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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

ENKI (EA), Rudra mésopotamien

Les mythes mésopotamiens regorgent de ce que l'on pourrait appeler des « références shivaïtes ». Des divinités sumériennes, akkadiennes et babyloniennes comme Enki, Enlil ou Dumuzi présentent en effet des similitudes évidentes avec Dionysos mais aussi avec le Rudra-Shiva indien.

Enki est le dieu sumérien du savoir, de la sagesse, de la magie, des eaux souterraines (eau douce). Son pendant akkadien est Ea. Il s'agit d'une des premières divinités mentionnées dans l'Histoire de l'humanité. Mentionnée dès le 3e millénaire avant notre ère, deux millénaires plus tard, Enki était encore une des divinités les plus importantes du panthéon babylonien.

Enki est une divinité de la fertilité et donc du phallus. Tout comme Rudra, Enki est un être solitaire qui voyage à travers le monde pour y propager la vie. Là où les plantes ne sont pas encore là, où le désert persiste, il plante son immense verge dans le sol et des fontaines jaillissement. Dieu des eaux souterraines, des nappes phréatiques nécessaires à la vie des plantes, il est aussi le dieu des pluies, tout aussi nécessaires aux plantes sauvages comme domestiques, aux forêts comme aux champs et vergés. Le célèbre mythe qu'il partage avec la déesse Ninhursag, présente ce couple divin uni dans l'acte sexuel. De leur ébat naîtra une île verdoyante, connue de nos jours sous le nom de Barhain.

Tout comme le Cernunnos celtique ou le Pashupati de l'Indus, Enki est représenté assis sur un trône et tenant dans une main une coupe. S'agit-il d'une coupe de vin (très présent dans la culture sumérienne) ou d'eau (Enki est le dieu des eaux douces), il s'agit d'une forme de corne d'abondance. Cette coupe remplie la même fonction que le chaudron de Cernunnos ou que le bol de Shiva et Sucellos. Elle contient le nectar divin, que les Aryens nommaient soma et les Grecs ambroisie. Loin d'être réservé à la seule divinité, ce nectar est aussi distribué à l'humanité et à toutes les créatures de l'Univers. Symbole de fertilité, d'immortalité, donc de renouveau cyclique et printanier, cette coupe consacre l'immortalité d'Enki, mais aussi son immense générosité. Car s'il boit dans cette coupe, il en fait aussi boire le nectar aux plus sages des hommes. Avec ce bol, Enki collecte les offrandes de ses fidèles, et avec ce même bol, il distribue ses propres offrandes à ses disciples.

Cette coupe est aussi le symbole de la fertilité intellectuelle : c'est une boisson que seuls les plus sages peuvent espérer boire, mais qui leur ouvrira les portes de la perception véritable. Enki est donc considéré par les Mésopotamiens comme « l'ami des hommes », une appellation absolument identique à celle de Shiva, dont l'étymologie sanskrite signifie « le doux, le généreux ». Justifiant son surnom, Enki sauve le roi des hommes durant le déluge déclenché par Enki.

Dans la version babylonienne tardive, Ea est le père de Marduk, le roi des dieux. Marduk est un dieu guerrier et martial. Le couple Ea-Marduk évoque alors celui de Shiva-Skanda. Dans le cycle hittite de Kumarbi, c'est Ea qui donne à Teshub les armes pour vaincre le dragon. Dans le mythe indien, c'est Shiva qui offre à Skanda le Vel, une lance magique qui est à la fois la sœur, mais aussi la shakti de Skanda.

La divinité-père est alors le Seigneur immortel des dimensions invisibles et intemporelles, tandis que le fils est le maître des dimensions visibles et terrestres, subissant l'adversité, le temps et la mort. Si le père est passif, le fils est actif. Si le père incarne la sagesse, le fils incarne la bellicosité. Ce couple père-fils se retrouve dans le christianisme ; Dieu le père est sans visage, sans corps, impénétrable et inaccessible, mais son fils est un homme identifiable, historique, mort en souffrant dans sa chair.

Enki est aussi un dieu bâtisseur. Hittites, Hourrites et Akkadiens lui rendaient honneur comme fondateur de leurs premières cités. Les Hittites l’invoquaient durant leurs rituels de fondation. Outre des cités et des champs, Enki est aussi crédité de la création des êtres humains.

Enfin, la magie, l'exorcisme, la médecine, les remèdes et les poisons, sont d'autres attributs communs à Enki, Shiva et Dionysos.

ENKI (EA), Rudra mésopotamien

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