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Arya-Dharma, l'héritage indo-européen

La bibliothèque numérique consacrée aux traditions primordiales et indo-européennes

La mort de RAMA et ses frères (récit extrait du Ramayana)

La bague de Rama

Récit inspiré du Ramayana de Valmiki

 

Après avoir pris des dispositions pour que son départ ne plongeât pas Ayodhya dans la tourmente, Rama se rendit dans le domaine du Brahmane. Voici comment cela arriva :

Après la mort de Sita qui l'avait dévasté, Rama prit conscience qu'il était temps pour lui de quitter cette dimension de l'existence. Cependant, tant d'Hanouman serait son garde du corps, aucun Yama-doutas ne pourrait jamais s'approcher de lui pour l’amener/le mener vers la mort. Dans l'amour de Rama, Hanouman était son fidèle ami, mais aussi son plus fidèle garde. De nuit comme de jour, il se tenait devant la porte de Rama, interdisant l'entrée à quiconque.

Afin que Yama, le Seigneur de la mort, pût tout de même l'approcher, Rama eut recours à une ingéniosité.

Un jour que lui et sa cour chevauchaient dans les forêts environnant Ayodhya, dans le but de rendre visite à quelque ermite afin de le couvrir de cadeaux, Rama fit tomber sa bague au milieu d'un étang dans lequel il venait de se baigner. Sans même que Rama eût à le lui demander, Hanouman plongea au fond du lac pour retrouver le bague du roi des rois.

Cependant, cherchant longtemps la bague, Hanouman fut emporté vers le fond et se retrouva comme par enchantement dans le royaume de Vasuki, le pays des serpents, situé au Patala, le septième souterrain des enfers.

Hanouman fut accueilli sans danger par Vasuki et sa cour de serpents, mais au lieu de ne trouver qu'une bague, il trouva toute une colline.

Hanouman lui révélant sa mission, qui était de rapporter à Rama son anneau, Vasuki lui annonça alors qu'il avait déjà été témoin un nombre incalculable de fois de la même scène : la bague de Rama tombait là, puis apparaissait son fidèle ami le singe Hanouman.... et quelque temps plus tard, il apprenait que le roi des humain était mort...

Hanouman, interloqué, lui demanda ce que tout cela pouvait bien vouloir dire.

« Cela veut tout simplement dire que Rama est déjà passé par cette ultime épreuve, qui s'appelle la mort et que bientôt il passera une nouvelle fois de vie à trépas... » lui dit Vasuki d'une voix triste et fatiguée. Rama, comme tu le sais, est l'avatar de l'être cosmique pour sauver les hommes du Tetra Yuga. Sachant que cet âge venait à sa fin, ton maître Rama a jeté sa bague, pour rejoindre le Vaikuntha et se fondre en Vishnou. »

Hanouman, déchiré par la tristesse, remonta en vitesse à la surface du lac en prétendant n'avoir pas trouvé la bague, pour ne pas attrister son maître. Mais Rama et sa suite s'en étaient déjà retourné à Ayodhya.

Ainsi, comme l'avait prévenu le roi des serpents, Rama décéda ce jour-là, ce qui causa une immense tristesse sur Terre, et fit même pleurer les pierres.
 

La mort de Lakshman

Récit extrait de l' Uttara Kanda, le dernier livre composant le Ramayana de Valmiki

 

De retour au palais d'Ayodhya, en l'absence d'Hanouman, Rama confia la garde de ses appartements à son frère Lakshman. En fin d'après-midi, alors que le soleil commençait à se coucher et que les brahmanes lui souhaitaient bonne-nuit en chantant des hymnes des Védas, un sage errant demanda à être reçu du roi. Lakshman lui demanda l'objet de sa requête.

« Ce dont je souhaite m'entretenir avec le roi Rama est de la plus haute importance mais de nature strictement personnelle. » lui répondit le sage.

Rama le reçut sans tarder, et assis humblement sur un coussin prêt de lui, il tendit alors une oreille attentive à ce que le sage avait à dire :

« Ce que j'ai à te dire est de plus haute importance, mais il n'y a que toi qui doives l'entendre. Ainsi, te voilà prévenu, noble Rama, quiconque dérangera notre entretien devra aussitôt connaître la mort. »

Entendant ces mots, Rama se leva calmement pour se rapprocher de sa porte et donner l'ordre à Lakshman, qui était de l'autre côté, de ne laisser entrer personne, sous aucun prétexte, quel qu'il fût. « celui qui entrera, lui dit-il, et nous dérangera, sache-le, Lakshman, devra être mis à mort. » Puis, il revint s’asseoir à côté du sage errant, qui alors lui apparut tel qu'il était vraiment.

Ce sage était en effet Kala, le dieu du Temps, qui s'était incarné sur terre pour rappeler à Rama que son heure était venue.

« Rama, lui dit-il, l'être cosmique avait un désir pour toi, que tu as largement réalisé en rétablissant sur Terre les lois de Manou et du Dharma. À présent, c'est la suite de ton divin agenda, il te faut rejoindre Vaikuntha. »

Tandis que cette terrible conversation s'entretenait, le terrible et lunatique rishi Durvasa, le fils du prajapati Atri et le frère du rishi Dattatreya, celui-là même qui avait déjà été responsable de la malédiction du Gange, s'approcha de la chambre royale et demanda à Lakshman de l'introduire au plus vite auprès du roi.

Lakshman lui fit ses hommages, mais lui interdit fermement l'entrée, ce qui mit en rage le vieillard, qui lui dit :

« Si tu ne me laisses pas entrer, je vais lancer une malédiction sur Ayodhya et à jamais ta race sera maudite ! »

Lakshman eut alors à faire le choix le plus difficile de sa vie. S'il avait réussi à déchoir du Paradis la nymphe Ganga, la fille de Brahma, pour la faire à jamais couler sous la forme d'une rivière sur Terre, alors sans aucun doute pourrait-il semer la haine et le chaos dans toute la province.

« Je ne le répéterai pas, menaçait Durvasa, soit tu me laisses entrer, soit je lance un sortilège qui fera d'Ayodhya un nouveau Naraka ! »

C'est alors que Lakshman ouvrit les portes de la chambre royale, préférant désobéir à son frère et encourir une mort certaine, mais sauver son peuple ainsi que l’œuvre de son frère.

« Rama, le rishi Durvasa est là, dit-il, il souhaite te parler et ne peut pas attendre ! »

 

Kala et Rama conclurent alors rapidement leur entretien, puis Rama reçut Durvasa. « Que veux-tu, vénérable rishi, lui demanda-t-il ? »

« J'ai faim » bougonna simplement Durvasa. Alors Rama fit servir pour lui un repas, et celui-ci consommé en vitesse, Durvasa s'en alla sans un mot ni un regard.

À nouveau seul, Rama pleura beaucoup, car il ne voulait tuer son frère, mais il savait qu'il le devait, qu'il l'avait promis à Kala. Rama vit venir Vashisht, afin de le conseiller sur la manière dont il devait mettre à mort son frère. Le rishi lui dit alors :

« Rama, ordonne donc à Lakshman de quitter Ayodhya à jamais, en abandonnant derrière lui toutes ses possessions et toute sa famille, car un tel renoncement est semblable à la mort. »

 

Rama s'en fut alors chercher Lakshman pour lui annoncer sa décision. Mais il ne le trouva pas. Hanouman, de retour, avait repris sa place de gardien.

« Où est mon frère ? » lui demanda Rama.

_ Dès que je suis arrivé, il s'en enfui en courant. » lui répondit le singe.

 

Rama chercha encore son frère, alors que la nuit était tombée sur Ayodhya et sa province. Enfin, il trouva Lakshman dénudé sur le bord d'un bras de la rivière Sarayu. Il venait de faire ses dernières ablutions et s’apprêtait à entrer en dans les flots pour disparaître dedans en pratiquant la forme la plus fanatique du yoga.

Rama, caché derrière un buisson, regardait son frère avec une immense peine, mais ne fit rien pour l'en dissuader.

Illuminé par un rayon de lune, Lakshman s'avança alors dans les flots bouillonnants, d'un pas résolu et fier. Bientôt, sa tête disparut pour ne plus jamais réapparaître.

C'est alors que des profondeurs du fleuve rayonna une intense lumière, qui ne manqua pas d'ameuter les habitants d'Ayodhya étonnés du spectacle. Quand toute la ville se fut attroupée autour de son roi pour observer cet intense spectacle, Sesha le serpent cosmique apparut en se dressant au dessus des vagues bleutées. Il avait mille têtes, et l'une d'elles avait le visage de Lakshman, le plus fidèle des serviteurs de Rama, qui avait repris sa forme initiale.

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La mort de Rama

Jugeant le moment opportun pour lui aussi quitter la vie, le roi Rama s'enfonça à la suite de son frère dans les eaux du lac, pour y disparaître tout aussi irrémédiablement. Voyant cela, Bharata et Shatrughna, les deux frères de Rama qui avaient accouru avec le peuple d'Ayodhya pour observer l'étrange lumière bleutée qui émanait du fleuve, comprirent qu'il était aussi temps pour eux de rejoindre l'au-delà, et c'est d'un même mouvement, sans même un regret ni aucune hésitation, qu'ils s'enfoncèrent à leur tour dans la rivière Sarayu.

Les habitants d'Ayodhya furent saisis d'un sentiment étrange à la vue de leur quatre plus hardis chevaliers qui entraient ainsi dans la mort. C'est alors qu'un son grave se fit entendre, comme jaillissant des entrailles de la Terre. C'était le son "ôm", lourd et sourd, qui emplit alors chaque atome de l'univers. Les animaux, les hommes, les plantes et le minéraux, tout se tut : le roi Rama n'était plus, et chaque créature pleurait la mort du meilleur des hommes.

C'est alors que Vishnou apparut dans sa forme la plus pure au dessus du fleuve Sarayu, afin que tous les habitants d'Ayodhya pussent constater que si Lakshman était Sesha, Rama n'était autre que Vishnou, l'être cosmique, le dieu ultime aux innombrables avatars.

Après être apparu dans toute sa grâce, Vishnou bénit les habitants d'Ayodhya, puis disparut, laissant à la Lune seule le soin d'éclairer la Nuit.

 

Connaissant la libération de son âme dès qu'il eut fini de respirer, Rama ne prit pas le chemin du Naraka et ne rencontra pas Yama, mais il redevint plutôt la forme infinie et impalpable de celui qu'il était véritablement, à savoir Vishnou, l'Être Suprême.

Dès lors, commença pour lui le voyage qui le mena au-delà même du sommet de l'univers, au-dessus même du Brahmaloka et d'Indrapura, au Vaikunta, là où la destruction, la naissance et la mort n'ont pas cours, car il s'agit d'un lieu à l’abri même du Déluge, d'un lieu qui, même à la fin des temps, ne disparaît pas.

À 337 318 502 km au dessus de Satya-loka, le monde immatériel du Brahman, situé au- dessus même des trois-mondes que sont les mondes souterrains, les mondes matériels et les mondes spirituels, le Vaikunta est gardé par les monstres Jaya et Vijaya, qui ne sont autre que les démons Hiranyaksha, la Luxure et Hirankashyapou, l'Avarice, que Vishnou domina jadis dans une bataille sans merci qui décida du destin de l'univers.

Ce qui pourrait être présenté comme la capitale du Vaikunta est l'Immaculé Sakéta. Il s'agit de l'Ayodhya éternelle, le palais céleste qui attendait le retour de Rama. Sakéta est un lieu si fantastique et si parfait qu'il ne peut être ni perçu, ni compris, ni envisagé par l'entendement humain. C'est un palais fait de joyaux, où règne l'opulence.

Au cœur de Sakéta, se trouve Ashoka-Vana, un verger composé d'arbres à souhaits, dont les fruits sont toutes les vérités de l'univers, et au milieu de ce bois, s'élève un lotus aux mille pétales plus lumineux encore que des milliers de lunes.

Sous ce lotus il y a un autel, un parasol et un trône royal fait d'or et de pierres précieuses transparentes. C'est ici que se termina le voyage astral de Rama.

 

S'étant installé sur ce trône, c’est sans surprise mais avec une joie immense que Rama retrouva à ses côtés Sita qui, sans tarder, l’emmena se promener dans les jardins de Vrindavan, à Goloka, l'endroit le plus pur et le plus paradisiaque du Vaikunta. Si Vaikunda renferme de nombreux univers peuplés et de très nombreux palais, Goloka est au contraire un endroit strictement naturel, composé de vergers, de nombreuses sources et de prairies verdoyantes où paissent des vaches célestes.

C'est à Go-Loka, la « planète des vaches », que vit, entourée d'un troupeau paisible, une incarnation de Kamadenyu, la mère de toutes les vaches, l'animal divin et composite qui est à l'origine de toutes les richesses et de tous les bienfaits disponibles dans tous les univers.

C'est donc à Go-Loka, sous un arbre à souhaits, en compagnie de Kamadenyu, que Rama et Sita vivent pour l’éternité, entouré de centaines de milliers d'adorateurs qui les servent avec zèle et révérence.

La mort de RAMA et ses frères (récit extrait du Ramayana)
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