettre contre vous leurs actions, vous les accepterez grâce à l'immense compassion que je vous enseignerais. Ils auront beau vous tourmenter en redoublant leurs folles invectives, vous redoublerez de douceur à leur égard et les protégerez par la compassion d’un amour sans limite et sans cesse renouvelé. En agissant ainsi, vous augmenterez vos pieux mérites, tandis que la blessure et la douleur s’attacheront à ces hommes. »

Un fou, comprenant mal ce que le Bouddha avait dit, et pensant que les insultes avaient pour unique résultat de faire redoubler l’amour, se leva et traversa la foule des yogis pour s'approcher du Bouddha et l'insulter.

Ce dernier resta sans rien dire, il attendit que les outrances soient terminées, puis il lui dit :

« Mon fils, quand tu veux offrir quelque chose à quelqu’un et que cette personne n'accepte pas ton cadeau, que fais-tu ?  

_ Je le remporte avec moi, répondit l’homme.

_ Mon fils, dit le Bouddha, les outrages que tu viens de m'adresser, je ne les a pas prise pour moi, remporte-les donc ! De même qu'un acte ne peut pas être séparer de ses conséquences, un individu ne peut pas être séparés de ses actes, alors la douleur sera pour toi comme l’écho de ta voix, comme l’ombre de ton corps. Pour ton propre bien, abstiens-toi donc des actes pervers et coupables.

Le Bouddha continua :

« Les méchants qui outragent les bons ressemblent à celui qui lance un crachat vers le ciel. Le ciel ne pouvant pas être sali, c’est sur le cracheur lui-même que retombera la salissure. Les bons n’étant pas sensible à l’outrage, jamais on ne pourra leur faire de tord, car c’est soi-même qu’on affaiblirait en voulant leur nuire.

Ainsi parlait le Bouddha Shakyamouni et tous les yogis qui l’entouraient en furent réjouis et louèrent ce qu'il avait dit. Nombreux sont ceux qui le suivirent ensuite, déclarant que ce qu'il disait était la vérité. »

Le sutra du BOUDDHA

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