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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Les révoltes indépendantistes en INDE

Les révoltes indépendantistes


 

Des années 1950 aux années 1970, Goa et Pondichéry récupérés aux Portugais et aux Français, la république indienne se dessine un espace vital naturel entre trois géants démographiques, limité à l'ouest par le Pakistan et le désert du Thar, à l'est par le Bangladesh et le delta du Gange et au nord par l'Himalaya et la Chine, qui avait envahit le Tibet en 1950.

Les frontières stabilisées, les désordres qui secoueront l'Inde se feront alors sentir à l'intérieur même du pays. Du milieu des années 1950 jusqu'à nos jours, des mouvements indépendantistes régionaux périphériques réclameront plus de considération de la part du gouvernement central de Delhi. Pour faire valoir leur cause, il n'hésiteront pas à prendre les armes.

En 1955, financés en sous-main par le Pakistan, les Nagas du Nagaland se révoltent, de même que les Manipuris catholiques du Manipur. Des combats indépendantistes feront aussi bientôt rage en Assam. En 1961, une nouvelle organisation politique, le Front national Mizo voit le jour, dont l'objectif est de défendre par les armes et la guérilla les intérêts des Mizos, un peule indigène de race sino-birmane émigré depuis la Chine vers 750 après J.-C..

Afin de proposer une porte de sortie à la crise régionale des indépendantismes dans le nord-est indien, de nouveaux États sont créés à l'intérieur de la nation indienne, avec plus ou moins de pouvoir, d'indépendance ou de crédits alloués par le gouvernement central de Delhi. En 1962, est créé le Nagaland, en 1970, le Meghalaya, en 1972, le Tripura et le Manipur et en 1986, le Mizoram.

Tous ces États sont créés en démantelant la vaste et riche région de l'Assam, qui se voit par là même punie d'avoir voulu, par les armes, disputer sa propre gestion à l'administration républicaine indienne, qui depuis Delhi collecte les richesses de la contrée pour ensuite, selon les Assamais, ne pas assez en renvoyer les bénéfices. Constatant qu'une décennie fut perdue à tenter de redonner démocratiquement le pouvoir et la gestion de l'Assam aux Assamais, tout en subissant la rapacité économique des Bengalis émigrés depuis Calcutta dans la vallée du Brahmapoutre, le Front de Libération de l'Assam (ULFA) entre en lutte contre le pouvoir central indien en 1979.

Toujours dans le nord-est indien, une grave crise identitaire et ethnique frappe aussi le Sikkim et le Tripura. Là, les émigrés népalais sont si nombreux qu'il sont parfois en majorité dans les villes et villages. Leur présence massive a pour conséquence la chute du modèle culturel des Tripuris et des Gurkas (l'ethnie autochtone du Sikkim). S'ajoute à cette immigration incontrôlée la conversion au protestantisme et au catholicisme des indigènes (adivasis) de la région. Pour information, les peuples sino-birmans tripuri et gurka, sont les habitants originaux et ancestraux de cette région du sous-continent et leur présence remonte à plus de 2000 ans. L'arrivée massive d'une immigration népalaise et bangladaise représente donc un danger vital pour leur survie, tant culturelle, humaine qu'économique.

Les peuples autochtones demandent alors au gouvernement de Delhi de refréner, voir de combattre cette immigration ainsi que de freiner leur acculturation. Face à l'absence de réponse conséquente, des groupes paramilitaires se forment et tentent de régler eux-mêmes leurs problèmes. Ces bandes armées, qualifiées de terroristes par Delhi, vivent alors dans les montagnes et se forment au combat, à la guérilla et au terrorisme dans des camps d’entraînement en Chine et en Birmanie (tout en bénéficiant du financement du Pakistan, l'ennemi traditionnel des Indiens).

En 1980, la violence atteint son paroxysme dans l'État reculé et sauvage du Tripura. Suite à une migration massive de Bangladais hindous fuyant les persécutions qu'ils subissent au Bangladesh, les autochtones du Tripura cèdent à la violence pour manifester leur refus de voir s'installer sur leur terre des peuples étrangers qui provoquent leur acculturation. En quelques jours, 250 à 500 hindous sont massacrés sans distinction de sexe ou d'âge ou de métier, la plupart étant des petits commerçants ou des employés agricoles. Quand l'armée indienne arrive enfin sur place, après plusieurs jours de voyage depuis Calcutta et Guwahati, le spectacle qui s'impose à leur vue ne peut être plus macabre : des râteaux, des faux, des marteaux ont été utilisés comme armes par les indigènes tripuris : les vagins des femmes et le corps de leurs bébés en furent transpercés et les viscères gisent depuis les ventres dans la poussière.

Loin de se limiter aux États du nord-est, l’indépendantisme régional gangrène bientôt le reste de l'Inde. Le gouvernement central de Delhi est alors considéré comme un nouvel envahisseur, dans la lignée des colons anglais et des sultans islamiques.

L'hindi, langue dérivée du sanskrit et langue vernaculaire de la vallée du Gange et de l'Indus, est imposée comme langue officielle, avec l'anglais, de l'administration indienne. Tout commerce, toute décision politique, doit avoir été avalisé par Delhi et sa puissante administration laïque, socialiste mais aussi, fortement brahmanique.

Ainsi, loin de lutter efficacement contre les injustices sociales et les violences religieuses, la politique indienne semble plutôt un moyen pour les brahmanes et les kshatriyas de gouverner à leur tour un pays, sans plus de respect envers les populations, les cultures et les minorités culturelles, tels les adivasis, et en général tous les peuples du sud de l'Inde, comme les Tamouls, les Télangais et les Kéralais, qui sont de race dravidienne et ne partagent pas le même hindouisme védique qu'au nord des monts Vindaya.

Plutôt que de redistribuer les richesses de manière équitable entre chaque région, Delhi hindiphone et brahmanique sélectionne par la corruption les zones et les régions à développer en priorité. Ses hommes politiques s'enrichissent alors grâce aux pots-de-vin, qui sont automatiquement perçus lors de chacune des transactions économiques et prises de décision politique.

Le Jarkhand, le Bihar, mais aussi le Pays Tamoul, connaissent alors des mouvements indépendantistes plus ou moins violents, plus ou moins inspirés par la pensée marxiste ou l'approche militaire de la guérilla castriste. En 1967, la révolte communiste révolutionnaire des naxalites commence à sévir tout au long de la côte orientale indienne. De nos jours (2019), ce groupuscule paramilitaire est encore officiellement actif.

En 1983 en Assam, pour les mêmes raisons qu'au Tripura trois ans plus tôt, 2131 Bangladais sont massacrés par une foule exaspérée de les voir s'installer dans leur ville, dans leur village, et de dangereusement prendre du poids démographique. Cette fois, les assaillants sont les Assamais, antique peuplade indo-européenne de tradition vishnavite. Quant aux victimes, il ne s'agissait cette fois pas d'hindous mais de musulmans, dont les nombreuses boucheries ouvertes dans le centre de Guwahati, la capitale assamaise, révoltaient les mœurs végétariennes des Assamais.

Ayant totalement raté son indépendance du Pakistan, le Bangladesh est alors engoncé dans une crise économique, politique et humaine totale. Un des pays les plus pauvres d'Asie, il contient plus de quatre millions de paysans sans terres, que le gouvernement de Dhaka préfère voir s'installer en dehors du pays plutôt que de se révolter en son sein. Loin de stopper les vagues de migrants qui s'en vont coloniser les régions voisines de la Birmanie (Arakan) et de l'Inde (Bengale et Assam), Dhaka encourage par des lois islamiques la persécution et le départ des communautés hindoues ou chiites.

En 1986, est créé le Front Démocratique du Bodoland. À présent, toutes les principales ethnies tribales du nord-est indien possèdent un groupe paramilitaire qui agit en leur nom et prétend défendre leurs intérêts. À la même époque est créé le Gurkaland, une région autonome et illégale qui prétend faire sécession de l'Inde au nom du peuple bouddhiste et sino-tibétain des Gurkas du Sikkim dont la capitale est Darjeeling.

En réaction, Delhi coupera pour les décennies suivantes les subventions et les aides à ces régions, tout en continuant à ponctionner ses maigres ressources pour les vendre sur les marchés de la vallée du Gange, à un prix fixé unilatéralement depuis la banque centrale de Bombay.

 

Le logo de l'ULFA

 

 

L'attaque du temple d'Or d'Amritsar

 

Tant que ces mouvements restaient peu suivis et que leurs seuls revenus économiques dépendaient de l'ingérence pakistanaise, la république indienne toléra ces états de fait, n'ayant pas les moyens, outre une répression sanglante et un génocide, de réprimer ces justes révoltes.

Cependant quand une des régions les plus riches de l'Inde du Nord, le Penjab, menaça de faire sécession, Delhi n'eut d'autre choix que d'affirmer par la force et la violence sa puissance et sa suzeraineté. Le Penjab, constitué en majorité de sikhs et composé en grande partie par la caste nombreuse et populaire des jats, connaissait alors une vague indépendantiste qui se basait sur une particularité religieuse et castique.

En juin 1984, occupé en signe de protestation par des paramilitaires indépendantistes sikhs, le temple d'or d'Amritsar est pris d’assaut par l'armée indienne. Le plus saint des temples sikhs est alors couvert d'une pluie de balles et d'obus. Sa coupole principale est même endommagée par un obus tiré d'un tank. 650 morts sont à déplorer. Cette violation du plus sacré des temples sikhs aura pour conséquence l'assassinat cinq mois plus tard, par trois de ses gardes du corps sikhs, d'Indira Gandhi, qui depuis quatre ans était revenue au pouvoir. En représailles au meurtre de la première ministre, 32 sikhs sont massacrés à Hondh-Chillar, dans l'Haryana. Une vague d'émeutes traverse alors le Penjab et l'Haryana, opposant hindous et sikhs et faisant de nombreuses victimes dans les deux communautés.

 

 

La catastrophe chimique de Bhopal

 

Incapable de réguler l'inflation, l'Inde voit ses inégalités s’aggraver. Pour faire face au boum démographique, dans les métropoles indiennes, des nouveaux quartiers résidentiels ne cessent de se construire pour accueillir la nouvelle classe moyenne issue des trois castes les plus nobles (brahmane, kshatriya, vaishya). En même temps, des banlieues aux campagnes, le pays tout entier se recouvre aussi de bidonvilles.

À la fin de l'année 1984, une catastrophe industrielle touche la ville de Bhopal, où est situé un complexe d'usines chimiques. Des produits néfastes se déversent alors dans les eaux publiques et polluent les nappes phréatiques et les sources de la ville. Dans un mépris total pour les habitants de Bhopal, pour la plupart appartenant aux castes les plus basses de la société et vivant dans des bidon-villes, ni le gouvernement ni l'entreprise privée censée gérer le site industriel n'accepteront de faire face efficacement à l'urgence et à la gravité de la situation.

Des décennies durant, et encore de nos jours, la ville et ses habitants sont directement impactés par une pollution qui n'a toujours pas été prise en compte ni réellement nettoyée. Des milliers d'enfants sont nés avec des malformations et une eau non-potable est encore utilisée chaque jour pour les besoins du million et demi d'habitants qui composent la ville.

Un tel événement mit à jour la corruption du gouvernement mais aussi le mépris de caste qui régit encore les relations sociales en Inde. Aux yeux du monde entier, stupéfait du manque de réaction des autorités sanitaires indiennes, l'Inde apparut alors comme un pays où la vie humaine n'a pas la même valeur s'il s'agit d'un paria ou d'un brahmane.

 

 

 

Troubles continus en Assam


 

30 ans après sa création, le bilan de l'ULFA, le front de libération assamais est nul. Aucun compromis n'a été fait par Delhi pour donner plus d'autonomie à la région, et les migrations bangladaises n'ont cessé d'augmenter, de même que celles des classes moyennes du Bengale indien qui émigrent depuis Calcutta vers Guwahati pour des raisons économiques. Pour autant, la police indienne a eu le temps de faire son travail et après trente ans de chasse, les combattants de l'ULFA sont pour beaucoup de simples mercenaires envoyés depuis le Pakistan et formés en Chine ou en Birmanie.

Politiquement, leur seule voie d'expression possible, les Assamais ont beau voter à droite, parfois même très à droite, leur situation n'évolue pas et contrairement à Delhi, Bombay, Bangalore, Madras ou Calcutta, Guwahati et la vallée du Brahmapoutre ne connaissent aucun développement notable et restent même enclavés, à l'écart du reste du pays, à plus de 48 heures de train depuis Calcutta et 70 heures depuis Delhi. Une chose pourtant est à mettre au crédit du gouvernement central : une université de hautes technologies d'envergure mondiale (IIT) a été construite en banlieue de Guwahati. Cependant, cette université, bien que publique, n'accepte que les candidats les plus talentueux tandis que son recrutement est ouvert à l'Inde tout entière. Ainsi, même si de nombreux Assamais trouvent du travail sur le campus, l'impact de cette université sur l'Assam reste très limité et ne bénéficie pas outre mesure aux Assamais.

En 2009, deux bombes explosent dans un marché de Guwahati, visant la communauté hindiphone et bengaliphone, mais de nombreux Assamais sont aussi à compter parmi les victimes. L'ULFA connaît alors une baisse significative de ses supports et de sa popularité. En 2011, dans l'impasse, le gouvernement indien propose un cessez-le-feu. À Guwahati se réunissent les principaux chefs de guerre indépendantistes. Afin d'assurer leur sécurité, ils sont alors logés incognitos dans les foyers des policiers de la ville, afin qu'ils puissent loger sous bonne surveillance et que la population urbaine ne les côtoie pas. Après plus de 20 ans de guerre cumulés et 10 000 morts, la paix est enfin signée entre les partis.

Grâce au développement économique des années 2000, qui se ressent dans la plupart du pays, c'est aussi la fin des luttes indépendantistes armées. Seuls les communistes naxalites continuent à lutter les armes à la main et à camper dans les jungles. Depuis 1947, les révoltes indépendantistes auront fait quelques 50 000 victimes. Pour autant, la situation n'évolue pas et en 2017, un attentat de l'ULFA visant la communauté hindiphone de Guwahati fait 62 morts, mettant fin à six ans de cessez-le-feu.

En Assam, comme ailleurs, les problèmes ne se sont donc pas réglés pour autant une fois les groupes indépendantistes essoufflés. En 2012, de très violentes émeutes opposent émigrés bangladais musulmans et communautés assamaise et bodo. Dans un premier temps, ce sont des musulmans originaires du Bangladesh qui s'attaquent aux membres de l'ethnie Bodo, afin de leur voler leurs terres, situées au cœur de jungles et de collines, à la frontière bangladaise et birmane. 78 Bodos auraient été tués et 400 000 des leurs auraient été réduits à l'état de sans-abris par la terreur islamique.

Tout à travers l'Assam, le ras-le-bol de la majorité assamaise hindoue atteint son paroxysme et de violentes émeutes voient s'affronter foule assamaise et bodo contre familles musulmanes, pour la plupart ayant récemment émigré du Bangladesh. En représailles des violences subies par les musulmans bangladais de l'Assam, une série d'actes terroristes islamiques et de massacres frappent la ligne ferroviaire qui relie Guwahati et Calcutta. Des groupes terroristes djihadistes sont formés en urgence et tout à travers l'Inde, la communauté assamaise est frappée par diverses agressions d'une violence gratuite et aveugle. Dans les bus publics de Bombay et Delhi, des Assamaises sont violées. Au Pakistan, et bien sûr au Bangladesh, en solidarité musulmane avec les victimes des massacres en Assam, des vagues de persécutions contre les populations hindoues les poussent encore à quitter ces pays.


 


 

La reprise des révoltes naxalites


 

En 2007, cinquante policiers sont tués par des rebelles maoïstes dans l’État central du Chhattisgarh. Il s'agit de la dernière armée rebelle d'inspiration maoïste encore en activité dans le monde. De 2006 à 2017, la reprise de leur activité militaire pousse des bandes armées naxalites maoïstes à errer dans le pays, se déplaçant en fuyant les autorités et vivant en petits groupes, cachés dans les jungles. Pour la seule année 2009, on compte 1000 attaques naxalites, qui causèrent la mort de 600 personnes, dont 23 policiers. Profitant de l’essoufflement du mouvement naxalite, l'armée indienne abat 21 rebelles maoïstes en 2016 puis 26 autres en 2017.

 

Les révoltes indépendantistes en INDE

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