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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

RÉMUS et RÉMULUS (conte romain)

Le récit suivant est extrait de « Récits et légendes de la Rome antique », de Héloïse de Mont-Rachais. Il s'agit d'un des mythes fondateurs les plus célèbres de la culture indo-européenne. Outre celui des jumeaux fondateurs, il met en scène un autre thème commun, celui du nouveau-né abandonné dans un berceau d'osier aux flots d'une rivière. Krishna, mais aussi Moïse, possèdent de similaire légendes concernant leur naissance.

 

*

Il y avait sur une des montagnes du Latium une ville appelée Albe, dont les rois descendaient, disait-on, d'Ascagne, fils du héros troyen Énée réfugié en Italie après l'incendie de Troie.

Un roi d'Albe, Amulius, s'était emparé du pouvoir aux dépens de son frère Numitor. Il obligea sa nièce, Rhéa Sylvia, à devenir vestale, c'est-à-dire gardienne du feu sacré dans le temple de la déesse Vesta.

Il était interdit aux vestales de se marier, sous peine de mort. Ainsi Amulius espérait-il mettre fin à la lignée de son frère, le roi légitime Numitor. Mais Rhéa, bien qu'enfermée dans son temple, fut aimée du dieu Mars (les dieux, contrairement aux hommes, pouvaient entrer où ils voulaient) et elle mit au monde deux jumeaux, Romulus et Rémus.

Furieux, Amulius fit mettre à mort Rhéa parce qu'elle avait trahi son vœu de célibat, et fit jeter son corps dans le Tibre. Mais le Tibre, qui était un fleuve-dieu, l'enveloppa dans ses eaux comme s'il l'avait enveloppée dans ses bras, et l'épousa.

Pour se débarrasser des nouveau-nés, Amulius les fit mettre dans un berceau d'osier qu'on abandonna sur le Tibre en crue; le courant porta le berceau dans la vallée inondée jusqu'au pied du mont Palatin, où il s'arrêta sous un figuier. Là, une louve allaita les nourrissons. Était-ce vraiment une louve, ou était-ce Larentia? Larentia était l'épouse de Faustulus, le berger qui trouva les deux bébés sous le figuier et les emmena chez lui.

Or Larentia était surnommée la louve; ainsi appelait-on les femmes qui avaient plusieurs maris ou qui passaient pour être un peu sorcières. Quoi qu'il en soit, Larentia et Faustulus élevèrent Rémus et Romulus comme s'ils avaient été leurs propres enfants. Ils grandirent en combattant les bêtes féroces qui s'attaquaient aux troupeaux et les nombreux brigands qui dévastaient la contrée.

Lors d'une bataille contre des habitants d'Albe, Rémus fut fait prisonnier et mené devant Amulius, qui ne reconnut pas son petit-neveu. Romulus réussit à délivrer son frère et ensemble ils s'emparèrent du palais. Ils tuèrent Amulius pour venger leur mère et purent, ensuite, rendre Albe à leur grand-père Numitor.

Lequel, revenu sur le trône, récompensa ses petits-fils en leur offrant un grand territoire, autour du figuier où le berger Faustulus les avait trouvés, afin qu'ils y édifient une ville. Numitor leur avait demandé de respecter la volonté des dieux, et de les laisser leur indiquer l'endroit précis où elle serait édifiée. Rémus monta sur le mont Aventin, Romulus sur le mont Palatin. Le premier aperçut six vautours tournoyant dans le ciel au-dessus de lui, le second en vit douze. Les dieux l'avaient choisi, et leurs compagnons acclamèrent le nouveau roi. Romulus traça donc, avec une charrue, l'enceinte sacrée de la ville, qu'il appela, en référence à son prénom, Rome.

Mais Rémus, furieux de ne pas être l'élu des dieux, pour narguer son frère, sauta par-dessus l'enceinte sacrée. Romulus, aussitôt, le tua d'un coup de glaive en criant : « Ainsi périra quiconque franchira cette enceinte ! »

Pris de remords à cause de la violence de son geste, Romulus eut envie de mourir. Son entourage le consola en lui expliquant que Rémus, en sautant par-dessus le fossé sacré, avait défié les dieux, et que lui, Romulus, n'avait fait qu'exécuter leur volonté en punissant Rémus.

Romulus enterra Rémus sur l'Aventin, la colline qu'il avait choisie, en un lieu qui s'appelait désormais Remoria. Ceux qui passaient à proximité devaient parler tout bas, et ne pas cracher.

 

Extrait de « Récits et légendes de la Rome antique », de Héloïse de Mont-Rachais.

RÉMUS et RÉMULUS (conte romain)

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