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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

L'occupation du TIBET

L'occupation du TIBET

Durant plus d'un millénaire, le Tibet resta un territoire interdit, où tout voyageur qui ne serait pas invité par les lamas était immédiatement mis à mort. Le commerce y fut soit interdit, soit très fortement réglementé et à part quelques caravanes envoyées par l'empire du Milieu, nul n'y passait. Il y faisait extrêmement froid, les glaciers, l'altitude, l'aridité et la sécheresse de l'environnement empêchaient toute installation permanente. Pauvre en richesses naturelles, que les conditions climatiques empêchaient d'exploiter, le Tibet n’intéressa pas les envahisseurs, qui dévasteront l'Iran, l'Inde, la Chine, mais ne s'aventureront pas aussi haut, sachant ne rien y trouver.

En 1904 pourtant, alors que le Tibet vient à peine de s'ouvrir au monde extérieur, c’est-à-dire à accepter régulièrement des caravanes de marchands et des représentations théologiques ou diplomatiques, les troupes anglaises occupent Lhassa, en répression à des incursions de Tibétains dans le Sikkim, alors sous la domination de l'Empire des Indes. Équipée d'armes qui n'avaient jamais été utilisées et sans défense face aux fusils anglais, la petite armée royale tibétaine fut massacrée, forçant le Grand Lama à signer la paix.

De 1910 à 1911, ce sont les troupes royales chinoises qui occupent la ville, ce qui pousse le Grand Lama à abandonner son palais du Potala pour rejoindre la Mongolie. La Révolution populaire chinoise engendrera le retrait des troupes du plateau tibétain. Les prétentions chinoises à contrôler le stratégique plateau tibétain ne seront pas abandonnées et pour célébrer le premier anniversaire de la Révolution communiste en Chine han, en octobre 1950, les blindés chinois lancent une campagne éclaire à travers le Tibet, qu'ils occupent entièrement. Conjointement, l'armée populaire chinoise occupe puis annexe les provinces du Taklamakan et du désert inférieur de Gobi, se rendant ainsi maîtresse d'une partie de la Mongolie historique et d'un bon tiers de la Route de la soie.

La Chine des Hans connaît alors ses frontières naturelles, composées au nord du désert de Gobi, à l'ouest de l'Hindu Kush, au sud de l’Himalaya et à l'est par l'océan Pacifique. Cependant, maître de ses frontières, le nouvel empire chinois ne se limite pas à celles-ci, mais les dépasse encore. Ainsi, les Chinois imposent leur domination à des peuples situés au-delà même de leur sphère d'influence historique. Les Ouïgours musulmans turcophones, dont le territoire fut jadis celui des Celtes chinois dont ils avaient eux-mêmes éradiqué la race, furent alors colonisés. De même, le plateau tibétain qui fut si longtemps coupé du reste du monde, fut rendu accessible en quelques jours de train ou de véhicules à moteur depuis Chengdu, Kunming ou Xi'an. Des armées de travailleurs, parfois employés, parfois esclaves, parfois opposants politiques sont envoyées au Tibet pour construire des routes, des ponts, et creuser des tunnels. Des routes furent creusées dans la montagne, qui ouvrirent à jamais les vallées, comme celles jadis impénétrables du Mustang.

Dans la seconde partie du XXe siècle, ce seront plutôt des militaires et des fonctionnaires qui furent envoyés au Tibet, pour peupler un pays grand comme un continent et ainsi supplanter démographiquement les populations indigènes locales, dont la dévotion à Bouddha et à son représentant sur Terre le Lama, avait été le ciment social du pays durant plus d'un millénaire.

L'occupation du plateau tibétain fit des Chinois les maîtres de l'Asie. Leur vue domine les plaines indiennes, et depuis le toit du monde, qui est aussi le centre de l'Asie, leurs avions peuvent décoller pour rejoindre en quelques instants les grandes cités du monde indien : Calcutta, Delhi, Karachi, mais aussi Almaty, Tachkent ou Samarcande, aucune de ces métropoles n'est à plus de 2000 kilomètres du territoire contrôlé par la Chine et dont le plateau tibétain représente un domaine grand comme cinq fois celui de la France métropolitaine.

Si du point de vue occidental l'occupation chinoise du Tibet peut sembler une simple colonisation, pour les Chinois, le Tibet est plutôt une province historiquement chinoise, que la Révolution Populaire se devait de libérer de l’oppression des lamas superstitieux et contre-révolutionnaires. La Chine se targue d’ailleurs d'avoir civilisé le Tibet. C'est en effet indéniable qu'elle l'a modernisé, en y apportant la culture, l’instruction (communiste), le commerce et toutes les aisances de la vie moderne (impôts, retraite, salaires). Quant au peuple tibétain lui-même, par-delà le développement du plateau tibétain, il est depuis 1950 un citoyen de seconde zone, voire pas du tout citoyen.

À part quelques temples gardés intacts et même subventionnés par Pékin pour qu'ils soient présentés aux touristes, journalistes et médias occidentaux, la plupart des temples bouddhistes ont été rasés depuis 1950. Le Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix en 1989, en exil en Inde depuis l'invasion chinoise, est encore considéré par les autorités chinoises comme un dangereux terroriste, qui est à la solde de l'Occident pour déstabiliser la Révolution Populaire.

Traditionnellement, les Tibétains considèrent le Dalaï-Lama comme l'incarnation terrestre du Bouddha, et se soumettent donc à son autorité politique et théologique. Quand un Dalaï-Lama meurt, il s'agit de trouver sa réincarnation parmi les nouveau-nés tibétains. Pour le trouver, les savants lamas observent de nombreux signes sur le corps des bébés, dont certains sont typiques du corps du Bouddha lui-même.

Le Dalaï-Lama contemporain, Tenzin Gyatso (né en 1935), prix Nobel de la paix en 1989, vit depuis l'invasion chinoise du Tibet en exil en Inde. Le gouvernement chinois a tenté de proposer aux Tibétains un autre Dalaï-Lama, qui serait entièrement soumis aux volontés de Pékin, mais celui-ci ne gagna jamais le respect du puissant clergé, qui est par ailleurs depuis plus de 50 ans largement éradiqué par la Chine communiste, sous la forme d'assassinats ou d'emprisonnements.

Pour autant, le Dalaï-Lama est lui-même fortement contesté par la jeunesse tibétaine indépendantiste, qui regrette que son combat pour la non-violence lui ait permis de vendre autant de livres et de se faire autant prendre en photos en Occident, tandis que la situation de son peuple n'a fait que se détériorer depuis.

À présent, les Tibétains sont en infériorité démographique dans leur propre pays. Les avantages en impôts et les salaires plus élevés au Tibet, ont encouragé les fonctionnaires hans à s’installer dans un environnement où le climat est si hostile. Remplacement ethnique oblige, les Tibétains demeurent sous-éduqués, sous-payés, sous-représentés et sous-cultivés, dans leur propre pays. Quant au bouddhisme, il n'est toléré par les autorités locales que s'il constitue un folklore inoffensif, mais si la religion se mêle de politique, comme l'islam en Ouïgourstan ou le Falun Da en Chine continentale, la répression est sévère. Les descentes de police, les procès expéditifs et les destructions de temples et de lieux de culte font partie des méthodes classiques entreprises par le parti communiste chinois pour calmer toute opposition, qu'elle soit culturelle ou politique.

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