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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

Les GERMAINS et les SCANDINAVES

Les Germains

En conséquence de l'explosion démographique de la fin de l'Antiquité, les peuples se battent pour trouver leur territoire, et assurer à leur bétail du pâturage.

C'est une époque de grandes migrations : en Asie, les Cimmériens fuient les Scythes, qui eux-mêmes fuient les Touraniens. Les Alains, tribus aryennes gênées par l'expansion touranienne entre la mer Caspienne et le Karakoram, s'avancent en Europe pour y entrer au début de notre ère.

« Les tribus qui devaient former un jour la nation des Germains emportèrent, en quittant l’Asie pour se diriger vers l’Europe, le trésor d’une expérience acquise pendant la période préhistorique. Ces futurs Germains étaient des pâtres et des cultivateurs ; ils avaient mis le taureau sous le joug, dompté le cheval, et domestiqué nombre d’animaux. Ils travaillaient le bois, la pierre, les métaux et fabriquaient leurs charrues et leurs armes. Chez eux la famille était organisée ; elle avait son chef, qui était l’homme d’une seule épouse ; et la langue primitive, par le nom même qu’elle donnait à chaque membre de la famille, marquait la hiérarchie des sentiments et des devoirs entre le mari et la femme, les parents et les enfants, le frère et la sœur. La famille, avec ses serviteurs et ses esclaves, était le cadre naturel de la société ; l’autorité de son chef, la seule forme de gouvernement. » E. Lavisse. Études sur l’histoire d’Allemagne.

À partir de la fin du premier millénaire avant notre ère, sous les pressions hunnique et turco-mongole, mais aussi par volonté de conquête, les tribus germaniques déferlent successivement, sur les territoires gaulois (Francs), steppiques (Goths, Varègues), italiques (Lombards, Ostrogoths), ibériques (Wisigoths) et nord-africains (Vandales).

Elles sont en majorité porteuses de l'haplogroupe R1b (héritiers de Yamna), mais comprennent aussi des membres de l'haplogroupe R1a (Proto-Balto-Slaves) et I (Scandinave autochtone). Ces tribus germaniques sont accompagnées dans leurs mouvements par des tribus alaines (iraniennes de type R1a), avares (caucasiennes) ou tatares (turco-mongoles).

Jadis occupant un espace immense allant des rives de la Baltique jusqu'à la ville actuelle de Moscou, et présents en Europe depuis le troisième millénaire avant notre ère, les Baltes subirent quant à eux la pression germanique à l'ouest (Prussiens, Teutons) et slave à l'est (Ruthènes), pour ne plus occuper depuis le Moyen-âge qu'un petit territoire sur le littoral de la mer Baltique (Lettons, Lituaniens).

La seconde vague de migrations germaniques concerne les invasions vikings qui se déroulèrent à la fin du premier millénaire (vers. 700 à 1000). Les Danois régnèrent sur les îles britanniques, les Norvégiens colonisèrent l'Islande et le Groenland, et les Suédois s'installèrent dans les plaines baltes et russes jusqu'à Byzance.

 En remontant par l’anglais et le hollandais, par le danois et le suédois, jusqu’à l’anglo-saxon, au vieil allemand, à l’islandais, et de là jusqu’au mésogothique, on arriverait à démontrer très bien de quelle racine tous ces rameaux sont sortis et comment ils ont divergé. On pourrait faire la carte géographique de toutes ces langues, les suivre comme autant de fleuves dans leurs sinuosités, dans leurs conquêtes, et, à l’aide de ces études philologiques, constater la migration des peuples, mieux qu’on n’a jamais pu le faire par d’autres rapprochement. 

X. Marmier. Lettres sur l’Islande.

Les invasions germaniques (1ère illustration : Sansculotte pour Wikipedia,  CC BY-SA 3.0)
Les invasions germaniques (1ère illustration : Sansculotte pour Wikipedia,  CC BY-SA 3.0)

Les invasions germaniques (1ère illustration : Sansculotte pour Wikipedia, CC BY-SA 3.0)

Les invasions germaniques

Principale menace de l’Empire romain, les tribus germaniques vont déborder le monde celte et romain par le nord : des Flandres aux Balkans et des îles britanniques à la péninsule ibérique, s'installent les Goths, les Francs, les Alamans, les Prussiens, les Deutsches (Hollandais), les Burgondes, les Lombards.

Ces vagues migratoires violentes venues du nord de l'Europe donnèrent naissance au mythe des « invasions barbares », expression synonyme des invasions germaniques. Tout comme le mythe des « invasions aryennes », celui-ci est composé d'une part de réalité, mais surtout de beaucoup de fantasmes.

C'est ce que Fustel de Coulanges propose de démystifier dans L’Invasion germanique au 5e siècle :

« Les anciens chroniqueurs, qui étaient contemporains de ce que nous appelons l’invasion germanique, mentionnent sans nul doute beaucoup de ravages et de dévastations ; mais jamais ils ne parlent d’une conquête, c’est-à-dire d’une race vaincue et d’une population assujettie. Il n’y a rien dans ces vieux documents qui ressemble aux légendes dans lesquelles les Gallois et les Bretons d’Angleterre conservèrent le souvenir de leurs vainqueurs, et pleurèrent leur race asservie. Aucun des écrivains de la Gaule, ni ceux qui appartiennent à la race gauloise, comme Sidoine Apollinaire et Grégoire de Tours, ni ceux qui étaient de race germanique, comme Jornandès, ne nous présentent les événements qu’ils ont vus comme une grande invasion qui aurait substitué une population à une autre, et aurait changé les destinées du pays. Cette idée n’apparaît pas davantage dans les écrivains des siècles suivants. Le Moyen Âge a beaucoup écrit ; ni dans ses chroniques, ni dans ses romans, nous ne trouvons trace d’une conquête générale de la Gaule. On y parle sans cesse de seigneurs et de serfs, mais on n’y dit jamais que les seigneurs soient les fils des conquérants ou que les serfs soient les fils des vaincus. Philippe de Beaumanoir au 13e siècle, Comines au 16e et une foule d’autres écrivains cherchent à expliquer l’origine de l’inégalité sociale, et il ne leur vient pas à l’esprit que la féodalité et le servage dérivent d’une ancienne conquête. Le Moyen Âge n’eut aucune notion d’une distinction ethnographique entre Francs et Gaulois. On ne trouve, durant dix siècles, rien qui ressemble à une hostilité de races. La population gauloise n’a jamais conservé un souvenir haineux des Francs et des Burgondes. Aucun des personnages de ces nations n’est présenté comme un ennemi dans les légendes populaires. […] Nous avons constaté, dans ce qui précède, que l’établissement de quelques milliers de Germains en Gaule ne fut ni une invasion ni une conquête. Les nouveau-venus, qui étaient entrés comme soldats au service de l’empire et qui n’avaient guère combattu qu’entre eux, ne purent pas avoir même la pensée d’asservir la population indigène. Il est bien vrai qu’il y eut des violences individuelles ; plusieurs villes refusèrent d’obéir aux ordres impériaux qui leur enjoignaient d’ouvrir leurs portes, et il dut arriver plus d’une fois ce que Grégoire de Tours raconte d’une ville d’Auvergne « où les Burgondes massacrèrent les hommes et réduisirent les femmes et les enfants en esclavage. » Mais entre de tels actes, si nombreux qu’on les suppose, et un asservissement en masse de la population gauloise, il reste encore une incalculable distance. Croire que les Germains réduisirent les Gaulois en servage serait croire une chose qu’ils n’avaient ni le droit, ni la pensée, ni le pouvoir d’accomplir. D’innombrables documents attestent que la population gauloise resta dans les mêmes conditions où elle se trouvait avant l’arrivée des Germains ; ceux qui étaient hommes libres demeurèrent libres ; ceux qui étaient esclaves ou colons demeurèrent dans la servitude où dans le colonat. Rien ne fut changé aux anciennes distinctions sociales. Ceux des Gaulois qui s’appelaient citoyens restèrent citoyens, et ceux qui avaient le rang de sénateurs continuèrent à s’appeler sénateurs. »

 

Fervents d'un paganisme tout à fait semblable à celui des Celtes et des Slaves, les tribus germaniques se convertirent au catholicisme au cours du premier millénaire puis se firent les défenseurs de la foi romaine, notamment à travers le Saint Empire Germanique mais aussi grâce à des confréries militaires terriblement efficaces lors des croisades, tels les ordres teutoniques ou templiers.

Sous l'appellation de tribu germanique se cache en vérité une myriade de peuples similaires mais farouchement indépendants, qui ne cessèrent de guerroyer entre elles pour le contrôle de la presqu’île européenne, tels que les Saxons et les Angles, mais aussi les Burgondes et les Francs.

Les Goths sont parmi les plus célèbres. Ils réussirent l'exploit d’asservir tous les peuples qu'ils traversèrent, depuis leur origine en Pologne et Ukraine actuelle jusqu'au Maghreb.

« L'Empire des Goths atteignit son sommet au 4e siècle quand il étendait sa domination sur les vastes territoires entre la mer Noire et la mer Baltique. Aux 3e et 4e siècles, les Goths mettent à sac et pillent les villes byzantines sur les rives de l'Asie Mineure et pénètrent même en Méditerranée. Dans la seconde moitié du 4e siècle, les tribus goths se divisent en Ostrogoths et en Wisigoths. Vers la fin du 4e siècle. Leur Empire est détruit par les Huns. Les Ostrogoths sont obligés de se soumettre aux Huns, mais les Wisigoths se frayent un chemin vers l'ouest, s'établissent dans les Balkans, puis, au 5e siècle, envahissent l'Italie et, commandés par Alaric, prennent Rome qu'ils mettent à sac. Dans la seconde moitié du 5e siècle, ils s'emparent de l'Espagne où leur royaume subsiste jusqu'à la conquête de la péninsule ibérique par les Arabes, au 8e siècle. » V. Chklovski, Le Voyage de Marco Polo.

Après avoir régné sur l'Espagne, les Wisigoths, furent dominés par les forces islamiques du califat. Les princes goths déchus furent longtemps les principaux artisans de la Reconquista. Les Ostrogoths, pillèrent quant à eux de nombreuses fois Rome et participèrent à sa chute. Quelques empereurs de la décadence romaine furent d'origine goth.

Les Vandales sont originaires du sud de l'actuelle Pologne et pratiquèrent la razzia en Europe pour finir par s'installer à Carthage, en Sicile et en Sardaigne.

Les Burgondes sont originaires de la Baltique. Tout au long des successives migrations germaniques, ils s'installèrent en Bohême, puis autour du Rhin et enfin dans ce qui deviendra la Bourgogne. Ayant délaissé le paganisme, les Burgondes se convertirent à l'arianisme catholique. Le royaume des Burgondes domine alors un vaste espace qui s'étend du Rhin à la Suisse. En 534, il sera incorporé au royaume mérovingien.

Les Prussiens occupent le nord de la Pologne et le nord-est de l'Allemagne actuelle. La langue prussienne archaïque appartient au groupe linguistique balte, tandis que le prussien récent appartient au groupe germanique (la région ayant été germanisée par les chevaliers teutoniques qui longtemps la dirigèrent). Les Prussiens menèrent le mouvement d'union de la nation allemande, entrepris par Otto von Bismarck à la fin du 19e siècle et ayant débouché sur les successives guerres germano-françaises.

Les Teutons sont originaires de la Baltique. Leur ordre de chevalier jouera un rôle important durant les croisades.

Les Hérules sont un peuple de pirates et mercenaires d'origine scandinave germanique.

Les Lombards sont originaires de la Scandinavie et conquirent la péninsule italienne. La région milanaise de la Lombardie leur doit son nom.

Les Suèves occupaient le nord de la Gaule lors des invasions romaines.

Les Bavarois sont installés du temps des Francs sur un territoire comprenant la forêt Noire, mais aussi l'Autriche actuelle, le Tyrol et la Bohême. L'étymologie du mot bavarois renvoie d'ailleurs à cette dernière région.

Les Allemands sont le peuple germanique actuel le plus important démographiquement. La notion de peuple allemand est très récente, ne datant pas d'avant le 19e siècle. Étymologiquement le terme allemand renvoie à la ligue de clan germanique des Alamans, qui menaçait jadis les frontières septentrionales de l’Empire romain. L'allemand moderne est parlé de nos jours sans grande variation d'Allemagne en Autriche.

 

 

Les Hollandais se désignent eux-mêmes comme « Deutch », c’est-à-dire « Germains ». Ayant bâti leur prospérité sur leur farouche indépendance, les Pays-Bas furent le berceau du protestantisme. Les ethnies hollandaises sont les Bataves, qui se sédentarisèrent en Hollande méridionale, les Frisons installés sur la rive nord des Pays Bas (Frise) et les Flamands, qui occupent de nos jours le nord de la Belgique, pays qu'ils partagent avec les Wallons gaulois installés au sud. À la fin du Moyen-Âge, en formant la Ligue de la Hanse avec des villes portuaires allemandes, ces peuples devenus nations seront les plus prospères d'Europe.

« Diverses tribus ont passé sur le sol des Pays-Bas ; trois races principales l’ont peuplé : celle des Saxons, des Francs et des Frisons. Les Saxons, dit un historien allemand, forcés de quitter leur patrie, donnèrent à la province qu’ils envahirent le nom de Flandre, dérivation de l’épithète de flamands (fugitifs) qui exprimait leur situation. [...] Les Francs se fixèrent d’abord dans le Brabant, et, au 8e et au 9e siècle, étendirent leur domination sur une partie du sol conquis par les Frisons, qui furent alors refoulés sur les côtes de la mer du Nord. La fusion des idiomes de ces trois peuples forma l’ancien néerlandais, et de ce dialecte primitif, grossier, dont on n’a pas de monument écrit, mais qui subsiste encore parmi le bas peuple de quelques provinces, surgit peu à peu la langue littéraire, la langue écrite, que l’on divise encore en deux dialectes, le hollandais et le flamand. Le hollandais est resté plus près de la source, le flamand a été altéré par l’influence de la France. Ces deux dialectes ne diffèrent cependant entre eux que par certaines locutions et par des terminaisons de mots ; leurs racines sont restées les mêmes, leur syntaxe est aussi la même, et qui comprend l’un, comprend sans difficulté l’autre. Les nuances légères qui les séparent sont du reste assez récentes : au moyen-âge, elles n’existaient pas encore. » X. Marmier, La Hollande.

Les Angles sont originaires de l'Allemagne actuelle et colonisèrent l’Angleterre. Avec les Saxons, ils en chassèrent les tribus celtes. Leur dialecte donna naissance à l'anglais moderne en se mâtinant de latin, de normand, de français et de danois.

Les Saxons sont originaires de la côte allemande de la mer du Nord. Le vieil anglais découle de la langue saxonne, dont les dialectes sont encore parlés en Allemagne.

Les Scots donnèrent leur nom à l'Écosse : Scotland. Leur langue est très proche du vieil anglais.

Les Francs Saliens sont l'union germanique (franque) conquérante de la Gaule et comprenant Clovis (v. 466 - 511), le premier roi franc à se convertir au catholicisme romain. Clovis appartenait à la dynastie des Mérovingiens qui régna sur l'Europe du 5e au 8e siècle. Les Francs implantèrent le christianisme romain au dépit du paganisme ou du christianisme arianiste.

 

 

L'arianisme fut un mouvement spirituel très populaire parmi les populations germaniques d'Europe, en particulier parmi les élites politiques. Leurs récents succès militaires avaient fait naître en eux un désir de philosophie plus complexe que le paganisme paysan qui avait été le leur durant des milliers d'années. L'arianisme leur permettait par ailleurs de demeurer libres de l'ingérence romaine ou vaticane. Le Vatican gagnant en prestige et en puissance, l'arianisme fut condamné par la papauté romaine comme hérésie, puis très sévèrement combattu.

Les Francs régnèrent sur le sud de l’Allemagne et le nord de la France actuelle, d'un côté comme de l'autre du Rhin. La puissance de la cavalerie franque assura sa main mise sur la majeure partie de l’Europe continentale (empire carolingien) et permit aux peuples indo-européens de s’implanter durablement en Palestine (Royaumes francs d'Orient).

« [Le nom de Franc] ne fut jamais le nom d’une face ni d’une tribu ; simple adjectif que quelques corps de guerriers adoptèrent et dont ils firent une sorte de nom national, il signifiait homme libre autant qu’homme brave, car ces deux qualités se confondaient au point de s’exprimer par un seul mot. Plus tard l’idée de liberté y prévalut ; aussi le mot devient-il, dans les documents de l’époque mérovingienne, synonyme de ingenuus, et c’est le sens qu’il a gardé dans tout le Moyen Âge. Comme il n’avait pas précisément un sens ethnographique, il a pu s’appliquer sans peine à des Gaulois, à des Burgondes, à des Wisigoths, aussi bien qu’aux guerriers francs ; il désignait tous les habitants libres du pays sans distinction de race. Il y a eu des Gaulois francs aussi bien qu’il y a eu des Germains serfs ou esclaves. » Fustel de Coulanges, op. cit.

D’Espagne en Bavière, les Francs Saliens installèrent durablement une noblesse. Elle façonna l’Europe du Moyen Âge par son droit (droit salique) mais aussi par son modèle socialo militaire : château fort, charge de cavalerie, siège, valeurs chevaleresques et désir de violence virile et instinctive (légende de Beowulf, de Siegfried, mais aussi mythe du vase de Soissons). En 732, le maire du palais Charles Martel prend le commandement des armées royales franques et stoppe une des nombreuses razzias musulmanes qui dévastait le pays occitan.

Les Scandinaves

Vers 800 à 1000 apr. J.-C., c'est l'âge d'or des Vikings. Viking1 est un terme peu académique mais très populaire, qui désigne les clans scandinaves d’origine germanique qui pillèrent les embouchures des grands fleuves européens au début du Moyen-Âge.

L'aire d’influence norvégienne s'étendait vers l'Islande, l'aire d'influence danoise vers l'Angleterre et la France et l'aire d’influence suédoise (Varègues) vers la Russie et Byzance.

Outre des guerriers, les Vikings étaient aussi des commerçants hors pair, passés maîtres dans l'art du troc et du trafic d'esclave. Ce dernier commerce était particulièrement prisé par les califats et les sultanats d'Asie centrale et de Mésopotamie. Des artefacts venus de tous les continents furent retrouvés en Scandinavie, notamment des tissus précieux de facture islamique mais aussi une statue massive de bouddha originaire du Gandhara. Outre l'Atlantique qu'ils traversèrent, les Vikings ne manquèrent pas d’accoster les rivages sud de la Méditerranée et de la mer Noire, annexant parfois des régions russes, des états palestiniens de Terre sainte, ou encore des royaumes kabyles, berbères ou insulaires (Sardaigne, Sicile, Malte).

De ces hommes rudes, sont nés bien des clichés, tels qu'en témoigne Marmier dans ses Chants Danois :

« Le fils aîné héritait seul du patrimoine de ses pères. Il ne restait à ses frères qu’une voile de pêcheur, ou une lance. Ainsi les uns se faisaient soldats pour gagner l’épée à la main un coin de terre, ou une part de pillage. Les autres s’en allaient sur leur frêle embarcation attaquer les navires marchands, ravager les habitations situées sur la côte. Ces pirates se nommaient les rois de la mer. Ils montaient sur leurs bâtiments, qu’ils appelaient leurs chevaux à voiles, et les faisaient bondir sur les flots. Ni la distance ni la saison ne les arrêtaient. Quelquefois ils se mettaient en route, sous le poids d’un orage, sans savoir où ils iraient aborder. La mer les entraînait sur ses hautes vagues, et le vent de la tempête les poussait comme des vautours vers leur proie. Ils s’en allaient ainsi jusque sur les côtes de la Finlande, jusque sur les côtes d’Angleterre et de Normandie, ici rançonnant une peuplade, là pillant une ville, ailleurs moissonnant la campagne. Les princes leur payaient tribut ; les ducs de Normandie leur cédaient leur duché ; les rois d’Angleterre leur couronne, et Charlemagne baissa la tête et pleura en les voyant. »

Les Danois sont installés au sud du bassin scandinave. Constituant avec les Norvégiens la branche occidentale des Vikings, ils coloniseront et domineront l’Angleterre, mais également la France, en particulier à travers les conquêtes normandes. Le code danois imposé dans les villes de commerces britanniques sera un des premiers Codes civils en vigueur en Europe post-romaine.

Les Norvégiens colonisèrent l’Islande, le Groenland et dans une bien moindre mesure la Terre-Neuve canadienne.

Les Islandais sont composés des exilés vikings norvégiens qui colonisèrent l'Islande puis le Groenland et les côtes canadiennes. Il s’agit du peuple indo-européen le plus occidental et le plus nordique.

« Ce fut une colonie de Norvégiens qui peupla l’Islande : elle émigra avec ses mœurs, ses lois, ses croyances, et les transplanta sur le sol qu’elle allait occuper. Ingolfr, avant de partir, emportait, comme un autre Énée, ses dieux pénates sur son navire ; et les guerriers qui le suivirent gardèrent leur lance de pirate, et leur bouclier revêtu d’images symboliques. Ces hommes, qui fuyaient le despotisme de Harald aux beaux cheveux, appartenaient aux familles nobles de la Norvège ; ils joignaient l’orgueil aristocratique à leur orgueil de soldats. De peur qu’on ne l’oublia, ils se faisaient raconter et ils racontaient eux-mêmes leur généalogie, leurs aventures, et les aventures de leurs proches et de leurs amis. Ainsi l’esprit scandinave revivait dans cet essaim fugitif, qui, pour garder son indépendance, n’avait pas craint de franchir une mer encore peu connue, et d’aborder sur une plage aride, dans une contrée sauvage. [...] Chaque année, les Islandais s’en allaient errer sur les côtes de la Norvège ou le long de la mer Baltique. Ils retournaient dans leur mère-patrie pour recueillir un héritage, visiter des parents, et, quelquefois venger une injure faite à leurs pères. » X. Marmier, Lettres sur l’Islande.

C'est en Islande que furent conservées précieusement les coutumes païennes, à travers notamment le recueil mythologique de l'Edda. Si le Groenland et le Canada étaient peuplés d’Inuits, il semblerait que l'Islande ait été une terre sauvage avant sa découverte par les marins scandinaves. Seuls des moines catholiques y vivaient reculés depuis plusieurs siècles. Par ailleurs, furent retrouvés en Islande des pièces romaines datant du 3e siècle de notre ère, sûrement apportées par des marins latins à la dérive.

Le Livre des Islandais (1130) d'Ari Thorgilsson est la chronique de la colonisation norvégienne de l'Islande. Il raconte aussi la découverte du Groenland :

Il y avait un homme du nom d'Erik le Roux, originaire du Breidhifjordh, qui partit d'Islande pour s'y établir dans une terre appelée depuis Eiriksfjordh. Il donna un nom au pays et l'appela Groenland [le Vert Pays], espérant qu'un beau nom encouragerait les gens à y émigrer. On trouva des traces d'habitations humaines dans l'est et dans l'ouest du pays, ainsi que des débris de barques en cuir et des ustensiles en pierre, d'où l'on put conclure que la contrée avait été habitée par une tribu de la même famille que celle qui a pris possession du Vinland [Amérique du nord] et que les Groenlandais appellent Skraelingar [il s'agit des Béothuks, ethnie éteinte assimilée aux Inuits]. Cette occupation du Groenland eut lieu 14 ou 15 hivers avant l'introduction du christianisme en Islande. 

D'après Bogdangiusca pour Wikipedia, CC BY-SA 3.0

D'après Bogdangiusca pour Wikipedia, CC BY-SA 3.0

Costumes traditionnels germano-scandinaves
Costumes traditionnels germano-scandinaves
Costumes traditionnels germano-scandinaves

Costumes traditionnels germano-scandinaves

 

Le territoire nord-américain découvert vers l'an mille par l'islandais Leif Erikson (v. 970 - 1120) est dénommé Vinland. Il s'agit très probablement du site archéologique scandinave de l'Anse aux Meadows, situé à Terre-Neuve, au Canada.

 

Un guerrier viking (à gauche) et un Berserker (troupe d'élite d'Odin, à droite). Gravure sur bois, époque Vendel (Oland, Suède).

 

Enfin, les Normands (« Northmen », hommes du nord) sont parmi les peuples les plus célèbres du courant civilisationnel viking. Dirigés par de très fortes personnalités comme Rollon (860 - 930) ou Guillaume le Conquérant (v. 1027 - 1087), et bénéficiant d'une marine militaire agile et efficace constituée des fameux drakkar à fond plat, les Normands pillèrent les embouchures des grands fleuves ouest européens. Ils s'installèrent à la force de l'épée dans le bassin inférieur de la Seine, le pays de Caux et le Cotentin (contrées qu'ils dévastèrent). Le roi de France fut contraint de leur en accorder le contrôle pour pacifier la zone. Elle devint la Normandie.

De même qu'à la suite de Clovis, les Francs saliens acceptèrent l’autorité du pape, à la suite de Rollon (v. 850 - 932), les conquérants normands (Northmen) devinrent très vite les bâtisseurs des cathédrales et le bras armé du Vatican (création des ordres de soldats germaniques, teutoniques, templiers, etc.)

Ils entreprirent, puis réussirent la conquête des îles anglaises, réitérant en cela l'exploit des romains qui ne fut pas égalé depuis. Ne se limitant pas à la Manche, les Normands participèrent aussi à la Reconquista et aux Croisades. Ils annexèrent, à l’instar des Vandales, quelques îles du bassin méditerranéen, que d'autres peuples vikings ou francs leur disputèrent durant des siècles.

 

Les langues germaniques

La famille des langues germaniques comprend l'anglais, qui est la langue la plus parlée dans le monde avec 1,5 milliard de locuteurs peuplant les cinq continents, mais aussi de l'allemand (134 millions de locuteurs en Autriche et en Allemagne), et le hollandais (21 millions, comprenant ses variantes belges regroupées sous la dénomination de flamand).

Il existe de très nombreuses variations régionales et historiques de cette famille de langues. Certaines sont encore parlées, comme l’alsacien, le lorrain, le frison ou le bavarois, tandis que d'autres sont éteintes, comme le vandale ou le bourguignon. Tout comme le français et l'anglais, l'allemand possède aussi son créole, nommé yiddish et issu du mélange du vocabulaire slave et hébreu des juifs d’Europe, les Ashkénazes, émigrés durant la seconde moitié du second millénaire depuis les plaines Khazars d'Europe orientale.

Très proches des langues germaniques sont les langues scandinaves : le norvégien (4,5 millions), le suédois (9 millions), le danois (5 millions) et l'islandais (360 000). Ces langues sont parlées par la diaspora scandinave depuis la Laponie jusqu'au Groenland et même jusque dans certains États américains comme le Dakota ou le Minnesota, où ces langues étaient encore largement parlées par les émigrés d'Europe du Nord jusqu'à la moitié du 20e siècle. De nos jours, selon le dernier recensement américain datant de 2017, quelque 55 000 Américains parleraient encore le norvégien.

Les GERMAINS et les SCANDINAVES

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